Art of Fighting 2 (NGEO)

 


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Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : février 1994 (MVS) - mars 1994 - septembre 1994 (CD)
Développeur : SNK
Editeur : SNK
Genre : combats

Support : cartouche de 178Mb (MVS/AES) - 1 CD-Rom (CD)
Version testée : Américaine
Voix dans le jeu : US
Textes à l'écran : US

Difficulté :
Multi-joueurs : 2 joueurs simultanément
Abréviation : AOF2
Titre alternatif : Ryûko no Ken 2
Prix au lancement : 1450 Frs (AES) - 400 Frs (CD)


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Art of Fighting 2









Deux ans
Les sprites sont toujours énormes mais pas autant que lors du premier opus
après un premier épisode aussi hypnotique qu'imparfait, SNK remet le couvert avec un Art of Fighting 2 plus riche et plus abouti. Nous sommes alors en 1994, et SNK est en plein essor suite aux succès consécutifs des excellents Fatal Fury 2 et Special, Samuraï Shodown et sa suite, mais aussi Sengoku 2 et World Heroes 2. Alternant les univers (mais pas vraiment les genres) et un peu avant de lancer la grosse machine à succès que ce seront les King of Fighters (le premier épisode, le '94, sortira à peine 5 mois plus tard), SNK s'est dit qu'il était sûrement temps de faire revenir ce brave Art of Fighting sur les devants de la scène, d'autant plus que ses principaux personnages seront justement inclus aux différents opus de KOF. Souvenez-vous, Art of Fighting c'est presque autant de défauts que d'innovations, un jeu plaisant à jouer mais particulièrement frustrant sur certains points, jugez plutôt : le zoom sur action, superbe innovation qui sera reprise par un grand nombre de jeux (surtout chez SNK, beaucoup moins ailleurs), des personnages absolument immenses (pour ainsi dire tout l'écran !) lorsqu'ils sont au corps à corps, une jauge de "chi" pour éviter d'abuser des coups spéciaux, un mode story bien plus travaillé que sur les jeux concurrents, des bonus stages originaux qui permettaient de faire évoluer son personnage, une énorme cartouche de 102Mb (la première au monde a dépasser la barre symbolique des 100Mb !)... non vraiment, Art of Fighting a soit imposé de belles nouveautés, soit copier avec panache les recettes d'un Street Fighter II à l'insolante réputation. Malheureusement, tout n'était pas rose au pays des gnons dans la gueule puisque les animations n'étaient vraiment pas fluides, le zoom saccadait, le jeu était d'une difficulté extrême (notamment parce qu'il se permettait des passe-droits franchement frustrants et désavantageux), on avait des soucis de jouabilité, le solo se cantonnait à 2 personnages quand le versus n'en proposait que 8, et les 2 boss étaient difficilement accessibles. Ainsi, celui qui aurait pu devenir le nouveau roi du ring, est resté au final un jeu qu'on affectionne... en versus car en solo, il est quasiment imbattable.



 

