Battlefield Bad Company 2 (PC)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : mars 2010
Développeur : Digital Illusions CE (DICE)
Editeur : Electronic Arts
Genre : FPS

Support : 1 DVD
Version testée : Française
Voix dans le jeu : FR
Textes à l'écran : FR

Moteur graphique : Frostbite Engine 1.5
Moteur physique : Havok
Difficulté :
Multi-joueurs : 32 joueurs online
Abréviation : BBC2
Prix au lancement : 45€
Score des ventes : 7 Millions (tous supports)


Configuration recommandée :
CPU : double coeur à 2Ghz
RAM : 2Go
VIDEO : avec 256Mo de VRAM (GeForce 7800GT ou ATI X1900 minimum)
AUTRE : nécéssite Windows XP (version 32bits avec SP3) ou Windows Vista (SP2) ou Windows 7

Configuration de test :
CPU : Intel Core i5 750
RAM : 2Go DDR3 1600
VIDEO : GeForce GTX260+ avec 896Mo de VRam
OS : Windows 7 (64bits)
Résolution testée : 1680x1050 (16:10)
Niveau de détails :


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Battlefield

Bad Company 2



Aussi étrange que ça puisse paraitre, le premier Bad Company n'est jamais sorti sur PC. Etrange marketing quand on pense que la licence Battlefield est née sur PC et que les portages consoles/PC sont monnaie courante. Qu'à cela ne tienne, DICE et Electronics Arts remettent le couvert 2 ans plus tard avec un Bad Company 2 toujours "pensé pour la console" mais qui nous fait cette fois l'honneur de débarquer sur PC. Et Bad Company est toujours comparé à une autre grosse licence : Modern Warfare. Il faut dire que les 2 jeux se talonnent à moins de 6 mois d'intervalle et que leur leitmotiv est assez semblable. Si le premier (bien que très bon) titre de DICE n'atteignait pas l'excellence de Call of Duty : Modern Warfare, il avait pour lui 3 facettes bien sympas qui le rendait un poil plus original et moins académique. Tout d'abord la destruction massive, sans doute ce qui manque le plus à la licence d'Activision, un terrain plus ou moins ouvert et enfin un humour bien sympa, qui tranchait avec le sérieux de ce type de jeux. Au final Bad Company était une vraie bonne surprise, à la fois beau et bien mené, il ne lui manquait plus qu'une mise en scène et un scénario digne de ce nom pour en faire un hit. Maintenant que Call of Duty : Modern Warfare 2 a raflé tous les suffrages à la fin de l'année dernière, voyons si DICE a corrigé ses erreurs et scrutons ce Bad Company 2 pour voir s'il a l'étoffe des héros.


