Condemned (PC)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : avril 2006
Développeur : Monolith Productions
Adaptation : Monolith Productions
Editeur : SEGA
Genre : FPS horror - enquête

Support : 1 DVD
Version testée : Française (v.1.0)
Voix dans le jeu : US
Textes à l'écran : FR

Moteur graphique : Lithtech Jupiter EX
Difficulté :
Multi-joueurs : non
Prix au lancement : 50€


Configuration recommandée :
CPU : 2.8Ghz
RAM : 1Go
VIDEO : avec 256Mo de VRAM

Configuration de test :
CPU : Intel Core i5 750
RAM : 2Go DDR3 1600
VIDEO : GeForce GTX260+ avec 896Mo de VRam
OS : Windows XP Sp2
Résolution testée : 1680x1050 (16:10)
Niveau de détails :


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Condemned

Criminal Origins



C'est devenu le fer-de-lance de la société Monolith, la peur en vue subjective n'est pas forcément vendeuse mais ça donne un sacré caractère aux jeux. La fin de l'année 2005 aura donc été marquée au fer rouge, celui de leur logo, comme le signe que le trouillomètre, trop longtemps laissé de côté, allait renaitre de ses cendres. Il faut dire que ce n'est pas leur première production axée sur le paranormal et les ambiances flippantes (voir Aliens vs Predator 2), il est donc tout à fait naturel d'être en présence d'un jeu qui sait de quoi il parle. Cette fin 2005 aura d'abord vécue, un mois avant Condemned, l'oppression et la violence jouissive de F.E.A.R. Il est d'ailleurs marrant de noter que F.E.A.R est d'abord sorti sur PC et Condemned sur Xbox 360 (rien que pour son line-up Européen). Quelques mois plus tard les tendances se sont inversées et Condemned est sorti sur PC alors que F.E.A.R sortait sur Xbox 360.


Développement scénaristique

Condemned nous met
Le scénario accroche mais laisse trop de détails de côté
dans la peau d'Ethan Thomas, un enquêteur du FBI, spécialisé dans les tueurs en série. Sur les lieux d'un crime, Ethan commence une nouvelle enquête lorsqu'il s'aperçoit que le tueur est encore sur les lieux. A la poursuite du suspect, il tombe dans un piège : le tueur s'empare de son arme et zigouille 2 autres flics. Thomas est alors suspecté d'homicide volontaire et doit fuir les autorités pour retrouver ce sale type. Le scénario commence fort et ne s'arrête pas là. Là où beaucoup de jeux possèdent une bonne trame de départ et s'essoufflent en cours de route, Condemned persiste et va même encore plus loin au fil de son aventure. Très immersif (du moins à ce chapitre), le développement scénaristique se fait soit en vue subjective, soit à travers des cut-scènes où on voit notre personnage de l'extérieur. Pour simplifier, on peut dire qu'Ethan Thomas dispose d'une sorte de capacité, d'un don. Il est capable de voir certaines bribes de l'avenir mais c'est surtout le passé qu'il arrive à reconstruire. Voilà pourquoi en entrant dans une pièce, il ressent des choses. La mise en scène est en plus assez excellente. Déjà c'est bien écrit (on pourrait facilement en faire un film), ce qui fait qu'on enchaine les heures sans trop s'en apercevoir et puis c'est admirablement bien fait. Ethan a des flashes malsains, des crises de démence, il voit parfois apparaitre des trucs qui n'existent pas, ce qui donne au jeu une atmosphère particulière, chargée d'une paranoïa exaltée par une bande-son qui en remet une couche. Alors évidemment on a la trouille et c'est encore meilleur lorsqu'on joue dans le noir, tard le soir. Là c'est sûr, vous aller adorer l'ambiance. Mais il reste quand même 2 petits trucs qui me turlupinent : pourquoi/comment Ethan a-t'il reçu ses pouvoirs et d'où vient toute cette haine ? En effet, il semblerait que le monde entier en veuille à notre héros, qu'un vent de folie se soit abattu sur la ville, mais à part des textes lors des loadings, on n'apprendra rien sur le sujet. Ça me rappelle un autre jeu de la marque, qui propose un très gros scénario dans le fond mais n'en dévoile que des bribes. De la même façon, Rosa (notre seule véritable alliée) nous apprend qu'Ethan n'est pas un être humain normal et nous montre un troublant dossier médical. Mais de suite après, cet état de fait sera occulté, on n'en parlera plus et le jeu n'apportera aucune précision supplémentaire. Même si ça ne nous gâche pas l'aventure, ces détails m'agacent…


