The Catacomb (PC sous DOS) -- TEST sur GRAVITORBOX

 







Note


Testé sur :




Sortie du jeu : 1990 (Catacomb) - 1993 (réédition sous le nom de The Catacomb)

Développeur : John Carmack et Softdisk
Editeur : Softdisk
Genre : actioin / exploration

Version testée : internationnale
Voix dans le jeu : -
Textes à l'écran : anglais

Support : disquette de 3"1/2 (1,44 Mo)
Difficulté :
Temps de jeu : 3 heures minimum

Multi-joueurs : non
Prix au lancement : gratuit
Aussi disponible sur : Apple II

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The Catacomb









Si tout le monde connait
Développé par John Carmack, Catacomb est à l'origine sorti sur Apple II en 1989. Il fut ensuite distribué en freeware via le magazine Softdisk
John Carmack pour son travail chez id Software et la création parmi les meilleurs moteurs graphiques (les id Tech 1 à 4), il faut savoir qu'à l'image de tout un chacun, l'homme a commencé en bas de l'échelle. Même si aujourd'hui il s'est fourvoyé en allant s'acoquiner du côté d'Oculus VR, le nom de John Carmack reste évocateur d'un grand homme. Mais rembobinons la VHS et parlons avant tout de Softdisk. Softdisk (né en 1981 sous le nom de Big Blue Disk, ils changeront de nom en 1986) est un développeur/éditeur de jeux vidéo basé aux Etats-Unis. Softdisk était à l'origine une sorte de magazine sur disquette pour micro-ordinateurs, envoyé par voie postale et uniquement sur abonnement. De nombreux développeurs de jeux vidéo y ont travaillé. Ce type particulier de distribution (par abonnement postal) de petites applications a finalement cessé à la fin des années '90, à cause de l'expansion d'Internet, lequel a définitivement mis (gratuitement) à la portée de tous les utilisateurs des centaines de milliers de logiciels.
En 1989, John Carmack développe pour Softdisk le jeu Catacomb sur Apple II, et ils le distribuent via leur magazine. A noter que si le seul nom de John est affiché sur l'écran titre, c'est parce que le gros du travail a été réalisé par lui, mais les crédits stipulent que toute la "dream team" y a participé, à savoir : John Romero, Tom Hall et Adrian Carmack. Catacomb (qu'on connait aussi sous le nom de The Catacomb - les noms diffèrent mais c'est toujours le même jeu) est donc un "freeware", contrairement à DOOM, qui sera édité en "shareware". La différence ? Et bien le freeware est un logiciel "gratuit" et cette fois réellement gratuit (n'oubliez pas que dans le monde actuel, que ce soit sur Smartphone, PC ou dans la vie courante, "si c'est gratuit, c'est TOI LE PRODUIT"... et ça n'a jamais été plus vrai que ces dernières années).
The Catacomb connaitra diverses suites comme Catacomb 3D, qui passe à une vue FPS, puis Catacomb Armageddon et enfin Catacomb Apocalypse. Tous ces jeux à succès donneront de l'élan pour la création de Wolfenstein 3D. En 1990, Catacomb est adapté sur PC, dans une version qui permet de sauvegarder sa partie, de jouer avec un stick (ou une manette) et d'afficher le jeu en CGA (4 couleurs) ou EGA (16 couleurs). Et si vous vous demandez si la différence est notable... oui, elle l'est ! Déjà assez moche en EGA, le mode CGA est atroce pour les yeux.



 

Comparatif entre le mode CGA (320x200 / 4 couleurs) sur l'image de gauche,
et le mode EGA (640x350 / 16 couleurs) sur l'image de droite.
Etrangement, en EGA la couleur dominante est le rose...



Retour vers le passé...


