Breaker's et Breaker's Revenge (NGEO)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son

Note (Breaker's)
Note (Breaker's Revenge)


Testé sur :


Sorties de Breaker's : décembre 1996 (NGEO MVS) - mars 1997 (NGEO AES) - avril 1997 (NGEO CD)
Sortie de Breaker's Revenge: juillet 1998
Développeur : Visco Corporation
Editeur : Visco Corporation
Genre : combats (versus fighting)

Version testée : NTSC américaine
Voix dans le jeu : anglaises
Textes à l'écran : anglais

Support de Breaker's : cartouche de 210Mb (NGEO AES) - 1 CD-Rom (NGEO CD)
Support de Breaker's Revenge : cartouche de 242Mb (NGEO MVS)
Difficulté :
Multi-joueurs : 2 joueurs simultanément
Titre alternatif de Breaker's Revenge : Breaker's 2
Prix au lancement de Breaker's : 1450Frs (NGEO AES) - 400Frs (NGEO CD)








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Breaker's
Breaker's Revenge









L'histoire de
Seulement 8 persos jouables et pas tous de bon gout, Breaker's ne part pas sous les meilleures hospices
la duologie des Breaker's mérite tout de suite d'être clairement établie. Breaker's (le premier opus) est d'abord paru sur Neo-Geo MVS (sur Arcade donc) en décembre 1996. Il fut porté 3 mois plus tard (en mars 1997) sur Neo-Geo AES (la console de salon) et encore un mois plus tard (avril 1997) sur Neo-Geo CD. Quand à Breaker's Revenge, sorte de version "plus plus" du jeu d'origine, il n'a vu le jour que sur Arcade (Neo-Geo MVS) en juillet 1998. Pourquoi ne fut-il pas adapté aux Neo-Geo AES et CD ? On ne le sait pas, mais vu que le premier opus est plus ou moins passé inaperçu, ceci expliquerait cela. Il faut dire que Visco n'était pas le développeur le mieux côté en ces temps-là et bien qu'ils ont sortis (ou sortiront) quelques titres sympathiques tels que Puzzle de Pon, Andro Dunos, Sonic Wings Special, Captain Tomaday ou Ganryu, on ne peut parler d'un grand développeur. De plus, en 1996, à la sortie du premier épisode, le jeu s'est frotté à très forte partie. La Neo-Geo étant en pleine maturité, elle enchaine les hits les uns sur les autres, sans parler que le secteur du versus fighting commence doucement à saturer. Ainsi rien que cette année-là, Breaker's est entré en concurrence directe avec des gros jeux tels que King of Fighters '96, Samuraï Shodown IV, Ninja Master's ou encore le très grand Art of Fighting 3. Dur dur pour Visco qui en plus, nous propose un jeu sans grande originalité et avec seulement 8 personnages jouables. En 1998 à la sortie du Revenge, ce n'est pas mieux. En face il y a The Last Blade et King of Fighters '98, sans parler du succès encore retentissant du King of Fighters '97. Bref, pas de bol pour Visco, malgré ses qualités, ses 2 épisodes de Breaker's sont continuellement restés dans l'ombre des grosses productions de SNK. Maintenant que les choses sont bien claires, attaquons notre double test dans l'ordre.



 

