Galaxy Fight (NGEO)

 


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Note générale


Testé sur :


Sorties du jeu : janvier 1995 (NGEO MVS) - février 1995 (NGEO AES) - avril 1995 (NGEO CD)
Développeur : Sunsoft
Editeurs : SNK - Sunsoft
Genre : combats (versus fighting)

Version testée : NTSC américaine
Voix dans le jeu : anglaises - japonaises
Textes à l'écran : anglais

Support : cartouche de 169Mb (NGEO AES) - 1 CD-Rom (NGEO CD)
Difficulté :
Multi-joueurs : 2 joueurs simultanément
Abréviation : GF
Prix au lancement : 1450Frs (NGEO AES) - 400Frs (NGEO CD)


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Galaxy Fight

Universal Warriors


En 1995,
La réalisation est tout à fait correcte et le nombre de niveaux est satisfaisant
à la sortie de ce Galaxy Fight, la Neo-Geo est en pleine maturité. SNK en a fait le support de prédilection des "versus fightings" et même si les jeux sortent au compte-goutte, ils sont généralement très bons et font la renommée du support. En l'espace de 2 ans, la Neo-Geo a accueillie parmi ses plus grands jeux tels que Samuraï Shodown 1 et 2, Fatal Fury 2 et Special, World Heroes 2 Jet ou encore Art of Fighting 2 (et oui, beaucoup de suites, c'est ça le succès d'une licence :). Bien que celui-ci sortira en début d'année, en 1995 la gamme Neo-Geo connaitra Fatal Fury 3, Samuraï Shodown III et le désormais annuel King of Fighters. Comme vous le voyez, le support n'a pas le temps de chômer et dans le secteur du jeu de combats, les places sont chères... et généralement attribuées à SNK lui-même. Alors que les PlayStation et Saturn se livrent une bataille sans merci au Japon, la Neo-Geo continue son bonhomme de chemin, laissant la 3D à celles qui savent le faire. Car son truc à elle c'est la grosse 2D bien chiadée et pour ça, c'est elle la patronne ! Pour briller sur une scène hautement concurrentielle il n'y a pas 20 solutions : soit tu proposes un gros roster, soit une réalisation fumante, soit une originalité à toute épreuve. C'est cette voie qu'a emprunté Sunsoft. Ce développeur (à ne pas confondre avec Hudson Soft) est un studio japonais qui a commencé très tôt sa carrière (en 1978, pensez donc !) et qui a été très prolifique en développant sur bien des supports, notamment pour les consoles Nintendo et SEGA (on notera le portage de Flashback sur SNES, Aero the Acro-Bat, Zero the Kamikaze Squirrel, Phantom 2040, ou sur Neo-Geo le délirant Waku Waku 7). Alors qu'ADK nous propose de réunir les meilleurs combattants de toutes les périodes et que King of Fighters réunit les meilleurs fighters de SNK, Sunsoft prend le pari de faire s'affronter les meilleurs combattants de la galaxie ! L'histoire nous raconte qu'une fois par millénaire, un être surnaturel du nom de Felden fait son apparition, et c'est alors que les guerriers les plus puissants de la galaxie veulent l'affronter pour prouver leur force... Comme pour les shoot-them-up, les scénarios des jeux de combats sont complètement bidons... Côté intro, on nous montre seulement 2 protagonistes, dans une séquence animée plutôt jolie, typique du support, mais bien trop courte et qui n'explique en rien le scénario. L'autre bourde c'est que, comme à son habitude, sur AES nous avons le choix de la difficulté et rien d'autre : pas de menu d'options, pas de vrai mode versus, c'est l'Arcade à la maison, l'authenticité à l'état brut mais au prix des cartouches, ça reste rageant.