Sorte de madeleine
J'ai connu ce jeu il y a 30 ans et ce n'est qu'aujourd'hui que je l'ai enfin fini... #payetoncoupdevieux
de Proust, je vais vous raconter comment j'ai connu ce jeu. En 1990, mon cousin avait un ordinateur PC 8088. Fonctionnant avec un processeur Intel 8088, un hybride 8/16-bits tournant 4,77 Mhz en mode normal et à 10 Mhz en mode Turbo, cet ordinateur à la puissance poussive était pourtant très cher, de l'ordre de 4000 Frs (soit 600€). Mon cousin était censé travailler dessus mais les disques durs étaient extrêmement chers donc celui-ci en était dépourvu, il fallait donc utiliser des disquettes 3"1/2 (il avait au moins ça de bien car les disquettes 5"1/4 étaient grandes, molles et ne contenaient presque rien : 720 Ko, vous imaginez ?), et lancer la disquette de boot à chaque démarrage. Si ça ne parle pas aux plus jeunes, je suis sûr que c'est déjà entrain de faire sourire les plus anciens. Mais attention, sur cet ordi' il n'y avait pas le matos de base avec un écran monochrome (vous savez, ceux des caractères gris ou verts "matrixien" sur fond noir), mais une carte vidéo ISA avec un écran couleur EGA (640x350 / 16 couleurs) et même 64 Ko de RAM (le minimum étant 16 Ko, le maximum étant 256 Ko... arrêtez de rire s'il vous plait :).
Malgré les promesses d'un travail assidu, sur cet ordinateur mon cousin n'a finalement fait que jouer et ce, principalement à 3 jeux : Ferrari Formula One (sorti en 1988), Sword of the Samuraï (un jeu d'action pluridisciplinaire sorti en 1989 - ce jeu tenait sur plusieurs disquettes et il était super mal optimisé car on passait notre temps à changer de disquette et à charger les données) et bien sûr Catacomb. Ceux qu'on appelait à l'origine les IBM PC était en réalité "un standard", une norme (c'est ce que fera à nouveau Trip Hawkins avec sa 3DO : créer un standard pour que d'autres fabricants conçoivent leurs modèles) et nous le savons, le PC a pris son envol au début des années '90 jusqu'à son explosion entre 1995 et 2000, sans doute grâce à Windows et son interface "tout-en-un" et intuitive.
Ceci dit, avec le recul, on s'aperçoit que le PC, à l'origine, béééé c'était de la merde !! Non mais sérieux, prenons le cas de notre 8088 avec son CPU hyper poussif, son disque dur vendu en option presque aussi cher que le PC lui-même pour un stockage ridicule (2500 Fs les 30 Mo il me semble Oo!) et surtout son affichage qui était soit monochrome, soit en 4 couleurs, soit en 16 couleurs (avec l'évolution du prix qui va avec), franchement, comment le PC a-t'il pu "percer" ?



 

Pour bien vous faire une idée de ce qu'était un PC 8088 (ou IBM Compatible) en voici un (à gauche). A droite, c'est sa carte mère : on peut voir que celle-ci est chargée à bloc avec ses 256 Ko de RAM ! En haut à gauche le CPU, qui est minuscule et même pas refroidi. Bref, avec ses performances faméliques, comment le PC est-il devenu ce qu'il est aujourd'hui ? (cliquez pour agrandir)



IBM "Compatible" PC


Face à lui,
Alors que l'Arcade et les consoles proposaient des réalisations de folie, le PC lui, nous offrait ça...
on avait des Amstrad CPC 6128 de bien meilleure qualité, mais aussi et surtout des Commodore Amiga et Atari ST surpuissants (équipés tous 2 d'un Motorola 68000 et pouvant afficher 64 couleurs !). Et côté jeux, on pouvait déjà s'éclater avec la NES, la Master System, mais aussi la PC-Engine (elle est sortie en 1987 je vous rappelle) et surtout la Mega Drive, qui a vu le jour en 1988 au Japon. Alors je sais que ce ne sont pas les premiers jeux les meilleurs, mais tout de même, en 1990 on avait déjà DuckTales et Super Mario Bros 2 sur NES, Castle of Illusion et Wonder Boy III sur Master System, Super Star Soldier et Ninja Spirit sur PC-Engine, Revenge of Shinobi et Thunder Force III sur Mega Drive !! Donc avec son tarif juste honteux pour des performances minables, je suis vraiment abasourdi de voir que le PC (autrefois appelé "compatible") ait survécu car pour le même prix, vous pouviez avoir un Amiga 500, une Mega Drive, une télé et plusieurs jeux ! C'est à n'y rien comprendre...
Comment, cette poussive bouse qui n'affichait que 4 à 16 couleurs (et dont la couleur dominante à l'écran était le rose fluo !!), a-t'il pu s'imposer au fil du temps, pour devenir le monstre de puissance et de modularité qu'il est aujourd'hui ? Pour vous dire à quel point cette chose était archaïque (je parle de celle de mon cousin), il n'y avait même pas de souris dessus ! Je veux bien que tout a des origines modestes, tel le bébé qui doit apprendre à manger, parler et marcher, mais là quand même, c'est vraiment très fort ! Comparez 2 secondes notre jeu du jour avec ce qui se faisait au même moment, et vous comprendrez mon étonnement...



