Cyber-Lip (Neo-Geo AES/CD) -- GRAVITORBOX

 


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Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son

Note générale (AES)
Note générale (CD)


Testé sur :


Sortie du jeu : novembre 1990 (MVS) / juillet 1991 (AES) / avril 1995 (CD)
Développeur : SNK
Editeur : SNK
Genre : action / run & gun

Versions testées : AES US / CD JAP
Doublage : US
Textes à l'écran : US / JAP

Support : cartouche de 50Mb (AES) / 1 CD-Rom (CD)
Difficulté :
Temps de jeu : 40 minutes
Multi-joueurs : 2 joueurs simultanément
Prix au lancement : 1490Frs (AES) / 450Frs (CD)


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Cyber-Lip









Ce n'est un secret
Cyber-Lip aurait très bien pu être adapté sur Mega Drive et Super Nintendo...
pour personne, à l'origine la Neo-Geo est un système d'Arcade sorti en avril 1990 sous le nom de MVS. En parallèle, la console de salon Neo-Geo, appelée AES, n'était disponible qu'en location (notamment dans les hôtels de luxe), jusqu'en juillet 1991 où la Neo-Geo AES est sortie pour la 2e fois, en étant cette fois disponible au public. Comme tous les systèmes qui viennent de voir le jour, le line-up est souvent léger, très léger... et cet état de fait n'a jamais vraiment changé, même avec les machines actuelles (souvenez-vous de la maigre liste de jeux disponible au lancement de la PS4 par exemple). Avril 1990 donc, la Neo-Geo MVS voit le jour et elle est accompagnée d'à peine 4 jeux et durant les 7 mois suivants, seuls 6 nouveaux titres sont sortis, dont notre jeu du jour, j'ai nommé Cyber-Lip. Sorti en novembre 1990, le jeu sera à nouveau sur le devant de la scène en sortant sur AES en juillet 1991, accompagnant ainsi le 2e lancement de la console de salon. Quant à la version Neo-Geo CD, elle ne verra le jour qu'en avril 1995, soit presque 5 ans après la version MVS et vous vous en doutez, dans une adaptation qui n'apporte strictement rien de plus alors que bien des années les séparent. Si bien sûr la version Neo-Geo CD coutait bien moins chère, à contrario en avril 1995 le jeu a déjà pris un méchant coup de vieux puisqu'il existe de bien meilleurs titres sur des consoles plus modestes (Mega Drive / Super Nintendo) et surtout, qu'au même moment les PlayStation de Sony et Saturn de SEGA font un carton au Japon. A l'heure des consoles 32-bits, Cyber-Lip faisait triste mine, lui qui n'était déjà pas exceptionnel à sa sortie... ce qui justifie le point en moins de ce tardif portage. En parlant de portage, et au vu du résultat, il est clair que Cyber-Lip aurait eu sa place sur les autres consoles de son temps... mais au final, Takara et SNK (les 2 principaux développeurs des adaptations Mega Drive et Super Nintendo de hits Neo-Geo) se sont principalement focalisés sur les jeux de combats à succès (Fatal Fury, Art of Fighting, World Heroes, Samuraï Shodown...). A noter avant de réellement commencer ce test que la Neo-Geo n'était pas et n'a jamais été une "console pour enfants". Il faut dire que dès le départ, avec une machine qui coutait plus de 2000 Frs (300€) et des jeux qui coutaient en moyenne 1500 Frs (230€), il est clair que la console de SNK visait un public adulte et financièrement aisé. Voilà pourquoi la plus célèbre publicité Neo-Geo arbore justement le jeu Cyber-Lip en fond, joué par un bobo à lunettes qui visiblement n'y connait pas grand-chose (qui joue avec stick Arcade debout ? à moins qu'il faille y voir une allégorie à son "propre stick"), avec au premier plan un bimbo à moitié-nue, histoire d'attirer l'œil du chaland...