Les écrans titres de Breaker's et Breaker's Revenge sur Arcade


A la toute fin
La réalisation est d'un bon niveau, tant pour les graphismes que les animations
de l'année 1996, Visco (déjà connu pour son fort sympathique Andro Dunos) nous sort son Breaker's, comme on l'a vu, d'abord sur Arcade puis très vite sur consoles de salon. La Neo-Geo a désormais 6 ans, et elle fut rapidement couronnée "Reine des jeux de combats". Cependant, il faut déjà voir le vent du changement souffler... En effet, à la sortie de Breaker's sur Neo-Geo AES et CD, nous sommes en 1997 et si la Neo-Geo reste le support idéal pour les versus fighting en 2D, derrière se joue une révolution, celle de la 3D ! Les PlayStation, Saturn et même l'Arcade sont passés aux polygones et ce n'est un secret pour personne, le succès de la console de Sony est écrasant !! Et quand d'un côté vous avez la dernière nouveauté avec des cinématiques en images de synthèses, des jeux époustouflants profitant des dernières innovations en matière de 3D (citons WipEout 2097, Resident Evil, DOOM, Ridge Racer, Tomb Raider et tellement d'autres), vendus à 350Frs pièce, il est normal que Breaker's, sa grosse cartouche mégalo et son prix franchement abusé de 1450Frs (!!!) fassent réfléchir. Il est évident que lorsque le "coeur parle" on a tendance à ne pas y réfléchir et pourtant, pour le prix de Breaker's, on pouvait s'acheter une PlayStation ou une Saturn neuve, plus l'un des grands jeux du moment. C'est sûr, beaucoup ont dû y réfléchir à 2 fois et vu le prix des cartouches Neo-Geo, généralement on achetait le meilleur jeu du secteur, ne pouvant pas se permettre de mettre plus de 1000Frs à chaque fois qu'un titre sortait. Breaker's est donc un jeu de combat (versus fighting) qui peut malgré tout se vanter d'une réalisation technique assez poussée (rappelons que la Neo-Geo, malgré ses performances hors normes, reste une console 16-bits qui commence à avoir quelques années au compteur). L'animation est extrêmement fluide, le niveau de détails est des meilleurs et les zones de combats sont variées et originales. Le son est loin d'être mauvais car si les musiques passent un peu inaperçues, les bruitages et les différentes voix digitales sont par contre de bonne qualité. L'intro est assez classique pour le genre et le support mais on ne comptera qu'un très maigre développement scénaristique juste avant le boss final, là où justement SNK fait de mieux en mieux en la matière avec ses KOF et autres Samuraï Shodown.


Niveau gameplay,
Le nouveau perso apparu dans le Revenge (Saizo) est charismatique et vraiment sympa à jouer
on oubliera vite toute originalité : Visco a tablé sur du sûr, de l'éprouvé. Jugez plutôt : 2 boutons pour les coups de poings (fort et faible) et 2 pour les coups de pieds, une panoplie de coups spéciaux à la Street Fighter II et des combos dévastateurs (et impressionnants) à la Fatal Fury 2, le développeur a misé sur une recette efficace mais qui manque d'une once de personnalité. En somme en jouant Breaker's, on retrouve les sensations des bons jeux de combats... comme on a essoré des dizaines depuis l'avènement du hit de Capcom, avec entre autre une jouabilité excellente et qui répond parfaitement aux sollicitations du stick ou du pad. Par contre, et c'est bien là la 2e grosse erreur du développeur : le jeu ne compte que 8 persos dans ses rangs et il faut le dire, seuls 3 d'entre eux sont digne d'intérêt (Tia, Sho et Dao-Long). 8 persos pour un jeu de 1996/97 c'est vraiment limite quand en face Super Street Fighter II en propose 16 et King of Fighters '96 dispose d'un panel assez impressionnant de 27 personnages ! Visco se serait-il encore cru aux débuts des années '90, a vouloir concurrencer la première version de Street Fighter II ? De plus, si 3 persos sont séduisants, les 5 autres se perdent soit dans un ridicule assez agaçant, soit dans l'inintérêt le plus total, le pire étant le représentant italien qui est une grosse pédale (désolé, je ne veux blesser personne) qui glousse à tout va ! Idem pour son alter-égo, George, un français ! Pour qui nous prennent-ils ces cons de chez Visco ? Ainsi à la façon d'un DarkStalker (Capcom), à trop vouloir faire un design original, les développeurs se perdent un peu et le soft échappe à toute crédibilité. C'est un peu dommage. En plus, si globalement le titre n'est pas trop difficile, le boss de fin accuse un grand n'importe quoi ! Quasiment imbattable et développant une puissance sans égale avec les autres persos, il nous latte en moins de 10 secondes alors que nous ne l'avons même pas touché ! Du n'importe quoi je vous dis !



 