   

Petit comparatif des jeux sortis en 1990 : à gauche Super Mario Bros 2 sur NES, au centre Catacomb sur PC et à droite Revenge of Shinobi sur Mega Drive. Je repose la question : comment le PC a-t'il pour s'imposer avec des performances pareilles ?



DOSBox le sauveteur des vieux programmes


Mais revenons
Grâce à DOSBox (un logiciel gratuit) on retrouve l'interface de l'époque, et surtout la possibilité de relancer nos vieux programmes :) Après c'est vrai, pour le néophyte, son usage est très obscur !
à notre mouton : Catacomb est sorti à l'origine sur Apple II en 1989. Il sera adapté un an plus tard sur IBM "compatible" PC sous DOS : pour jouer, il fallait d'abord lancer la disquette de boot (DOS donc) puis lancer le jeu "à la main" en tapant des lignes de codes... que de souvenirs. ^_^ Il est évident qu'aujourd'hui, il est impossible de faire tourner le jeu d'origine (qui pèse moins de 300 Ko, c'est fort !), déjà parce que les lecteurs de disquettes ont disparus depuis bien longtemps, ensuite parce que les Windows actuels ont beaucoup de mal à faire tourner les jeux DOS. Il faut donc utiliser le logiciel DOSBox, qui créé un environnement virtuel comme si votre jeu tournait réellement sous DOS (MS-DOS pour tout vous dire, sachant que la version de DOS qui s'est vite imposée, est bel et bien celle de Microsoft).
Le jeu lui-même est par ailleurs un "abandonware", comprenez par là qu'il est passé dans le domaine public donc vous pouvez le télécharger gratuitement, tout comme DOSBox, et essayer cette "antiquité" sans avoir le poids de la culpabilité sur les épaules. Pour la petite histoire, sachez que mon cousin a reçu ce jeu (sur disquette donc) dans un magazine PC de l'époque. Et contrairement à beaucoup de titres, celui-ci était complet, ce n'était pas un "shareware", un jeu à essayer puis à payer (le cas échéant), une sorte de démo. Non Catacomb était bien un jeu complet de A à Z (du moins la version que nous avons eu), offert par le mag' (qui coutait vraisemblablement 30 Frs (soit moins de 5€). Bien sûr, pour faire fonctionner le jeu, il va falloir mettre les mains dans le cambouis en tapant des instructions "à la main". Et oui je sais, DOSBox émule MS-DOS et la souris ne fonctionnait pas. Allez, ne soyez pas rebuté(e), tout ceci contribue à un très joli "retour vers le passé".
En lançant le jeu, il y a de suite des démos tournantes qui "montreront" les bases du titre. Mais mieux encore, une sorte de "notice" vous expliquera rapidement les rudiments du gameplay. Bien entendu, comme on parle ici d'un jeu qui date quasiment de la préhistoire du jeu vidéo, il ne faut donc pas compter sur la moindre histoire. La notice papier nous parle bien d'un sorcier qui aurait laissé trainer ses parchemins dans les catacombes, ainsi qu'un trésor, une véritable fortune qu'il faudra dénicher. Ceci dit, les développeurs se sont tout de même amusé à implanter du texte ça et là, avec parfois des indications, parfois des clins d'œil, parfois même de véritables railleries.



 

En 2022 à l'heure où j'écris ce test, le jeu a exactement 32 ans
et pourtant, Donald Trump faisait déjà des émules ^__^



Promenons nous dans les catacombes...