 

Version AES : le menu de difficulté et le joli mais trop
maigre roster des 8 personnages jouables


Mais le vrai gros
Avec seulement 8 personnages jouables, on a vite fait le tour du jeu. Dommage qu'on ne puisse pas débloquer les 2 boss et le perso caché...
défaut du titre, c'est son roster extrêmement pauvre : à peine 8 combattants ! Comment peut-on se permettre d'en proposer si peu quand Fatal Fury Special en offre 15, World Heroes 2 Jet en propose 16 et quand KOF 95 en proposera (à peine 5 mois plus tard) la bagatelle de 24 persos jouables ! En plus, vous vous doutez bien que dans le lot, tous ne sont pas au même niveau : si on appréciera Rolf (le bô-goss' galactique), Kazuma (le ninja) ou encore Roomi pour ses formes généreuses prête à faire des hentaïs son style Cosmocats, les autres sont clairement nos souffre-douleurs. Il y a Musafar le gros robot empâté qui rappelle sans mal Caen de Robocop 2 (le film de 1990), le gros lézard anthropomorphique cracheur de feu (Gunter, qui me rappelle les Morph de Flashback), la prostituée vulgaire (le second faire-valoir sexuel du jeu), le mec cool, le petit du groupe (qui encore n'est pas trop mal)... bref, on fait bien trop vite le tour de la question et rapidement on ne prendra que les 2 ou 3 premiers, ce qui évidemment, bride largement le plaisir de s'affronter en versus. Malheureusement, quand je dis que les autres sont nos souffre-douleurs... en réalité ce sera l'inverse. En effet, dès le niveau de difficulté le plus facile, le jeu se montrera d'une agressivité sans pareille, ce qui fait que finir le jeu et affronter les boss de fin, sera très difficile. Côté prise en mais, le jeu se base sur une graduation de la puissance et non une séparation poing / pied comme c'est souvent le cas. Donc avec "A" on donne les coups rapides, "B" pour les coups moyens, "C" pour les coups forts, la touche "D" sert aux provocations. On peut se déplacer rapidement avec un "dash" (en faisant 2x une direction) et chaque combattants aura sa propre panoplie de coups spéciaux. Notez que les manipulations ne sont que rarement intuitives, les coups spéciaux étant assez difficiles à placer étant donné l'acharnement avec lequel notre adversaire galactique veut faire de nous de la poussière d'étoiles. De même, il est un peu regrettable de n'avoir aucune "furie" et aucune attaque de dernier recours. Un jeu de baston tout ce qu'il y a de plus simple en somme. Le déroulement de l'aventure est on-ne-peut-plus classique : on affronte les 7 autres fighters avant d'arriver au boss final, sans être opposé à son double (hormis le fait que le premier boss est capable d'imiter son opposant). Quant aux boss justement, ils sont 2 : il y a Yacopu le lapin polymorphe capable de prendre l'apparence de n'importe qui (oui en gros c'est Shang Tsung de Mortal Kombat) et bien sûr Felden, celui qui n'a rien demandé mais dont tout le monde veut la peau. Sachez au passage qu'il n'existe aucun code pour jouer avec les boss, mais si vous êtes un vrai pro du pad, en battant chaque adversaire par 2-0, vous affronterez un personnage caché : Rouwe.



   

