Rainbow Six VEGAS (PC)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : décembre 2006
Développeur : Ubisoft
Editeur : Ubisoft
Genre : FPS

Support : 1 DVD
Version testée : Française
Version logicielle : v.1.06
Voix dans le jeu : FR
Textes à l'écran : FR

Moteur graphique : Unreal Engine III
Difficulté :
Multi-joueurs : 3 en coop - 16 online
Abréviation : R6 Vegas
Prix au lancement : 50€
Score des ventes : 3.9 millions (tous supports)


Configuration recommandée :
CPU : 3,2Ghz
RAM : 1Go
VIDEO : type GeForce 7800GTX avec 512Mo de VRam

Configuration de test :
CPU : Intel Core2Duo E6750 (2,66Ghz)
RAM : 2Go DDR II
VIDEO : GeForce GTX260 avec 896Mo de VRam
OS : Windows XP Sp2
Résolution testée : 1024x768 (4:3)
Niveau de détails :


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Tom Clancy's

Rainbow Six

VEGAS



La série des Rainbow Six est née sur PC en 1998 et imposait un sacré sens tactique pour arriver à avancer dans un jeu diablement difficile. Excellente réalisation, scénario écrit par Tom Clancy, Red Storm Entertainment avait tout bon. En 2000 la petite société américaine a été rachetée par Ubisoft. Apogée de la licence dans son style tactique, Raven Shield a marqué les esprits en 2003 mais fut suivi du désastreux Lockdown en 2005 (on ne compte pas les add-ons de son prédécesseur). Comme Ghost Recon, la série devait se renouveler et les développeurs ont dû faire un choix : garder l'esprit Rainbow Six et conserver son gameplay élitiste ou ouvrir la licence à un public plus large avec un gameplay moins complexe ? Chez Ubisoft on aime l'argent et on n'est pas branché hardcores gamers donc le choix fut vite trouvé et désormais les Rainbow Six sont ouverts à tous, en gardant quand même quelques racines de ses prédécesseurs. Seuls réels regrets : une IA perfectible, quelques manques sur la réalisation et une configuration de base un peu trop gourmande pour l'époque (aujourd'hui c'est sûr, ça ne pose plus de problème). Et bien que l'aventure s'empâte de quelques bévues, Rainbow Six VEGAS n'en reste pas moins un excellent FPS où la tactique a encore son mot à dire.



Développement scénaristique

Les
Pour du Clancy, ça manque un peu de force scénaristique et de mise en scène. Mais le tout garde une bonne cohérence
"Rainbows" sont sur les traces de la terroriste internationale Irena Morales, et ils découvrent que la menace qu'elle représente est plus importante que tout ce qu'ils avaient pu imaginer. Dans cet épisode, une toute nouvelle équipe compose les Rainbow. Son leader (que l'on incarne) est Logan Keller. Le début du jeu se déroule tout d'abord dans une ville mexicaine, puis la majeure partie de l'aventure prend place dans la ville de Las Vegas. On se déplace alors en hélicoptère d'une mission à une autre, dans lesquelles on sera amenés à évidemment visiter des casinos, mais aussi un restaurant chinois, la Stratosphere Tower (nommée dans le jeu Tour Vertigo) ou un casino en construction (chantier). Pas mal de petites choses ont étés reprises de Ghost Recon Advanced Warfighter à commencer par les petites vidéos incrustrées, qu'on nous diffuse en plein jeu. Pareillement, le survol des villes en hélico est assez impressionnant. La plupart des actions sont vues des yeux de Logan, donc il est clair que ça manque de grosses cut-scènes à plans Hollywoodiens histoire de nous en mettre plein les mirettes, Ubisoft n'étant de tout façon pas doué pour ça. Ensuite le scénario reste très classique pour le genre et n'est pas si développé que ça. C'est un dommage car il y avait quand même matière à exploiter un peu plus ce décor de fond qu'est Las Vegas et la griffe Clancy n'apporte maheureusement pas grand chose. Reste que le tout est cohérent et garde une certaine crédibilité.



