GTA San Andreas (PS2)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : octobre 2004
Développeur : Rockstar North
Editeur : Rockstar Games
Genre : action - aventure

Support : 1 DVD
Version testée : Française
Voix dans le jeu : US
Textes à l'écran : FR

Difficulté :
Moteur graphique : RenderWare 3
Multi-joueurs : 2 joueurs (mini jeu)
Abréviation : GTA SA
Prix au lancement : 60€
Score des ventes : 24 Millions (tous supports confondus)


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Grand Theft Auto

San Andreas



Tout le monde connaît
2 ans de développement pour un jeu mégalo et pour la première fois, un héros black
San Andreas mais personne ne sait ce que c'est. Et bien Rockstar s'est tout simplement approprié un nom clinquant alors qu'en réalité, San Andreas est une petite bourgade d'à peine 3000 habitants, perdue en pleine Californie. Alors comment est venue l'idée, avec un nom pareil, de faire un jeu aussi mégalo, aussi gigantesque ? Allez savoir. Mais le plus gros défaut du plus grand titre de la PS2 (environ 18 millions de vente rien que sur cette console, ça fout le vertige !) vient aussi de cet aspect gargantuesque. C'est tellement abusé, tellement riche, tellement grand, tellement "à l'américaine" qu'au final la technique en a pris un sacrée coup sur la gueule car elle est truffée de bugs, ce qui prouve bien que Rockstar n'a jamais fignolé son jeu, sous peine d'y passer un, voire 2 ans de plus à le développer. Si on revient un instant dans le passé, le tout premier GTA est né sur PC. Jeu à polémiques (et oui déjà), il était en 2D et en vue de dessus mais déjà la sensation de liberté y était étonnante. Vient ensuite les 2 épisodes de GTA London qui se déroulaient dans les années 60, puis un GTA 2 qui ne changeait pas encore la formule. C'est seulement avec GTA III (tout d'abord paru sur PS2) sorti en octobre 2001, que Rockstar marqua un grand changement dans la série avec l'apparition de la 3D. Le moteur était peu performant, c'était gavé de bugs mais l'immersion fut immédiate et la sensation de liberté était plus que jamais grisante. S'en suivit Vice City en 2002, dont le gameplay s'est enrichi, le moteur graphique a été amélioré et avec ses 9 millions d'exemplaires vendus, on peut dire que ce fut un très gros succès. Pour San Andreas, Rockstar a planché 2 ans et le jeu est sorti en exclusivité temporaire sur PS2 (les versions Xbox et PC sont parues 8 mois plus tard). Au lieu de proposer une ville entière comme c'était le cas jusqu'à présent, cette fois on peut parcourir (et semer le chaos !) dans un Etat à part entière, qui contient 3 grandes villes, des comtés et des centaines de kilomètres de route. La ville de Los Santos est inspirée de Los Angeles, San Fierro est inspirée de San Francisco et Las Venturas est inspirée de Las Vegas. On retrouve quelques points communs avec ces villes réelles comme les grandes lettres Hollywood ici joliment renommées, ou encore les grands monuments, bâtisses ou ponts. San Andreas propose aussi une toute autre approche de GTA. En effet c'est la première fois qu'on jouera un personnage noir, Carl Johnson alias CJ, troquant ainsi le milieu mafieux pour l'univers gangsta.


