Just Cause (PC)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : septembre 2006
Développeur : Avalanche Studios
Editeur : Eidos Interactive
Genre : TPS

Support : 1 DVD
Version testée : Française (v.1.0)
Voix dans le jeu : FR
Textes à l'écran : FR

Moteur graphique : Avalanche Engine
Moteur physique : Havok
Difficulté :
Multi-joueurs : non
Prix au lancement : 55€
Score des ventes : 1 Million (tous supports)


Configuration recommandée :
CPU : Pentium IV 2.8Ghz ou Athlon XP 2800+
RAM : 1Go
VIDEO : avec 256Mo de VRAM et compatible Pixel Shader 2.0 (GeForce 7 / Radeon X1800)

Configuration de test :
CPU : Intel Core i5 750
RAM : 2Go DDR3 1600
VIDEO : GeForce GTX260+ avec 896Mo de VRam
OS : Windows XP Sp2
Résolution testée : 1280x1024 (4:3)
Niveau de détails :


Aussi disponible sur :




Les sites partenaires :





_________________________________

Pages vues (depuis avril 2016)




Visiteurs uniques (depuis avril 2016)

Just Cause









Avalanche Studios est un jeune développeur Suédois, né en mars 2003 avec des programmeurs typiquement blonds et gâvés aux krisprolls. Et c'est sans doute dans un souci d'évasion, que le studio nous a sorti leur premier jeu en septembre 2006, le bien connu Just Cause. Dommage pour lui, ce titre n'a pas bonne réputation. Tout le monde le connait, il est sorti sur les 4 plate-formes les plus en vogue de l'époque (PS2, Xbox, Xbox 360 et PC) et pourtant il n'a trouvé preneur qu'à hauteur d'1 Million d'exemplaires. Et aussi dingue que ça puisse paraitre, si aujourd'hui on entend encore parler de lui, c'est parce que Just Cause a un réel second succès… en téléchargement illégal. Du coup ni Avalanche, ni Ubisoft profite de ce regain de sympathie auprès des joueurs les moins… disons les moins honnêtes. Et Just Cause, sur le papier, c'est énormément de promesses : un terrain de jeu absolument immense où on pourra aller où on veut, des dizaines de véhicules, des centaines de missions, un décor paradisiaque, bref de quoi se mettre l'eau à la bouche. Même le scénario semblait alléchant alors je me suis lancé dans l'aventure...


Développement scénaristique

Dans Just Cause,
Il faut le voir pour le croire ! Les vidéos sont minables et le scénario tient sur un timbre poste
on joue Rico Rodriguez, un redresseur de torts qui sent bon le macho au torse velu, les fajitas encore tièdes et la paire de "corones" grosses comme des ballons. Et il va falloir qu'il en ait une sacrée paire puisqu'à lui seul, il va devoir renverser le gouvernement de San Esperito (un groupe d'îles fictif), notamment son président (ou plutôt son dictateur) Salvador Mendoza. Et là où c'est fort, c'est que Rico n'est pas un Hispanique, c'est un métisse ricain employé de la CIA (comme quoi même dans les jeux, les USA cherchent toujours à tenir le rôle de police du monde). Le jeu commence et de suite on tombe des nues, la première vidéo semble sortir d'un jeu PlayStation. 5 minutes plus tard ça se confirme, les vidéos sortent d'un autre temps. Comme tous les jeux open-world, on a une carte immense à explorer avec des centaines de missions secondaires mais seules les missions principales font avancer l'histoire. Et à chaque fois qu'on lance une de ces missions, on a une horrible vidéo pour mettre en scène la trame scénaristique. En images de synthèses, la qualité est au rabais, les modélisations sont dépassées (poupées de plastique) et je ne parle même pas des animations, carrément ridicules. Plus fort encore, le doublage ne suit pas du tout les lèvres, à tel point que les doubleurs n'ont pas dû avoir la vidéo sous les yeux. Je ne vois pas autrement car il est impensable d'arriver à obtenir une telle désynchro labiale, à moins de le faire exprès. On a aussi quelques cut-scènes en 3D, bien moches elles-aussi, puisque les mecs vous parlent sans même ouvrir la bouche, quand la scène n'est pas simplement buguée au plus haut point. En gros, rien n'a été fait pour obtenir une mise en scène décente et celle-ci est à la fois largement démodée, limite honteuse pour un jeu de 2006. En plus de ça le scénario est maigre comme c'est à peine permis. En ne faisant que les missions principales, vous vous apercevrez vite qu'il n'y a rien à apprendre : Rico débarque, fout le bordel, tue tout le monde, renverse le pouvoir en place et basta. Faut donc être clair, ce n'est pas à ce chapitre que le jeu gagne ses points.