" Je me souviens du temps où il n'arrivait pas à enlever ses mains de moi... "
(cliquez pour voir la pub en entier)



Si j'achète le jeu, je peux avoir la fille de la pub avec ? Promis je jouerai avec elle...


Au line-up
Cyber-Lip est un jeu d'action simple et accessible... le terme "run & gun" apparaitra avec Metal Slug
de la Neo-Geo, le support possédait déjà Magician Lord, cependant la culture populaire finira par nommé les jeux d'action avec armes, en "run & gun" (un terme que je n'affectionne pas du tout) et dans ce cas, difficile de dire que Magician Lord en est réellement un (il manque les armes). Lorsqu'on joue à Cyber-Lip ou qu'on flâne sur le Net en lisant tout et surtout n'importe quoi à son sujet, beaucoup le compare à Metal Slug. Là je dis stop! Cette comparaison n'a aucun sens. OK le genre est le même, le support aussi mais en attendant, le génialissime Metal Slug (qui sera développé en partie par des gars venus d'Irem, le créateur d'R-TYPE, et une partie des développeurs du présent jeu... tiens tiens) est sorti en avril 1996, soit exactement 6 ans plus tard ! 6 ans, c'est plus ou moins la durée d'une génération de consoles, sauf pour la Neo-Geo, console ayant eu la durée de vie record de 14 ans !! Donc il est clair qu'on ne peut pas comparer Cyber-Lip, qui est en plus un jeu line-up, avec un Metal Slug donc la cartouche est 4 fois plus grosse, et sur un support pleinement maitrisé (ce qui n'est jamais le cas d'un jeu de lancement). Il faut donc comparer ce qui est comparable, en mettant de suite de côté les jeux d'action en vue de dessus tels que MERCS, Smash TV, Ninja Commando et autre Alien Syndrome. Au final, ce jeu développé par SNK lui-même est en concurrence directe avec des jeux tels que Super Contra, Rolling Thunder 2 ou encore Turrican (le cas de Aliens, le jeu de Konami sur Arcade, est un peu différent puisqu'on évolue sur la profondeur comme dans un beat-them-all). La concurrence est donc assez légère (le genre se développera largement durant les années '92 à '94), laissant à ce titre Neo-Geo tout loisir de s'imposer, sur ce nouveau système puissant et qui fait grand bruit.



C'est Skynet ou pas ? L'OCP alors ?


Bien qu'expédiée,
Oui oui, le Cyber-Lip c'est ce gros ordinateur en forme de... bouche. Voilà voilà... Ne me demandez pas où les développeurs sont allés pêcher une idée pareille !
nous avons une sympathique intro qui nous explique rapidement qu'en 2016, le gouvernement fédéral a approuvé un projet de colonie spatiale en réponse à la surpopulation mondiale. En 2019, le Colony CO5 était le bastion des androïdes. Cependant, de nombreux androïdes se sont révélés défectueux. L'année suivante, le gouvernement a fait construire un super-ordinateur appelé "Cyber-Lip" pour contrôler les androïdes, qui furent mis à contribution pour combattre une invasion extraterrestre. Dans les 10 ans qui suivirent, tel un Skynet de pacotille (puisqu'il lui a fallu 10 ans pour le comprendre, là où l'IA de Cyberdyne Systems n'a mis que quelques secondes pour en arriver à la même conclusion) le "super computer" finit par se lier avec la race extra-terrestre en vue d'éradiquer son concepteur : la race humaine ! Sale petit ingrat, misérable tas de circuits en surchauffe, mais où se trouve ta prise de courant que je te montre que sans nous, tu n'es rien ! Bref, c'est fait un récurrent : la créature veut toujours détruire le créateur... allez savoir pourquoi. Nous sommes alors en 2030 et le Cyber-Lip envoie une armée d'androïdes détruire les villes, qui se retrouvent vite en cendres, lorsqu'en parallèle, les extra-terrestres ont plutôt tendance à envahir les bas-fonds. Nos héros du jour se nomme Brook et Rick : l'un est black / chauve / barbe, quand l'autre est blond / coupe à la brosse, tous deux portant des lunettes de soleil histoire de paraitre cool. En somme c'est déjà un bel amas de clichés, façon film ricain sans cervelle. Mais soit, on parle ici d'un jeu d'action pur et dur, on ne va pas réclamer un super scénario digne des productions de LucasArts et si l'intro se veut très légère, elle a au moins le mérite d'être présente, d'être accompagnée d'un texte avec une superbe voix-off en anglais (même sur la version japonaise), au lieu de juste afficher un écran titre, laissant tout le soin à la notice d'éclairer le pauvre joueur perdu dans un scénario à la profondeur insondable... On notera quand même que "lip" ça veut dire "lèvres" et en effet, le boss final, le "super computer", arbore une vieille gueule de métèque à la bouche surdimensionnée. Si le sprite n'était pas si laid, on pourrait trouver que l'animation de cette bouche est plutôt réussie mais...