L'histoire se déroule en 1992,
Le système de missions est un peu mal foutus
CJ sort de prison et retourne dans sa ville natale (Los Santos) après avoir appris le meurtre de sa mère. CJ y retrouve son passé, sa famille, son ancien gang (le Grove Street Families) et d'anciens ennemis. Tout au long du jeu, Carl se démène pour trouver le meurtrier de sa mère et durcir sa réputation, en tentant de redonner à sa bande, sa gloire d'antan. Le gameplay de San Andreas est complètement énorme car on peut presque tout faire. A la manière d'un MMORPG, lorsqu'on commence une partie, le temps défile à vitesse grand V. C'est bien la preuve qu'il y a toujours quelque chose à faire et l'histoire principale dure au bas-mot 40 heures. Lors de sa sortie, lorsqu'on achetait le jeu, on en avait enfin pour notre pognon. Mais commençons par le début, notre personnage est entièrement personnalisable : fringues, barbe, tatouages, coupe de cheveux, si on passe du temps à la salle de sport il finit par être baraqué, si au contraire on passe son temps à bouffer, il finit obèse (ce qui influe sur son endurance). Dans les villes, on trouve évidemment tout ce qu'on veut : des coiffeurs, des magasins de vêtements, des garages (pour équiper ou repeindre sa caisse), des vendeurs d'armes et bien sûr des restaurants. San Andreas est un terrain de jeu tellement grand, qu'on peut très bien perdre son temps à simplement vaquer dans les rues. Le jeu gère une véritable population ainsi qu'un cycle jour et nuit, avec la particularité qu'une minute réelle fait une heure dans le jeu (une journée dure donc 24 minutes). Pour sauvegarder, le plus simple est de retourner à la maison et à chaque save, le temps avance de 6 heures (pratique si on ne veut pas attendre une heure précise). Comme dans les autres GTA, on a bien entendu des missions à accomplir et justement, le seul véritable défaut du jeu est là. Pour activer une mission, il suffit de rejoindre un marqueur, une cut-scène se déclenche et embraye sur l'objectif à atteindre. Au fil du jeu, on rencontre de plus en plus de monde et chaque personnage possède un nombre prédéfini de missions à vous faire faire. Génial certains se disent... en fait oui et non. Tout le problème c'est que tout ça est un peu mal fichu. Lorsqu'on lance une mission, il n'y a aucun checkpoint et si on échoue à la dernière minute, on doit tout recommencer. C'est pénible d'autant qu'à chaque fois, il faut se déplacer sur plusieurs kilomètres ce qui peut prendre du temps.


Ensuite les missions
Car-jacker est tout simple mais pas à reproduire dans la vraie vie
sont chiantes pour la plupart : conduire un mec, poursuivre un ganster, cambrioler une maison, gagner des courses, sauver une pote en danger... oui c'est extrêmement varié mais on ne peut échapper à aucune mission. Toutes les missions principales doivent être remplies, même si celles-ci sont idiotes. Des exemples ? Poursuive un gars à moto sans le perdre de vue (avec cette jouabilité bien pourrave, c'est vraiment pas évident !), réaliser des épreuves musicales façon Dancing Stage ou encore piller une cargaison militaire en moins de 2 minutes sans quoi notre coéquipier se fait descendre... c'est bien gentil tout ça mais ça finit par être gonflant. Le timing est bien souvent trop mince ce qui nous oblige à recommencer encore et encore, au point qu'on finit par se lasser complètement du jeu. Et ça c'est vraiment dommage. Dommage car San Andreas mérite qu'on s'y attache. Si les missions principales sont obligatoires, on peut aussi réaliser une pléthore de missions secondaires qui nous font gagner du respect (une donnée importante du jeu) et/ou de l'argent. On a des missions assez classiques de pompier, d'ambulance, de police ou de taxi, des missions de livraison chronométrées comme routier ou chauffeur de train (des écoles de conduite existent) ou même des missions de proxénétisme. Et oui ça va loin, très loin même, pouvant ainsi happer le joueur et l'éloigner de sa mission principale. En cherchant à tout faire du jeu (entraînement physique, nourrir sa garde-robe, faire du tuning, les missions primaires et secondaires, maquer des filles, recouvrir les tags ennemis, etc) alors il devient le GTA le plus long de l'histoire de la licence, le plus riche, le plus vaste mais aussi le plus "dispersé". Si cambrioler des maisons peut rapporter gros, il est aussi sympa de s'en payer de nouvelles afin d'avoir plusieurs pied-à-terres répartis sur l'immense territoire qu'on doit gérer (d'ailleurs les garages permettent de stocker des véhicules). A ce propos, pour éviter qu'on se perde, le jeu affiche une mini-carte, une sorte de GPS qui malheureusement, n'est pas bien clair ni vraiment modulable, mais qui rend quand même service (sinon on serait vite paumé). Pour se déplacer dans ce vaste monde, il est coutume de "car-jacker" d'honnêtes gens qui n'ont rien fait de mal et qui ne faisaient que passer. On les vire de leur bagnole en leur mettant une baigne au passage et en avant la musique. C'est pas fairplay certes, mais vous savez, c'est très difficile de rester droit dans ce jeu puisque tout nous pousse au crime, notamment des flics corrompus.


