Castlevania Lament of Innocence (PS2)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : février 2004
Développeur : Konami
Editeur : Konami
Genre : beat-them-all / aventure

Support : 1 DVD
Version testée : Française
Voix dans le jeu : US
Textes à l'écran : FR

Difficulté :
Multi-joueurs : non
Titre alternatif : Castlevania (JAP)
Prix au lancement : 60€






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Castlevania

Lament of Innocence


Lament of Innocence
Avec sa gueule de minet, difficile d'accrocher à ce héros en manque de charisme
est un peu l'épisode Zero d'une série culte commencée sur NES. En effet, cet épisode narre les premières aventures de la famille Belmont, celles de Leon. Il est le premier Belmont à affronter les forces du mal, incarnées ici par la race des vampires. La trame est simple : votre dulcinée a été enlevée et se retrouve captive dans le château de Castlevania. Leon est un monarque mais il décide de tout quitter pour secourir celle qu'il aime. Une fois au pied de l'édifice, vous rencontrerez Rinaldo, une sorte de marchand/sorcier qui vous donnera le fouet, si cher à la famille Belmont. Seule cette arme peut vaincre les vampires. Si le scénario est fort au début du jeu, il devient vite léger par la suite avec une mise en scène un peu molle. Certes de qualité, les cut-scènes sont trop peu nombreuses pour vraiment nous faire entrer dans le drame que propose le titre. C'est un peu dommage. Après les 2 épisodes plus ou moins ratés de la Nintendo 64, les fans de la série redoutaient un nouvel épisode tout 3D (je rappelle que les 2 versions PlayStation étaient encore en 2D). Mais cet opus PS2 va réconcilier la 3D avec les Castlevania, grâce à une réalisation technique de haut niveau, mais pas exempte de reproches. Ce qui frappe tout de suite dans le jeu, c'est la qualité des graphismes. Les décors, bien que très ancrés dans une série où le gothique prime avant tout, sont à la fois très fins, parfaitement colorés et détaillés. En plus quelques effets bien réalisés viennent confirmer cet état de fait (flammes, reflet sur le sol, brume, etc...). Bien qu'un peu lente (surtout en 50hz), l'animation est aussi de bonne facture. Fluide et jamais mit à mal, le moteur 3D assure en toutes circonstances, même lors d'affrontements contre des boss énormes. Et toute cette débauche visuelle est parfaitement accompagnée par une bande-son accrocheuse. Bien que je l'ai trouvé sympathique, elle n'est à mon avis pas si exceptionnelle que la presse spécialisée le prétend. Question de goût je suppose.


Toujours est-il
La réalisation tient bien la route
que les thèmes alternant symphonies macabres et Electro, collent parfaitement à l'ambiance, que les bruitages sonnent juste et que le doublage (malheureusement qu'en Anglais), parait crédible. Lament of innocence serait-il un jeu presque parfait ? Pour ma part, je dirais que non. Trop de petits détails agacent à commencer par le héros. Konami nous a pondu une gueule de minet, sans charisme. C'est vrai, on croirait qu'il a 14 ans. En plus, je ne sais pas, mais il y a quelque chose chez lui qui ne me plait pas (les autres PNJs par contre, sont pas trop mal). A contrario, il arbore des positions sympas, surtout lorsqu'il frappe. Emane alors de ses mouvements une certaine classe, et ça, ce n'est pas pour me déplaire. Le jeu est découpé en 7 zones principales. La première étant un prélude afin d'apprendre les routines du jeu (sorte de didacticiel relativement court), je vais donc directement passer au plat principal. En fait il y a 5 levels (avec 5 boss) qui, une fois traversés, vous donneront accès au dernier niveau. Ces levels, s'ils impressionnent au début par leur taille et l'originalité des pièges, dévoilent bien vite leurs secrets. Construits comme des zones de Resident Evil ou Zelda III (si si je vous promets, c'est l'effet que le gameplan me produit), chaque pièce est cloisonnée par des portes et la carte est alambiquée (aller chercher une clé au bout du level pour ouvrir une porte de l'autre côté). Idem avec des mécanismes sommaires. Un grand classique pour rallonger la durée de vie. En plus, on s'aperçoit assez vite de la redondance des pièces et des décors qui s'y rattachent. Pour éviter que ce soit trop flagrant, Konami nous la joue sous différents angles de vue mais ce manque de travail et de diversité, fini par se voir. En parlant d'angle de vue, le joueur n'aura pas accès à un réglage manuel de la caméra. C'est sans doute le plus gros défaut du jeu, puisqu'il bride littéralement l'action. On ne peut donc pas jouer avec les angles de vue (sur le stick droit) afin de trouver des artéfacts cachés dans le décor, ni même se positionner pour être le plus à-même d'affronter la horde incessante d'ennemis.