Catacomb est
Le gameplay est resté agréable et jouer au pad est un vrai plus. Par contre la difficulté monte vite en flèche !
un jeu d'action / exploration en vue de dessus. On y incarne un chasseur de trésor et visiblement sorcier, puisqu'il est capable de tirer des boules de feu de ses mains (Dragon Ball Z n'a qu'à bien se tenir). L'interface est assez énorme, avec un gros panneau fixe qui bouffe 40% de l'affichage sur la droite de l'écran. Il n'y a pas de mode plein écran et pour cause, les indications de cette interface sont importantes. En effet, on y voit la barre de vie, le score obtenu (n'oublions pas qu'à l'origine, certains rouages sont issus de l'Arcade afin d'inciter le challenge entre les joueurs) mais aussi les items qu'on a obtenu. Se jouant avant tout au clavier, on déplace son personnage avec la croix du clavier (ce que je trouve nettement plus logique que les touches ZSQD qui sont utilisées dans les FPS actuels... une incompréhension tant c'est peu confortable) et on tire avec la touche CTRL. En maintenant cette touche, on charge son tir afin de lancer une grosse décharge, qui permet d'éliminer rapidement le menu-frottin et d'abîmer au mieux la santé des boss. Notre perso n'a que cette seule arme mais heureusement pour nous, elle est efficace et au fil du jeu, les ennemis ne deviennent pas des gros sacs à PV, la difficulté augmente progressivement grâce à un level design de plus en plus tortueux et des ennemis toujours plus nombreux.
Dans Catacomb, le but est de passer au niveau suivant, via des sortes de miroirs / portails (une allusion à Alice au Pays des Merveilles ?). Pour se faire, il faudra souvent trouver des clés pour ouvrir des portes, mais aussi découvrir des passages secrets qui se révéleront en tirant simplement sur l'embouchure, l'entrée dudit passage. Ainsi vous comprendrez facilement que des passages secrets sont disséminés un peu partout et qu'ils permettent soit de trouver des items, soit d'accéder plus facilement au portail de fin de niveau. Les items sont de 4 sortes : tout d'abord il y a les clés (qui sont cumulables), mais aussi et surtout les potions de revitalisation. Car la santé baisse très vite lorsque les ennemis viennent au contact et il faut garder un œil sur sa jauge de vie sous peine de mort.
Le jeu permet de sauvegarder son avancement, mais ce n'est pas une "quick-save", la sauvegarde ne conserve que le niveau où vous êtes et votre "stuff" (donc on reprend du début). Si vous avez "oublié" de sauvegarder, c'est le retour à l'écran titre. Donc il faut bien prêter attention à sa santé car un oubli peut vite être dramatique. Les 2 autres items sont un "boost d'arme" (qui lance plusieurs tirs chargés d'un coup, pratique contre les boss) et une sorte de "smart-bomb" qui nettoie l'écran. Ces fonctions sont à activer directement sur le clavier (B pour le boost, N pour la Smart-bomb et P pour la potion de vie).



 

Qu'on l'appelle The Catacomb ou Catacomb tout court, on parle bien du même jeu.
En fait, à l'origine en 1990, le jeu s'appelait Catacomb tout court, puis il fut
réédité en 1993 sous le nom de The Catacomb (que les ignorants appellent
à tort Catacomb II). Au final, seul l'écran titre change



Du rose, beaucoup de rose, énormément de rose...


