Haunting Ground (PS2)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : avril 2005
Développeur : Capcom
Editeur : Capcom
Genre : survival horror

Support : 1 DVD
Version testée : Française
Voix dans le jeu : US
Textes à l'écran : FR

Difficulté :
Multi-joueurs : non
Titre alternatif : Demento (JAP)
Prix au lancement : 60€





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Haunting Ground








Si le genre du Survival Horror
Pas d'armes, Fiona est une fille fragile, belle et à laquelle il faudra faire attention
est né en 1992 avec Alone in the Dark, c'est bien Capcom et son grand Resident Evil qui a popularisé le genre (surtout sur consoles). Depuis le grand maître a fait plusieurs fois le tour de la question, si bien qu'ils sont allés chercher ailleurs leur inspiration. Et si on réfléchit 2 minutes à la question, à part des jeux d'action, le Survival Horror ne propose que peu d'alternatives. Il y a bien des Project Zero bien flippants, un Rule of Rose un peu raté, des Forbidden Siren ou même un vieux Parasite Eve, sinon le genre fait généralement parler la poudre : Ghost Hunter, Cold FEAR, Resident Evil 4, Extermination, ObsCure et j'en passe. Précisons quand même qu'au milieu des 2 styles se trouve Silent Hill, pris en sandwich entre une action à dose homéopathique et un rythme super mou. Seulement voilà, Capcom se sent prêt pour attaquer autre chose que du Resident Evil. Le développeur s'est déjà essayé à l'exercice de style avec les Clock Tower, et Haunting Ground reprend justement quelques facettes de son 3e épisode, sorti sur PS2 en 2003 et dont les ventes ont été anecdotiques, notamment à cause d'un autre monstre du genre, j'ai nommé Silent Hill 3. Sorti un mois après le très grand Resident Evil 4 sur GameCube, promis comme une exclue à la console de Nintendo, Capcom récidive sur le secteur du Survival Horror "autrement" et nous propose une nouvelle plongée en Enfer, et ce, sans arme. Et c'est ça qui sera le plus décrié ou le plus apprécié dans ce jeu. Histoire d'attiré le mâle qui sommeille en nous, on contrôle Fiona Belli, une jeune fille recueillie après un accident de voiture qui tua sur le coup son père et sa mère. Seule héritière d'un immense manoir, elle se retrouve couverte d'un simple drap de satin et enfermée dans une cage. Très vite elle s'échappe, trouve des vêtements et comprends que le peu de personnages qui rôdent dans les sombres couloirs du manoir, ne lui veulent pas tous du bien. Frêle demoiselle, féminine et fragile autant que peut l'être une fille, Fiona n'a donc pas d'armes. Elle ne se défend pas directement de ses poursuivants, et doit (la plupart du temps) fuir. Afin de calmer le jeu, on devra lui trouver des cachettes sûres (sous un lit, dans un placard…), le temps que son poursuivant se lasse de la chercher et s'en aille. Mais il faudra faire très attention à ne pas faire de bruit, car très réaliste en soi, l'ennemi ne rôde jamais bien loin et le moindre bruit suspect peut l'alerter.


Et ce qui vous
La complicité entre Fiona et Hewie est primordiale
surprendra dés le début du jeu, c'est qu'il n'y a aucun temps de chargement. Tout en streaming, on ouvre une porte et on passe d'une pièce à l'autre, je dirais presque, "naturellement". Pour freiner son opposant, Fiona peut fermer les portes mais les laisser ouvertes c'est aussi l'assurance de pouvoir s'échapper plus vite. Un concept plus réaliste que la porte qui grince à chaque passage. De toute façon il n'y a que très peu d'ennemis (qu'on ne peut généralement pas tuer), le titre de Capcom ne tablant pas sur la boucherie en série. Autre point marquant, Fiona est loin d'être idiote. Combien de fois avons-nous pesté sur l'incohérence d'un jeu, avec ses portes définitivement fermées, son inventaire idiotement réduit et ses puzzles sans aucun sens ? Ici Fiona cherche toujours à faire les choses soi-même et malgré sa fragilité, elle est sacrément débrouillarde la petite. Ca fait plaisir d'avoir enfin une personne qui réfléchit, et non une grosse buse incapable de rien, comme c'est le cas dans bien des jeux. Afin d'avancer dans un scénario bien mis en scène mais franchement flou au départ (c'est le but), notre héroïne aura pour elle un inventaire rempli de tout ce qu'elle trouve, ainsi que la possibilité de jouer les alchimistes. Au milieu des habituels puzzles si cher à Capcom et au genre, Fiona pourra (via une machine) créer divers items qui pourront par exemple lui permettre de se défendre, de se calmer (en cas de panique) ou de se restaurer. L'idée est bonne mais je regrette que la conception de ces items passe par un jeu d'adresse frustrant et difficilement domptable. Belle et fragile, il faudra bien sûr éviter à notre héroïne de paniquer. Dans un effet graphique superbe, qui dépeint parfaitement l'angoisse ressentie, plus elle a peur et moins elle est contrôlable. La vibration du pad s'affole, ses cris de frayeurs inquiètent et généralement, c'est le game-over. Lorsqu'elle panique, on peut la calmer en lui donnant des plantes (type camomille, réputée pour son actif apaisant) mais passé un certain stade, cette idiote court droit devant sans qu'on puisse y faire quelque chose, tombe à terre, se replie sur elle-même et ne nous laisse même pas la possibilité d'ouvrir l'inventaire pour l'aider. Autant dire qu'il ne faut pas en arriver là. Heureusement que contrairement à Clock Tower, on ne sera pas vraiment seul(e). Accompagnée de Hewie, un berger allemand assez intelligent, la belle pourra se sortir de la plupart des pièges. Via le stick analogique droit, on lui intime des ordres (attaquer un méchant, aller chercher un objet, rester sur place) et selon s'il obéit bien ou pas, on peut le réprimander ou au contraire, le féliciter. La complicité entre Hewie et Fiona est primordiale et généralement il faut prendre soin de son toutou, sans quoi il n'obéit pas. Et croyez-moi, Hewie a une importance capitale dans ce jeu, même s'il peut mourir.


