Cold FEAR (PC)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : juin 2005
Développeur : Darkworks
Editeur : Ubisoft
Genre : survival horror

Support : 1 DVD
Version testée : Française (v.1.0)
Voix dans le jeu : FR
Textes à l'écran : FR

Moteur graphique : RenderWare
Difficulté :
Multi-joueurs : non
Prix au lancement : 50€


Configuration recommandée :
CPU : 2Ghz
RAM : 512Mo
VIDEO : avec 128Mo de VRAM (GeForce série FX / Radeon série 9000)

Configuration de test :
CPU : Intel Core2Duo E6750 (2,66Ghz)
RAM : 2Go DDR2
VIDEO : GeForce GTX260 avec 896Mo de VRam
OS : Windows XP Sp2
Résolution testée : 1280x1024 (4:3)
Niveau de détails :


Aussi disponible sur :




Les sites partenaires :





_________________________________

Pages vues (depuis avril 2016)




Visiteurs uniques (depuis avril 2016)

Cold FEAR









Après un excellent ObsCure sorti en 2004,
Dommage que la maniabilité n'est pas été mieux adaptée au clavier et à la souris
voilà que des Français démontrent une nouvelle fois leur potentiel. A la croisée entre un Resident Evil : Dead Aim et un DOOM 3, Cold FEAR surprend. Il faut dire que Darkworks est déjà derrière Alone in the Dark : New Nightmare qui, s'il n'était pas terrible en soi, leur a servis d'entrainement. Dans Cold FEAR le joueur prend le rôle de Tom Hansen, un ancien soldat devenu Garde Côte, qui est envoyé sur un mystérieux baleinier Russe, perdu au milieu du détroit du Béring. Avant l'arrivée d'Hansen, l'équipe des SEAL sous les ordres d'un agent de la CIA (l'agent Bennett), est abattue sans pitié par une menace inconnue. Très inspiré par ses mentors japonais, en tête de liste je dirai Capcom (Resident Evil) et Konami (Silent Hill), on commence donc sur un bateau où le contact avec la précédente équipe a été rompue (RE 1). Vous découvrirez vite qu'en fait c'est un vrai cauchemar sur flots cette barque, avec des ennemis partout et une mise en scène frisson (SH) du meilleur goût. Comme Hansen, le joueur découvre que le bateau est occupé par des soldats Russes et hostiles mais aussi par des créatures étranges, connues sous le nom d'Exocels, qui utilisent les humains et les autres formes de vie comme hôtes, pour se nourrir et se déplacer. Autant dire que le jeu reprend bien les codes des survival-horrors avec des documents à ramasser et une mise en scène certes classique mais très efficace. Le jeu ménage son suspens, nous fait prendre quelques coups de sang admirablement orchestrés, ce qui est très bon pour l'ambiance. La vidéo d'intro reste quand même la plus réussie, la plus travaillée car en jeu, on aura d'autres scènes en images de synthèses mais d'une qualité bien moindre. Encore un cran en dessous, les cut-scènes en 3D sont un peu rigides et surtout, on s'aperçoit que les protagonistes n'ouvrent pas la bouche en parlant. C'est minable et si ça reste encore pardonnable sur PS2, ça l'est bien moins sur PC, surtout quand on voit que le moteur graphique y est bien plus efficace. Même si on découvre nos monstres locaux assez vite, Cold FEAR sait maintenir la pression jusqu'à la fin de son histoire (d'une durée raisonnable, comptez 8 à 10h, classique pour le genre). Question prise en mains, on troque le pad de la PS2 pour le clavier et la souris. Pas besoin d'en faire toute une histoire, la visée est infiniment plus précise, ce qui fait qu'on se laisse moins surprendre par les ennemis qui nous foncent dessus.


