Halo (PC)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : octobre 2003
Développeur : Bungie
Adaptation : Gearbox
Editeur : Microsoft
Genre : FPS

Support : 1 CD
Version testée : Française (v.1.06)
Voix dans le jeu : FR
Textes à l'écran : FR

Moteur graphique : Halo Engine
Difficulté :
Multi-joueurs : 16 joueurs online
Score des ventes : 6.5 Millions (Xbox)


Configuration recommandée :
CPU : 2,5Ghz
RAM : 512Mo
VIDEO : type GeForce FX avec 128Mo de VRam

Configuration de test :
CPU : AMD Athlon 64 X2 3800+
RAM : 1Go
VIDEO : GeForce 7900GS avec 256Mo de VRam
OS : Windows XP Sp2
Résolution testée : 1024x768 (4:3)
Niveau de détails :
Niveau d'anisotropie :


Aussi disponible en version originale ou Remastered sur :




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Halo

Combat Evolved



Nous sommes au beau milieu de l'année 2001, Bungie (connu pour Myth) développe un FPS pour PC. Mais Microsoft, soucieux de promouvoir sa première console, décide que le développeur doit sortir le jeu sur Xbox et non sur PC. Voilà donc les petits gars de Bungie entrain de convertir un code PC sur cette brave Xbox (pour rappel la console est équipée d'un Pentium III 733Mhz, d'une GeForce 4 et de 64Mo de Ram unifiée, oui c'est comme un PC mais à la sortie du jeu, un PC dépassé). Il est évident que pour optimiser le code, le jeu dû perdre en terme graphique. Mars 2002, Halo sort sur la première machine de Bill Gates et c'est un véritable carton ! Acclamé par la presse comme un phénomène, une révolution, voire même, le meilleur FPS console jamais créé, Halo est l'un des jeux qui fit vendre des Xbox. Mais voilà qu'à la fin de l'année 2002, Microsoft décide que finalement, ce serait sympa de voir Halo sur son support d'origine : le PC. Bungie travaillant sur Halo 2, l'adaptation ou plutôt la réadaptation fut confiée à Gearbox, une boite connue pour les 2 add-ons d'Half-Life. Seulement Gearbox n'est pas un grand développeur, sinon ça ce saurait. Si Opposing Force était un bon jeu, on ne peut pas en dire autant d’un Blue Shift limite décevant. Du coup en octobre 2003, soit un an et demi après sa sortie sur console, Halo débarque sur PC, plate-forme de prédilection qui excelle dans le genre. Au milieu des No one live Forever 2, Soldier of Fortune II et autre Aliens vs Predator 2, Halo a du mal à séduire tant la concurrence est rude et surtout, mieux réalisée. Il faut être honnête, sur Xbox le jeu emballe mais sur PC, étant donné qu'il est quasiment porté "tel quel", il y a bien plus beau et novateur. Maintenant, voyons le test au complet pour voir si le fond sauve la forme.



Développement scénaristique

En tant
La mise en scène est très correcte et le scénario est bien écrit
que joueur, il sera agréable de constater la tournure du scénario. Votre vaisseau sera vite envahi et vous serez obligé de battre en retraite. Mais une fois sur Halo (une étrange "planète" en forme de bague), les humains (vous donc) vont reprendre l'avantage avec une invasion massive et une reprise du pouvoir. Cette phase de jeu n'est pas sans rappeler un débarquement type Medal of Honor ou Call of Duty mais version Science-Fiction. Contrairement à Half-Life où toute l'action est vue des yeux de Gordon Freeman, vous verrez souvent Master Chief (votre personnage) de l'extérieur dans de petites scènes intermédiaires. A mon avis ce n'est pas un mal puisqu'en plus, il parle (contrairement à Gordon qui laisse au joueur sa propre interprétation du dialogue). Étayé par de nombreuses cut-scènes en 3D (aucune vidéo), le scénario est bien développé et ce, tout au long du jeu. Immersif, la tension va crescendo, le jeu est très long pour le genre en plus de fournir un véritable scénarii digne d'un Space Opera. Et on sent bien que Bungie s'est inspiré des grands noms. Les monstres Floods semblent sortir d'Half-Life, on jurerait que Cortana est issu de TRON, les Hunters m'ont fait penser aux Skaarjs d'Unreal et l'invasion Floods peut très bien faire penser à Alien. Avec de telles sources d'inspiration, difficile de se tromper. Le choix de ne dévoiler que des cut-scènes fait en sorte que le jeu fournisse une réelle continuité visuelle. Véritables visionnaires, à l'époque Bungie avait déjà compris que ce type de développement scénaristique était l'avenir, puisque la plupart des jeux actuels se contentent de ce procédé. A noter enfin que l'épilogue est légèrement différent en mode Legendary. Pas de quoi refaire le jeu pour autant, puisqu'à chaque niveau on peut choisir sa difficulté et puis je ne l'ai pas trouver mieux que l'autre (par contre, c'est bien plus difficile d'y arriver, forcément).