Le nombre de
Le jeu est assez difficile car si on bloque sur une mission, on avance plus dans l'histoire
véhicules disponible est ahurissant et va de la simple voiture au camion, en passant par le fourgon, le poid-lourd, le bateau (CJ est le premier personnage de GTA à savoir nager) ou encore le quad. Mais plus fort encore, il est possible de voler un train, un hélicoptère ou même un avion ! La grande classe. On a aussi des 2 roues à la jouabilité encore plus catastrophique. Le moindre obstacle et c'est la chute, les voitures ne se gênent pas pour nous rentrer dedans et on peut le dire, s'il est plaisant de pouvoir se servir d'un nombre étonnant de moyens de locomotion, il faut aussi dire que c'est parfaitement injouable !! Aucun véhicule n'aura une bonne prise en main, ce qui rendra le moindre déplacement particulièrement chaotique. Le mobilier urbain n'est d'ailleurs pas très solide puisqu'au moindre choc on détruira des rues entières, sans parler du nombre immoral de personnes qu'on écrasera en tentant de simplement aller d'un point A à un point B. D'ailleurs à pieds ce ne sera pas mieux. CJ n'est pas spécialement lent mais c'est tellement grand qu'on finit forcément par prendre un véhicule. Etant en guerre contre d'autres gangs, il n'est pas rare de se faire attaquer sans sommation alors qu'on veut gentiment rentrer à la maison. Du coup c'est l'effusion de sang, des innocents sont tués (ce qui peut rapporter de l'argent et/ou des armes) et la police s'affole car les villes de San Andreas sont vivantes de dizaines de PNJs (il y a même des agressions qui se déroulent sous nos yeux, sans même qu'on soit concerné). Et la police c'est un peu le 2e point noir du titre. On peut rouler comme un con, tout défoncer, rouler à contre-sens, tuer des gens, piller des maisons... les flics s'en foutent. Mais si vous avez le malheur de vous battre à côté d'un poulet, de rentrer dans sa bagnole ou pire de tuer un de ses collègues, alors ce sera une véritable chasse à l'homme qui se déclenchera. Le baromètre s'étale sur 6 niveaux et plus ça monte, plus ils nous mettent la pression (même au minimum, ils sont déjà sacrément agressifs). C'est à tel point que les flics finissent par laisser la place au SWAT, puis au FBI et si ça ne suffit pas, c'est l'armée qui se chargera d'arrêter l'ennemi numéro 1 que vous êtes devenu (alors que souvent ça part d'un simple accrochage en voiture !).


Ce système est mal
Le moteur Renderware n'est pas au mieux de sa forme
dosé et il peut être très pénalisant en plein court de mission. Heureusement qu'il apporte aussi pas mal de piment mais généralement les flics en ont après nous pour de mauvaises raisons. Si on se fait choper, on se retrouve au commissariat, les flics nous confisquent nos armes et tapent largement dans notre porte-feuilles. Idem si vous mourrez (ce qui n'arrive pas vraiment en fait) : vous vous réveillez à l'hôpital sans arme et les frais de soins sont à votre charge. Question jouabilité, c'est à la fois "plus" et "moins" confortable que sur PC. En fait, la visée au pad est misérable, super imprécise ce qui rend les affrontements plus délicats. Mais la conduite des véhicules est, à contrario, plus souple, plus agréable. C'est un peu dommage tout ça, car avec une visée plus précise et une petite aide (comme dans les FPS), le jeu aurait été tellement plus confortable à prendre en mains... Evoquons maintenant la misérable réalisation technique du jeu. Je tiens à signaler que San Andreas est sorti en 2004, à la même période que Burnout 3, Gradius V ou Resident Evil Outbreak par exemple. Et on peut le dire, Rockstar n'a fait aucun effort pour fournir un beau jeu. C'est sûr, en rapport de la version PC c'est moins joli et le rapport qualité graphique/puissance est moins déséquilibré. Seulement on subit au moins autant de bugs, tout est cubique, les textures ne sont pas détaillées et si les animations sont vraiment pas mal pour certaines, d'autres font tâche et rendent les cut-scènes vieillottes. Mais s'il y a bien une facette de tout jeu qui vieillit bien, c'est le son. Entièrement doublé en anglais, on retrouve un langage hyper vulgaire et "coloré". Etant donné que les protagonistes ont tout le temps la gueule ouverte, on passe son temps à lire des sous-titres et ça devient vite pénible (la conduite en est encore plus perturbée).