On regrettera
Techniquement, la PS2 se surpasse : modélisations et décors sont impressionnants !
de temps à autre il n'en fasse qu'à sa tête ou que sa relative intelligence ait des hauts et des bas, mais globalement c'est un élément de gameplay assez frais pour le genre et qui change bien la donne. Bien sûr, on aurait aimé avoir un fusil à pompe dans les mains de temps en temps, plutôt que jouer les peureuses tout le long de l'aventure, mais c'est aussi ça l'originalité d'Haunting Ground. Utilisant un moteur graphique vraiment performant (sans doute celui qui permettra d'adapter Resident Evil 4 à la PS2 quelques mois plus tard), le titre de Capcom se pare d'une robe classieuse et même impressionnante pour le support. Bien que les couleurs soient généralement fades, afin d'imposer une ambiance particulière à ce thriller psychologique, les graphismes impressionnent. Entièrement en 3D, dont la caméra se permet quelques angles de vue dynamiques et mobiles, j'ai été bluffé par le jeu de lumières, la qualité des textures, la fluidité naturelle des animations. Personnellement, j'aurais vraiment apprécié que le stick droit serve à faire pivoter la caméra plutôt que le cloisonner aux fonctions d'Hewie. Pour lui j'aurai préféré appuyer sur R2 par exemple et que ça ouvre un menu en camembert (les touches L2/R2 étant inutilisées). A ce propos, il faut aussi reconnaître que la configuration des touches est loin d'être idéale et comme d'habitude, on ne peut pas la configurer à son aise. Mais revenons à nos graphismes. Même si l'aliasing salie un peu l'image, on ne pourra que féliciter Capcom pour le travail accomplie, les décors (gothiques à souhait) étant variés et superbes. Mais le plus impressionnant reste selon moi, les modélisations. Si j'ai toujours prôné la supériorité de Silent Hill 3 sur les autres jeux en matière de modélisations, le titre de Konami trouve ici un sérieux concurrent. En effet les visages (surtout celui de Fiona) sont hyper expressifs, à tel point que les cut-scènes prennent réellement vie devant nos yeux. Et puis objet de tous les fantasmes, la douce Fiona est un Ange qu'on aimerait protéger. Si la vidéo d'intro (créée par le studio Robot, connu pour son travail sur Onimusha) la rend physiquement parfaite, son modèle en 3D n'a rien à lui envier, avec notamment un regard azuré superbement expressif et de toute beauté. Reste quelques saccades pour gâcher le plaisir (notamment lors des vidéos, étrange…), des tons toujours identiques et une certaine lenteur, mais rien de vraiment rédhibitoire. Dernier point, le son se veut naturellement angoissant. Il est pénible que le même thème horrifique revienne sans cesse et qu'une fois de plus le doublage se cantonne à l'anglais, mais les divers bruitages sont d'une qualité irréprochable, les voix sont dans le ton et l'ambiance sonore se révèle travaillée. Dommage juste qu'on n'ait pas quelques airs, même angoissants, en lieu et place de ces vagues horrifiques à la longue un peu pénibles.



Haunting Ground Note
est un pari réussi pour Capcom. Les maigres ventes de son jeu en font une aventure à part et qui ne connaitra jamais de suite (pourtant, connaissant le développeur…). L'horreur "autrement", où on troque les armes à feu, les monstres et les zombies, pour une progression lente, un peu d'alchimie, de la débrouille et de la psycho, le tout aidé par un chien suffisamment intelligent pour ne pas être un boulet. D'ailleurs Hewie est un animal attachant et plus on en prend soin, plus il nous le rend bien. La symbiose entre les 2 personnages est même au centre du gameplay. Nous avons donc une composition de l'horreur et de l'angoisse qui ne plaira pas à tout le monde mais ceux qui ont aimé les Survival Horror nommées en début de test et les blasés de Resident Evil/Silent Hill, devraient y trouver leur compte.



Test réalisé par Aquel & iiYama

mars 2010 (mise à jour : novembre 2014)