Art of Fighting 3 (NGEO-CD)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : septembre 1996
Développeur : SNK
Adaptation : SNK
Editeur : SNK
Genre : combats

Support : 1 CD
Version testée : Japonaise
Voix dans le jeu : US/JAP
Textes à l'écran : JAP

Difficulté :
Multi-joueurs : 2 joueurs simultanément
Abréviations : AOF3 / AOF3 CD
Titres alternatifs : Ryûko no Ken gaiden : Art of Fighting (JAP) / Art of Fighting 3 CD


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Art of Fighting 3

The Path of the Warrior



En 2006, lorsque j'ai découvert Art of Fighting 3 sur AES, j'ai tout de suite accroché. Certes un peu éloigné de ces deux prédécesseurs (mais est-ce un mal ?), sa qualité graphique, sa difficulté abordable et son gameplay plus ouvert, m'ont tout de suite convaincu. Retour pour la 2e fois en 1996, pour vous parler ce coup-ci de son adaptation Neo-Geo CD. S'il est vrai que la console a permis à certains d'entre nous, avouons-le les moins fortunés, d'accéder "au rêve Neo-Geo" sans vendre son petit frère, il faut dire que la plupart des jeux CD ne valent pas leurs homologues cartouche. Les raisons sont simples : pas de contenus additionnels, des temps de chargement abominables, parfois même pas de nouvelle bande-son, pas de correction des bugs et ce, même si le jeu sort 4 ans après l'original. Et Art of Fighting 3 est sans doute l'un des jeux dont la transposition a reçu le plus de critiques. Tout d'abord sur la question épineuse des loadings, on bat ici des records, jugez plutôt : premier loading de 20 secondes, regarder l'intro demande 20 secondes de plus et 20 secondes supplémentaires pour revenir au menu, 3 secondes de chargement à la fin de chaque combat plus 30 secondes de plus pour la petite scène intermédiaire et encore 25 secondes pour le chargement du combat en lui même. En clair, lorsqu'on lance le jeu, on met plus de 2 minutes à jouer ! Ces interminables chargements finissent par être complètement gonflants et bride le plaisir du jeu. Mais le plus grave n'est pas là. Afin de raccourcir les loadings ou simplement à cause des limitations techniques, les personnages sont tous plus petits de 20% !!



 

Comparatif entre la version AES/MVS (à gauche) et CD (à droite)


Là il est
Les persos sont plus petits que sur cartouche mais la réalisation reste de premier ordre
clair que ça a gueulé, on a tous demandé si SNK ne se foutait pas un peu de nous ? La raison invoquée à l'époque, c'est que du haut de ses 56Mb, la RAM était insuffisante, il a donc fallu trancher quelque part. Faut dire que le jeu AES fait presque 300Mb et qu'entre nous il est difficile de trouver meilleur jeu de combat. Pour se faire pardonner, SNK nous a sorti le grand jeu avec un coffret collector assez sympa (voir ci-ontre), comprenant un artbook, des autocollants et une copie assez jolie de la fameuse pièce de Robert (celle qu'il jette en signe de victoire). Ainsi, SNK attendrit ses fans qui pour le coup, n'ont plus trop braillés, Art of Fighting 3 sur Neo-Geo CD devenant un objet pour collecteur. Avec tout ça, qu'en est-il du jeu en lui même, petit perso ou pas ? Tout d'abord le menu est assez riche en options : on y retrouve 3 particularités, celle de pouvoir couper toutes les scènes intermédiaires (comme ça il ne reste plus que 30 secondes de loadings entre chaque combat), celle de pouvoir activer le level select en versus (c'est une très bonne chose ça) et enfin, d'activer un menu spécial pour le choix du perso. Avec ce nouveau menu, plus de bidouilles à faire, les 10 persos que comptent le jeu (les 8 principaux plus Sinclair et Wyler, les deux boss) sont déjà visibles. Là aussi, c'est une bonne chose. Après si on enlève le fait que les persos marchent sur les genoux ou qu'ils ont rétrécis au lavage, Art of Fighting 3 reste un sacré bon jeu. Faut dire que la série s'est vu d'un coup d'un seul, posséder un art graphique sans commune mesure avec les productions de cette époque. Prenez par exemple un KOF 96 et vous serez encore loin, très loin du fantastique rendu graphique de ce jeu. Passant presque pour un dessin-animé interactif, Art of Fighting 3 inaugure un nouveau style de création d'animation : le retroscoping. Procédé révolutionnaire qui fut utilisé dans des jeux à l'animation hyper détaillée comme Prince of Persia ou Flashback. Paradoxe total quand on pense que les 2 précédents épisodes étaient animés à l'arrache, Art of Fighting 3 est donc hyper fluide (ai-je besoin de le dire ?). Même l'effet de zoom est d'une fluidité à toute épreuve, même si dans cette version il reste plus timide. Graphiquement, The Path of the Warrior est l'un des plus beaux du genre. Finesse et couleurs atteignent un niveau rare et en plus d'être beaux, les décors sont originaux. On regrettera quand même 4 facettes du jeu et encore, c'est pas grand chose : tout d'abord les visages ne se dégradent plus en live (dommage), le mode Story, au demeurant sympa, privilégie Ryo et Robert au détriment des autres persos, il n'y a que 10 persos jouables et pour finir, lorsqu'on prend un perso, il est impossible d'en changer en cours de partie, même après un continue.