Jouabilité & Gameplay

On aura beau
Halo est le premier jeu a trouver avec succès une variante aux classiques packs de santé et boucliers
dire tout ce qu'on veut, la jouabilité d'un FPS n'est optimale qu'avec un clavier et surtout, une souris. Encore plus jouable que sur Xbox (même si au pad la maniabilité est déjà excellente), le soft de Bungie trouve sur PC son confort et sa réactivité optimale. Mais Halo, s'il pose d'un scénario assez original, ne dispose pas d'un gameplay novateur, ce dernier étant même des plus classiques surtout sur PC. Mais attention, classique ne veut pas dire sans intérêt. On commence donc la plaidoirie en divulguant que vous ne pourrez porter que 2 armes en même temps. Dés le début du jeu, toutes les armes que vous croiserez seront à votre disposition, humaines comme extra-terrestres. La manipulation est simple, une pression sur le bouton adéquat et vous lâcherez l'arme utilisée pour prendre celle qui est par terre. Sympa puisque ça vous poussera a user d'une certaine stratégie de combat, à l'image de Far Cry (qui sortira un an plus tard) même si on aurait aimé en prendre un peu plus (au moins 3 ou 4). Mais loin d'être une vraie critique, au fur et à mesure qu'on avance dans le jeu, cette restriction vous obligera à jouer finement, ce qui sera un petit mal pour un grand bien. Développé en 2001 et sorti en 2002, Halo proposait la conduite de véhicules bien avant le titre de Crytek. Mais une chose est sûre, le pilotage est bien moins agréable. Le véhicule suit la direction de la souris et ses réactions sont pour le moins... bizarres. Il y a le Warthog (une sorte de buggy), le Ghost (sorte de vaisseau mono-place), le Banshee (petit vaisseau permettant de voler) et le Scorpion (un énorme et puissant tank). Prenant en compte une étrange physique, par exemple le Warthog semble comme "monté sur ressorts" en plus d'être une vraie caisse à savon. Pas très jouable tout ça...


Mais il faut
Au clavier/souris, le jeu est encore plus jouable, forcément. Quant au gameplay, il est assez classique
dire que votre bagnole peut prendre 2 autres passagers (Marines), l'un tirant avec son arme, l'autre sulfatant avec le gros calibre embarqué. Finalement, ces passages où on n'use pas ses jambes sont assez sympas lorsqu'on se fait à cette maniabilité particulière (sauf peut-être pour une scène finale assez pénible) et vos coéquipiers feront la part belle à une petite coopération. Tout au long du jeu, il arrive qu’on soit accompagné, épaulé par des confrères dont il faudra parfois sauver les miches. Le jeu impose donc une notion de travail d'équipe assez plaisant. Sur le sujet de l'IA, on peut distinguer 2 types d'ennemis dans ce jeu : les petits (les Grunts) et les autres. Les Grunts sont de vrais crétins !! Ils sont lâches, se cachent mais ne voient pas que vous leur tirez dans le dos, bref ils ont le QI d'un bulot cuit ! Ensuite il y a les autres, plus robustes et plus intelligents : ils se cacheront de façon cohérente pour éviter vos tirs, formeront des équipes, joueront d'une stratégie assez convaincante visant à rattraper la bêtise de leur confrère. Pour ce qui est de l'IA humaine, il n'y a rien à dire, elle est excellente. Pour les derniers détails, vous êtes équipé d'une combinaison dont la jauge de protection remonte toute seule après un temps de pause. Ca change du concept basique propre à chaque FPS où il faut trouver des gilets pare-balles ou des boucliers. Si on la joue finement, ça contribue à l'immersion du joueur qui ne contrôle ni un Dieu, ni une mauviette qui meurt au bout de 2 balles et ça renforce le côté stratégique des attaques (on reste quand même loin d’un FPS tactique comme Ghost Recon ou Rainbow Six). Chaque arme a une attaque au corps-à-corps et/ou secondaire et vous pourrez utiliser les armes fixes (toujours ennemies). Enfin, le jeu n'est pas trop difficile, ce qui est rare pour le genre, donc pas besoin de tricher. Avec Outbreak, c'est le 2e FPS que j'ai fini sans cheater. Un bonheur.