Développement scénaristique

Notre aventure commence en 1944,
L'histoire implique le joueur, elle est mieux racontée, même si elle semble parfois décousue
en pleine guerre du Pacifique. Dans la peau d'un commando américain, nous avons pour mission de rapatrier un scientifique Japonais. Lorsque j'ai vu que le jeu commençait en 44, j'ai eu très peur que "l'effet Treyarch" ou "Medal of Honor" avec leurs obsessions pour la seconde guerre mondiale, viennent me pourrir l'expérience. Heureusement pour nous il n'en est rien car cette "Mission Aurora" durera seulement 20 minutes et servira de prologue à l'histoire principale, une histoire qui met en scène une nouvelle menace (ça nous change du nucléaire) et qui reprend un ennemi laissé en vie dans le premier opus : le colonel Kirelenko (que Marlowe a laissé filé). Donc après le prologue, on retrouve Preston Marlowe en héros malgré lui, ainsi que son équipe de bras cassés. Mais déjà ici, beaucoup de choses ont changées, à commencer par les briefings, autrefois tous similaires. Désormais on a une construction scénaristique plus poussée, on a plus de cut-scènes, des ballades en hélico et même des loadings façon vue satellite (ça ne rappelle aucun jeu concurrent ça ?). D'ailleurs certaines scènes sont bien immersives comme on aime, explosives même, rendant honneur à des modélisations toujours superbes. Mais on regrettera que les animations soient parfois limites (les mouvements sont peu réalistes par moment, trop spasmodiques) et qu'on ait perdu la synchro labiale qui officiait pourtant si bien sur le premier volet. Ici la désynchro atteint des sommets, sans doute par manque de travail sur la mise en scène. En scrutant bien le jeu, on s'aperçoit qu'en fait ce sont des vidéos créés offline avec le moteur du jeu (alors qu'elles étaient gérées en temps réel autrefois), dont la qualité est un peu juste par moment, notamment parce que ça pixellise (alors que sur PC ça reste nickel, bizarre...). Mais ça, ça ne changerait rien au fait que le scénario soit sympa, si seulement le script n'était pas aussi décousu et si certaines questions ne restaient pas en suspend. Certes on retrouve la narration de Marlowe (une bonne idée reprise du 1 qui donne un aspect cinématographique à l'aventure) mais qu'est devenue Miss Juillet et surtout qu'est devenu l'or ? Rappelez-vous, le 4 chercheurs de fortune sont partis avec un camion plein d'or à la fin du premier épisode, histoire qu'ils puissent prendre une retraite anticipé et ma foi, bien méritée. Or cet aspect du jeu est totalement occulté, comme si la Bad Company n'avait jamais vécue cette histoire-là. D'une retraite ils sont directement retournés bosser, sans demander leur reste, comme si DICE avait volontairement mis ça de côté, en faisant reprendre du service nos joyaux lurons. C'est un peu laid tout ça, surtout pour la pérennité des personnages. Enfin, le dernier aspect qui a le plus changé, c'est l'ambiance. En finissant le premier épisode vous vous en êtes sûrement aperçu(e), l'humour perdait du terrain. Désormais, même si Sweetwater et Haggard s'envoient encore quelques vannes, l'humour est passé à la trappe. Certes le conflit est plus sérieux, moins intimiste, mais ne cherchez plus les super blagues à mourir de rire, il n'y en a tout simplement plus ! Alors l'un dans l'autre, on avouera que c'est mieux fait, plus prenant, ça implique mieux le joueur mais d'un autre côté, entre un scénario bof-bof et mal mis en scène par moment, un humour jeté dehors comme un malpropre alors qu'il faisait partie intégrante du jeu, et un conflit contemporain, particulièrement calqué sur un titre dont j'ai évoqué le nom maintes fois, je me demande si Bad Company n'aurait pas simplement perdu de son âme dans cette suite...