La bonne nouvelle,
Je n'ai jamais compris pourquoi à cette époque la grosse dominante était le rose flashy !
c'est qu'aujourd'hui si le jeu a plus de 30 ans (oh la vache ça ne me rajeunit pas !!) et qu'à l'époque on se contentait du clavier, aujourd'hui je redécouvre le jeu grâce à mon pad USB ! En effet, DOSbox a le bon gout d'émuler votre pad comme si c'était un joystick de l'époque. Si une voire 2 touches sont prises en charge (la seconde servant à "locker" son personnage dans une position, pratique pour le "strafe"), je peux vous dire que Catacomb n'a jamais été plus jouable et abordable que comme ça ! Un vrai plaisir. :) Dommage qu'on puisse pas assigner les fonctions spéciales aux touches du pad (car c'est pas bien pratique de jongler entre la manette et le clavier), mais bon, on ne va pas trop en demander non plus. L'aventure se compose de 30 levels et la difficulté monte assez vite à partir du niveau 5, où il faudra commencer à élaborer de véritables tactiques comme piéger les ennemis dans un goulot d'étranglement, utiliser les potions avec intelligence (pour éviter de les gaspiller), chercher les passages secrets, toujours garder son tir chargé juste au cas où...
L'exploration est bien mise en avant, avec pas mal d'items / passages secrets à trouver, ainsi qu'un temps qui n'est pas limité ! Donc libre à vous de jouer en douceur, tactique, d'explorer les jeux pour en déceler les trésors cachés. La durée de vie est donc assez élevée puisque ça devient vite très hard, avec notamment des warpzones super vicieux qui nous ramènent plusieurs levels en arrière, d'où l'intérêt d'une exploration approfondie de chaque lieu. Catacomb ne dispose pas de vies, mais comme évoqué, sans sauvegarde on repart au level 1 ce qui peut être rageant !
Techniquement, si l'Arcade proposait déjà des R-TYPE II et autre Final Fight lorsque le PC n'offrait au mieux que 16 couleurs (via une carte vidéo EGA hors de prix) ou plus généralement 4 couleurs (avec une carte CGA plus abordable). Sachez que la plupart des jeux nécessitaient déjà une carte vidéo car ils refusaient de se lancer en monochrome. Le EGA (Enhanced Graphics Adapter) sur PC c'était déjà le top de la vidéo à l'époque et pourtant, les teintes étaient aussi criardes que basiques : du bleu, du noir, du blanc, du vert, du rouge, du gris et surtout, du rose fluo bien pétard, qui claque à la gueule !! Regardez les screenshots, tous les jeux auxquels j'ai joué en ces temps-là avaient pour dominante ce rose bien flashy et dégueulasse, que n'aurait pas renié Far Cry : New Dawn.



Que vais-je bien pouvoir faire de toute cette RAM ?


Les graphismes
Les graphismes étaient certes sommaires, mais ce n'était rien à côté des bruitages !! Attention les oreilles :)
sont donc d'une simplicité à toute épreuve et ce pour 3 raisons. La première c'est évidemment la faute au CGA/EGA et son manque de couleurs... même si je vous l'avoue, je n'ai jamais compris pourquoi la dominante était le rose, et non le bleu, le jaune ou le vert. Pourquoi le rose ? Bref, il y avait aussi le CPU dont les performances étaient misérables. Quand on pense qu'un Amiga 500 ou une Mega Drive disposaient d'un Motorola 68000 (processeur 16/32-bits surpuissant à l'époque) ça laisse rêveur. Enfin c'est surtout à cause de la RAM. Le PC étant ce qu'il a toujours été, c'est-à-dire un ordinateur "modulable", il fallait bien que les jeux et programmes qui tournaient dessus soient autant que possible compatibles avec la plus large frange de joueurs. En sachant que la RAM minimum d'un PC compatible était de 16 Ko, je ne vous fait pas de dessin...
Quant à l'adversité, il y a tout un éventail de bestioles à affronter : la piétaille (les petits en rose, lents et faibles, ou ceux en blanc qui sont rapides), les premiers balèzes sont en rouge, et il y a ces sorte d'ours, hyper rapides, tellement qu'ils nous tuent sans qu'on puisse réagir. Et puis il y a les boss : il y a celui à tête de cochon ou encore les diables, qui sont massifs et qui encaissent vraiment beaucoup. Ajoutons les pentacles et on sent déjà là que les bases du futur DOOM sont posées...
Enfin, sachez que DOSbox vous fera apparaitre le jeu dans sa résolution native, soit 320x200. Alors forcément, si vous restez en mode fenêtré, c'est petit, maintenant sachez qu'en faisant ALT + ENTER vous passerez dans un mode plein écran qui est nettement plus confortable... et pixellisé, forcément ! Maintenant si les graphismes étaient très simples, et les animations réduites aux minimum (généralement 2 frames par sprites), sachez qu'il y a 30 ans, l'ensemble se laissait apprécier. Bien sûr il y avait mieux, même sur GameBoy (qui a vu le jour en avril 1989 au Japon), en attendant à l'époque on était sans doute moins exigeant qu'aujourd'hui car je me souviens n'avoir jamais été rebuté par la réalisation et avoir jouer des heures à ce titre que j'ai toujours affectionné.
Par contre, sachez qu'à l'époque les PCs compatibles n'avaient que très rarement des cartes sons, donc Catacomb n'a pas de musiques... mais rien ne vous empêche d'écouter votre propre playlist en fond (j'ai personnellement une confortable liste d'OST qui se sont parfaitement mariés avec le jeu). Et pour ce qui est des bruitages, ils passaient par le haut-parleur de la carte mère. Oui vous avez bien lu, le son sortait du petit haut-parleur qui fait "bip" lorsqu'on allume son ordi. Je vous laisse imaginer à quel point les bruitages sont affreux, barbares et synthétiques au possible ! Mais au moins ils avaient l'avantage d'être présent et de "meubler" l'action.