En mode visée,
Le gameplay est un peu limité mais les armes dépotent bien
la caméra passe sur l'épaule (comme dans Resident Evil 4) alors qu'en déplacement on a une simple vue à la 3e personne. Et c'est cette dernière qui pose problème car Cold FEAR ne se joue pas comme un bon vieux Resident Evil 3 (ça aurait été préférable), non en fait ses mouvements suivent les directions. Seulement la caméra change souvent de plans, ce qui fait que le résultat devient vite fouillis. En plus la caméra est un peu foireuse puisqu'il arrive qu'on vise sans voir sa cible et pareillement, courir dans ces conditions se révèle vite difficile. C'est ici que le jeu perd le plus de points car il aurait fallu que la caméra reste "fixée" à l'épaule du héros (comme dans Resident Evil 4) ou alors avoir ce qu'on appelle une jouabilité 2D (on tourne sur soi avec gauche/droite et avance avec haut, comme dans les vieux Resident Evil). Avec ça, il faudra en plus être bien en face d'un objet pour pouvoir le récupérer, de même pour ouvrir une porte, ce qui finit par irriter. Autre petite fausse note : on n'a pas d'inventaire, du coup lorsqu'on ramasse une trousse de soins, on l'utilise immédiatement. C'est idiot. Dernier point vraiment gênant, le jeu sauvegarde seulement à des points précis. Impossible de sauvegarder quand on veut (même sur cette version PC) ou même à des endroits bien précis. Ce n'est qu'en traversant une porte suite à un enchainement d'événements, que le jeu vous le proposera de lui-même. Un système très contraignant, surtout sur la fin où la difficulté augmente sensiblement. Heureusement Cold FEAR se rattrape sur bien des points. Chaque ennemi tué peut potentiellement revenir à la vie à cause des Exocels. Pour remédier au problème et éviter de consommer ses balles à chaque passage dans un même couloir, il faut leur exploser la tête, soit en tirant dessus, soit avec un bon coup de pied. Car loin de la lenteur d'un zombie de Resident Evil, les Exocels s'apparentent plutôt aux ennemis super rapides et agressifs de DOOM 3 (ils font d'ailleurs le même cri). En plus certains sont plus vicieux que d'autres et au lieu de vous foncer dessus en hurlant, ils vous attaquent en douce par derrière. Donc pas le temps de négocier, dés qu'ils apparaissent il faut les dessouder car c'est eux ou nous ! Et mieux vaut qu'ils ne "respawn" pas à chaque visite. A ce propos, s'il persiste encore quelques aberrations, j'ai vraiment trouvé sympa le fait de pouvoir fouiller les corps pour y trouver par exemple des munitions (l'aberration c'est qu'un mec avec un flingue dans les doigts n'a soi-disant rien sur lui). Dommage par contre que les interactions s'arrêtent là et qu'on ne pourra jamais fouiller les dizaines de placards qu'on croisera.


Le panel d'armes
Le jeu est bien plus beau que sur PS2 mais garde les tares de ses origines consoles
est assez étoffé bien qu'il soit classique : 9mm, fusil à pompe, MP5, AK47, lance-flammes… rien de très original mais il n'en reste pas moins jubilatoirement puissant. D'ailleurs je tiens à souligner l'intelligence des programmeurs qui n'ont pas eu la douce débilité de faire des ennemis de plus en plus résistants. Je veux dire par là qu'un certain type d'ennemis prendra le même nombre de pruneaux du début à la fin du jeu. Les concurrents ne peuvent pas en dire autant car le plus souvent, des ennemis faciles à abattre au début du jeu, deviennent super durs une fois l'épilogue en vu. En plus de ça, Darkworks sait faire plaisir et je dirai même, nous incite à un peu plus de stratégie que de bourrinage. Car un peu partout sont disséminés des bidons d'explosifs mais aussi des valves de conduites d'essence ou d'azote. Et c'est là qu'entre en jeu le fusil à phéromones, qui attire les ennemis comme des mouches. Reste alors à tirer une seule balle pour se débarrasser de plusieurs ennemis en même temps (certains pièges sont aussi préconçus en ce sens). L'aventure est divisée en 2 parties bien distinctes : dans la première partie on est sur un baleinier où le jeu est presque facile, voire simple puisqu'en général on est aidé sur notre parcours, et qu'on cherche rarement son chemin. De plus, notre avatar nous lance des indications du genre "porte fermée" ou "chemin sans issu". D'ailleurs c'est sympa de voir qu'on a un personnage aux réactions presque naturelles et qui n'aime pas être pris au piège sur ce rafiot pourri et infesté. Dans la seconde partie du jeu, l'action se déroule sur une plate-forme pétrolière (un peu comme Resident Evil : Dead Aim qui commence sur un bateau et fini à terre). Le jeu se corse dans le sens où le héros nous donne plus d'indication, qu'il y a plusieurs passages (donc plus d'exploration) et que les ennemis sont vraiment de sale humeur. Finalement, le fond de l'aventure est assez classique puisqu'on a aucune réelle énigme (un banal ramassage de clé), de l'exploration des lieux, de l'explosion de zombies et la lecture de divers documents à trouvés un peu partout. Les adorateurs de Resident Evil et de Silent Hill vont certes se sentir chez eux mais les énigmes sont en moins. Je vous rassure tout de même, malgré mes nombreuses allusions à d'autres titres, Cold FEAR garde tout de même sa propre identité. Techniquement parlant, après avoir été emballé par la version PS2, je m'attaque tardivement à une version PC qui est bien plus belle. Le moteur RenderWare (le middleware "sait tout faire" de Criterion) nous offre un rendu sans commune mesure avec le résultat PS2. Les couleurs sont bien plus riches, le jeu ne souffre d'aucun ralentissement et les textures sont bien plus détaillées.


