Half-Life (PS2)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : novembre 2001
Développeur : VALVe software
Adaptation : Gearbox software
Editeur : Sierra
Genre : FPS

Support : 1 CD
Compatible PS3 60Go : oui
Version testée : Française
Voix dans le jeu : FR
Textes à l'écran : FR

Moteur graphique : GoldSource
Difficulté :
Multi-joueurs : 2 joueurs simultanément
Abréviation : HL
Titre alternatif : Half-Life Decay
Prix au lancement : 60€
Score des ventes : 10 millions (tous supports)


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Half-Life







En 1998, Half-Life a révolutionné les FPS avec une recette qui est encore largement plagiée aujourd’hui. Un scénario excellent, un rendu graphique somptueux, un gameplay en béton et l’immense charisme de son univers et de ses personnages, VALVe a véritablement marqué son temps. Et depuis 98, 2 add-ons sont sortis afin de vivre des histoires parallèles à celle de Gordon Freeman : Opposing Force et Blue Shift. Le premier nous placait dans la peau d’un Marines, trahi par les siens mais toujours en chasse du valeureux héros. Un add-on de grande qualité tant sur le plan artistique que scénaristique. Dans Blue Shift on prenait enfin les commandes d’un agent de la sécurité de Black Mesa, un point de vue original mais un jeu finalement assez décevant. Et justement, Blue Shift devait être la grande attraction d’un portage sur DreamCast. Mais la belle a été enterrée trop vite, du coup Blue Shift s’est retrouvé sur son support d’origine, à savoir le PC. Conscient de l’immense potentiel que représente la seconde console de Sony, VALVe a une fois de plus demandé à Gearbox de porter son titre culte sur console. Et loin de la conversion facile comme on en voit bien trop souvent, Gearbox nous gratifie d’une meilleure réalisation, d’un petit deathmatch en splitté et même d’un mode original, le Decay. Même si Half-Life n’avait pas besoin de ça pour connaître un 2e succès, c’est toujours bon à prendre. Donc même si les joueurs console ont attendu 3 ans pour enfin jouer Gordon sur leur machines de salon, l’attente n’a pas été inutile.


Développement scénaristique

Retrouvez le scénario du jeu dans le spoiler "A savoir", en fin d'article.

La mise en scène est excellente, parfois même flippante. Quand on y réfléchit 2 minutes, ce type de scénario pourrait se passer dans la vie réelle à cause d'institutions telles que le CERN. En avançant dans le jeu, vous incarnerez le premier rôle d'une résistance chancelante face à des extra-terrestres hyper agressifs et une armée qui veut étouffer l'affaire. Freeman (un nom évocateur) finira par être le seul espoir de l'humanité. Entre la mise en scène et un scénario alambiqué, c'est sûr, on est loin d'un DOOM où il n'y a pour ainsi dire aucun but et aucune trame scénaristique. Dommage par contre que ce superbe scénario ne soit pas un peu plus mis en avant...


Jouabilité & Gameplay

En troquant
L'interaction avec les PNJ était la grosse nouveauté d'Half-Life en 98
la souris pour ce bon vieux DualShock 2, c’est sûr, on y perd forcément en réactivité et en précision. Mais loin d’être idiots, les développeurs de Gearbox ont eu la bonne idée d’adjoindre à la visée un lock semi-automatique. En effet, en pressant une touche on peut littéralement verrouiller son ennemi. Le lock ne lâchera pas prise tant que l’ennemi ne sera pas mort, ce qui est très avantageux finalement, et sans ça Half-Life perdrait beaucoup en agréabilité. Une méthode qui devrait faire plus souvent recette dans les jeux actuels tant ce verrouillage rend bien service (notamment contre les ninjas ou le boss final). En plus de ça le pad est entièrement configurable et les paramètres offrent même la possibilité d’avoir une position accroupie verrouillée et/ou une assistance pour les sauts. Moi qui ne suis pas un crack en FPS console, je n’ai rencontré aucun problème, le jeu étant parfaitement jouable. Et si jamais vous n’arrivez pas à vous faire à cette nouvelle façon de jouer, sachez que le jeu prend en charge les souris USB (j’en vois déjà qui sont heureux). La vitesse de réaction des sticks analogiques est paramétrable, on a 3 niveaux de difficulté et le panel d'armes est étoffé : armes de poing, fusil à pompe, fusil d'assaut et armes extra-terrestres, sans oublier le fameux pied de biche de Freeman. La plupart des armes possèdent une attaque secondaire, bien sûr plus puissante mais on regrettera l’absence d’attaque de mêlée, même dans cette tardive adaptation. A noter aussi qu’on peut se servir des quelques rares armes fixes. Le tout est donc excellent... sauf peut-être sur la vitesse de scrolling. En effet le jeu est trop rapide ! Si on marche c'est trop lent, si on court c'est trop speed... voilà un dilemme que nombre de jeux du genre accusaient avant les années 2000. Malgré tout, on se fera assez vite à cette jouabilité nerveuse et pour ça quoi de mieux de se faire un bon didacticiel. C’est le fameux parcours d’obstacles de Black Mesa, un tutoriel qui vous inculquera les bases du maniement de Gordon. D'autant qu'Half-Life ne propose pas que du 100% action, il y a aussi quelques phases de plate-formes assez pénibles. Par exemple on peut citer des passages avec trampolines (extra-terrestres bien sûr, on est pas au cirque) pour franchir des zones autrement inaccessibles ou encore des passages où il faudra sauter ou marcher précisément. Etant donner la rapidité des déplacements et donc, l'imprécision de la jouabilité, ces moments peuvent rebuter. Heureusement que pour nous sauver d’une crise de nerfs, Half-Life conserve ses très agréables quick-saves. En faisant pause on peut sauvegarder de façon volatile son jeu et si on veut faire une véritable save sur sa Memory Card, on passe par un sous-menu, l’action étant bien entendu plus longue. Mais la quick-save, véritable plaisir de PCiste, sera un bon moyen pour nous aider à franchir les passages les plus ardus (surtout sur Xen). Fonctionnant exactement comme sur PC et au détail près, ça rendra le jeu un peu plus facile.


