Extermination (PS2)

 


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Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : juin 2001
Développeur : Deep Space
Editeur : Sony Computer
Genre : survival horror

Support : 1 DVD
Version testée : Française
Voix dans le jeu : US
Textes à l'écran : FR

Difficulté :
Multi-joueurs : non
Prix au lancement : 60€
Score des ventes : 550.000













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Extermination








S'il y a bien un genre qui a contribué au succès de la première PlayStation (et de Capcom par la même occasion), c'est bien les Survival Horror, avec notamment les Resident Evil. A la sortie d'Extermination, la PS2 n'a (en Europe) que 7 mois et la seconde console de Sony manque un peu de titres forts. Il faut dire que les line-ups se ressemblent tous, on y trouve toujours des jeux de voiture (faciles à développer), des jeux de combats, des adaptations, du sport, etc. Mais c'est sans compter sur Deep Space (dont c'est le premier jeu), qui nous livre ici le premier Survival de la console et même s'il est peu original (car trop similaire aux titres Capcom), ça n'empêche pas qu'il se pare d'une grosse tranche d'action et d'une réalisation de bonne facture. Il serait dommage de passer à côté non ?


Développement scénaristique

Scénario : cliquez pour ouvrir

Ultra basique et
Scénario simple mais accrocheur
littéralement pompé des autres jeux du genre, Extermination nous diffuse un scénario banal, déjà vu des dizaines de fois et ce, sous diverses formes. Malgré tout on accroche, notamment parce que la mise en scène est très correcte. Les scènes lentes et de dialogues se dévoilent via des cut-scènes en 3D et les scènes plus explosives, plus rythmées ou difficiles à créer avec le moteur graphique, sont dévoilées par des vidéos en images de synthèses. En tant que bon plagieur, on trouvera aussi quelques notes explicatives sur les faits car bizarrement, Dennis (notre personnage) est le seul qui ne sait rien et les PNJs prendront un malin plaisir à nous le rappeler. Au final, les vrais bémols à la mise en scène, sont un doublage (uniquement en anglais) qui n'est pas top qualité (comme quoi, ça existe), des sous-titres qui passent souvent trop vites (avec une fois de plus une traduction édulcorée et incomplète) ou encore des caisses où on s'attend à dénicher un objet... et qui ne contient qu'un message écrit. C'est un peu débile...


Jouabilité & Gameplay

Extermination,
Bien avant Resident Evil 4, Extermination proposait une jouabilité contemporaine
s'il se différencie peu d'un Resident Evil sous pas mal d'angles, trouve tout de même le ton juste en ce qui concerne le gameplay, en apportant pas mal de nouveautés (4 pour être précis). La première est votre arme, le SPR4, qui est évolutive. Sorte de fusil d'assaut, on lui adjoindra diverses pièces au fil du jeu, des pièces qu'on trouvera en chemin et qui bizarrement, iront parfaitement sur notre arme. Entre autre on dénichera un module fusil à pompe, un lance-flammes, un lance-grenades, divers viseurs (notamment à visée auto) et même des lunettes de vision nocturne. Au début du jeu, notre fusil ne possède que 2 types de cadence de tir à savoir le coup unique ou le triple-shot. Par la suite, on trouvera le mode mitrailleuse qui sera plutôt efficace. Selon les pièces mises sur le fusil, on aura aussi une simple lampe, objet fort utile dans certains passages où l'obscurité est maîtresse des lieux. Deuxième grosse nouveauté du titre, Dennis (notre personnage) trouvera au fil de l'aventure des chargeurs pour son fusil, ce qui augmentera sa capacité de munitions. Car dans Extermination les balles sont (presque) infinies. En effet, on recharge son stock de munitions via des bornes, avec la possibilité d'y revenir autant de fois qu'on veut. Ces bornes rempotent toutes les armes possédées et sont disséminées un peu partout dans les niveaux. Evidemment cette nouvelle approche du Survival Horror est quelque peu dérangeante... au début, car dans n'importe quel jeu du genre, on passe toute l'aventure à faire un max d'économies afin de pouvoir en mettre plein la gueule au boss final. Fini donc le stress stratégique dans la distribution de pruneaux, une fois à sec, on fait le plein et on repart en guerre. Il est d'ailleurs très sympa de voir que bien avant Resident Evil 4, il est possible de sortir son couteau pour détruire les caisses en bois et qu'on dispose de 2 vues : une caméra à l'épaule (mise en joue par R1) si prisée des jeux d'action actuels et une vue FPS (via R2) qu'on retrouvera quelques temps plus tard dans Metal Gear Solid 2. Comme quoi, on pense que c'est toujours les grands noms qui innovent et finalement, les bonnes idées viennent souvent d'ailleurs. Troisième nouveauté et non des moindre, notre héros est un véritable acrobate. Fini les robots impotents des jeux Capcom, Dennis peut monter sur des caisses, monter aux échelles, se suspendre et même tirer accrocher à un harnais. Ça fait plaisir de voir que les développeurs essaient de faire évoluer un genre plus disposé à stagner qu'à aller de l'avant.