Vous voyez,
AOF3 est beau et super bien animé
finalement c'est pas grand chose et pour la première fois dans la licence, le jeu est abordable. Certes quelques galères subsistes mais globalement, les opposants sont assez équitables et leur puissance n'excède que rarement la votre. Plus de triche, plus de coups de pute, plus d'acharnement, les personnages contrôlés par le COM sont devenus plus "humains" rendant le jeu encore meilleur. Le gameplay, sans apporter cette fois de réelle nouveauté, s'est tout de même assoupli. Savant mélange de Street Fighter II et de Tekken (je sais ça parait fou), il offre le choix de se la jouer enchaînement de coups ou attaques spéciales. Un procédé plus ou moins présent dans Art of Fighing 2, il est ici mis en avant dans un contexte quasi naturel, facile à prendre en mains et surtout efficace. Bien sûr il y a toujours la barre de puissance (lorsqu'elle diminue, vos coups deviennent moins puissants), des coups spéciaux vraiment impressionnants et pour une fois (mise à jour oblige) des Furies font leur apparitions. Déclenchables avec une manipulation spéciale (en ayant aussi sa barre de vie au plus mal), s'en suivra un enchaînement de coups ultra rapides et violents qui peut faire tourner le combat à votre avantage. Pas besoin que j'évoque le fait que la jouabilité est exemplaire avec des coups qui sortent facilement, mais j'ai tout de même un petit regret. Le menu d'options fait l'impasse sur la configuration des touches et c'est bien dommage car la position des boutons du pad cacahuète est loin d'être idéale. Version CD oblige, la bande-son a été revue pour le support (c'est un minimum) et fait parti des points forts du titre avec des musiques très originales pour un jeu de baston. Originales certes, mais qui collent aussi parfaitement à des combats toujours plus sauvages. Offrant des sonorités peu communes dans un jeu de baston, la musique distillera une ambiance très particulière mais excellente. Les voix sont vraiment parfaites et on retrouve les superbes et déjantés bruitages des autres Art of Fighting. Je finirai par évoquer les personnages du jeu. Au nombre de 10, il est clair que la recette parait maigre. Pour ma part Ryo et Robert étant mes préférés, je m'en fous un peu mais soyons franc, ça manque de persos. Ceci dit c'est leur de jeu (et ce, depuis le premier opus) et ils sont tellement classe que les autres persos passent inaperçus.



SNK a Note
enfin réussi à faire un Art of Fighting à la hauteur de la console et des espérances. Si les 2 premiers opus n'étaient pas mauvais mais trop difficiles, techniquement originaux mais mal conçus, ce 3e épisode montrera que la Neo-Geo est plus que jamais LA console maîtresse de la 2D. Pourtant, si cette version est enrichie, entre des menus qui font bien plaisir, les 10 persos sélectionnables tout de suite et des goodies qui iront droit au cœur des fans, on aura plus de mal à pardonner le fait qu'on se retrouve avec des nains en lieu et place des géants d'autrefois. Car l'un des atours de la licence, c'est avant tout ses personnages énormes qui prennent presque tout l'écran et son zoom de folie. Avec cette version CD, il faudra donc se faire à des loadings incessants, interminables et bien pénibles, mais aussi jouer avec des persos bien moins grands. Si Art of Fighting 3 reste à mes yeux un très grand jeu, il a tout de même un peu souffert en passant sur CD, même s'il n'a rien perdu de son charme et de son dynamisme.



Test réalisé par iiYama

octobre 2008