A ce propos,
Decay est un vrai bonus même si on aurait préféré les 2 add-ons de la version PC
Half-Life est un FPS extrêmement difficile, surtout si vous n’optez pas pour le mode easy. Mais comme sur PC, à chaque problème sa solution puisque les cheat-codes rendent bien service, surtout la fin où ça se complique drastiquement. Dans tous les cas les phases de plate-formes ne pénalisent pas trop l'aventure, je dirais même qu’elles la varient assez bien. A côté de ça le gameplay est assez classique (monter aux échelles, prendre des ascenseurs, utiliser des véhicules automatiques) mais la grosse nouveauté du jeu à l’époque était l’interaction avec les PNJ. Par exemple, lorsque l'accès à une porte vous est refusé, demandez gentiment à un chercheur de vous l'ouvrir. Ca parait con aujourd'hui puisque le concept est largement assimilé dans d'autres jeux, mais il faut savoir que c'est Half-Life qui en posa les premières bases. Idem pour les portails dimensionnels, devenus presque communs dans les jeux actuels. Là, on vient de voir Half-Life dans son contenu classique, son aventure solo mais comme je l’annonçais en intro, cette version possède 2 nouveautés : le Head to Head et le Decay. Le Head to Head (trad. tête à tête/face à face) est un deathmatch à un contre un en splitté sur le même écran. Ce petit bonus est rigolo 5 minutes mais un deathmatch à 2, c’est vite lassant. Dommage que Gearbox n’ait pas offert la possibilité de se connecter au service online de la PS2 pour pouvoir s’affronter à plusieurs. Par contre le Decay est un vrai plus à cette version, tout d’abord parce que c’est une exclusivité à la machine de Sony et puis parce qu’elle nous offre une véritable histoire parallèle à celle de Gordon. On y joue un duo féminin, Gina Cross et Colette Green, dans un jeu qui prend place 5 minutes avant le crash, avec un gameplay basé sur la complémentarité des 2 personnages. En effet, Decay est prévu pour être joué à 2 en splitté mais on peut aussi pratiquer l’aventure en solo auquel cas on presse Select pour passer d’un personnage à l’autre. Se trouvant généralement à 2 endroits différents, les 2 filles doivent être gérer en parallèle pour déjouer les pièges (certaines énigmes sont assez tordues). Dans ce MOD on traversera quelques zones jusque-là inexplorées ou encore des lieux autrefois en bon état (comme le parcours d’obstacles) et qui sont désormais en miettes. Seuls défauts : la difficulté est encore plus élevée, on a pas accès aux quick-saves (on ne peut sauvegarder son jeu qu’entre 2 chapitres, autant dire que c’est parfois trop long) et les armes viennent vite à manquer étant donné qu’il faut partager l’arsenal en 2. Heureusement le personnage dont on ne se sert pas, sait se défendre tout seul, sans quoi ça aurait été un peu pénible. Enfin le scénario est haché et peut être incompréhensible pour ceux qui n’auraient pas fait les Blue Shift et Opposing Force. Malgré tout Decay reste un bonus très appréciable.