   

Voilà en gros à quoi se résume l'intro... Elle a au moins le mérite d'être là !



Si les Robocop se rebiffent, je leur bourre le pif !


Notons qu'entre chaque
Dans cet ascenseur, choisir d'aller en haut ou en bas ne change strictement rien... Un faux choix en quelque sorte :(
niveau un gars vient nous remonter notre niveau de motivation, une fois encore avec des textes et une voix-off parfaitement audible. Pas mal, mais il est dommage que la fin soit si expédiée et décevante ! Laissant présager qu'un second rush nous ferait découvrir un nouveau boss, suite à la découverte d'une fielleuse manipulation... mais au final il n'en est rien. Sans doute que les développeurs se sont laissés la porte ouverte à une suite qui malheureusement, ne verra jamais le jour. J'ajouterai que bien trop souvent, on se retrouve dans un ascenseur où nous avons le choix de monter ou descendre. On se dit alors "chouette, un parcours façon Gradius"... et bien tout faux ! Choisir en haut ou en bas ne change strictement rien, vous traverserez inlassablement les mêmes portions d'égouts sans intérêt et ce, quelque soit votre choix (qui n'en est pas vraiment un du coup). Etant donné que c'est un jeu du line-up AES, vous vous doutez bien que les différences entre les versions Arcade et consoles sont extrêmement minces. Comprenez par là qu'il n'y a absolument rien de plus que sur la version MVS : pas de menu d'options, pas de niveau de difficulté, pas de nouveau contenu... le jeu est comme à l'origine point barre ! Avant de se lancer dans l'aventure, on retrouve quand même l'inévitable "how to play" qui se veut sommaire mais informatif. 3 boutons servent à faire un carton : avec A on tire, avec B on saute et avec C on change d'arme. Simple, efficace, Cyber-Lip dispose quand même de quelques subtilités à savoir que l'arme de base est semi-automatique (il faut appuyer frénétiquement sur la touche A pour avoir un flux correct), à ceci près quelle est déjà pas mal puissante puisque la plupart des ennemis (notamment les androïdes) sont détruits en 1 coup, le jeu privilégiant le surnombre à une pénible résistance accrue. De leur côté, les aliens sont déjà plus résistants mais le vrai souci dans la prise en mains, ce ne sont pas des personnages réactifs et relativement précis, c'est plutôt le fait qu'on ne puisse pas tirer en diagonales. C'est souvent pénalisant, nous obligeant à bien nous placer sous eux pour pouvoir les shooter en l'air (laissant ainsi tout loisir à un ennemi nous prendre par surprise). A mes yeux, c'est vraiment "le gros défaut" du titre sur la question de la jouabilité (même si ça ne semble pas choquer tout le monde... sans doute des amateurs de Mega Man).



 

Les séquences intermédiaires sont toutes identiques, sauf celle où le
Cyber-Lip en personne vient vous provoquer...



A 14 ans, on voulait tous un scooter !