Avec bien plus d'options, les choses s'améliorent sur Neo-Geo CD


Techniquement,
Il est vraiment dommage que la difficulté gâche tout
Galaxy Fight profite d'une belle cartouche de 169Mb avec pourtant, un roster de misère. Sorti au même moment sur AES, Fatal Fury 3 fait 266Mb, sorti un an plus tôt Art of Fighting 2 fait 178Mb, quand KOF 95 sortira quelques mois plus tard avec sa cartouche de 250Mb. Au final, 169Mb c'est peu mais comme je dis toujours : "une grosse cartouche ne fait pas un bon jeu". Heureusement pour nous (ou pour lui, selon le point de vue) le jeu nous propose pas mal de stages, ce sera l'occasion de visiter plusieurs coins de la galaxie et de profiter de décors relativement variés. C'est à la mode, nous avons également un zoom sur action (comme dans Art of Fighting et Samuraï Shodown), et petit bonus, la largeur de ces derniers est bien plus grande que d'accoutumé (d'où l'intérêt du dash). Maintenant on ne va pas non plus crier au génie : si certains niveaux sont jolis et dépaysants, d'autres sont vides et moches. Les animations sont suffisamment fluides pour être appréciables, les décors affichent quelques effets (comme des parallaxes en rotation pour le sol, comme dans Street Fighter II) malheureusement tout n'est pas d'une fluidité exemplaire. Par exemple, plus le sprite est gros, moins bien il est animé. Ce vieil adage du jeu vidéo 2D sévit encore. A contrario, le jeu est relativement rapide ce qui permet d'avoir des affrontements dynamiques. Côté son, il n'y a rien de transcendant : c'est rythmé mais loin d'être mémorable, comme toujours sur Neo-Geo. Les bruitages ont du punch, les voix digitales sont de qualité, comme à chaque fois. On termine par la version Neo-Geo CD, qui nous fait l'honneur de ne pas voir le jour 3 ans plus tard, mais seulement 3 mois après l'Arcade. Comme toujours on déplorera l'absence de cinématiques, d'un vrai mode versus ou encore de personnages débloqués (comme les boss ou le fameux adversaire secret). Pourtant, il serait incorrect de bouder cette version qui, pour une fois, se montre meilleure que celle sur AES (au prix de loadings ça va de soi). Mettons de côté le fait que nous payons le jeu bien moins cher, cette édition apporte quelques nouveautés, à commencer par un menu d'options incomplet, mais déjà sympathique où on pourra changer la langue (entre anglais, japonais et espagnol), configurer son pad et comme toujours, choisir sa difficulté. Enfin dernière plus-value, la bande-son a été réorchestrée, ce qui fera sûrement plaisir à celles et ceux qui apprécie le style musical. A part ça, on retrouve l'exact jeu AES, ce qui est déjà une bonne chose.



Sorti la même année Note
que quelques gros jeux du genre (Fatal Fury 3, KOF 95 et Samuraï Shodown III), Galaxy Fight ne joue pas dans la même cour. Il ne propose que 8 persos jouables dont la moitié sont injouables ou plus simplement ridicules, avec en plus l'impossibilité de prendre les boss, même via un code. Offrant une réalisation pas trop mauvaise, avec des graphismes un peu vides mais sympas, un zoom sur action façon Art of Fighting et une bande-son correcte, le jeu rebutera pourtant n'importe quel acharné du stick tant la difficulté, même en "easy", est élevée. Passer le 5e combattant relève de la cocufication ou d'une maîtrise imparable de son personnage. Galaxy Fight propose à sa manière un peu de neuf mais gâche tout avec cet aspect totalement rebutant. Pourtant, voir les 8 plus grands "fighters" de l'espace se mettre sur le museau, en vue d'affronter (et de logiquement battre) Felden, l'être le plus puissant de la galaxie, avait de quoi mettre l'eau à la bouche. C'est donc un jeu à réserver aux gavés d'Art of Fighting 2 qui en ont fait le tour 20 fois en mode Hard. Car le jeu ne laisse rien passer et chaque coup doit être porté en vue de réaliser un combo que l'adversaire ne pourra pas esquiver, sans quoi il ne se gênera pas de contre-attaquer le plus violemment possible. Il est donc clair que pour nous autres, "les humains", il faut malheureusement passer notre chemin. Et on ne va pas se mentir, ce n'est pas le versus qui nous retiendra pendant des heures, la réalisation est sympa mais loin d'être aussi bonne que sur les jeux SNK, le gameplay est très conventionnel, et puis ce roster de seulement 8 persos, désolé mais ça passe pas ! Street Fighter II n'en proposait pas plus, mais il est sorti en 1991... 4 ans plus tard, le genre a beaucoup évolué, le jeu de Capcom en propose désormais 16, comme plus ou moins tous les jeux concurrents (sans parler de la qualité ou de l'intérêt des-dit personnages). Et puis la console offre bien mieux titres que ça, il ne sert à rien de voiler la face : au prix des jeux Neo-Geo (rappelons qu'ils coutaient 1450Frs soit plus de 220€ !!!), il y a clairement mieux ailleurs ! Sunsoft, qui se rattrapera plus tard avec le très sympathique Waku Waku 7 et qui est connu pour quelques jeux et quelques portages, déçoit. Le potentiel était là, mais il n'a pas été exploité au mieux. Dommage...



Test réalisé par iiYama

juillet 2006 (mise à jour : juillet 2020)