GRAW 2 (PC)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : juillet 2007
Développeur : GRIN
Editeur : Ubisoft
Genre : FPS tactique

Support : 1 DVD
Version testée : Française
Version logicielle : v.1.05
Voix dans le jeu : FR
Textes à l'écran : FR

Moteur graphique : Diesel Engine
Moteur physique : PhysX (Ageia)
Difficulté :
Multi-joueurs : 32 joueurs online

Abréviation : GRAW 2
Titre alternatif : Ghost Recon 4
Prix au lancement : 50€
Score des ventes : 2.6 Millions (tous supports confondus)


Configuration recommandée :
CPU : 2.8Ghz
RAM : 1Go
VIDEO : avec 256Mo de VRAM et compatible Shader Model 2.0 (GeForce 7800 / Radeon X1900)

Configuration de test :
CPU : Intel Core2Duo E6750 (2,66Ghz)
RAM : 2Go DDR2
VIDEO : GeForce GTX260 avec 896Mo de VRam
OS : Windows XP Sp2
Résolution testée : 1680x1050 (16:10)
Niveau de détails :


Aussi disponible sur :








Les sites partenaires :





_________________________________

Pages vues (depuis avril 2016)




Visiteurs uniques (depuis avril 2016)

Tom Clancy's

Ghost Recon

Advanced Warfighter 2



Sorti en mai 2006, le premier Ghost Recon : Advanced Warfighter avait admirablement remis la licence au gout du jour. 13 mois plus tard, surfant sur le succès de ce premier "GRAW", les développeurs nous remettent le couvert, un peu comme l'a fait Rainbow Six : VEGAS qui n'a pas non plus laissé sa licence refroidir. On le sait, la version PC de GRAW et donc de GRAW 2, n'a pas été développée par la même équipe que celle sur consoles et elle n'utilise pas le même moteur graphique. Sur consoles de salons HD (PS3 et Xbox 360), le jeu a été développé par Ubisoft Paris et Red Storm Entertainment, et il utilise le YETI Engine (une évolution de l'Unreal Engine 2.5). Sur PSP il a été développé par High Voltage Software et sur PC, on retrouve pour la 2e fois GRIN et son Diesel Engine. Tout ça pour dire qu'une fois de plus, Ghost Recon sur PC garde son aspect tactique et moins spectaculaire que sur consoles, en visant finalement à être plus en phase avec la série d'origine (cependant, les 2 versions gardent le même scénario et beaucoup de similitudes). Et oui c'est un fait, GRAW 2 n'est pas un FPS grand spectacle avec moult explosions et une grosse mise en scènes, mais en contre-partie son aspect tactique est plus abouti, la gestion des équipes est assez poussée, c'est moins bourrin et en jouant plus sur l'infiltration, il se révèle aussi plus grisant.


Développement scénaristique

Le jeu s'ouvre
La cross-com et les briefings diffusent des vidéos vraiment affreuses. Quand au scénario, il est banal
sur une intro en images de synthèses et on le sait, ni GRIN ni Ubisoft ne sont doués pour en faire des belles. La qualité de ce prologue n'est donc pas terrible. Mais le plus gênant, c'est que si le jeu est entièrement doublé en Français, cette intro elle, est restée en anglais, les développeurs n'ayant même pas pris la peine d'y adjoindre des sous-titres. Même si on comprend très bien ce qui s'y passe, ce petit manque est dommageable. En jeu, rares sont les cut-scènes et leur qualité est également très moyenne mais le pire reste quand même les messages vidéos, surtout lors des briefings. Dans un petit carré (dans le coin supérieur droit), le jeu essaie de poser son ambiance de guérilla urbaine en mélangeant des images de synthèses extrêmement laides où les protagonistes semblent sortir d'un âge, avec des vidéos bien réelles cette fois, qu'on croirait sorties du journal télévisé. Le résultat est donc dégueulasse, presque à se demander si GRIN ne se foutrait pas de nous. Le scénario lui, se déroule en 2014, peu de temps après les évènements du premier GRAW, juste au sud de la frontière des États-Unis, et évoque le conflit entre un groupe de rebelles méxicains, des loyalistes mexicains et l'armée américaine. On retrouve donc la même équipe et pendant 72h on entrera à nouveau dans la peau du Capitaine Scott Mitchell avec sous ses ordres 3 autres Ghosts. Et il va falloir batailler ferme pour éviter qu'un gros clash ne vienne salir l'union des Amériques du Nord et celles du Sud. Malgré tout la trame reste très légère et peut-être un peu trop dans l'esprit du premier jeu. Il aurait été préférable que l'aventure se déroule dans un tout autre contexte, même si cette fois, c'est tout de même plus varié. En plus de ça, si vous trouvez le scénario sérieusement léger, imaginez 2 minutes ce que va donner une fin bâclée au possible (comme d'habitude vous me direz). En clair ce n'est pas à ce chapitre que le jeu brille le plus.