Les rosters de Breaker's et Breaker's Revenge


Quant à Breaker's Revenge,
Lorsqu'on affronte son double, le nom de ce dernier change. A l'image Pielle la tante et son alter-ego George la glousseuse... Déplorable ! :(
exclusif à l'Arcade je le rappelle, il est sorti 1 an et demi après le premier opus, en s'accompagnant d'une prise de poids de 32Mb (passant ainsi d'une cartouche de 210 à 242Mb). C'est clairement une version améliorée de Breaker's, car il introduit un nouveau personnage nommé Saizo (une sorte de ninja qui fait penser à Hanzo de Samuraï Shodown), et le boss final (Bai-Hu, autrefois injouable) fait désormais parti du roster. Cette version apporte également des ajustements et un rééquilibrage des personnages existants. Maintenant avouons-le, tout ceci est bien peu ! Quand Capcom sortait une nouvelle version de son Street Fighter II, il apportait 4 nouveaux personnages et 4 nouveaux stages. Quand SNK passe à un nouvel épisode de KOF, les niveaux sont tous nouveaux et le panel de persos gonfle de façon exponentielle. Tout ça pour dire que Visco a sûrement cherché à remettre son poulain sur les devants de la scène, mais avec un minimum d'efforts. Et si en 1996/97 son titre avait déjà échoué à se faire remarquer face aux productions d'un SNK qui maitrise à 100% son support et son sujet, ce n'est pas en 1998 que le succès allait arriver, vu qu'en face sortait le très grand King of Fighters '98, qui est sans réfléchir l'un des meilleurs opus de la série. Avec tout le temps qu'ils ont eu pour réaliser cet upgrade, franchement on s'attendait à mieux que ça (pour rappel, SNK sortait un nouveau KOF chaque année !). Car hormis un nouveau perso, un nouveau décor, une nouvelle musique et un nouvel Artwork, le jeu ne change en rien. Et quand je dis "rien", c'est vraiment "rien" ! 5 persos sont toujours aussi pourris, le boss de fin est toujours aussi acharné, les décors sont les mêmes, les images idem, les musiques pareilles... Chez Visco nous sommes de grosses faignasses ! On aime bien sortir un nouveau jeu qui ne propose presque rien de neuf, notamment aucune réelle amélioration des défauts de l'opus original, alors que c'était le minimum. Heureusement que la partie technique est restée au top niveau (graphismes sympas et animations fluides) car on se demande bien si les développeurs se foutraient pas un peu de notre gueule avec cette pseudo-suite. Devant cet insuccès sur Arcade, je pense qu'on tient là, la raison de sa non-sortie sur consoles de salon. Dommage car sur AES et CD, on aurait quand même préféré avoir le Revenge plutôt que la version de base...



Malgré ses défauts, Breaker's


Breaker's Revenge
Breaker's est un jeu agréable à jouer et aux techniques vraiment sympas. Et étant donné que Breaker's est un bon jeu, il est donc naturel que Breaker's Revenge le surclasse, lui qui est une version agrémentée du jeu de base. En effet, le nouveau perso est assez excellent, il est charismatique et ses coups spéciaux sont fulgurants. Il relance à lui seul l'intérêt du jeu. Que ce soit l'une comme l'autre version, on parle bien là d'un bon jeu, à la réalisation qui fait honneur à la Neo-Geo. Mais alors, qu'est ce qui cloche ? Et bien finalement, les vrais problèmes de cette licence tiennent à 3 détails : d'abord il n'y a clairement pas assez de personnages jouables, même sur la version Revenge. 8 persos d'un côté, 10 de l'autre, quand un King of Fighters '98 propose 38 persos !! Vous avez bien lu, 38 !! De façon plus modeste, on pourrait comparer Breaker's et Revenge à Super Street Fighter II (1993 - 16 persos), World Heres Perfect (1995 - 16 persos), KOF 95 (1995 - 24 persos !)... comme vous le voyez, le jeu de Visco est bien trop chiche en contenu. Le pire c'est que dans le maigre lot de personnages jouables, une bonne moitié est à jeter (surtout Pielle et George, ces insupportables lopettes qui couinent à tout va). Et c'est là qu'on regrette que Breaker's Revenge n'ait pas apporté plus de nouveautés, (beaucoup) plus de personnages jouables comme aurait pu le faire SNK ou Capcom. Quand je pense qu'elle plus-value Fatal Fury Special a apporté à Fatal Fury 2, on comprend que Visco ne sait pas donné les moyens de s'imposer sur un secteur ultra concurrentiel. On pourra donc conclure que son vrai problème, c'est sa tardive date de sortie. S'il avait vu le jour bien plus tôt (entre 1992 et 1994 - d'ailleurs il a été annoncé en 1993 sous le nom de Crystal Legacy) il aurait sans doute été mieux accueilli, mais entre 1996 et 1998, surtout sur une Neo-Geo qui n'accueillait quasiment plus que des versus fightings, c'était limite suicidaire. Voilà la raison de son échec et de ses notes pas très valorisantes, ce que je regrette mais je me dois d'être impartial, surtout au prix des jeux Neo-Geo qui étaient tellement chers, que les acheteurs préféraient naturellement prendre la dernière gross killer-ap, plutôt que de tenter tout cet argent dans un hypothétique bon jeu qui est loin de faire aussi bien et surtout, dont le contenu est bien plus maigre. En fait Breaker's est déphasé, en décalage avec son époque, un jeu mal né, ce qui est regrettable car au fond, c'est même un bon titre.



Test réalisé par iiYama

juillet 2006 (mise à jour : juillet 2020)