Contra Shattered Soldier (PS2)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : février 2003
Développeur : Konami
Editeur : Konami
Genre : action

Support : 1 CD
Version testée : Française
Voix dans le jeu : US
Textes à l'écran : FR

Difficulté :
Multi-joueurs : 2 joueurs
Titres alternatifs : Contra III - Super Probotector
Prix au lancement : 60€
Score des ventes : 580.000



Les sites partenaires :





_________________________________

Pages vues (depuis avril 2016)




Visiteurs uniques (depuis avril 2016)

Contra

Shattered Soldier


Contra c'est
La mise en scène est minable, le scénario est bidon
une longue histoire d'amour avec les graisseux du pad, les incorruptibles, bref ceux qui font partis de cette secte incompréhensible du "plus c'est dur, plus c'est bon". Aujourd'hui tout le monde se plaint de la "casualisation" des jeux, du fait qu'ils sont de plus en plus faciles afin d'attirer un plus large public. Il faut dire que le jeu vidéo, ce n'est plus cette image vieillotte du gosse solitaire, reclus sur lui-même et qui joue jusqu'à avoir une crise d'épilepsie (ça aussi, dans les années 90, ça a fait flipper tout le monde... pour rien). Non à la relecture de ce test, et c'est en partie grâce à la Wii, le jeu devient communautaire, ouvert à tous, ce qui fait qu'il dépasse (et de loin) les recettes de certains arts jusque-là intouchables comme la musique ou le cinéma. Revers de la médaille, pour plaire à tous, il faut des jeux plus faciles. Shattered Soldier répond donc à un appel d'un besoin des fans de la série, ceux qui ont encore besoin de se torturer devant un jeu, pour prendre du plaisir (encore une génération spontanée de SM tout ça ^^). Et justement, ce vrai-faux nouvel opus est le remake, le "revival" du plus célèbre épisode de la série, à savoir Contra III (nommé chez nous Super Probotector). Si Contra III a autant fait parler de lui, c'est qu'à l'époque (en 1991), il faisait parti du line-up de la meilleure machine de Nintendo et que malgré ses défauts (difficulté, bugs graphiques) il garde une certaine image de gros hit auprès des joueurs. Peut-être moins enthousiaste que la populace, j'ai moi aussi bien aimé cet opus-là. Un peu plus de 10 ans après, Konami revient avec un jeu entièrement revu techniquement, mais qui reste bien en deçà des attentes sur certains points. On commencera par la construction scénaristique, simplement minable. Une vidéo en image de synthèses au début, une autre à la fin, quelques cut-scènes en 3D avec des dialogues écrits (aucun doublage) en plein milieu : emballé c'est pesé !


L'histoire n'est
Le gameplay n'a pas évolué, il a même régressé depuis Contra III
pas du tout approfondie (de toute façon le jeu est bien trop court pour ça) et surtout on est déçus de ne pas avoir des vidéos tout du long, avec un doublage sous-titré comme on pouvait s'y attendre. Mais les puristes, les "contraïstes" viendront me rétorquer que lorsqu'on signe pour du Contra, on signe pas pour du Kojima. C'est pas faux. Entièrement développé en 3D, le gameplay reste en 2D (ou le fameux phénomène du 2.5D), comme aux heures de gloire des consoles 16-bits avec leur Alien 3, leur Metal Slug, Rendering Ranger et bien entendu Super Probotector. Toujours jouable à 2 simultanément, le jeu est vraiment bourrin, dans le plus pur style des titres où "tu tires et tu poses les questions après". On dispose directement de 3 armes (mitrailleuses, lance-grenades et lance-flammes), switchables à volonté et aux munitions infinies. Mais là aussi, pour Konami il y avait matière à faire évoluer quelque peu les choses. Après tout Contra III allait bien avec son support, mais sur PS2 retrouver la même chose, c'est franchement limite. On ne peut tirer que dans les 8 directions imposées (alors qu'en jouant avec le stick analogique il aurait été vraiment sympa de pouvoir tirer sur 360°), il n'y a aucune nouvelle arme à trouver et si on peut lancer une sorte d'attaque spéciale totalement inutile, en contre-partie on perd les mega-bombes (pourtant si pratiques) et les boucliers. Etant donné la difficulté absolument insurmontable de l'aventure, ça vient vite à manquer et entre nous, quelques upgrades en fin de niveau et quelques bonus n'auraient pas fait de mal. D'ailleurs on pestera toujours contre l'illogisme de cette licence, qui malheureusement se complait dans le statuquo. En effet on perd une vie à chaque fois qu'on se fait toucher et ce, contre toute cohérence. Entre nous, je ne vois pourquoi je dois mourir en posant mes rangers sur la carlingue en acier d'un ennemi ou simplement en tombant dans l'eau (c'est vrai qu'un ruisseau, c'est hyper dangereux !). Et encore je n'évoque pas le tout dernier niveau, qui part littéralement en sucette niveau design, et ce à l'encontre même de la logique (on fait quoi, on rentre dans le corps du gars ?).


