Max Payne (PS2)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : janvier 2002
Développeur : Remedy entertainment
Adaptation : Rockstar Games
Editeur : Rockstar Games
Genre : TPS

Support : 1 CD
Version testée : Française
Voix dans le jeu : FR
Textes à l'écran : FR

Moteur graphique : Max FX
Difficulté :
Multi-joueurs : non
Score des ventes : 7 millions (tous supports)


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Max Payne








En 2001, par-dessus les autres, le nom de Max Payne aura brillé. Jeu d'action apparemment classique, il introduisit dans le monde du jeu vidéo son désormais célèbre Bullet Time. Toujours plus proche du film Hollywoodien, cet effet de ralentissement n'est plus l'apanage des films de John Woo ou des frères Wachowski. Mais loin de n'apporter que ce bout de révolution aux jeux, Max Payne c'est aussi un scénario dramatique, poignant et une réalisation qui pour l'époque, scia tout le monde. Une expérience dont on parle encore aujourd'hui. Et comme on le sait, une licence n'appartient que rarement à son développeur. Fort de son succès sur PC, voilà pourquoi Rockstar Games a converti ce hit où la souris y est maitre, sur console. Et contrairement aux préjugés, le passage au pad n'est pas si difficile que ça. Verdict.


Développement scénaristique

Scénario : cliquez pour ouvrir

Le scénario, digne des meilleurs polars,
L'histoire de Max prend aux tripes
ne propose que très peu de cut-scènes et quand il y en a, elles sont très "Matrixiennes" avec un gros ralenti qui va bien et bonne action bien explosive comme à Hollywood. En fait, le fil de la trame se découd via des images fixes type BD où le design est proche d'une peinture. Original à souhait et particulièrement prenant, le scénario vous tiendra en haleine jusqu'au bout du jeu, soit 8 à 10h. On notera que c'est lorsque les planches de BD s'affichent que le déséquilibre des voix est le plus prononcé, ce qui nous gache un peu la qualité du doublage et le soin apporté à cette mise en scène particulière. Max Payne croit perdre sa femme et son enfant dans une vulgaire représaille de camés. Mais ça va beaucoup plus loin que ça. Sur fond de conspiration, d'implications politiques et mafieuses, Max va découvrir qu'il n'était qu'un pion, que tout ça n'est pas arrivé par hasard. Par 2 fois il sera shouté avec sa pire ennemie, la Valkyrie, et commence alors une descente aux enfers où délires psychotiques rattrapent une douloureuse réalité. Dérangeant, troublant presque traumatisant, déambuler dans les méandres de cette conscience avec en fond les cris de sa femme et les pleurs d'un gosse terrorisé, ça vous retourne le coeur. Voilà pourquoi l'histoire de Max est si poignante.


Jouabilité & Gameplay

Max Payne est un TPS
Max Payne est l'instigateur du Bullet Time. Une recette qui par la suite, sera maintes fois copiées
(Third Person Shooter) soit un jeu d'action qui se contrôle comme un FPS mais avec une vue à la 3e personne. Les déplacements se font au stick gauche et le stick droit sert à viser. Comme sur PC, on aura l'agréable possibilité de tout configurer : on peut re-paramétrer son pad bouton après bouton, ajuster la sensiblité des déplacements et activer l'aide à la visée. Car il faut prendre ça en compte, le pad n'est pas aussi précis que la souris. Si les déplacements sont toujours aussi rigides, la visée est tout de même sacrément imprécise. Du coup on baisse la sensibilité pour obtenir plus de précision, ce qui rend le curseur forcément plus lent. Heureusement le jeu compense par une zone d'impact plus évasée, histoire de ne pas trop galèrer. Autre bon point, on nous peut faire une quick-save (comme sur PC) et une véritable save qui mémorise l'endroit exact où on était. C'est plus pratique que les check-points et ça rend également le jeu moins difficile. Car sur PC, Max Payne a tendance à être un peu hardcore, avec des ennemis qui encaissent beaucoup trop par rapport à la réalité. Sur console le jeu s'ouvre un peu plus au public, avec un adoucissement de la difficulté, et notamment une IA moins agressive. Car personnellement, je mets au défi quiconque puisse encaisser comme dans le jeu sur PC, 3 cartouches de pompe ou 6 à 9 balles de 9mm sans sourcilier. Je suis le premier à dire qu'il faut bien faire un jeu mais c'était un peu abusé. Notre Max aura pour but principal de dessouder des centaines de gars : mercenaires, camés, mafieux... tout y passe ! Le contrôle du bonhomme est aisé et les quelques phases de plate-formes que comptent le jeu, se passent sans heurt.


