Devil May Cry 2 (PS2)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : avril 2003
Développeur : Capcom
Editeur : Capcom
Genre : beat-them-all - aventure

Support : 2 DVDs
Version testée : Française
Voix dans le jeu : US
Textes à l'écran : FR

Difficulté :
Multi-joueurs : non
Abréviation : DMC2
Prix au lancement : 60€
Score des ventes : 1.82 Millions


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Devil May Cry 2








Après 2 ans d'absence,
2 DVDs pour 2 visions d'un scénario peu passionnant
Dante est de retour. Encore plus motivé, encore plus puissant, le fils du démon Sparda est bien décidé à en découdre avec les forces du mal. On peut le dire, Capcom tient un bon filon et à l'instar de Resident Evil 2 qui tenait sur 2 CDs, notre DMC2 tient sur 2 DVDs. Un bel effort mais est-ce que ça sert à quelque chose ? Et bien pour cette séquelle d'un des meilleurs jeux de la PS2, la réponse n'est pas vraiment franche, car la scénarisation est proche du néant. Exit Trish, bienvenue à Lucia le nouveau pendant féminin du jeu, qui de son côté va vivre la même histoire que Dante, évidemment sous un angle différent. Mais il faut être clair, les 2 DVDs c'est de la poudre aux yeux car si chaque disque sert à un presonnage, les 2 histoires auraient largement pu tenir sur un seul disque. En effet, le jeu impose encore une fois pas mal de cut-scènes en 3D et de très rares séquences en images de synthèses, évidemment bien plus jolies. Malheureusement la mise en scène est minimaliste et le scénario est nul. Une vieille demande à Dante d'accomplir une mission pour elle et lui s'éxécute comme un gentil toutou, sans trop chercher à savoir pourquoi. L'aventure de Lucia comble les manques qu'on peut avoir de l'autre côté, son scénario est un peu plus développé mais pour voir la fin, il faudra jouer avec Dante puisque lui seul parcourt les derniers niveaux (on pourrait rapprocher le scénario de Lucia à l'un des actuels DLC). Heureusement, les quelques scènes qu'on a, compensent bien cette légéreté et ont méritées toute l'attention de leurs concepteurs qui ont bien prit soin d'en faire le maximum : explosion, position "gueule-de-minet-j'me-la-pète" et modélisations impeccables. Les graphismes par contre, trouveront leurs détracteurs. Pour de la PS2, le jeu est beau, la dessus y'a rien à redire mais Capcom à voulu jouer un peu la carte du renouveau et de la variété avec des décors éclectiques mais qui manquent aussi de mysticisme. En effet le château du premier DMC était sombre et envoûtant, ici on parcourt des lieux qui n'ont aucun charme. Ces plages à joutes intensives sont plutôt ancrées dans un style moderne : ville, plates-forme pétrolière, toit de buildings... bref on est loin du château gothique qui fit l'ambiance des premières aventures de Dante.


De plus,
La réalisation n'a plus le même charme et ces couleurs ternes au possible n'aident pas
les couleurs sont souvent très ternes, ce qui n'arrange pas les choses et rend certains environnements vraiment peu attrayants. Petit rattrapage quand même : les lieux visités sont parfois plus ouverts et sont même plus diversifiés. Et si on parcourt cette ville avec ses longues rues vides de gens, ce n'est pas pour autant qu'il n'y a pas de quoi faire, puisque les monstres rôdent. D'ailleurs, conscient d'avoir souvent réutilisé les mêmes ennemis dans son premier opus, Capcom a diversifié la donne pour son épisode 2. De plus certains boss imposent sévère, prenant tellement de place que la caméra est obligée de faire un sacré zoom arrière pour avoir une vue d'ensemble. Impressionnant ! Mais puisqu'on parle de boss, vient ici naître une autre critique : la crédibilité de ces derniers. Si dans le premier Devil May Cry on avait toujours affaire à des démons bien ancrés dans l'ambiance du jeu, cette fois on aura aussi droit à quelques monstres assez minables. Je n'en citerai que 2, qui ne m'ont pas choqués mais surpris (et pas en bien) : un tank et un hélico infestés par un démon. Mouais, peut mieux faire... Heureusement que tous ne sont pas comme ça et des bestioles infâmes rôdent aussi. Donc pour notre aspect graphique du jeu, Capcom surprend avec un virement esthétique total mais une réalisation qui tient encore bien la route. Et cet enthousiasme technique perdure avec une animation plus fouillée. A grand renfort de positions "qui tuent", de mouvements acrobatiques et autres effets pyrotechniques, elle n'est jamais mise à mal. Côté son, encore une fois ça en impose. Dans les moments de calme (et il n'y en a pas beaucoup) on profite de sonorités gothiques voire étranges, du plus bel effet et lorsqu'un ennemi se pointe, un effet de transition laisse place à quelque chose qui bouge plus, du gros metal comme on aime. Ainsi la musique reste toujours dans le ton du jeu. Les bruitages sont comme auparavant, excellents et le doublage US est parfait. Dommage encore une fois que les voix ne soient pas en français mais connaissant Capcom, ça ne risque pas d'arriver. Notre Dante aux cheveux blancs a gagné moult mouvements : sauts au mur, roulade, certaines les portes s'ouvrent toutes seules, on a plus de combos et même une belle nouveauté : on peut changer d'arme sans passer par le menu (en pressant L2). En ouvrant le menu on n'aura pas grand chose à se mettre sous la dent puisqu'il est malheureusement devenu super austère et nous prive des previews. Tout juste aura-t'on son niveau puisqu'on retrouve bien entendu toute la panoplie des items à choper : orbes jaunes, étoiles régénératrices...