L'image

Etant donné
Sur Xbox le jeu est magnifique, sur PC l'effet s'est estompé
que le développement date de 2002, que la Xbox peut-être considérée comme un petit PC et que Gearbox n'a même pas prit la peine d'améliorer le rendu graphique, il est sûr qu'Halo est à la traîne par rapport à la concurrence de cette année-là. Avec mon PC, plus le patch 1.06, je n'ai eu aucun problème à faire tourner le jeu tous les détails au max. Mais il est reconnu qu'Halo, sur des machines plus raisonnables, a tendance à parfois ramer sévère. Pourtant les graphismes sont loin d'être extraordinaires et au début du jeu, on les trouvera même d'un banal probant. L'aventure alterne décors intérieur et extérieur mais a du mal à se renouveler. A vrai dire, les intérieurs sont les pires. Extrêmement redondants, vous croiserez 50 fois le même couloir et si ce design assez hi-tech est sympa, il ne sera pas rare de tourner en rond parce que tout se ressemble. En extérieur par contre, Bungie a fait de réels efforts. Au début du jeu, les décors sont moyens mais vont crescendo dans leur qualité. Une fois la moitié de l'aventure passée, vous trouverez certains passages beaux, comme la plage (la fameuse scène faisant penser à un débarquement allié), les infrastructures originales, la neige qui tombe... Beau oui mais pas exceptionnel pour autant. Malheureusement les textures sont souvent peu détaillées (faut penser Xbox), le rendu est très anguleux et il y a beaucoup de couleurs flashy (surtout du mauve et du violet). Les modélisations humaines sont convenables, les mouvements sont assez réalistes mais il faut reconnaître que si le jeu essaie de se diversifier, ça se fera par le biais d'un scénario bien cousu et d'une action riche, non par les décors traversés. Une fois de plus, les ennemis ont eu droit à 2 faveurs différentes : les Grunts et puis tous les autres. Les petits sont ridicules : s'apparentant à des escargots mal formés, ils arborent des attitudes tout juste passables. A contrario, les autres aliens sont superbement réalisés. Certes en faible nombre, ils posent une belle prestance et des aptitudes au combat assez développées. En résumé, hormis une certaine redondance, un début de jeu limite moche et des développeurs aimant le mauve à outrance, le jeu s'en sort assez bien finalement. Assez beau sur la 2e moitié du jeu, le game-design futuriste m'a séduit tout comme le soin apporté à la crédibilité du soft.