A chaque vie perdue,
Le gameplay n'est pas mauvais mais le fait de ne pas pouvoir tirer en diagonale est idiot, et la touche dédiée est grenades manque...
on réapparait sur une sorte de scooter volant, pas plus puissant que la pétoire de base, tout le bonus étant justement dans le fait qu'il vole (sa durée est tout de même limitée dans le temps). Rick et Brook peuvent s'accrocher d'une main à certaines armatures (tirant ainsi avec l'autre - une "feature" qu'on retrouvera dans des jeux tels que BOB, Alien 3 ou Super Probotector), ils peuvent descendre d'une corniche et si les armes supplémentaires ont des munitions limitées, au moins une fois par niveau on peut rentrer dans une armurerie (qui visiblement n'en est pas une puisque la devanture ressemble à une vulgaire entrée d'immeuble, mais soit) afin de remplir les chargeurs de toutes les armes portées. Et justement, ces armes (hors celle de base) sont au nombre de 5 : il y a la mitrailleuse automatique (la même que celle de base mais en full auto), le bazooka tire des munitions explosives à forte puissance mais c'est limité à 5 tirs, la "wide" est assez pourrie car elle tire dans 3 directions selon un cône d'évasage assez étrange et qu'on ne peut plus bouger (alors que ça ne le fait pas sur les autres, c'est vraiment n'importe quoi), les grenades sont complètement "useless" et enfin nous avons le lance-flammes, l'arme préférée de Ripley et qui s'avère ici aussi, particulièrement efficace. Vous l'aurez compris, lance-flammes et mitrailleuse automatique sont les meilleures armes du jeu, mais au final l'arsenal est trop limité, ça manque cruellement d'une mega-bombe qui ferait place nette, et surtout les grenades, au lieu d'être à sélectionner, auraient dû être activable via la touche D, qui ne sert pas. Enfin le tout est complété par un drone rotatif de protection, comme on le voit plus naturellement dans un shoot-them-up, ainsi que d'un "slide" (en faisant bas + saut), qui permet d'éviter quelques tirs adverses (notez qu'en faisant haut + saut on réalise un grand saut, mais je n'ai pas vraiment eu l'occasion de m'en servir).



Des Terminators dans mon jeu Neo-Geo ?


Comme dans la plupart
Sachant les prouesses techniques dont est capable la Neo-Geo, difficile de ne pas être déçu avec ce Cyber-Lip...
des jeux d'Arcade, et plus encore Neo-Geo, l'aventure est très courte, de l'ordre de 40 minutes. La difficulté n'est pas du tout corrosive, je dirais même quelle est agréablement équilibrée, et à ça s'ajoute un petit cadeau : la version console est en Free Play (les crédits sont infinis, comme dans Magician Lord). Une bonne nouvelle selon moi, car au prix des jeux Neo-Geo (même actuellement puisqu'à l'heure où j'écris ces lignes, la version AES coute 400€ sur eBay !), il n'y a rien de plus frustrant de se retrouver avec un jeu qu'on ne finira jamais. Par contre cette aventure se veut assez redondante et techniquement, la Neo-Geo est clairement sous-exploitée. En effet Cyber-Lip ne propose que 6 (réels) niveaux puisque le 7e nous fait enchainer les boss les uns derrière les autres avant d'arriver à l'affrontement final (pour l'originalité, on repassera). En parlant de boss, le premier est vraiment énorme mais un peu hors de propos, quand celui du niveau 5 (la reine alien ?) ressemble clairement à un chestburster géant ! Des boss imposants certes, mais tout sauf épiques puisqu'on les tuent beaucoup trop rapidement. D'ailleurs je ne reviens pas sur le look assez foireux du boss final, ceci-dit, pour une extermination via une armée d'androïdes alliée à des extra-terrestres, je trouve qu'on n'affronte pas assez de robots justement. Je veux bien que nous ne sommes pas dans Robo Army (l'un des jeux Neo-Geo préféré ^^), maintenant les ennemis sont vraiment en petits nombres (trop peu de modèles différents) et hormis la piétaille, on ne retiendra vraiment que les boss et les ennemis venus de l'espace. Cyber-Lip est un titre du line-up qui dispose d'une jolie cartouche de 50Mb, soit 11 fois la plupart des jeux Mega Drive de la même époque. Maintenant soyons clairs, une grande partie de cette formidable ROM a dû passer dans les nombreuses digitalisations car tout à fait entre nous, le jeu n'a vraiment rien d'extraordinaire. Les graphismes sont ternes, ils manquent de couleurs, de profondeur, de détails, tout en étant finalement peu variés (hormis le niveau 5 où on semble carrément changer d'univers). En un mot comme en cent, c'est assez moche et bien des jeux sortis la même année (comme Blue's Journey, Liquid Kids, Shadow Dancer, Revenge of Shinobi...) semblent (et ce quelque soit le support) s'en sortir mieux. Pour les animations c'est pareil : si celle des androïdes qui meurent est sympa, on ne peut pas dire que nos héros soient des exemples de fluidité, idem pour les divers ennemis. Attention, pour un jeu de 1990 on peut dire que "c'est propre" mais au fond, il n'y a rien de vraiment remarquable, surtout avec une si grosse cartouche, bien plus volumineuse que tous les jeux d'Arcade de son temps (sans parler des jeux consoles, qui atteignaient encore timidement les 8Mb, la norme si situant encore aux alentours des 4Mb).