Jouabilité & Gameplay

Tout le monde s'en doute,
Preston peut enfin porter 2 armes, mais au prix qu'il n'a plus de gadget
comme pour le premier jeu, les modes multi sont riches, permettant à ceux qui ont un service en ligne, de profiter de son jeu encore quelques heures. C'est d'ailleurs l'argument massue de cette suite, et ce pour les 3/4 des joueurs du monde. Vous le savez sans doute, je n'aime pas tuer mon prochain, je préfère m'occuper essentiellement de tuer des IAs, des intelligences artificielles qui n'ont d'intelligent que le nom. Car il n'est pas rare, dans l'aventure solo, de contourner un gars et de le shooter dans le dos. Qu'il ne nous voit pas d'accord, mais qu'il ne se retourne pas lorsqu'on rate son tir et qu'on plante ses douilles dans le mur juste à côté de lui, là je dis non les mecs ! Pire, le jeu s'arrange souvent sa sauce avec les scripts, car il n'est pas rare que nos coéquipiers, qui étaient derrière nous, se retrouvent pile devant (alors que c'est impossible à moins de traverser les murs) et qu'on en vient à leur tirer dessus pensant que ce sont des ennemis. C'est quand même débile, d'autant que dans le premier volet, il ne me semble pas avoir eu droit à ce genre de tour de passe-passe. Heureusement pour nous, le gameplay a été amélioré, pas de façon flagrante mais agréablement. On commencera par le fait qu'il n'y ait plus de seringue. Autrefois infinie, elles permettaient de se remettre instantanément la santé à 100%, ce qui était certes très irréaliste mais bien pratique. Désormais Preston Marlowe voit son énergie remonter au fil du temps, comme ça se fait de plus en plus aujourd'hui. En parlant de gadget, la visseuse réparatrice de véhicules a (elle aussi) dégagée. Même si une fois encore la forme était mal employée, le fond était sympa. Désormais si un véhicule se fait laminer, il n'y a aucun recours. Mais en parlant de véhicules, qui sont bien entendu à l'honneur dans ce nouveau Battlefield (puisque la licence s'est avant tout forgée une réputation avec ça), désormais on peut conduire et tirer en même temps. Là aussi on pourrait critiquer un certain non-sens du réalisme mais ça permet de rouler et de shooter en même temps, plutôt que de switcher entre les positions au sein du véhicule, ce qui hachait un peu les ballades. On l'a déjà vu dans Crysis et c'est toujours aussi efficace. Du coup la vue est uniquement à la première personne (plus de vue extérieure), et grand sérieux oblige, on n'a plus du tout de station de radio, même locale. C'est par contre un vrai bon point, Preston transporte désormais 2 armes. Même si parfois on nous impose les pétoires, il est quand même agréable de pouvoir en changer selon les besoins et les affinités. Et justement, cerise sur le gâteau, en plus de pouvoir ramasser toutes les armes ennemies laissées à terre (des armes qui sont en plus localisées sur le radar), notre personnage a accès à des caisses d'armes. Il subsiste toujours les caisses de ravitaillement en munitions, mais les caisses d'armes permettent en plus de changer ses pétoires contre n'importe qu'elle autre débloquée auparavant. Au total il y a 26 "arguments de mort" à disposition, reprenant plus ou moins l'arsenal du premier opus : snipers, lance-roquettes, fusils d'assauts, pompes... (il est parfois énervant de voir disparaitre sa précédente arme si on prend celle au sol mais ça reste rare et le jeu a le bon gout de conserver nos armes entre 2 niveaux). Répertoriées selon 3 grandes caractéristiques (dégâts, précision et cadence de tir), on retrouvera avec contentement les lance-grenades accrochés aux meilleurs fusils, les grenades à mains (avec possibilités de retarder le lancé mais sans le smiley) et on aura même plaisir à se servir du fusil à pompe (plus encore si c'est USAS-12, un automatique à chargeur), car contrairement au précédent épisode, ici il est vraiment puissant.