La panoplie d'armes
Le gameplay est finement étudié, ce qui rend les affrontements intenses et jouissifs
est peu variée mais impressionnante d'efficacité : Beretta (simple ou double), Desert Eagle, canon scié, fusil à pompe, grenade à fragmentation, cocktail molotov, Ingram, batte de baseball, M4, Jackhammer, barre à mine, fusil de sniper (qui occasionne une superbe scène au ralenti) et M74 (lance-grenades). Y'a de quoi faire. Nous avons un didacticiel (court mais efficace) pour nous faire à la jouabilité du titre et on peut fouiller les divers placards pour trouver armes ou ravitaillements. On peut tirer sur les bombonnes de gaz pour qu'elles explosent, sur les vitres pour qu'elles se brisent et il est même agréable de voir nos ennemis mourir d'un tir adverse ou de leur propre piège (comme quoi, ils ne sont pas immunisés). On regrettera tout de même que par 2 fois, on reparte "à poils". En clair, Max se fait prendre 2 fois et à chaque volée, on perd tout son arsenal et ses médocs. Ca rend la suite un peu ardue et ça met par terre notre réserve et notre tactique d'approche. Reste à vous parler du dodge-shooting et du bullet time. Le dodge-shooting c'est un peu l'art et la manière de se prendre pour Chow Yun-Fat dans Hard Boiled : du tir aux pigeons en faisant des cascades digne d'un gros film d'action. Max Payne peut ainsi éviter certains tirs ou surprendre un gars caché. Quant au bullet time, un terme qui est devenu générique suite à ce jeu, c'est tout simplement la faculté de ralentir l'action (comme dans les films Matrix ou Chasse à l'Homme). Grâce à ces 2 fonctions (qui peuvent être combinées), on n'a plus affaire à un simple jeu d'action, ici on tire sur tout ce qui bouge oui, mais avec classe.


L'image

On le sait,
Sur PS2 le jeu a forcément perdu (couleurs ternes, ralentissements) mais reste fort honorable
la PS2 n'a rien à voir avec un PC (contrairement à la Xbox). Il ne faut donc pas être trop regardant envers lui, déjà parce que la machine de Sony est bien en dessous des performances d'un PC et qu'à l'heure du test il a déjà 8 ans. Il est vrai qu'on retrouve ses défauts de conception comme des véhicules modélisés à l'arrache ou un décor toujours très "orthogonal". Mais Max Payne, malgré son grand âge, subjugue sous certaines facettes. La modélisation de Max et des ennemis est convaincante notamment avec des visages détaillés bien que fixes. En fait c'est une simple textures qui est appliquée, avec l'avantage qu'elle peut être changeante. La physique est bien respectée et on peut même dire que Remedy a poussé assez loin le réalisme et le soucis de chaque détail. Les ricochets sur le métal, les douilles qui sortent des armes, celles qui jonchent le sol, les impacts de balles sont bien visibles et redessinent tout le décor, le tracé des projectiles en mode bullet time... tout ça apporte une grande crédibilité au visuel. D'ailleurs, hormis certains détails comme le fait que certains visages ont des grimaces ridicules, les décors sont variés (bas-fonds, usines, immeubles, cargo... même si on reste toujours en ville finalement) et les graphismes sont beaux. Les effets de flammes sont bien rendus, les textures sont fines, les loadings sont assez courts, bref c'est pas mal. Pourtant je finirai sur une note moins complaisante envers le jeu. En effet, à titre de comparaison on sent bien que le titre de Remedy a perdu dans ce portage : les couleurs sont souvent fades et on subit quelques ralentissements, exclusivité non réclamée à la console de Sony. Et pour ce qui est de la luminosité, elle a tendance a être trop élevée. Décidemment, ils n'obtiendront jamais le juste milieu.