Jouabilité & Gameplay

Rainbow
Se mettre à couvert fait passer la vue à la 3e personne. C'est la grosse nouveauté de cet épisode
Six VEGAS nous propose de base un mode scénario (en solo ou en coop), un mode Chasse aux Terroristes ainsi qu'un bon gros multi jusqu'à 16. Depuis le patch 1.05 (236Mo tout de même), le multi s'est enrichi de 2 modes supplémentaires : assassinat et conquête. Parfaitement jouable avec les armes du PCiste, ce patch apporte aussi le support du pad X360 et la correction de nombreux bugs. Comme dans GRAW, on est équipé de lunettes à incrustation vidéo qui permettent d'obtenir la vision nocturne, la vision thermique et on a aussi la possibilité de donner des ordres à ses alliés. Désamorcer une bombe, attaquer sur plusieurs flancs, se regrouper... autant d'actions très simples à réaliser, car la plupart d'entre-elles sont activables via le même bouton. Pour ce qui est du multi-choix (3 façons différentes d'agir), elles sont bien réparties. Nos coéquipiers sont en plus très efficaces, vu qu'on pourrait presque leur laisser faire le boulot ! On donne les ordres, on reste planqué, timide et peureux et c'est eux qui vont au casse-pipe (lorsqu'ils sont blessés, il faut tout de même les soigner). C'est vraiment bien pour les débutants mais on finira par trouver ça frustrant à la longue. Les hommes les vrais, finiront par les mettre à l'écart et par faire le boulot eux-mêmes car si le jeu n'est pas trop difficile (malgré des checkpoints trop espacés), les 2 autres sont tellement agressifs que parfois on a l'impression de ne plus suivre le fil de l'action (et encore, je ne parle pas du fait qu'on les a souvent dans les pattes). Au final, sur la douzaine de mercenaires morts, nous n'en aurez tuer que 2. Le jeu commence par un premier niveau très fonctionnel qui vous servira de didacticiel. Vous commencerez le niveau seul avant de retrouver votre équipe afin d'apprendre à donner des ordres. Si la plupart des missions sont musclées, le but étant de nettoyer la zone, quelques fois il faudra protéger un VIP ou libérer des otages (auquel cas faut faire gaffe sur qui on tire). A bord de notre hélico, prêt à être déposé sur les lieux de la prochaine mission, on pourra choisir son arsenal. Au fil du jeu il augmente et on retrouve un large choix de pétoires bien réelles entre armes de poing, fusils d'assaut, pompes, sniper et mitrailleuses. Logan ne peut porter que 2 fusils, plus un flingue et des grenades, mais il aura l'intelligence de ramasser les chargeurs compatibles avec son arme en mains et en cas de pénurie, on aura la possibilité de prendre toutes celles laissées à terre. En cas de coup dur, on peut aussi prendre le contrôle de mitrailleuses lourdes (et fixes), parfait pour un tir de suppression. Sur certaines armes on a la possibilité d'y adjoindre un silencieux. Ainsi et en théorie, il est possible de se la jouer infiltration, une très bonne chose pour la variété d'action. Seulement les ennemis nous repèrent un peu trop facilement, parfois même sans nous voir. La suppression silencieuse cesse alors sur le champ et nous prive des plaisirs d'une infiltration plus poussée. Dans le même ordre d'esprit, il aurait été sympa de pouvoir tirer sur les luminaires et ainsi plonger la pièce dans le noir. Malheureusement, les lampes sont indestructibles, comme beaucoup d'objets en verre (aquarium ?). C'est bien dommage.