Jouabilité & Gameplay

Condemned n'est pas un
Le système de combat est sympa mais les armes sont trop rares
FPS au sens propre. En fait, il mélange les genres puisqu'on y trouve des éléments d'enquête, du combat, du shoot et même je dirais du survival-horror. En tant qu'enquêteur, Ethan Tomas possède toute la panoplie : lampe à UV, spectromètre, lampe à laser, collecteur d'ADN, scanner 3D et bien sûr, appareil photo numérique. C'est pas moins de 6 outils spéciaux qui serviront à mieux cerner toute cette affaire. Mais déjà là, le titre de Monolith fait une grosse erreur. En effet, tout au long de l'aventure on est tenu par la main. Ce n'est que lorsque Thomas ressent quelque chose qu'on peut sortir un appareil, appareil qu'il choisira tout seul. On ne mènera donc jamais vraiment l'enquête soi-même (trouver les pièces à conviction, choix du bon outil), ce qui a du bon puisqu'on ne se prendra pas la tête avec ça, mais qui empêche aussi d'être vraiment dans les chaussures du personnage. Les développeurs nous privent du plaisir d'être un flic virtuel. Chaque preuve sera étudiée à distance par Rosa, ce qui développera le scénario et débloquera la suite du jeu. Soit-disant supérieur génétiquement, moi je dis qu'il est même en dessous des autres, puisque notre héros du jour possède une jauge d'endurance. A cause d'elle, il est impossible de se battre trop longtemps ou de courir plus de 20 secondes (même moi je suis capable de mieux !). N'étant pas porté sur l'action frénétique, le jeu est donc lent, très lent, le pas coursé ressemblant plus à la marche d'un être humain normal, qu'à une véritable course (j'exagère mais l'idée est là). On l'a vu dans le précédent chapitre, nous avons une très grosse ambiance. L'atmosphère se pose et sait ménager de gros moments d'accalmie pour ensuite nous envoyer ses sbires en pleine poire, histoire de nous faire sursauter. Et ça marche ! Condemned fait réellement flipper, et j'ai bien sauté 10 fois de ma chaine. Vous le savez, moi les jeux qui font flipper, c'est un peu mon truc et généralement, j'ai tendance à être clément avec eux car ils m'offrent l'occasion d'être vraiment dans l'aventure. Mais vous allez le voir, Monolith a tout gâché à cause d'un gameplay absolument minable. Outre le fait qu'ils nous mâche le travail d'investigation, Ethan Thomas ne possède pas d'arme. Un inspecteur sans arme ? C'est cela oui… Mais le plus pénible dans tout ça, c'est que quelque soit l'équipement trouvé en route, et bien à chaque chargement vous aurez à nouveau les mains vides. C'est pas débile ça ? Attendez, vous n'avez pas vu le meilleur. Notre bonhomme ne peut porter qu'une seule arme à la fois, qu'elle soit à feu ou de fortune. Repris d'Escape from Butcher Bay, le système de combat est assez sympa. Avec le bouton gauche de la souris on frappe, avec le droit on pare les coups.