Jouabilité & Gameplay

Etant donné
L'action n'est pas super nerveuse mais peut devenir très vite grisante
que GRAW 2 n'est pas un jeu bourrin à la Painkiller ou à la Serious Sam, mieux vaut commencer par un bon didacticiel. On y apprendra peu de choses mais ça permettra de se mettre dans le bain en douceur. Car le mode training est vraiment mal expliqué (voire pas du tout !), notamment pour la cross-com. Pourtant c'est tellement simple à comprendre et à se servir, qu'on s'y fera très vite (j'y reviens après). Entre temps on fera un passage obligé dans le menu d'options, histoire de configurer son clavier et sa souris, avec dés le départ une petite fausse note : le jeu prend en compte que les grenades sont des armes à part entière (en un sens c'est pas faux) donc on n'aura pas de touche dédiée pour elles (il faut d'abord les sélectionner). Dommage, leur utilisation aurait gagné à être simplifiée. Ce qui a été simplifié par contre, c'est tout le reste ! Avec une poignée de touches on fait tourner son jeu à 100%, ce qui nous évite de s'emmêler les pinceaux. Prenons le menu de sélection des armes, une touche, un menu déroulant : c'est simple et efficace. En parlant d'armes, la panoplie est vraiment riche et comme lors de la précédente itération, on fera son choix en vue de ne pas dépasser un poids limite. Mais il subsiste un défaut majeur à ça : on ne peut pas prendre 2 armes d'une même catégorie. On est obligé d'en prendre une par classe, ce qui nous empêche par exemple de prendre les très bon Scar à lance-grenades et le sniper, les 2 faisant partie du même groupe. C'est un peu débile et très vite ça limite nos choix. Par contre, bonne cohérence du point de vue de l'armement puisque les grenades (même si elles rebondissent un peu trop) sont vraiment puissantes, on peut changer son arme contre n'importe laquelle laissée à terre et pas besoin d'un chargeur entier pour tuer un ennemi. Visant à être le plus réaliste possible, généralement 2 à 3 cartouches suffisent pour descendre un gars (surtout en cas d'head-shot). L'inverse est également possible mais en "easy" le jeu n'est vraiment pas dur (c'est le but de ce mode non ?). C'est un peu la grosse différence avec son prédécesseur : l'aventure est bien plus abordable et ne nous oblige pas à tricher. Il suffit juste de bien faire gaffe, d'être attentif, de faire des choix posés, d'analyser la situation et de réagir en conséquence.