Bien sûr il reste
Bonne ambiance sonore. Dommage que les personnages n'ouvrent pas la bouche en parlant, c'est ridicule...
quelques bémols au cahier des charges, notamment parce que c'est avant tout un jeu console : je remets une couche sur le fait que les mecs n'ouvrent pas la bouche lors des cut-scènes (on est plus sur PSOne après tout !), les ennemis "fondent" une fois abattus (ils disparaissent), quelques textures sont mal faites (la cuisine par exemple est désespérément vide) et certaines animations sont raides. Hormis ça, le jeu est bien plus beau et certains détails sont vraiment sympas comme les impacts de balles sur les parois, des éclaboussures de sang sur l'écran lorsqu'on explose un monstre de trop près ou encore les traces de pas bien rouges lorsqu'on marche dans une flaque d'hémoglobine. C'est sûr, on est assez loin du côté "propre" des survival-horror de Capcom. En plus, certains effets sont pas mal travaillés comme les effets de fumées et de flammes qui sont superbement rendus ou lorsqu'on est en intérieur avec la pluie et une mer déchaînée qui tape sur les hublots. Lors des passages en extérieur (sur le baleinier) ça tangue de tous les côtés, on prend la pluie sur l'écran et après 10 minutes de jeu, on sent déjà le déjeuner remonter... Cette impression de tangage et de vacillation du bateau par une mer démontée est superbement retranscrite et donne vraiment le mal-de-mer. Une réussite. Même les personnages ont des mouvements adéquats puisqu'ils suivent le tangage et tombent même à terre. Ça rend le jeu que plus réaliste. Bien sûr il faut comparer ce qui est comparable, et j'en vois déjà commencer à sourire gentiment en se disant qu'en 2005 sur PC, il y avait bien mieux. C'est pas faux, il suffit de prendre les 3 gros titres sortis en 2004 (Far Cry / DOOM 3 / Half-Life²) pour se dire que Cold FEAR ne fait pas parti du haut du pavé… la note prend cette donne en considération. Enfin la bande-son m'a vraiment fait plaisir : les quelques musiques, ponctuelles, soulignent parfaitement l'action (le reste du temps on entend la mer) et les bruitages sont d'une efficacité redoutable. Chaque bruitage a été peaufiné (portes, bruit des vagues, craquements...) et la qualité s'en ressent. Médaille pour les coups de feu qui sont réalistes, puissants et donnent une grosse dynamique aux affrontements. Dernier point, le titre est entièrement doublé en Français. Quel plaisir de suivre le jeu comme un film et de ne pas s'emmerder à lire les sous-titres, même si certains accents Russes sont un peu ridicules et que le doubleur de notre héros n'était pas toujours dans "le truc".



Avec une Note
réalisation assez soignée, des temps de chargements très courts, une action soutenue, un parcours sans réelle prise de tête (pas d'énigme) et une bonne dose de sueurs froides, Cold FEAR remplit son contrat haut la main. Sans être aussi bon qu'un Resident Evil 4, je le trouve bien meilleur qu'un Silent Hill 4 ou même un Resident Evil : Dead Aim, que j'ai pourtant apprécié. Darkworks donne le change avec ce jeu-là, en démontrant qu'il n'y a pas que les Ricains ou les Jap' qui savent faire de bon jeux. Bien sûr il subsiste quelques problèmes, notamment de jouabilité, mais Cold FEAR c'est avant tout une question d'ambiance et même s'il mime pas mal d'autres gros hits du genre, il s'en sort avec les honneurs, en gardant notamment sa propre identité. Une belle réussite, même si sur PC on est obligé de contre-balancer son jugement au regard des hits déjà sortis.



Test réalisé par iiYama

janvier 2010