Chaque objet possède
Le gameplay est hyper restrictif, dirigiste et les phases d'enquête sont gachées. Le jeu en perd toute crédibilité. C'est frustrant
sa durée de vie propre, ainsi que sa capacité à tuer. Il est évident qu'une planche en bois fera moins mal qu'une masse ou une hache. Le problème, c'est que ça rend le jeu très difficile, notamment lors du combat final. Et puis qu'est-ce qui empêche Thomas de mettre son flingue dans la poche, pendant qu'il tabasse avec un pied de biche ? Rien, précisément. Autant le jeu est super immersif quant à son histoire et son approche de l'enquête, autant tout ce qui gravite autour du gameplay a été très mal pensé. Il y a bien le taser, qui immobilise les ennemis et nous permet de les "finish him" assez sympathiquement selon 4 méthodes, mais ça ne fait pas tout. En tant que FPS, on trouvera bien entendu des armes à feu : calibre 45, revolver, fusil à pompe, mitrailleuse… il y a de quoi se détendre. Mais très on se heurte à un nouveau problème : les munitions sont hyper rares et on ne peut pas ramasser celles d'une arme identique, laissée à terre. En plus de ça, la puissance des armes est très aléatoire. Souvent il faut 2 à 4 cartouches de fusil à pompe pour tuer un gars à bout portant, et comme les ennemis ne possèdent aucune localisation, vous pouvez toujours tirer dans la tête, ça n'ira pas plus vite. Thomas un idiot ? Oui, il est con mais y'a pire, c'est aussi un manche qui ne sait rien faire. Si ce n'est pas dans le script, n'essayez pas de sauter par-dessus une petite rambarde ou d'ouvrir un meuble. Dans Condemned on est guidé pas après pas, on ne fait jamais ce qu'on veut ! En plus de ça les scripts sont imbéciles au possible. Ce n'est qu'une fois qu'on a récolté une preuve, qu'on peut ouvrir une porte pour avancer (souvent elles s'ouvrent d'elles même, comme par magie) ou ce n'est qu'une fois qu'on a tué un certains nombre d'ennemis que le sol s'effondre et qu'on peut passer à l'étage d'en dessous. Et tout est comme ça, d'une incohérence à peine descriptible. Vous voulez d'autres preuves ? Et bien il ne sert à rien d'essayer de casser quoique ce soit (alors que le terrain est propice puisqu'on défonce quelques portes par moment) et on a parfois 8 balles dans un revolver (qui n'en contient que 6 normalement), ou 9 cartouches dans un fusil à pompe (qui ne devrait en contenir que 7 au maximum vu le modèle). Alors d'accord c'est sympa de changer d'objet pour varier les situations et pour débloquer la route (une hache pour défoncer une porte, un pied de biche pour ouvrir un coffre, une masse pour casser les cadenas), c'est sympa de ne pas avoir de compteur de munitions (Ethan vérifie ses munitions de lui-même) mais c'est tellement incohérent et ce, en permanence, que ça en devient vite débile, frustrant. Vous l'aurez compris, c'est ma grosse déception sur ce jeu. Ce gameplay, trop restrictif, et un personnage manchot qui ne sait rien faire, sont les ingrédients d'une aventure un peu gâchée. C'est vraiment dommage...


L'image

Utilisant le Lithtech Jupiter EX,
Condemned utilise le même moteur que FEAR, mais avec peut-être un peu moins de précision
comme F.E.A.R, on s'attend évidemment à retrouver la même qualité visuelle. Disons que c'est différent. F.E.A.R utilise des effets déformants et une parfaite gestion des particules pour impressionner, là où Condemned joue plus la carte de l'immersion, du réalisme avec notamment un jeu de lumière souvent très travaillé. Le titre de Monolith se révèle au final bon, mais peu surprenant. Les modélisations des principaux personnages est étonnante. Les visages sont expressifs, les animations sont travaillées. A côté de ça, certains personnages secondaires (comme un simple flic qui vient voir, parce qu'il a entendu un bruit), aura un visage figé et n'ouvrira même pas la bouche lorsqu'il parle. On l'a vu, le décor est indestructible (à quelques babioles près) et les textures sont de 2 types : soit elles sont hyper détaillées, au point que s'en est impressionnant, soit elles sont toute pourries, ce qui donne un rendu flou. N'empêche que les décors sont réussis, glauques à souhait, sales et inquiétants, histoire que l'ambiance puisse nous jouer des tours. Les ombres par exemple, sont hyper réalistes, fidèles aux modèles et les ennemis sont carrément flippants. Souvent mutilés, défigurés, parfois portant un masque, certains n'ont plus grand-chose d'humain. A ce propos ça ne vous rappelle rien ? Et bien moi ces ennemis agressifs au possible, portant un masque pour cacher leur laideur, aliénés autant que faire-se-peut, ça m'a fortement rappelé un certain Bioshock.