Le son

La musique
Les musiques sont fantastiques mais les bruitages sont mous et le doublage est minable
donne une véritable dimension cinématographique à l'aventure. Elles ponctuent admirablement les temps forts du jeu et ont été composées par de véritables artistes. Oui, la bande-son est somptueuse, donnant ainsi une certaine ambiance au jeu. Très orchestrales, elles entraînent parfaitement le joueur dans ces joutes entre humains tentant de sauver leur race et extra-terrestres voulant annihiler toute forme de vie dans l'univers. On peut regretter qu'elles soient parfois manquantes mais globalement, Martin O'Donnell et Michael Salvatori (les 2 compositeurs de l'OST) sont de vrais artistes qui ont réussis à donner du corps aux musiques. J'ai aussi largement apprécié le thème d'ouverture. Tout de suite en deçà, les bruitages sont corrects mais manquent un peu de mordant. Les armes conventionnelles ne sont guère puissantes (acoustiquement parlant) et les armes aliens sont de leur côté très cheap, puisqu'à base de zip-zip très film de science-fiction des années 70/80. Les explosions sont également bien molles comme il faut, en somme ça manque de dynamisme à tous les étages. C'est regrettable, surtout quand on sait ce que de bons bruitages apportent à l'action. Encore un cran en dessous (un gros cran même) le doublage est assez pitoyable. Si les voix originales en anglais sont sérieuses et de qualité, le doublage de notre version est localisé en français mais gâchée par un pusillanisme à peine croyable. Beaucoup de Space Marines partagent la même voix et si on reconnaît bien quelques doubleurs de séries TV, on peut aussi dire qu'ils ont pris ce job à la rigolade. En nous balançant sans cesse des phrases qui n'ont aucun sens, du style "hey, c'était le mien" ou encore "la prochaine fois je t'explique comment faire", ça devient vite ridicule. La voix de Cortana aurait méritée d'être plus sérieuse et charismatique mais le vrai problème du doublage vient surtout des Grunts, qui sont trouillards et qui débitent des âneries à longueur de temps. Lorsqu'ils nous sortent des phrases type "je te tue" ou "on va tous mourir", le jeu perd de son sérieux. En plus il leur arrive de faire des bruits d'Ewoks, ce qui n'est pas non plus du meilleur goût. J'ai d'ailleurs trouvé bizarre que ces ennemis-là parlent français mais pas les autres. Autre point douteux, 343 Guilty Spark (une IA qu'on recontre sur la fin du jeu) assume une désinvolture sans borne et lui aussi débite des phrases vides de sens. Encore plus fort dans le je-m'en-foutisme, nous avons Foehammer (la pilote du Pélican Echo 419) qui nous offre un ton d'élocution carrément minable ! C'est à tel point que je pense que ce boulot de doublage devait la faire chier ! Halo est donc l'exemple type du jeu qui n'aurait pas dû être traduit. Je suis le premier à apprécier qu'un jeu soit doublé dans notre belle langue mais si c'est pour faire ça, ce n'était pas la peine de se donner tant de mal. Au final la note de ce chapitre est sauvée par des musiques absolument fabuleuses sans quoi Halo aurait eu plus de mal à convaincre.


Note générale

Ni une parfaite réussite, ni un ratage complet, Halo déçoit et fascine en même temps. Son scénario est prenant, son univers est original et son action est suffisamment soutenue pour ne pas s'endormir. Le tout sans être trop difficile, ce qui attachera le joueur à son PC pour quelques temps. On regrettera juste un moteur 3D dépassé non remit à jour (on ne peut même pas jouer en 1280x1024 c'est dire !) et qui se révèlera quand même gourmand pour les PC datant un peu. La crédibilité du jeu est un peu gâchée par des ennemis parfois ridicules ou encore un doublage manquant de professionnalisme. Dommage qu'Halo ne soit pas sorti quelques mois après la version console, que Gearbox n'ai pas reprit le code original (avant conversion) ou fait l'effort d'intégrer quelques niveaux supplémentaires pour créer un véritable jeu PC et non une copie conforme du jeu console. Heureusement pour lui, Halo reste l'un des meilleurs jeux Xbox mais comme je le disais en intro, il subit de plein fouet une concurrence hyper motivée sur PC, d'autant qu'à sa sortie, le jeu accuse déjà un an et demi de retard. Pour ma part, on est loin des jeux nommés en début de test mais Halo reste un très bon FPS quand même. Nerveux, d'un gameplay suffisamment riche et posant un univers cohérent où le scénario s'imbrique parfaitement, Bungie nous offre ici une très belle expérience à vivre. Véritablement culte sur Xbox, bon à sa sortie PC, à l’heure du test (en 2006) il reste un shooter de choix malgré ses défauts.


Test réalisé par iiYama

octobre 2006 (mise à jour : mai 2013)