Faut dire
La carte tactique permet d'échafauder de véritables plans d'attaque et de défense
aussi que l'IA est franchement légère quand elle n'est pas simplement débile profonde ! Si les mercenaires sont occupés à arroser une zone et que vous arrivez derrière eux, vous allez pouvoir les shooter dans le dos, un par un, sans que personne ne bronche. Heureusement de face il en ait tout autre, même si ça ne dépasse pas le cadre des réactions automatisées. D'ailleurs en parlant des sujets qui fâchent, si on garde quelques interactions sympas comme le véhicule de ravitaillement (MULE) ou la prise en mains d'armes lourdes et généralement fixes, on a l'impression d'avoir fait un pas en arrière en matière d'interactivité. En effet, c'est un peu vicieux de la part de GRIN mais on croisera beaucoup de bidons d'un rouge vif ou même des citernes de gaz et pourtant, vous pourrez y laisser autant de balles que vous voulez, rien n'explosera ! Il reste bien quelques bonbonnes de gaz ça et là, mais ça reste très rare et c'est donc frustrant. Idem, les voitures n'explosent pas (même lorsqu'on tire sur le bidon d'essence d'une jeep), tout juste peut-on lui arracher les portes ou lui crever les pneus. Je veux bien que la dimension tactique prenne le pas sur l'action mais un peu plus d'interactivité et de fun n'aurait pas fait de mal. D'ailleurs Mitchell est encore une fois un gros demeuré qui ne sait presque rien faire. Il ne peut pas sauter, il ne peut passer par-dessus un petit muret de 50cms à peine et encore moins ouvrir les milliers de portes fermées qu'on croise. Car tout ce qui donne sa valeur au jeu, c'est une fois de plus sa dimension tactique et sa cross-com. Petite nouveauté, on peut donner des ordres directs via une touche de raccourcis et un petit menu déroulant avec sélection rapide via la molette de la souris. C'est super simple et très pratique. Mais c'est bien en ouvrant la "carte tactique" qu'on pourra échafauder de véritable plan d'attaque et/ou de défense. Grâce à ce plan des lieux (en vue aérienne) on peut déplacer ses troupes, leur demander de descendre tels mecs (assaut, roquette ou snipe), de tenir une place forte… bref ça donne une toute autre approche au FPS. Grâce à ça, on peut organiser son attaque, par exemple en localisant les ennemis avec un drone, et on peut même se la jouer infiltration, même si les ennemis ont la fâcheuse tendance à nous repérer un peu trop facilement et d'un peu trop loin. A ce propos, en "easy" (pas en "hard" faut pas pousser), il est tout à fait possible de se la jouer solo. Avec un bon fusil de sniper et un bon fusil d'assaut (pour les séquences où ça chauffe), il est tout à fait possible de remplir la plupart des missions seul, même si l'aspect tactique reste la solution la plus exploitable. Malgré un grand nombre de lacunes, c'est ça qui donne toute sa force au jeu.


L'image

Finalement,
Malgré sa pléthore de bugs, le jeu est beau et l'ajout de PhysX apporte un vrai plus au rendu final
GRIN n'aura utilisé qu'un seul moteur propriétaire, son Diesel Engine. Evoluant au fil des années (puisque ce vieux software est né en 2001 avec Ballistics), on le retrouve ici en version 2.0 mais on perçoit vite ses limites du fait de sa conception ancienne. En premier lieu les modélisations sont pas mal du tout, tout comme les animations (surtout celles des Ghosts) qui sont bien fluides et réalistes. Seulement voilà, les visages sont inexpressifs et une fois morts, les ennemis gardent les yeux ouverts, tels des poupées de plastique. On peut aussi déplorer, comme je l'évoquais précédemment, que presque rien ne soit destructible. Si on enlève les voitures et quelques babioles parsemées sur le terrain, autant le dire, on ne fera pas péter grand chose hors script. Du coup, on pourrait croire que le moteur physique (le PhysX créé en 2005 par Ageia et qui sera racheté par nVidia en 2008) n'a vraiment aucune utilité. Et bien là pour le coup vous auriez tout faux car en mode software (sans carte d'accélération physique ou carte vidéo nVidia de 10e génération au moins), le jeu est "classique". Mais avec ma GeForce GTX (dont le moteur PhysX est intégré), je peux vous dire que la différence est très nette. Ça se joue surtout sur des détails comme le fait de faire jaillir des morceaux lorsqu'on tire sur un mur, pouvoir couper un palmier (et seulement ceux-là) ou voir certains pans du décor s'abîmer en temps réel. Les explosions (au C4, au lance-roquettes ou à l'artillerie lourde) sont bien plus fournies et réalistes, les bâtiments volent littéralement en éclats ! Et question effet naturel, les arbres semblent plus animés, les drapeaux volent au vent, les particules de poussière flottent dans l'air… Si ce n'est que de la poudre aux yeux, la gestion de la physique apporte un vrai plus à la qualité de l'image. En version 1.0, comme c'est souvent le cas, le jeu est sacrément bugué : spasmes, freezes très nombreux, cisaillements de l'image… ce n'est pas folichon tout ça. Heureusement de nombreux patches ont fleuris pour corriger tout ça et le dernier en date, le 1.05 paru en février 2008, fini le travail. Ce patch règle beaucoup de problèmes et de bugs. Pas tous c'est vrai, puisque ça freeze encore pas mal, mais c'est bien plus agréable ainsi. En plus, avec de récents drivers nVidia, on peut configurer sa carte vidéo en fonction du jeu pour avoir par exemple la synchro verticale, ce que le jeu ne fournit pas lui-même. Et en contre-partie des bugs, GRAW 2 y a gagné sur le plan graphique. Si lors de sa sortie il fallait un gros PC pour le faire tourner, à l'heure du test sa configuration recommandée reste très accessible. Et il faut le dire, le jeu est bien plus beau que son prédécesseur. On a des environnements ouverts souvent immenses et propices aux joies du snipe, les textures sont assez détaillées et les effets (fumée, brouillard) sont bien travaillés. Ça rattrape le fiasco de l'optimisation et le florilège de bugs.