Dernière nouveauté :
Le jeu est fun mais pas difficile
le taux de virus. Bien avant les Resident Evil Outbreak, si on se fait toucher, on est infecté ! Le taux de virus influe bien évidemment sur la santé, une santé qu'on peut rafistoler avec des patchs et des medikits. Mais lorsque le taux de virus atteint les 100%, notre héros en prend un sérieux coup en traînant la patte comme un animal blessé et la seule solution pour le remettre en état, sera de trouver une infirmerie et de d'utiliser un sérum (qui sont en quantité limitée). Il faut signaler aussi que notre héros n'est pas un surhomme puisqu'il se fait mal, par exemple en chutant d'une trop haute corniche. Après les autres nouveautés sont moindres mais on peut mettre en avant le fait que dans le jeu, tout passe par la batterie. Sorte de grosse pile à charge sectionnée, la batterie nous permettra d'utiliser les bornes de sauvegarde (qui est très rapide d'ailleurs) et d'alimenter certains appareils ou d'ouvrir certaines portes. Raison de plus pour l'avoir toujours chargée. Aussi appréciable mais moins mis en avant, on peut citer un menu très bien construit où l'accès aux diverses sections est commode. Le fait qu'il n'y ait aucune indication visuelle rend le jeu que plus immersif, une vue subjective sévit lors des passages dans les conduits d'aérations et quelques passages acrobatiques viennent également varier l'action. Mais comme Extermination n'est pas un jeu parfait, il va falloir aussi évoquer ses mauvaises facettes. Et je commencerai par des cartes (maps) qui ne servent à rien ! On les récupère dans les niveaux mais elles sont grossières, pas du tout détaillées, délimitant tout juste la forme du niveau. C'est idiot mais il y a pire : les cartes magnétiques s'utilisent automatiquement alors que les clés doivent être utiliser de façon manuelle. Ça c'est bien crétin comme il faut. La caméra est non réglable mais on peut la recaler avec le bouton L1 ou tout simplement en se mettant en joue. Pourquoi ne pas avoir utiliser le stick droit, on se le demande... Plus irritant, les phases d'action, très proche d'un TPS avec sa caméra à l'épaule ou en vue subjective, peuvent être très déroutantes car on ne peut pas inverser les commandes haut et bas. Une aberration notable qui passe que très moyennement sur une machine comme la PS2, et qui rend forcément la visée aussi chaotique qu'imprécise à l'heure où les FPS/TPS proposent une prise en mains uniformisée. Enfin l'aventure est assez courte : le compteur de sauvegarde affiche 6h mais en réalité il vous faudra 8h pour finir le jeu, ce qui reste malgré tout bien maigre.


L'image

Le titre de Deep Space (une filiale de Sony)
La PS2 n'en est qu'à ses débuts et pourtant, la réalisation est bonne
n'est pas la démo technologique qu'on attendait de lui. Les décors sont plutôt réussis, la modélisation des personnages principaux et des monstres aussi, mais à côté de ça on aura très peu d'extérieurs, l'aventure se limitant presque essentiellement à des intérieurs assez redondants. Et si les effets sont réussis (comme le fog ou les flammes), on ne peut en dire autant de certaines textures unies ou encore de cadavres trop peu détaillés pour donner le change. A vrai dire, on croirait voir des cadavres tout droit sortis du premier Silent Hill. C'est dire si cet aspect du jeu a été bâclé. C'est donc un peu décevant, à l'image d'un aliasing assez prononcé bien qu'excusable, vu que c'est l'un des défauts majeurs de la console (le jeu lui, n'y est pour rien). Mais on pourra râler autant qu'on veut, il faut reconnaître qu'Extermination nous plonge avec facilité dans son univers glauque. Souvent inspiré d'Alien (le film), j'ai trouvé remarquable le fait que les décors évoluent au fil du jeu, des décors de plus en plus sous le joug d'un virus envahissant, à l'image des ruches xenomorphes. Enfin si l'action n'est pas trop rapide et encore moins difficile, on clôturera le jeu par combat final assez mémorable, seule réelle difficulté de l'aventure.