C'est d'ailleurs
Plus de seringue mais une santé qui remonte toute seule
un délice de voir que DICE privilégie le surnombre ennemi à la résistance. Il n'y a rien de plus frustrant que de voir un gars qui encaisse un chargeur entier avant de rendre l'âme. Ici et comme précédemment, les ennemis sont "plus humains" et quelques balles suffisent. C'est dans l'ordre des choses. Ça n'empêche pas Bad Company 2 d'être plus difficile que le 1. On meurt plus souvent mais ça n'est pas rageant pour autant, l'aventure restant malgré tout très abordable (surtout sur consoles où le jeu semble plus "arrangeant" que sur PC). Afin de varier les plaisirs, les développeurs ont tout fait pour qu'on n'ait pas l'impression de réaliser les mêmes actions. Bien sûr les ballades à véhicules (jeep, quad, tank...) sont les plus réminiscantes, mais il y a aussi des sauts en parachute, des séances de snipe et autre assassinats sans faire de bruit. Car c'est une nouveauté, on dispose désormais d'une attaque de mêlée et ce, sans sortir le couteau de façon manuelle. Pareillement, si les maps sont toujours cloisonnées au gré des scripts et semblent plus réduites qu'avant, le jeu permet généralement d'aborder les assauts selon 3 manières différentes : soit on snipe de loin toute éventuelle menace, soit on joue les bourrins et on explose tout, soit on se la joue classique, les couilles dans une main le fusil dans l'autre, en se mettant à couvert dés que la santé l'exige (et il existe le plus souvent, plusieurs chemins parallèles). Enfin, la destruction massive a été améliorée (dans un sens mais pas dans l'autre, je détaillerai ça au chapitre suivant), et c'est sans doute ce qui manque le plus à des titres comme Call of Duty : Modern Warfare. Je m'excuse d'en parler si souvent, mais Bad Company y fait vraiment penser, et sans réellement parler de plagiat, il faut reconnaitre que DICE s'en est beaucoup inspiré. Vous le savez, je n'aime pas trop faire ce genre de comparaison directe mais ici, on n'a pas vraiment le choix. La destruction massive donc, est plus poussée ce qui fait qu'un ennemi caché derrière un mur, une barrière en bois (qu'on explose à la simple mitrailleuse !) ou autre, pourra très bien être atteint. Ça marche aussi dans le sens inverse, d'où un certain sentiment d'insécurité qui apporte un vrai plus aux combats. Des combats toujours plus nerveux puisqu'on est à l'abri nulle part, le surnombre ennemi aidant en ce sens. Enfin cette version PC est forcément plus jouable que celle sur consoles, souris oblige mais je regrette que le mode visée soit en "toggle" (verrou). Comprenez qu'on ne doit pas laisser le doigt sur une touche pour rester ainsi, il faut donc réappuyer pour cesser ce mode et ça fait bizarre. C'est peu pratique, tout du moins si on joue avec la souris. Car le titre permet de jouer à sa manière : souris/clavier ou pad, et ce sans avoir l'outrageuse configuration des touches Xbox 360. Même si ça parait être un non-sens sur PC, au moins on ne pourra pas être dépaysé si jamais on est habitué à ce périphérique. Malgré mes critiques et le fait que le jeu ne soit pas encore parfait, il faut reconnaitre qu'il est sacrément efficace. Rares sont les moments de pause, c'est explosif à souhait et particulièrement immersif par moment, ce qui rend hommage à un développeur qui a cherché à faire de son Bad Company 2, l'un des meilleurs titres du genre.


L'image

Le Frostbite Engine
Malgré les bugs, le jeu est surper beau et la destruction massive est toujours aussi jouissive
avait déjà illuminé nos consoles en 2008, et le revoilà plus en forme que jamais dans une version 1.5 plus aboutie mais malheureusement moins fignolée. Je sais c'est contradictoire mais en fait le jeu est à la fois plus beau et plus bugué. C'est plus clair là ? Prenons le cas des cut-scènes. Lors du prologue j'ai été choqué de voir les blindés Japonais avancer sans que les chenilles tournent (oui oui, même sur consoles comme quoi ce n'est pas un bug réservé au PC !), ou encore que le mec qui conduit lors de l'évasion, ne tourne jamais le volant. Ensuite il est affligeant de voir l'herbe traverser le plancher des maisons, ou encore le blizzard passer dans le salon d'une habitation vide (comme dans le premier Bad Company, il y a beaucoup de baraques toutes identiques et désespérément vides), alors que les portes sont fermées ! Dernier détail, la destruction massive est encore plus prononcée qu'avant, avec plus de bâtisses qu'on réduit en gravillons, des barrières en bois qui volent en éclat sous le feu des mitrailleuses (une belle nouveauté), des pans de mur qu'on ruine à coup de grenades ou de roquettes... et après on s'étonne qu'une simple caisse en bois ou une chaise résiste à tout un chargeur ! Dans la destruction il y a vraiment 2 poids 2 mesures, comme la nature (notamment les arbres) qui se dégrade bien moins qu'auparavant (Green Peace a sans doute gueulé :). Bad Company 2 subit donc un vrai problème de finitions, sans doute imposé par sa date de sortie (ce que le premier n'avait pas subi puisqu'il était moins attendu). Alors évidemment on se sent quelque peu déçu, surtout que c'est pas mal aliasé mais il me serait difficile de finir ce chapitre sur un si mauvais apriori. En effet Bad Company 2 est avant tout un très beau jeu, qui plus est varié. Si on a bouffé de la cambrousse jusqu'à plus faim dans le premier opus, ici les développeurs ont cherchés à varier à tout prix les environnements, ce qui donne une aventure nettement plus éclectique. De la Bolivie avec ses forêts et ses éclairages feutrés absolument somptueux à la nuit d'encre dans ce Japon des années 40, le Canada, le désert, la Cordillère des Andes, l'Alaska... on voyage et c'est autant de superbes décors qu'on arpente. Les textures sont hyper travaillées, les modélisations sont, encore une fois, vraiment superbes, bref si les détails agacent, dans sa globalité Bad Company 2 éclate la rétine ! D'autant qu'il est plus rapide qu'avant, plus nerveux et que la destruction est toujours aussi impressionnante. Pas encore irréprochable mais largement exploitée, on restera quelques fois bouche-bée lorsqu'un hélico s'écrase à nos pieds ou qu'une tour de surveillance s'écroule sous nos yeux. Le moteur physique travaille toujours aussi bien et ce, sans passer par PhysX (les possesseurs de cartes ATI vont apprécier). Enfin, signalons un mouvement de tête cette fois plus raisonnable (merci les gars) et une gestion des particules vraiment bien étudiées. Les fumées sont particulièrement "volumineuses" et lors des vents de sables ou de neige, on s'y croirait ! Au final Bad Company 2 fascine plus qu'il ne déçoit, parce que la beauté et la variété des décors, la puissance du moteur du physique et des scènes toujours plus impressionnantes, plus immersives, priment sur quelques facettes mal travaillées. Une bonne chose pour lui.