Pire encore,
La réalisation tient bien la route
chaque level renferme un passage plates-formes bien souvent pénible à franchir. La raison est simple : pas d'angle de vue réglable donc un maniement très approximatif lors des sauts (d'ailleurs on possède enfin un double saut). Du coup on repasse des dizaines de fois un passage au demeurant tout bête, tout ça parce qu'on discerne mal l'action... C'est chiant ! Autre petit soucis de gameplay : Leon frappe où il veut ! Pour preuve, lorsqu'on commence un combo sur un ennemi, il n'est pas rare qu'il le finisse sur un autre... ou dans le vide. Du grand n'importe quoi !! Par contre les bonnes idées des précédents opus ont étés conservés. Le fouet du héros servira à passer certaines zones (comme dans Castlevania IV sur Super Nintendo) et une partie aventure à été conservée. C'est ainsi que vous gagnerez de l'argent au fil des combats, argent qui vous servira à acheter divers objets ou potions de revitalisation. Par ailleurs le décompte numéraire des points de vie fait penser à un jeu de rôle. Merci Symphony of the Night... Au fil du jeu, la liste des mouvements d'attaques (combos) s'étoffera, proposant dans les derniers instants, un vrai combattant des ténèbres. Pour en finir avec le gameplay, il est tout de même regrettable que notre héros soit posé sur des rails. J'entends par là qu'on ne pourra rien faire de plus que ce qui est prévu par le script. On ne peut pas sauter dans le vide, passer par dessus un muret (alors qu'on saute plus haut que ce dernier), idem pour une grille. C'est vraiment dommage que l'interactivité soit ainsi limitée. D'ailleurs, la-dite interactivité (avec le décor) est tout de même assez sommaire puisqu'il ne sera possible de détruire que les pots contenant les précieux coeurs. Puisqu'on parle de coeur (identique à tous les épisodes de la série), les armes secondaires sont cette fois évolutives. Chaque boss battu vous donnera une orbe qui modifiera la puissance et la forme de chaque arme secondaire. Une belle nouveauté.



Lament of Innocence Note
est incontestablement un bon (et beau) jeu. Mais entre un Leon qui accuse un trop jeune âge et un sérieux manque de charisme, une caméra imposée, une maniabilité réactive mais imprécise et une action un tantinet répétitive, il est sûr qu'au final ça pèse sur le plaisir de jeu et donc sur la note finale. Pourtant les loadings sont très courts (vive le streaming), les cut-scènes 3D sont convaincantes (bien que trop peu nombreuses), on connaît enfin l'origine du fouet des Belmont, la réalisation technique est impeccable mais je ne sais pas... il y a un petit quelque chose qui m'empêche d'apprécier le jeu à fond. Avec ce premier épisode de Castlevania sur PS2, Konami signe ici une sorte de variante de Devil May Cry sans en atteindre toutes les qualités. Je le répète, c'est un bon jeu, mais lourdé par trop de petits défauts agaçants...



Test réalisé par iiYama

juin 2006