Heureusement
La vue infra-rouge est impressionnante
demeure toujours plusieurs solutions à une même situation. Si le parcours reste dans tous les cas flêché, il y a toujours au moins 2 ou 3 approches différentes. A vocation réaliste, les ennemis rechargent leurs armes, changent de place lorsque celle-ci est compromise, nous contourne pour mieux nous piéger et meurent sous l'effet de une à trois balles. Ca fait plaisir de ne pas se retrouver en face d'ennemis blindés. A ce sujet, il est quand même regrettable d'avoir face à nous une armée de mercenaires acharnés dont vous serez la cible principale. Leur pire défaut c'est qu'ils utilisent sans cesse des grenades fumigènes. Sur le coup on trouve ça génial car ce sera l'occasion d'utiliser les lunettes à vision thermique (l'effet est bluffant !) mais au bout d'un moment, c'est trop. Les gars en balancent plusieurs à chaque affrontement et d'une excellente idée, ça devient un boulet. C'est d'ailleurs à cause de ça que je n'ai pas pu finir le jeu (j'ai quand même parcouru 75% du mode solo). Devant protéger mon coéquipier des attaques pendant qu'il récolte des infos sur un serveur, les mercenaires ont balancés à chacun de mes essais tellement de fumigènes que je n'y voyais plus rien. Du coup impossible de tuer mes assaillants et au final on se faisait tous dessouder. C'est frustrant d'être bloqué dans la progression à cause de ça. Et puisque j'en suis à poser les problèmes du jeu, Logan ne sait ni courir, ni sauter hors script. Peu réaliste pour le coup, on se retrouve scotché au sol à moins que ce soit prévu, auquel cas il faut presser le bouton d'action (en plus Logan marche lentement). On est loin du temps où les FPS traçait à fond comme dans Disruptor. Et je finirai ce chapitre en vous parlant des 2 grosses nouveautés du jeu. La première c'est qu'on peut se mettre à couvert, auquel cas la vue passe à la 3e personne (on voit son personnage de l'extérieur). Se plaquant contre une paroi, on pourra passer au vert un instant histoire de reprendre des forces, recharger son arme et attaquer avec stratégie (et non comme un bourrin, ce qui n'est jamais payant dans ce jeu). Cette facette du gameplay apporte énormément au jeu et le passage de la vue de la première à la troisième personne se fait tout naturellement, même si parfois on se fait cartonner bien à l'abri derrière un mur de béton (une incohérence notoire). L'autre nouveauté c'est des descentes en rappel assez grisantes. Utilisées tout au long de l'aventure, on aura une nouvelle fois plusieurs possibilités d'action comme tirer en étant suspendu, descendre jusqu'en bas directement ou faire un forcing en traversant les vitres. Tout ça pour dire que si Rainbow Six VEGAS n'est pas un jeu révolutionnaire en soi, qu'il nous gonflera quelques fois avec ses ennemis aux tactiques de combats toujours identiques et nous impose des checkpoints bien trop espacés (et à la place du sacro-saint quick-save), il n'en reste pas moins un jeu très prenant.



L'image

Le
L'Unreal Engine III est en forme et nous livre un rendu très détaillé même s'il reste encore quelques anicroches
jeu nous propose une petite nouveauté en la présence d'un update automatique assez efficace. A chaque démarrage il cherche si une mise à jour est disponible et auquel cas il l'a télécharge et l'installe automatiquement. Sympa sauf si on n'est pas intéressé, d'autant que le download est assez lent. Plutôt instable, le jeu n'a pas cessé de planter dans les versions 1.0 et 1.05, un problème qui fut résolu avec le patch 1.06, offrant enfin une stabilité à toute épreuve. Comme je le disais en intro, la configuration de base est un peu brutale pour l'époque. C'est même étonnant puisque Rainbow Six VEGAS tourne sur Unreal Engine III, un moteur pas si gourmand que ça (y'a qu'à voir le test d'Unreal Tournament III, le jeu n'en demande pas tant alors qu'il est bien plus beau). En plus de ça, les développeurs sont de purs crétins pour ce qui est du choix de la résolution. En effet, pour les résolutions 4:3 on passe de 1024x768 à directement 1600x1200. Autant dire que la résolution native des écrans LCD 17 et 19 pouces (la plus répandue actuellement, soit 1280x1024) est passée à la trappe. C'est débile et ce n'est pas les 6 patches sortis qui ont arrangés le problème. On peut aussi fortement pester contre des réglages vidéo pour ainsi dire absents. Etonnant pour un jeu PC, on devine très vite que le titre d'Ubisoft a été développé pour la Xbox 360 puis adapté au format PC. Du coup la configuration requise prend tout son sens. Loin d'être parfait, cet épisode nous dévoile quelques vieilles tares du FPS comme des corps qui disparaissent, le fait qu'on ne voit pas ses jambes ou encore que trop d'objets sont destructibles. A ce sujet, c'en est même frustrant. Vous aurez beau tirer sur ce qui semble fragile (comme par exemple tirer sur les luminaires pour plonger la pièce dans le noir), si ce n'est pas dans le script, vous ne casserez rien ! Après le réalisme assez étonnant du gameplay, l'image déçoit un peu, avec également des visages inexpressifs et des animations parfois peu crédibles, surtout pour les mercenaires (pour vos coéquipiers ça va). Il faut aussi ajouter au dossier que les modélisations sont moyennes, et les filles elles, sont carrément hideuses (les hommes sont corrects). On n'aime pas la gent féminine chez Ubisoft Montréal ? Dernière raillerie, les décors sont assez aliasés et aucune option ne permet d'y remédier. Encore que là, ce n'est pas trop la faute du jeu mais plutôt du moteur graphique d'Epic qui fait d'origine l'impasse sur cette fonction. Vous me direz alors, pourquoi une telle note à ce chapitre ? Et bien en premier lieu parce que les pop-ups (très fréquents sur certains jeux utilisant l'Unreal Engine III), sont ici très rares. Une bonne chose, et puis c'est hyper beau ! Dans la ville du vice les décors se renouvellent peu mais on peut le dire, les graphismes nous mettent une jolie claque. La gestion des ombres est excellente, les loadings sont rapides et la vision nocturne est impressionnante de réalisme. Si certains objets restent un peu mal fait (comme les bornes d'Arcade et certaines machines à sous), le choix des couleurs, le détail des visages masculins (je précise), la fluidité de l'image ou même le design général, font qu'on oublie les problèmes de conception.