Cyber Lip Stick, pour gerçures profondes...


Terminons par la
La version Neo-Geo CD est sortie très tard et pourtant, elle n'apporte strictement rien de plus... comme à chaque fois en somme
bande-son et la version CD. Sur cartouche, les musiques assument une jolie qualité acoustique (la batterie sonne bien, les instruments nous changent des miasmes inaudibles de bien des bornes, notamment SEGA, ou encore de la Mega Drive), mais il faut largement tempérer par le fait que les compositions de Yasuo Yamate sont loin, très loin d'être mémorables ! Les mélodies sont vraiment basiques, elles n'ont aucun charme et même si l'ensemble agrémente assez bien l'ambiance du jeu, difficile de ressortir complètement satisfait de cette bande-son. D'ailleurs vous l'avez sans doute remarqué mais c'est souvent le cas sur Neo-Geo : la qualité est là, avec une instrumentation très propre et un sampling qui fait pâlir toutes les consoles concurrentes, mais les musiques sont presque systématiquement à chier ! C'est fou de se dire que moi le premier, j'écoute encore aujourd'hui des musiques de Sonic 2, Streets of Rage, Street Fighter II (version Super Nintendo, pas Arcade, faut pas déconner !), Biometal (dont j'adore la bande-son !), les Thunder Force, Donkey Kong Country, Lords of Thunder, Mega Man X et j'en passe... mais aucune musique dans ma longue playlist de Mp3 sur mon PC, ne provient de la Neo-Geo. J'espère que vous voyez bien où je veux en venir en vous racontant ça... Quand aux bruitages, celui lorsqu'on lance une grenade est une horreur !! Il est trop fort et totalement hors de propos, c'est vraiment n'importe quoi ! Quant aux autres (tirs, explosions) ils font le boulot. Rien à redire là-dessus, ça aurait pu être bien meilleur, mais aussi tellement pire qu'on va directement enchainer sur le portage Neo-Geo CD. Comme évoqué, la version CD est sortie presque 5 ans après celle sur MVS et comme c'est presque systématiquement le cas, c'est une déception. Pas pour le jeu en lui-même qui est 100% à l'identique, mais plutôt pour tout le reste. Avec le formidable espace de stockage qu'apporte le CD-Rom, une fois encore SNK n'a fait aucun effort pour moderniser son jeu : toujours pas de menus d'options, pas plus de cinématiques, pas de nouveaux levels... bref rien ! Seules plus-values, comme à chaque fois le prix d'achat joue en sa faveur puisqu'il coutait environ 1000 Frs / 150€ moins chère que la version AES (à leurs sorties respectives), la question des crédits infinis sur cette version ne se pose pas, et les musiques sont directement lues sur le disque et sont, à peine un peu meilleures. Bon je vous rassure (ou pas), elles sont issues de la version cartouche mais en attendant, elles semblent avoir subies un léger lifting qui les rendent plus nettes, plus claires. Maintenant les compositions sont à l'identique (c'est-à-dire moches !) et on aurait grandement apprécié une véritable réorchestration de ces dernières. Mais fallait pas trop compter là-dessus, SNK ne faisait jamais aucun effort, alors que cette version là s'est confronté à une PlayStation qui écrasait toutes les ventes ! Et après SNK se demandait pourquoi sa Neo-Geo CD n'a pas eu le succès escompté...