Le son

Comme dans tout
Très bonne qualité dans l'ensemble mais un déséquilibre des voix pénible et qui n'a pas été réglé depuis la version PC
jeu d'action qui se respecte, les bruitages sont réalistes et percutants. Chaque explosion et plus encore les armes, ont méritées toute l'attention des développeurs. Le pompe, le Desert Eagle ou le double Beretta donnent vraiment bien le change, ce qui dynamise énormément les affrontements. Il y aura (hors cut-scènes) quelques musiques, rares mais sympas. D'ailleurs, le thème d'intro, qu'on retrouvera tout au long du jeu, est vraiment réussi. Transpirant la lente agonie d'un coeur qui se meurt, ses airs de violencelle peuvent taper sur le système, mais rares sont les jeux a posséder une bande-son vraiment en phase avec son univers, son atmosphère triste et glaciale. Le doublage, tout en Français, hormis quelques fautes de goût et de crédibilité, est également une franche réussite. Toujours dans le ton, parfaitement en phase avec le jeu, on appréciera surtout le travail du doubleur de Payne qui est particulièrement efficace. Sa façon de nous conter son histoire, le flegme avec lequel il essaie de dénouer toute cette histoire, ajoute encore à cette ambiance de polar moderne. Malheureusement, malgré la grande qualité du tout, il réside un seul vrai problème pour le son : le déséquilibre des voix. Cette maldonne s'explique simplement en se disant que le volume des différentes voix du jeu est toujours (et je dis bien toujours) trop bas. Un problème de taille puisqu'on entendra absolument rien à ce qui se dit à moins de mettre le son relativement fort. Car musiques et bruitages sont infiniment plus élevés rendant le signal audio déséquilibré (et paramétrer les options audio n'y change rien). Le pire, c'est que cette version console arrive plus de 6 mois après la version PC et que les développeurs n'ont même pas pris la peine de régler cet affligeant problème qui sévit depuis la version originale. Je félicité personnellement Rockstar pour ce portage de fainéants, qui ne corrige pas le seul réel défaut d'un jeu qui n'avait besoin que de ça.


Note générale

Max Payne est un jeu culte qui aura donné ses lettres de noblesse à Remedy Software et au genre sur PC. Action nerveuse et bullet time à gogo, explosions et balles traçantes, scénario béton et mise en scène originale, telles sont les forces de cette aventure hors du commun. Bien sûr on peut regretter que Max Payne face en toutes circonstances la même moue ou encore que le chemin soit tout tracé ne laissant aucune alternative dans la marche à suivre mais bon... c'est comme ça. Et c'est vrai, qu'il n'est parfait. Cette version PS2 accuse des couleurs fades et des ralentissements, absents des autres versions. Et comble du portage réalisé à la va vite, les problèmes de volumes de son qui sévissent et pourrissent l'aventure sur PC, ont été transcrites à l'exacte sur cette édition console. C'est même une honte de la part de Rockstar, ne pas avoir rééquilibrer tout ça, alors que 6 mois séparent les 2 versions. Heureusement pour lui, Max Payne est un jeu si charismatique, si puissant tant dans son approche du désespoir d'un homme et de la haine qui en découle, que dans sa réalisation, qu'il ne pourra vous laisser qu'admiratif.


Test réalisé par iiYama

avril 2010