Bien avant Note


que "Ideas from the Deep" (l'autre nom du studio Softdisk) ne soit rebaptisé en "id Software" en février 1991, le grand John Carmack, son frère, John Romero et la "dream team" qu'il y avait derrière, ont développé un jeu sur Apple II, qui sera ensuite porté sur DOS : j'ai nommé Catacomb. C'est d'ailleurs ce jeu qui servira de base à Catacomb 3D, qui donnera par la suite Wolfenstein 3D et enfin DOOM. Et le studio derrière les révolutionnaires moteurs graphiques "id Tech", a réalisé un excellent jeu. Pas de timer, 30 levels à la difficulté vite très élevée, une sauvegarde, un gameplay vraiment sympa et tactique qui laisse une grosse part à l'exploration... y'a pas à dire, on sent déjà que ces gars-là étaient des génies ! S'il a toujours été gratuit (puisqu'en 1990 nous l'avons obtenu dans un magazine en "freeware"), 32 ans plus tard je le redécouvre avec bonheur et nostalgie. Un jeu qui me ramène à ma tendre adolescence, juste avant que j'ai ma mobylette et mes premières consoles 16-bits. C'est dire si cette "Madeline de Proust" ne me rajeunit pas. Ceci dit, j'ai vraiment eu plaisir à reprendre le jeu en mains, déjà parce qu'avec la maturité j'y ai joué "autrement", et puis parce que cette fois j'ai pu y jouer avec mon pad USB, au lieu de me cantonner au clavier (ce qui est peu confortable, avouons-le). Après c'est sûr, aujourd'hui Catacomb accuse son âge donc le gameplay est ultra rustique, la difficulté ne pardonne pas, les bruitages sont affreux, barbares et bien sûr, jeu CGA/EGA oblige, les graphismes sont épurés avec un fort penchant pour le rose fluo ! Mais ça n'empêche pas, Catacomb reste un très bon jeu d'action / exploration, la preuve par le rose qu'avant même de s'appeler id Software, ils étaient déjà de grands développeurs...


PS : bien que le jeu fut en abandonware pendant des années, il semblerait qu'un pack vendu sur GOG ait fait en sorte qu'il ne le soit plus ! Vendu avec ses diverses suites (Catacomb 3D : Descent, Catacomb Abyss 3D, Catacomb Armageddon et Catacomb Apocalypse) au prix de 5€, il n'est finalement plus si abandonné que ça mais tout à fait entre nous, il se trouve très facilement sur le Net et DOSbox de son côté, est resté gratuit (normal vous me direz). Bref, en tant que joueur PC, si le jeu vous intéresse (il devrait vous intéresser, à minima pour la culture ^_^) vous le trouverez facilement et je suis sûr que chaparder un tout petit programme comme celui-ci ne devrait pas trop vous causer un cas de conscience (sinon on va parler des autres jeux téléchargés, des films et des Mp3 stockés sur vos disques durs... Non ? Alors vous voyez, télécharger un jeu qui fait moins de 1 Mo ne devrait pas être un souci).



Les -

  • Faut aimer le rose, du rose partout, tout le temps... mais ce n'est pas de la faute au jeu, c'est le CGA/EGA qui veut ça :(
  • DOSbox n'est pas facile à appréhender pour le néophyte
  • Oublier de sauvegarder peut être catastrophique
  • Prise en mains rustique, forcément
  • Des sons barbares et peu plaisants


  • Les +

  • Level design et gameplay intéressant malgré son âge avancé
  • Quelques textes, clins d'œil et railleries bienvenus
  • Un aspect action / tactique vraiment agréable
  • Pas de temps limité, une bonne chose
  • Gratuit car disponible en abandonware
  • 30 levels, y'en a pour un moment :)
  • Jouable au pad USB
  • La sauvegarde



  • La séquence de fin (spoil) : cliquez pour ouvrir



    Test réalisé par iiYama

    juin 2022


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