Le son

L'une des facettes
La qualité globale est là mais encore une fois, ça manque de finitions
qui m'a le plus plu dans le précédent épisode, c'est le son. Musiques décalées, excellent doublage et bruitages particulièrement explosifs, il n'y avait quasiment rien à redire. Sur cette suite, si la qualité reste malgré tout au rendez-vous, on ne retrouve malheureusement plus le même souci du détail. Si DICE a eu le bon gout de mieux gérer les effets de reverb (notamment dans les maisons), à contrario ils ont alourdis leur jeu de nouveaux bugs. Je commencerais par le fait que la synchro labiale ait été mise au placard, alors qu'elle se révélait travaillée dans le premier Bad Company et soulignait les mérites d'un très bon doublage. En parlant de doublage, on retrouve le casting original (ce qui est une excellente chose, surtout pour l'identification des personnages), ainsi que de vrais professionnels de la voxographie. Le résultat est là, la qualité est bien présente et fait honneur à notre belle langue. Malheureusement ce constat sera alourdi par des dialogues qui, parfois, suivent très mal les animations, ou pire qu'on entende les communications radio comme si les persos étaient à côté, alors qu'ils sont à l'autre bout de la carte (comprenez sans l'effet distordant adéquat). Ça fait un peu laid, surtout pour un jeu de 2010 (il m'est arrivé quelques fois de me retourner pour voir si le gars n'était à côté tant on le croirait). DICE a tout de même conservé cette superbe option qui nous laisse le choix entre VF et VO, pour les dialogues alliés comme ennemis (qui de leur côté sont Japonais, Espagnol...). Autre point sensible, si autrefois la musique se la jouait cool et détendue avec notamment des airs jazzy (surtout au début du jeu, la fin étant plus sérieuse), désormais il faut oublier ça. Le ton est plus grave et les musiques sont devenues, elles aussi, plus dramatiques. A grand coup d'orchestrations et de compositions cinématographiques, l'ambiance a radicalement changée. Enfin les bruitages conservent leur corps mais ne sont plus aussi débridés. J'entends par là que l'explosion d'un bâtiment ne vous arrachera plus autant les oreilles, tout comme des armes, semble-t'il, plus "calmes". Attention toutefois, le jeu garde une très bonne vivacité. Ça explose de tous les côtés, c'est très dynamique, les pétoires sont "expressives" comme j'aime et les explosions détonnent bien. C'est juste que j'ai pratiqué les 2 jeux à 3 jours d'intervalle et que dans cette suite, je n'ai pas retrouvé la violence acoustique d'autrefois. Il n'empêche qu'encore une fois, à part quelques bugs finalement pas très gênants, la recette prend bien. Donc la qualité est là, et ça qu'il faut souligner... tout du moins plus que les fautes de gouts, les changements radicaux d'ambiance ou les bugs.