L'image

Half-Life est
Sorte de version haute-définition, sur PS2 c'est plus détaillé que sur PC
un jeu indéniablement beau et varié : Black Mesa, les labos, les sous-terrains, les égouts et surtout Xen qui assure un total dépaysement avec son design particulièrement fouillé (c’est d’ailleurs l’une des forces du jeu que d’aller voir le monde alien de si près). Basé sur le moteur remanié de Quake II (c'est en fait un hybride entre l'id Tech 1 et 2), il affiche des textures fines et une 3D bien détaillée. Je vais même vous dire mieux, Half-Life sur PS2 est plus beau que sur PC. S’il subsiste des textures floues (surtout pour le décor), tous les PNJ et les ennemis ont été redessinés, reprenant la mise à niveau du Blue Shift initialement prévu pour la DreamCast. Les visages sont plus détaillés, comme la plupart des sprites, et on a même quelques jolis effets de reflets. Et la petite mise à jour va plus loin encore puisque certains passages ont été remaniés pour mieux s’adapter à la jouabilité au pad, on a plus d’apparitions de G-Man même si au final, ça ne reste que des détails, le jeu étant fidèle à lui-même. Sacrément en avance sur son temps en 1998, le moteur GoldSource prouve encore sa polyvalence et Half-Life supporte très bien la comparaison avec les autres jeux PS2, je dirais même qu’il tient le pavé haut des FPS sur PlayStation 2. Mais il subsiste quand même quelques défauts à tout ça, à commencer par un gros aliasing qui tâche, la principale maladie de la console. Ensuite, qu’importe le décor ou le nombre d’ennemis, le moteur graphique saccadera constamment. Pas très gênant, il est juste regrettable que Gearbox n’ait réussi à obtenir un framerate stable. Enfin le jeu possède un peu plus d’arrêts loading et ces derniers ont tendance à être plus longs que sur PC (de l’ordre de quelques secondes). Mais rien de bien méchant, retourner à Black Mesa sur sa PS2 est un vrai bonheur, le portage étant de grande qualité.


Le son

Si la version PC
En plus de l'image, le son est d'une très bonne qualité et certains FX ont étés retravaillés
avait quelques problèmes sur les effets de Reverb, la version PS2 s’accommode bien mieux de ce petit plus acoustique. En effet la console de Sony nous offre un son de bonne qualité, pour ainsi dire le même que sur PC, avec cette fois un bon mixage de chaque piste sonore. Entièrement traduit en Français, on retrouve toutes les voix du jeu d’origine ("je n'ai pas le temps pour ça Gordon" ou "vous devriez être en salle de test depuis une 1/2h" ça reste culte) plus quelques nouvelles servant au Decay. D’ailleurs celles-ci sont généralement d’une qualité moindre (voix sous-samplées) et beaucoup de PNJ se servent du même doubleur, parfois successivement. A côté de ça le thème d’accueil est vraiment sympa, on retrouve bien entendu les musiques originales et preuve du bon vouloir des développeurs, certains bruitages ont été refaits. Par exemple le fusil à pompe fait un bruit plus convainquant et le M16 dépote bien. Du beau boulot.


Note générale

Véritable révolution à sa sortie sur PC, Half-Life aura mis 3 ans pour enfin être porté sur console. Mais loin de l’adaptation facile, elle apporte un rendu graphique revu, une bande-son mieux maîtrisée, une jouabilité parfaitement adaptée au pad, tous les petits plus des jeux PC (quick-saves, codes de triche) ainsi que 2 nouveaux modes. Certes on aurait préféré avoir un Counter Strike à la place du Head to Head, et les Opposing Force/Blue Shift à la place du Decay, mais ce dernier est un vrai bonus qui offre une aventure parallèle vraiment sympa. Graphiquement, si le moteur accuse un framerate inconstant, on ne peut pas dire qu’Half-Life fasse tâche sur PS2, bien au contraire. Il est même plus beau que sur PC, la majorité des ennemis et autres PNJs ayant été retravaillés (voir les screenshots). Jouable au pad mais prenant en charge les souris USB génériques, Half-Life sur PS2 est l’un des plus grand FPS de la console. Comme quoi même 3 ans après, il n’a rien perdu de sa puissance ludique et c’est en 2001 qu’il reçu son 2e et mérité succès. Il faut dire que le monde était encore loin de la sortie du grand Half-Life² (2004), alors cet opus est resté comme le maitre-étalon, le genre étant mal représenté sur consoles (à l'époque).


A savoir : cliquez pour ouvrir


Test réalisé par iiYama

décembre 2005 (mise à jour : août 2009)