Jouabilité & Gameplay

Comme dans tous les
Avec ses 1024Km² de surface, San Esperito est gigantesque et étonnament varié
jeux à environnements ouverts, on dispose d'une carte immense. Celle de Just Cause aura fait publicité puisqu'elle cumule pas moins de 1024km² ! C'est énorme et c'est sans doute ce qui aura pris le plus de temps aux développeurs, et fait que notre titre sente bon le software inachevé. San Esperito est composée de plusieurs îles (reliées par des routes) et dans chacune, on a un certain nombre de missions secondaires à effectuer, afin que le gouvernement n'ait plus la mainmise sur le territoire. Véritable révolution pour une population oppressée, c'est pas moins de 303 missions qu'il est possible d'accomplir. On retrouve les classiques du genre comme protéger un VIP, libérer un village du joug de l'armée ou de la police, démolir une zone, tuer un mec en particulier. Ça nous rapporte des points de prestige (qui font évoluer l'équipement de Rico) mais le problème, c'est qu'on tourne vite en rond. Si certaines missions ont le bon gout d'être proposée juste à côté, d'autres nous font parcourir de dizaines de kilomètres inutilement. Mais le pire c'est que ça devient vite redondant. On a peut-être une quinzaine de missions différentes mais sur 300, on a tendance à avoir l'impression de réaliser toujours les mêmes actes de guérilla. Pour ce qui est des objectifs principaux, ceux qui font évoluer ce qu'on appellera simplement "le scénario", elles ont la mauvaise habitude de se retrouver d'un bout à l'autre de l'île. Parfois même on termine une mission, et hop on se retrouve on ne sait où, paumé au milieu de nulle part avec pour prochain point-relais, 50 bornes à parcourir ! Heureusement qu'on retrouvera l'un des principaux plaisirs des jeux open-world : la possibilité de se servir de tous les véhicules qu'on croise. Au menu, pas moins de 89 véhicules sont mis à disposition : voiture, camion, moto, bateau, hélicoptère, avion… il suffit de monter dedans pour virer ses passagers et en profiter pour parcourir les distances imposées. Evidemment, les véhicules volants restent les meilleurs car ils sont les plus rapides et offrent une certaine liberté. Je dirais même qu'un hélico militaire armé jusqu'aux pales est l'outil idéal pour la plupart des missions, même s'il reste finalement rare.


A noter aussi
Plus de 300 missions sont au programme mais on regrette quelles tournent vite en rond
que tous les véhicules roulants sont des caisses à savon un peu injouables (mention spéciale aux jeeps, carrément horribles), mais ce n'est pas pire que dans certains jeux plus récents comme Red Faction Guerrilla. Ici c'est quand même un peu plus décent, même si une voiture lancée plein gaz peut se faire stopper net par un simple grillage. Les problèmes de réalisme seront évoqués plus tard. On a aussi des missions de course sans grand intérêt (je n'en parle donc pas). A bord d'un moyen de transport, Rico peut passer en "mode cascade" pour s'enfuir ou tirer sur les ennemis. En gros il monte sur le toit de la voiture, ou s'accroche à l'aile d'un avion (il est fort ce Rico !) et là on aura la possibilité de lâcher prise, de remonter à bord (sur un hélico il traverse l'hélice !) ou de prendre les airs avec son parachute. Le parachute, voilà bien un objet qui sert souvent. Dés qu'on fait un saut de l'ange, qu'on saute du toit d'un immeuble ou qu'on veut passer par dessus un mur autrement infranchissable, il sera l'outil idéal (il permet surtout de ne pas se vautrer d'une chute vertigineuse). La position cascade ne m'a personnellement que très peu servie mais c'était déjà plus utile qu'un grappin, à mon sens, superflu. Le grappin ne s'accroche qu'aux véhicules et ne permet qu'une chose : se faire trainer. Il est donc impossible de gravir une palissade ou même une montagne avec, ce qui réduit considérablement son champ d'action. Dommage. Pour s'y retrouver dans cet immense champ de bataille, Avalanche a prévu un PDA, malheureusement peu convivial. Cet outil moderne permet de demander un véhicule (bateau, moto, 4x4, mini-hélico), c'est pratique et ça servira souvent (ça évite de courir sur 20 bornes), de consulter son ordre de mission, de se faire rapatrier à la planque la plus proche et surtout, de consulter la carte. Très détaillée, la carte permet de voir en un clin d'œil où se trouvent tous les points d'intérêts de l'île. Tout le problème du PDA c'est qu'il ne comporte pas de GPS (à vous de trouver la bonne route) et surtout que le mode carte est mal fichu : en jeu, la mini-map est trop petite et donc peu pratique lorsqu'on cherche un point précis, puisqu'évidemment, on n'a pas de zoom. A ce propos, comme on a toujours le nez sur cette fameuse map, il est aussi regrettable qu'on n'ait pas une touche dédiée pour l'ouvrir directement plutôt que de passer par un sous-menu du PDA.