Le son

Une fois de plus,
Bonne ambiance et grosse qualité pour le son
le jeu est traduit en Français. Chez Ubisoft, société Française pour ceux qui le savent pas, ça fait parti du cahier des charges initial et je trouve ça bien que la société ne dénigre pas sa langue natale et livre toujours des produits en phases avec ses origines. Bien sûr dans ce doublage il y a à redire. Notamment parce que les protagonistes ne sont pas toujours "dans le truc" et que les voix aux accents mexicains prêtent souvent à sourire. Mais quoiqu'on dise c'est tout à fait honnête comme résultat et personnellement je préfère toujours ça que lire des sous-titres. Autre point, les Ghosts cherchent toujours à attirer votre attention et ils auront la gueule ouverte (via des coms) en permanence. Des "capitaine !" on en bouffe 50 toutes les 10 minutes, ce qui est vite gonflant. Heureusement il y a une solution, puisqu'une option permet de désactiver leurs voix. Merci les gars. Par contre niveau musique, les choix n'ont pas toujours été très avisés. En plein jeu elles sont généralement bonnes, donnant à l'action une dimension Hollywoodienne. Enfin dernier point qui fait l'unanimité lui : les bruitages sont vraiment excellents. Si les mitrailleuses ont tendance à faire des tic-tic un peu timides, difficile de rechigner sur la qualité. Idem, les explosions sont vraiment expressives (grenades, C4) et d'une façon globale, l'ambiance est suffisamment chargée pour qu'on entre dans la fièvre de l'action. Globalement c'est du beau boulot.


Note générale

Ghost Recon : Advanced Warfighter 2 surfe beaucoup sur le succès du premier opus. C'est une vraie critique puisqu'il en reprend le scénario, le moteur graphique, l'ambiance, le gameplay… vu en surface rien n'a changé et les mauvaises langues pourront très vite conclure à un add-on du premier GRAW plutôt qu'une vraie suite. Ils n'auront pas tout à fait torts et pourtant, GRAW 2 est selon moi meilleur que son prédécesseur. Les raisons sont nombreuses et je commencerai ma plaidoirie par le gameplay. Largement simplifié, plus accessible, tout en étant plus riche en fonctions, GRIN a bien bossé son interface ce qui rendra le jeu que plus agréable. La cross-com 2.0 est un véritable plaisir à se servir, que ce soit en passant par la carte tactique ou les raccourcis, on peut intimer les réactions de ses alliés et échafauder de véritables tactiques d'approche. Vous me direz que c'est là, le nerf même du jeu (et de la licence) et je vous répondrez que c'est tout à fait exact. Car si on peut toujours se la jouer solo (en "easy" notamment) c'est quand même plus grisant de monter ses troupes au combat, dans un sympathique (et je l'avoue extrapolé) amalgame de RTS et de FPS (j'exagère à peine). Tout ça pour bien vous faire comprendre que malgré son aspect tactique et sa dimension pseudo-réaliste, le jeu est fun, plus encore que le premier opus. Bien sûr, contre lui, il reste pas mal de dossiers qui ne trouvent aucune excuse : notre personnage est un handicapé de la vie puisqu'il ne sait rien faire (pas de conduite de véhicule, bloqué par un talus de 50cms de haut…), toutes les portes sont désespérément fermées, hors script on ne fera presque rien… bref les interactions sont vraiment réduites au strict minimum. Pareillement, le moteur graphique est sujet à controverse pour ses innombrables bugs, malgré une qualité revue à la hausse. Pourtant, de ce Ghost Recon : Advanced Warfighter 2 je n'en retiens que le meilleur, à savoir le fun, le divertissement qu'il m'a offert. Et contre toutes attentes, malgré ses faiblesses et ses lacunes, je me suis éclaté. Sans être un excellent jeu, c'est donc un bon FPS tactique, qui vous régalera si vous accrochez au genre.


Test réalisé par iiYama

février 2009