Le son

Chez Monolith,
Bonne qualité du son et ambiance flippante à souhait. Dommage que le doublage ne soit pas FR
on ne doit pas trop savoir sur quel pied danser. Dans des jeux plus vieux, comme Aliens vs Predator 2, ou même dans F.E.A.R, nous avons un doublage en Français. Alors pourquoi Condemned est-il resté en Anglais sous-titré ? A croire que chez eux, il y a toujours 2 poids, 2 mesures. En plus, même si ça reste rare, il arrive que les sous-titres disparaissent trop vite. Du coup on n'a pas le temps de les lire et on ne sait pas de quoi ça parle. C'est un peu rageant. Par contre, le doublage US est de très bonne facture, ce qui rend hommage à des cut-scènes pas mal travaillées. Ensuite l'ambiance sonore est, elle aussi, bien peaufinée. Mettons de côté une musique de menu bizarre, qui jure un peu avec le reste, pour se concentrer sur le jeu lui-même. A base de bruits suspects, de pas qui brisent des morceaux de verre, de cris ou autre, difficile de ne pas accrocher à cette atmosphère flippante à souhait. Enfin les armes sont pas mal dynamiques. Si ça manque parfois de pêche (faut dire qu'on ne s'en sert pas souvent et que leur efficacité est entre 2 eaux), leur bruitage est tout de même satisfaisant. Dans sa globalité, le son est donc de très bonne facture.


Note générale

Condemned aurait pu être le FPS horror ultime, si seulement Monolith avait un peu plus travaillé son gameplay. Car le scénario (même s'il cache quelques facettes d'un background noir et fascinant) est bien mis en valeur, notamment via des flashes bizarres et des rêves psychotiques. Pareillement, l'aspect graphique s'évertue à rendre l'expérience la plus réaliste possible, ce qui est en grande partie réussi grâce à des décors glauques et un éclairage vacillant, particulièrement flippant. Flippant c'est d'ailleurs le maitre-mot de ce jeu, car dans de bonnes conditions, Condemned vous fera sursauter quelques fois. Seulement voilà, notre personnage (Ethan Thomas) est une buse finie, un incapable de première qui n'est pas foutu de réaliser les actions les plus simples. Si le fait de devoir switcher entre les armes pour franchir certaines zones est une bonne idée (comme trouver une hache pour défoncer une porte), il est par contre imbécile qu'il ne garde pas son arme sur lui ou même qu'il ne récupère pas les chargeurs sur les armes identiques. A croire qu'il aime se battre avec un inefficace bâton. C'est d'ailleurs l'un des points (à peu près) novateur du titre, on passe les 2/3 de l'aventure à se défendre avec des armes de fortune plutôt que des armes à feu, à la façon d'un Chronicle of Riddick : Escape from Butcher Bay. Ce n'est pas nouveau mais c'est suffisamment sous-exploité dans les jeux pour rester original. Ce qui l'est moins, d'original, c'est la façon dont les scripts nous baladent à travers les maps. Les phases d'enquête sont mâchées, le parcours ne se débloque qu'une fois une action effectuée (et souvent de façon chimérique), ce qui rend tout l'aspect réaliste du son, de l'image et de l'ambiance, caduque. Heureusement que Condemned a pour lui une formidable atmosphère et un scénario noir très accrocheur, sans quoi il passerait pour un jeu de seconde zone. Et j'ajouterai qu'à sa défaveur et à l'image du film qui l'a inspiré (Seven, l'excellent film de David Fincher sorti en 1995), une fois l'aventure terminée, on perd toute raison d'y revenir...


Test réalisé par iiYama

avril 2010