Maintenant sur un plan
Avec 89 véhicules différents, pas moyen de s'ennuyer. Les hélicos restent les meilleurs d'entre tous
plus personnel, plus subjectif, il est à regretter qu'on n'ait pas d'ajustement de la sensibilité souris/stick analogique qui, couplé à un système d'assistance à la visée, trahi le fait que Just Cause est un jeu avant tout pensé pour les consoles. On regrettera aussi le passable système de checkpoints et de sauvegarde imposée (pourtant les quicksaves auraient bien rendues service), car à l'instar des jeux du même type, l'action devient trop vite hardcore. Dés la moindre effraction on est littéralement harcelé par l'adversité, qui n'hésite pas à nous couper la route comme des porcs pour nous arrêter, nous balancer des hélicos surpuissants, ou même sortir des mecs qui tirent aux bazookas. Ça devient vite excessif, du coup on meurt souvent, résultat on se lasse... Enfin, je voudrais évoquer un réalisme totalement à la rue. Je ne reviens pas sur le fait qu'un véhicule peut être stoppé net par n'importe quoi (par exemple un lourd camion blindé qui se fait arrêter par une petite voiture de police, ça semble invraisemblable). On peut donc voler n'importe quel véhicule mais Rico est incapable de tirer par la fenêtre pour se défendre. Les explosifs (lance-roquettes, grenades, C4) ne peuvent détruire que certains sprites prédéfinis (par exemple une tente en toile résiste très bien à un tir de missile), il est possible d'ouvrir son parachute à 10m du sol (normalement on devrait s'écraser comme une merde) et tout est un peu comme ça. Avalanche Studios a choisi de mettre en avant le fun et l'action au détriment de tout réalisme. Et c'est vrai que la formule marche assez bien, qu'on s'amuse (en tout cas jusqu'au moment où le jeu devient chiant avec une mission pourrie où il est impossible de survivre) mais après plusieurs heures de jeu (la durée de vie est directement proportionnelle au nombre de missions secondaires que vous effectuerez) ça finit par être gênant. Du fun oui mais quand ça devient absurde, non ! On n'est plus dans les années 90 où les jeux pouvaient se permettre de telles entorses aux lois de la nature.


L'image

Fonctionnant sous un
C'est vrai, à première vue c'est beau. Mais à bien y regarder, le jeu est surtout buggé et même inachevé
moteur propriétaire, l'Avalanche Engine, à première vue on a un jeu sublime. Il faut dire que la chute libre du tout début à de quoi impressionner ! Le moteur gère parfaitement les prises d'altitude, Rico Rodriguez n'est pas sans rappeler un autre héros espagnol (celui d'El Matador) et puis ces décors paradisiaques, très verts et bordés d'une mer bleu turquoise, ça rappelle Test Drive Unlimited et Far Cry. Cette version PC est relativement fluide (encore quelques saccades inexpliquées puisque mon PC est largement au dessus des ressources réclamées par le software), les options vidéos sont correctes, le jeu gère un cycle jour et nuit convainquant ainsi qu'une petite météo (ensoleillé, couvert ou pluie). Bref c'est pas mal mais déjà, le jeu ne dispose que de résolutions 4:3 (aucune en 16:10 ou 16:9) ce qui nous force à jouer en 1280x1024 ou 1600x1200. Ensuite, on assiste très vite au manque de finitions de tout l'aspect graphique. En roulant, on voit les véhicules littéralement "spawner" (apparaitre) sous notre nez, idem pour la plupart des ennemis (une fois mort, ils disparaissent presque instantanément). En plus de ça on a un gros clipping par zone, ce qui fait qu'au fur et à mesure qu'on avance, on voit le décor se former, les détails apparaitre peu à peu. Ensuite niveau petits détails qui font tache, on remarquera que les tirs ennemis font le même type d'impacts sur les murs qu'au fond de l'eau (mais bien sûr !), impact que nos armes ne font pas du tout, ou plus fort encore, j'ai surpris un bateau qui avançait sans que l'hélice tourne ! De mieux en mieux ! Pas mal d'objets sont destructibles, comme les voitures qu'on voit se disloquer sous nos tirs et comme on l'a vu, d'autres sont indestructibles alors que justement, on les soupçonnerait friables : les tentes en toile, les caisses en bois, les miradors sur pilotis, etc. La physique, gérée par le moteur Havok (qui officie à la perfection sur Half-Life²) est ici très oscillant. Tantôt on sera impressionné de voir avec quel réalisme un véhicule est soufflé par une roquette, tantôt on sera dépité de voir comment les mercenaires traversent l'écran sans raison, ou qu'un tir de missile n'arrive pas à tuer 3 mecs côté à côte. Enfin il faut voir la gueule des animations pour le croire. Devant nos yeux s'agite un théâtre de poupées de plastique, rigides au possible et automatisées comme des robots. Finalement il ne reste que la forte impression qu'on peut avoir lors d'une chute libre, où l'ambiance un peu Club Med des environnements pour sauver un aspect graphique indigne du PC, voire même indigne d'un jeu de 2006. A croire qu'on a affaire à un titre PS2 qui par la suite, a été adapté à des supports plus performants...