Cyber-Lip Version AES


Version CD
est un jeu qui a accompagné le lancement de la Neo-Geo MVS, puis celui de la AES et bien que le "genre action" était en vogue (bien avant qu'on l'appelle run & gun, une appellation démocratisée à l'arrivée de Metal Slug), le titre de SNK avait tout pour briller : un support puissant, une énorme cartouche de 50Mb (alors que les plus grosses sur Arcade faisaient généralement 32Mb) et peu de concurrence que ce soit sur Arcade comme sur consoles (Mega Drive, PC-Engine...). Alors finalement, qu'est-ce qui a pêché ? Et bien je dirai que chez SNK, c'est comme partout ailleurs : le talent n'est pas inné et il se révèle avec le temps, l'expérience. Résultat nous sommes face à un jeu d'action ultra basique, au gameplay très banal et à la réalisation qui n'exploite pas du tout les formidables capacités d'une Neo-Geo promise à un avenir radieux et de longue durée. Alors bien entendu, le jeu n'est pas mauvais pour autant, non son vrai problème c'est qu'il n'excelle en rien ! La scénarisation ne va pas assez loin (surtout lorsqu'on vient de tester NAM-1975, qui est sorti au même moment), les graphismes n'ont vraiment rien d'exceptionnels (c'est même tout le contraire, sans être véritablement affreux, ils sont quand même très fades), idem pour une bande-son qui rate l'occasion de briller en proposant autre chose que ces compositions passe-partout, aussi vite écoutées qu'oubliées... Alors c'est vrai, l'action est sympa mais tout à fait entre nous, si l'antagoniste principal est une super ordinateur qui veut la mort de l'humanité, il aurait sans doute été plus judicieux qu'on soit un peu plus plonger dans un univers cybernétique, au lieu de mélanger les androïdes et ces aliens qui sont à la mode, mais qui ne proposent pas de plus-value à l'ambiance. Bref, le genre se porte mieux ailleurs que sur Neo-Geo et fort heureusement, la console a connu un beau succès qui n'a pas été freiné par la qualité somme toute relative de ses premiers jeux...



Les -

  • Pas de touches dédiées aux grenades, pas de mega-bombes, arsenal trop limité ou inefficace
  • Ni beau, ni bien animé, sans être catastrophique non plus, en un mot : banal !
  • Version Neo-Geo CD qui une fois encore, n'apporte strictement rien de plus
  • Epilogue minable, comme c'est trop souvent le cas
  • On traverse trop de fois les égouts
  • Pas assez d'ennemis robotiques
  • Boss bien trop faciles
  • Les +

  • L'intro et les scénettes entre les niveaux, agrémentées de jolies digitalisations
  • La fille sur la pub *.* (je sais, ça n'a rien à voir)
  • Mine de rien, l'action reste sympa
  • Le Free Play



  • La séquence de fin (spoil) : cliquez pour ouvrir


    Test réalisé par iiYama

    juillet 2006 (mise à jour : avril 2020)