Mais pour une fois
La bande-son est un vrai chef-d'oeuvre
y'aura pas vraiment matière à râler car si le jeu était doublé en Français, il aurait été certes plus immersif (plus de sous-titres à lire) mais aurait perdu de sa verve et de "sa poésie". Et puis c'est tellement vulgaire (un gars balance en moyenne un gros-mot par phrase) qu'à la rigueur, c'est mieux comme ça. Et si le doublage est si bon, c'est aussi parce qu'on retrouve de grandes voix derrière les personnages. C'est Young Maylay (un rappeur de Los Angeles) qui double Carl Johnson, Samuel Lee Jackson fait Frank Tenpenny, Chris Penn fait Eddie Pulaski, Clifton Collins Jr. fait Cesar Vialpando, Big Boy interprète Big Bear, David Cross donne sa voix à Zero, MC Eiht (un pionnier du Gangsta Rap) fait Ryder, etc. Comme vous le voyez, il n'y a que du gros linge et le doublage y a gagné en saveur et en professionnalisme. Et puis quoi de mieux qu'un rappeur pour interpréter un caillera de banlieue ? On notera quand même que les traducteurs y sont allés de leurs petites phrases bien à eux, qui ne respectent pas forcément l'exact doublage mais qui utilisent des mots courants, des expressions bien françaises et même de l'argo. Question musique, étant donné l'axe gangsta du jeu, ne vous attendez pas à du Hard Rock, du classique à la Beethoven ou de la Pop Japonaise. Ici on se nourrit avec un rap US de grande qualité, parfois même avec des titres connus. A noter que la musique est diffusée par la radio (il faut donc être dans un véhicule), qu'on peut changer de station à la volée et qu'un animateur fait en sorte qu'on s'y croit (la musique intervient aussi lors de certaines cut-scènes). Question variété on a quand même une station de Rock, on a du Funk, quelques pistes plus Disco mais globalement c'est surtout du rap qu'on entendra lorsqu'on prendra un véhicule (il est d'ailleurs ridicule d'avoir la radio sur une moto... après tout il n'y a pas Gold Wing dans le jeu). Ça donne vraiment une ambiance particulière, dans laquelle on s'immerge pleinement. Question bruitages, c'est impeccable, je dirais même qu'ils sont hyper réalistes et très travaillés. Du beau boulot.



Gran Theft Auto : San Andreas Note
est exactement comme tout le monde le dit, à savoir complètement mégalo. On a une totale liberté, une zone absolument gigantesque pour se balader ou réaliser des missions, on fait ce qu'on veut, on y perd ses heures et c'est ça qui est grisant. Mais de mon côté, je suis peut-être le seul à dénoncer les fausses notes du titre de Rockstar. Je ne reviens pas sur une réalisation un peu ratée et buggée, faisant du développeur un je-m'en-foutiste notoire (j'aurai préféré un terrain de jeu plus petit et encotre-partie une réalisation plus "propre"), mais je montrerai du doigt qu'on nous force à réaliser des missions souvent idiotes et rebutantes. Et si on ne les fait pas, le scénario n'avance pas. Ajoutons à ça une police mal gérée et une jouabilité catastrophique, dont la note est rattrapée par un formidable gameplay et un jeu tellement ouvert, qu'on en perd un peu son axe principal. Rockstar en a-t'il trop fait ? Il semblerait que oui mais au moins, on ne pourra pas venir rechigner sur le manque de contenu. Si vous faites fi de ces 3 principales critiques, alors vous tenez-là la perle, la crème du jeu "open world", le GTA ultime à sa sortie. Bien sûr il aurait pu prétendre à un 19/20 mais il est encore trop loin d'être "parfait". Et puis si vous n'aimez pas l'ambiance des gangs américains, le rap, des tonnes de putes bien vulgaires comme il se doit, un mode de vie basé sur le meurtre et le car-jacking (on comprend qu'après plusieurs heures passées sur le jeu, y'en aient certains qui pètent les plombs) ou encore des débiles mentaux qui déblatèrent plus de vulgarités que de pensées saines et qui parlent ridiculement avec les mains, alors c'est sûr, passez votre chemin. Mais vous aussi, vous passeriez à côté d'un très grand jeu...



Test réalisé par iiYama

septembre 2005 (mise à jour : août 2009)