Le son

Gros
Les bruitages dégomment ! Un vrai plaisir. Dommage que le doublage n'en fasse pas autant...
plaisir, le son est d'une qualité étonnante. On peut râler sur quelques voix volontairement sous-samplées pour les vidéos implantées en plein jeux ou les communications, donnant un certain cachet "basse-fréquence", mais ce sera tout. Les musiques, très Hollywoodiennes, suivent le fil de l'action et sont généralement en rapport avec le décor. Le doublage est tout en Français, comme toujours chez Ubisoft (merci les gars) et d'une qualité honorable. Enfin les bruitages sont d'une violence jouissive. Les armes sont percutantes et donnent un grand dynamisme à des combats déjà bien nerveux. Après c'est sûr, si on cherche la petite bête on pourra relever que les voix sont totalement désynchro avec les lèvres, les mêmes phrases reviennent souvent (ça fait un peu penser à Far Cry avec quelques élocutions bien testostéronées mais aussi bien idiotes) ou même des phrases qui n'ont aucun sens dans le contexte. Enfin le mixage des voix accuse un grand n'importe quoi. On entend les mercenaires parler à travers les murs et les portes comme s'ils étaient à côté ou pire, on ne comprend pas ce qu'on nous dit parce que la musique est soudainement trop forte. Reste que la bande-son est explosive et qu'elle assume malgré tout, une indéniable qualité.



Note générale

Si le prologue s'ouvre sur le Mexique, terrain de chasse d'un Ghost Recon qui a aussi changé de formule, Rainbow Six livre bataille dans la ville du jeu et du vice, la seule où on peut se marier en moins de temps qu'il en faut pour l'écrire (s'il y a des filles tentées par le rédacteur de cet article, faites signe, il est preneur :). VEGAS tente de nous faire entrer dans la peau de ce chef d'intervention avec un certain réalisme, en imposant une certaine tactique (mise à couvert, système d'ordres, observation à la caméra-serpent avant d'ouvrir une porte), et il le fait très bien. Dommage que nos adversaires soient si redondants dans leurs actions (saleté de grenades fumigènes !), nos coéquipiers si envahissants ou encore que l'infiltration soit immédiatement zappée, car on tenait presque le sans faute. Idem, la réalisation impose un graphisme complètement énorme mais rien n'est destructible, les filles sont moches et certaines animations nous ramènent quelques années en arrière. Mais tout ça n'est pas si grave finalement et Rainbow Six VEGAS reste un grand FPS. Nerveux, puissant, tactique sans prise de tête, beau et bien mené, il reste une valeur sûre, un shooter au spectacle étonnant et au gameplay très agréable. Et pour conclure la comparaison, j'irai même le préférer au déjà très bon Ghost Recon Advanced Warfighter sur le même support. C'est dire.



Test réalisé par iiYama

octobre 2008 (mise à jour : mai 2011)