Le son

Avec son ambiance "Old El Paso",
Les musiques sont sympas, les bruitages sont efficaces mais le doublage est très, très, très mauvais
il est naturel de retrouver des musiques un peu dans le ton des Desperado et autre El Mariachi. Les compositions n'interviennent que lors des missions ou en déplacement à bord d'un véhicule. Les morceaux ne sont pas fantastiques mais restent sympas et accompagnent honorablement l'aventure, en apportant son atmosphère pseudo-mexicaine. Avec ça les bruitages ne feront pas un tapage de tous les diables. Les explosions donnent assez bien, les armes aussi mais on ne peut pas dire que Just Cause fasse dans la démesure acoustique. D'ailleurs les véhicules font parfois des bruits étranges, comme la moto qui fait un son de mobylette (ou de tondeuse, au choix). Enfin le doublage n'est pas de la première fraicheur. Il faut dire que lors des cut-scènes, les mecs ne se donnent pas la peine d'ouvrir le bec pour parler et vu la gueule des vidéos, ça ne donnait pas plus envi. Les doubleurs y sont donc allés de leurs élocutions baveuses, un doublage intégralement en Français certes, mais pas terrible. De toute façon le doublage original (US) n'est pas mieux, preuve que la racine du problème remonte de plus loin. Evidemment pour donner le change, certains nous lancent des mots hispaniques facilement reconnaissables (revolution, amigo, el presidente, el hombre) et ce avec un accent faussement travaillé. Mais certains ne sont vraiment pas "dans le truc" et récitent leur texte sans chercher à éviter le ridicule. En clair, il y a un peu de tout et ça conforte le fait que le jeu aurait mérité quelques mois de développement supplémentaires.


Note générale

Just Cause n'est pas un mauvais jeu, loin de là. Seulement on connait bien Eidos, ils sont très forts pour coller des impératifs de sortie et ils ont sans doute forcé Avalanche à bâcler une partie du travail. Le résultat n'est donc pas à la hauteur des attentes. Ce titre à l'environnement totalement ouvert profite d'une ambiance très sympa sur une île certes sous l'emprise d'un dictateur, mais où il serait sympa d'y prendre des vacances. Just Cause c'est 89 véhicules différents, 32 cascades, 303 missions à accomplir (des heures de jeu en perspective) et 1024km² de terrain de jeu ! Ainsi là où on boit du "Pulco parce qu'il fait trop chaud pour travailler" offre beaucoup, là on en attendait pas tant. Et tout le problème est là. On sent bien que créer San Esperito fut un travail titanesque, ce qui fait qu'on se retrouve avec une réalisation vite torchée. Le scénario est minable, la mise en scène par les vidéos est dégueulasse (au point qu'on se demande si on se fout pas de nous), le gameplay est sympa, riche en possibilités mais l'adversité devient comme toujours dans ce type de jeux, hyper agressive et excessive. La carte, le PDA et le manque de GPS alourdissent l'expérience, le contrôle des véhicules est très approximatif (même si on a déjà vu pire, même récemment) et puis il faut voir la tronche du tout. Les animations sont robotisées, le réalisme est resté dormir chez un pote, le moteur 3D n'est pas aussi performant qu'on croit... bref Avalanche a tout misé sur du 100% fun, sans se dire que tout ça finirait forcément par lasser. Just Cause est donc un superbe moule mais les développeurs n'ont réussis qu'à nous faire un petit gâteau. Je suis le premier à le regretter d'autant qu'il garde de bons côtés et que c'est vrai : c'est fun ! Maintenant si vous n'êtes pas regardant sur une réalisation datée et sur une montagne de détails qui agacent, vous serez en présence d'un titre à fort capital sympathie, où se balader aux commandes de dizaines de véhicules est sympa et où l'action peut paraitre grisante, si on maitrise toutes les facettes d'un gameplay plus maigre qu'il ne le prétend. Espérons que Just Cause 2 sache rattraper ses fautes et encenser une formule au demeurant plaisante.


Test réalisé par iiYama

septembre 2010 (mise à jour : octobre 2015)