Pour les armes
La jouabilité est très imprécise et les problèmes de caméra sont vraiment irritants
de corps à corps, on n'augmente pas vraiment la puissance mais Dante peut acquérir de nouveaux combos. Au rang des petites mises à jour qui font du bien, on a aussi droit à la jauge d'énergie de chaque ennemi rencontré, Capcom rayant ainsi l'un des rares petits problèmes du premier jet. Et pour clôturer les bons côtés de ce chapitre gameplay (avant de passer aux mauvais), le Devil Trigger est accessible assez rapidement et ainsi on pourra profiter de nouveaux pouvoirs. Car selon l'artefact choisi (qu'on trouvera au fil du jeu) Dante aura accés à certaines fonctionnalités ou upgrades, qui dopent sa puissance d'attaque (on pourra par exemple voler ou balancer des flammes en cognant). Mais il est évident que si Devil May Cry 2 est l'épisode le moins apprécié de la série, c'est aussi pour certaines raisons. Son aspect graphique terne, sans attrait et sa scénarisation minimaliste y sont pour beaucoup mais ce n'est pas tout : DMC2 accuse également de gros problèmes de caméra et de jouabilité (même si sur ce point, on saluera une nouvelle configuration des touches, bien meilleure). Le premier épisode était déjà très imparfait sur le sujet mais on lui avait pardonné ses erreurs de jeunesse. Ici Capcom n'a fait aucun effort et semble même avoir empiré les choses ! En effet la caméra est gérée automatiquement mais elle est toujours (dans 9 cas sur 10) sous un mauvais angle. Pire, elle nous cache souvent la porte de sortie, ce qui fait qu'on cherche continuellement sa route. Mieux encore, lorsque l'angle change subitement, le jeu n'interprête pas la direction donnée. Ainsi il arrive que la caméra passe de dos à en face et que Dante fasse demi-tour. Cette caméra miteuse arrive jusqu'à nous gâcher l'expérience ! Et le pire dans tout ça, c'est que le stick droit ne sert absolument à rien. Dans un jeu comme God of War, il sert à esquiver (c'est d'ailleurs un choix : caméra ou esquive) alors pourquoi nous imposer une telle programmation lorsque le stick droit n'a aucune fonction ? Dernier point et non des moindres : la jouabilité est extrêmement imprécise (ce qui rend les phases de plate-formes fortement pénibles) et le lock automatique vise n'importe comment. Dante attaque rarement le bon ennemi ou même mieux, il ne frappe pas dans la direcion qu'on lui donne et commence un combo sur un démon pour le finir sur un autre. A la longue c'est sérieusement chiant (d'où cette note quelque peu punitive).



2 DVDs pour 2 Note
jeux en 1 ? Il semblerait que non. Si le nombre de niveaux est enthousiasmant (18 pour Dante et 13 pour Lucia) ils sont aussi beaucoup plus courts. Ainsi la campagne de Lucia dure environ 3h, quand celle de Dante dure 4h tout au plus. Le jeu se finit donc en 7h à peine et sans trop forcer (il n'est pas aussi difficile que le premier épisode, ce qui en soi est une bonne nouvelle). Les 2 DVDs nous offrent 2 visions de l'histoire, 2 visions complémentaires. Les différences, sans être magistrales, sont notables puisque les énigmes diffèrent un peu et surtout que le chemin à parcourir prend parfois des tangentes opposées. Mais ce procédé marketing qui vise à attirer le joueur dont la formule a superbement fonctionnée pour Resident Evil 2 (faut dire qu'à l'époque des CDs, ils étaient assez limités, ici avec les DVDs c'est uniquement des "paillettes"), a plus de mal à prendre et ne compense en rien la faiblesse de la scénarisation. Si Devil May Cry 2 reste un bon jeu, facilement au dessus des autres beat-them-alls, finalement il subit difficilement la comparaison avec son prédécesseur. Quelques années avant God of War, Devil May Cry est devenu le standard du genre, tant en terme de gameplay que de réalisation. Mais cette suite a bien du mal à faire perdurer la magie. Il reste un Dante plus mature mais tout aussi narcissique, un anti-héros puissant qui donne un peu le change à un jeu largement perfectible, surtout du point de vue de la réalisation. Heureusement les nouveautés sont de bon gout et la formule DMC marche encore... en gros c'est fun ! Maintenant attendons de voir si l'épisode 3 va définitivement enterrer la licence ou si au contraire il va vraiment la faire évoluer et corriger les erreurs.



Test réalisé par iiYama

mars 2006 (mise à jour : mars 2011)