Le son

Ce que je regrette
Bonne qualité du son. Dommage que le doublage soit resté US
le plus dans cette partie du jeu, c'est que dès qu'on entre dans le menu pour se soigner ou changer d'équipement, la musique s'arrête. C'est débile, d'autant que lorsqu'on reprend le jeu, elle repart du début. Cette coupure casse un peu l'ambiance, notamment lorsqu'on lit des documents dans le silence. Une musique appropriée au texte aurait été le bienvenu. Il est aussi parfaitement idiot de trouver ces fameux textes narratifs dans les mêmes caisses que celles pour les armes par exemple. Oui j'en remets une couche là-dessus : la boite est énorme, on s'attend à y trouver un gros item et elle ne contient qu'une simple feuille de papier. Risible... Malgré tout, l'ambiance est assez bien soutenue par la bande-son. Certaines vapeurs d'angoisse font leur travail et même si quelques musiques sont nulles, d'autres sont vraiment sympas comme celle où on est en extérieur, contre le boss final ou même celle de l'épilogue. Rien à dire non plus sur d'excellents bruitages, puissants comme on les aime. Fausse-note par contre pour une totale désynchro lèvres/voix. Si lors des cut-scènes on peut pardonner la faute, ça reste inadmissible lors des vidéos en images de synthèses, qui sont (je le rappelle) conçues hors jeu et lues directement sur le disque. A mon avis, ça vient du fait que Deep Space a créé son jeu sur les voix japonaises et que les doubleurs américains n'ont fait aucun effort pour y coller au mieux. De plus, ce même doublage est assez grossier dans sa qualité : si certains personnages s'en sortent bien (comme Dennis), d'autres sont trop pris à la légère (comme Roger), comme quoi, ce genre d'errances n'est pas réservées aux localisations. A noter tout de même que le doublage (ou encore le look de Dennis) est différent entre les versions US et Euro. Oui, c'est vraiment étrange d'autant que le doublage de la "vraie" version américaine, est bien meilleur que celui de notre version européenne. Pourquoi l'avoir changé ? C'est un grand mystère, car quitte à (mal) refaire le doublage, autant le traduire, non ? D'ailleurs, étant donné que Deep Space est un studio appartenant à Sony et que c'est également eux qui édite le jeu, je trouve vraiment dommage qu'Extermination n'ait pas reçu un doublage intégralement en français, l'éditeur nippon étant généralement prompt à le financer lors des sorties occidentales. Est-ce par manque de temps, puisqu'il fallait absolument "nourrir" une PS2 pauvre en jeux ? Ma foi, c'est possible...




La version US (à gauche) dispose d'un bien meilleur doublage que
la version Euro. Le héros est également passé chez le coiffeur
avant d'atterrir sur nos consoles...



Note générale

Très peu attendu par le public et la presse spécialisée, et par conséquent très peu connu, Extermination s'inspire beaucoup de Resident Evil, tout en apportant un joli lot de nouveautés, parfois même d'excellentes idées. Sorti à peine 7 mois après le lancement européen, on retrouve une réalisation assez sympa même si quelques manques de finitions se font parfois sentir. Notre perso est équipé d'un fusil évolutif qui permet d'obtenir, si on possède les pièces adéquates, de nouvelles armes (comme le sniper) et son aspect déroutant avec ses balles infinies, est finalement assez bienvenu et nous change des autres titres du genre. Certes déjà-vu, le scénario va crescendo et la mise en scène nous dévoile une montée d'adrénaline progressive et maîtrisée. Bien avant l'avènement des grands Code Veronica X et Resident Evil 4, Extermination tenait la première place des Survival Horror sur PS2. Avec des phases entre-coupées d'action, de plates-formes et d'exploration (le fait de se promener dans des couloirs infestés avec une simple lampe qui éclaire que dalle, ça fait flipper), Sony offre à sa naissante PlayStation 2, un titre accrocheur et de bonne facture. Un titre qui aujourd'hui commence certes à vieillir mais aussi un de ceux qui fera vivre aux joueurs, une aventure excellente. Dommage qu'après tant d'années, Sony ne nous prépare pas une suite (sur PS3 par exemple), Deep Space semblant avoir disparu de la circulation. Si ses quelques anicroches de jeunesse ne vous rebutent pas (comme cette visée inversée et uniquement sur le stick gauche... une maladresse qui la rend très imprécise), alors ce jeu mérite amplement qu'on s'y intéresse.


Les -

  • Visée inversée, uniquement sur le stick gauche et non configurable
  • Des boites à items qui contiennent un simple texte : débile !
  • Doublage uniquement en anglais et loin d'être top qualité
  • Les +

  • Un gameplay agréable qui apporte en plus pas mal de nouveautés
  • Scénario sympa et mise en scène correcte
  • Ambiance sonore globalement de qualité
  • Techniquement, le jeu s'en sort bien
  • L'ambiance est bonne
  • Difficulté équilibrée



  • Test réalisé par iiYama

    août 2008 (mise à jour : février 2020)