Ainsi j'en
Les graphismes sont un peu ternes mais quelle réalisation ! Les boss vont vous en mettre plein la vue
remets une couche sur le fait que sans Action Replay ou sans des réflexes de machine, il y a peu de chance que vous voyiez la minable fin du jeu. Mais sous mes airs de défaitistes, je dois reconnaitre m'être bien amusé. Aussi aliénant qu'il est, Shattered Soldier est fun et son action survoltée et non-stop, nous rappelle les plaisirs simples qu'on éprouvait autrefois. Techniquement à présent, c'est la claque. Certes les couleurs sont fades et les décors sont grisâtres, mais le jeu ne lésine pour nous en mettre plein la vue. Certains effets, les explosions et surtout des boss absolument énormes (souvent ils prennent tout l'écran et ce, même après un zoom arrière), difficile de ne pas être bluffé. Et si les cut-scènes manquent cruellement de peaufinage, on reste admiratif devant un moteur graphique imperturbable : pas un ralentissement, pas de clipping, rien, c'est vraiment nickel ! Et ça, c'est une belle nouveauté pour la série. Enfin la partie sonore est à l'image des graphismes, à savoir démesurée. Composée par Akira Yamaoka, le célèbre musicien derrière les bande-sons de tous les Silent Hill de 1999 à 2010 (en somme du premier opus à Homecoming et Shattered Memories), il signe ici des partitions hyper rythmées et je dirais même, primitives, brutales. Alternant le Metal huileux à l'Electro industrielle, ce n'est évidemment pas mélodieux mais ça colle parfaitement à l'ambiance du jeu. En plus de ça, les bruitages sont excellents mais le tout deviendra vite fatiguant car c'est très "bruyant", à la limite du vacarme assourdissant. Il faut dire que la durée de vie réelle n'excède pas les 1h30, donc vous devriez en sortir presque indemne. Cette durée de vie anorexique, qu'on qualifierait presque d'Arcade, sera proportionnellement rallongée face à votre patience. Les êtres humains vont sans doute s'acharner 2 bonnes heures avant d'encastrer leur pad dans leur bel écran plasma, les autres tricheront quand ils verront que passer normalement les 6 niveaux que compte le titre, revient à pactiser avec le Diable.



L'un dans l'autre Note
Contra : Shattered Soldier est à la fois une déception et une bonne surprise. Une déception pour son scénario franchement médiocre, ses restrictions de gameplay, ses évolutions manquantes alors que le concept est vieux de 15 ans. Et dans un autre sens, ce fun sans concession, cette action immédiate face à des boss au design de dingue, le tout sous un déluge d'explosions... ça arrache bien ! Maintenant c'est à vous de faire un choix : soit c'est trop dur, trop court et trop cher, soit vous relevez l'un des plus grands défi de votre vie.



Test réalisé par Aquel & iiYama

novembre 2005 (mise à jour : février 2011)