Note générale

Alors qu'il était un peu déjanté, voire rigolo (j'ai bien explosé de rire 2 fois en pleine partie à cause de vannes absolument géniales), Bad Company est devenu sérieux, peut-être même trop. Il a perdu la désuétude qui faisait une partie de son charme pour devenir un FPS militaire plus "dans les rangs", plus conventionnel, à tel point qu'on pourrait presque l'appeler Call of Duty : Bad Company 2, une sorte de Modern Warfare bis. Car c'est un fait, il est difficile de passer après le jeu d'Infinity Ward et d'en subir autant les comparaisons. Il faut dire que toute l'originalité qui faisait du premier Bad Company un sérieux concurrent de Call of Duty 4, a été mis de côté et Bad Company 2 se cale un peu trop sur son mentor, Modern Warfare 2. D'ailleurs DICE n'a pas le talent d'Infinity Ward pour raconter les histoires, puisqu'ici elle est décousue, pas toujours bien mise en scène même si, avouons-le, c'est toujours mieux que lors du premier opus où on n'avait que des briefings tous identiques. Ceci dit, après le succès mérité du précédent épisode, DICE a cherché à rendre une copie plus nette, mieux travaillée, plus immersive, plus explosive. En un sens c'est chose faite. Si bien sûr on met de côté les bugs, comme le fait qu'on puisse exploser une maison en claquant des doigts mais qu'une simple table nous résiste, ou encore que quelques bugs sonores viennent entacher l'expérience (désynchro labiale, pas de filtres sur les com' radio), on peut le dire, l'aventure en vaut la peine. Plus nerveux que jamais, le jeu est légèrement plus difficile car les ennemis sont souvent en surnombre, ce qui dynamise d'une bien belle façon les combats. C'est d'ailleurs le décor qui morfle le plus à chaque fois, devenant un vrai champ de bataille, un "battefield" à chaque affrontement. Ajoutons à ça un rendu graphique vraiment superbe, très détaillé (bien qu'aliasé), une gestion de la physique qui rend sans pareille une destruction massive particulièrement jouissive, avec en plus des environnements bien plus variés qu'autrefois (idem pour les situations, qui cherchent toujours à diversifier les plaisirs) et des véhicules toujours aussi bien mis en avant. Les fumées et vents sont particulièrement bien rendus, tout comme les modélisations, ce qui fait qu'au final, Bad Company 2 est un sacré beau jeu. Maintenant c'est sûr, il est dur de passer après un Modern Warfare 2 qui a cassé la baraque, mais Bad Company 2 se place juste derrière lui, en bon second sur le filon des FPS militaire à vocation sérieuse. D'ailleurs la formule semble plaire puisque le succès de cette suite semble désormais acquis (plus de 5 Millions de ventes à l'heure où j'écris ces lignes), et c'est selon moi, tout à fait justifié. Maintenant que dire du changement d'orientation ? Il faut dire que l'humour et les blaguounettes faisaient partie intégrante du premier Bad Company, et on l'aimait pour ça. C'est très subjectif mais je pense que c'était une erreur d'occulter cette facette originale du jeu. Quant aux bugs, ils finissent d'entacher une expérience qui semblait vouloir détrôner "le roi" du genre. Du coup ce ne sera pas le cas, et c'est bien dommage mais vu comme est partie la licence, je ne me mouille pas trop en disant qu'un futur Bad Company 3 est déjà sur les rails. Le succès appelle l'argent, l'argent appelle les suites, c'est une loi immuable, surtout dans notre secteur ludique. Je conclurai donc en disant que Bad Company 2 est un superbe FPS, pas meilleur que le premier épisode mais tout aussi bon, dans un genre ma foi un peu différent. C'est donc un jeu que je conseille pour ses qualités graphiques et son fun, et j'espère de tout coeur que si 3e épisode il y a, il corrigera ses menues erreurs et reviendra à une ambiance plus légère, signe d'un titre plus en marge de la concurrence.


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Test réalisé par iiYama

juin 2010