Les écrans titres occidentaux et japonais


Avec le recul
La réalisation et la jouabilité sont encore à parfaire, mais le bond depuis le premier opus est notable
et l'expérience d'un SNK qui n'en finit plus d'enchainer les succès (même si au fond les sorties annuelles sont peu nombreuses), on s'est tous dit qu'Art of Fighting 2 corrigerait tous les défauts de son ainé. Et bien, disons que c'est presque ça... C'est presque ça car malheureusement certaines lacunes persistent. La première chose qui ne rebute plus le joueur, c'est que le jeu est enfin devenu "réglo". Fini les passe-droits et les coups de pu**, désormais les opposants sont beaucoup plus coriaces... mais "à la loyale". Assez inégaux dans leur puissance et leur acharnement à vous faire mordre la poussière, certains s'inclinent en 2 temps 3 mouvements et d'autres, sont de vraies plaies ! On citera par exemple Kisaragi (un vrai déchaîné) ou encore Ryo, plus violent que jamais et qu'on peut à peine approcher. En clair, ce jeu aura le don de vous foutre en rogne, de vous mettre les nerfs à vif ! Parce que les gars en face, n'ont aucune pitié (pourquoi faire me direz vous) et bien souvent ils s'arrangent la sauce comme ça leur va bien. Dès qu'on saute bam!, on prend une technique dans la gueule, on s'approche bam! c'est encore pour notre poire, on joue sur la défensive et encore bam!, le jeu trouve toujours la parade pour nous pourrir l'existence. Pourquoi après un premier opus largement critiqué sur cet aspect-là, SNK n'a-t'il pas rectifié le tir avec un mode "easy" qui porte bien son nom ? Car ne comptez pas le finir, même en facile (un mode bien mal nommé donc) le jeu est atrocement dur ! L'aventure devient donc très vite lassante puisqu'au bout du deuxième continu qu'on crame et ce, sur le 2e opposant à peine, on aura tendance à être fortement crispé à son pad (ou son stick selon avec quoi vous jouez), ce qui n'arrangera bien sûr rien du tout. A part ça (et c'est déjà un énorme frein pour son achat), le jeu améliore toutes ses facettes et conserve ce qui faisait son originalité. Pour être constructif, je vais commencer par évoquer les persos. Cette fois au confortable nombre de 12 (en versus comme en solo), du casting original seul Todo a disparu, quand tous les autres ont rempilé avec en plus quelques nouveaux : Big (le boss du premier Art of Fighting), Takuma (le père de Ryo, un très bon perso), Yuri (la sœur de Ryo, celle qui s'est faite enlevée dans le premier épisode), TemJin (un pénible) et Kisaragi (un ninja, l'un des meilleurs persos du jeu).


Côté options,
La difficulté est épouvantable et reste un vrai rempart au plaisir d'y jouer en solo
SNK nous livre le strict minimum avec 2 modes de jeu : story et versus. Et encore, on dit "versus" mais ce mode n'offre absolument rien : pas de choix du level, pas de possibilité de geler le temps, bref un mode qui fait bien sur la pochette mais en réalité qui ne change rien aux habitudes du développeur qui ne sait toujours pas faire la différence entre jeu d'Arcade (MVS) et jeu pour console de salon (AES). Les 2 autres options, plus utiles cette fois, nous permettent de choisir la langue (anglais, japonais...) ainsi que la vitesse du jeu. Jolie nouveauté par rapport à l'Arcade, on peut ajuster le "speed" de 85 à 130%, même si ça reste gadget (comme quoi les étranges gadgets de Street Fighter II Turbo donnent des idées à la concurrence). Sur le plan technique, on retrouve avec bonheur la dégradation des visages en temps réel (même les fringues y passent cette fois) ainsi que le fameux zoom, avec la particularité d'être un peu plus fluide et de stopper le sponsor d'aspirine. Plus sérieusement, sans être hyper fluide, SNK a fignolé son zoom et ce n'est pas un mal. Puisqu'on est dans l'animation, celle des persos s'est aussi étoffée (plus fluide donc) mais reste un peu en dessous des standards de l'époque. Graphiquement, on s'en doute, ça s'est amélioré. Les persos sont charismatiques pour la plupart, bien détaillés et d'une taille titanesque. A zoom max (ce qui est rare, en général on morfle avant d'en arriver là), les protagonistes prennent quasiment tout l'écran. En contrepartie l'animation n'est pas super décomposée comme on vient de le voir et les niveaux sont un peu simplistes. Certes colorés, ils restent pour le moins basiques et assez peu détaillés, ce qui peut s'expliquer par le fait que le zoom prend déjà énormément de ressources. Côté son c'est du tout bon avec des musiques qui collent bien à l'action (certaines sont vraiment superbes), de belles voix et des bruitages toujours aussi puissants (dommage que ce soit toujours nous ramassions lorsqu'ils retentissent). Art of Fighting 2 nous offre aussi 2 petites nouveautés : les contre-chopes et les contre-attaques. Evidement le jeu en abusera à volonté alors que vous, vous ne les placerez jamais, le jeu étant assez stressant comme ça et la manip' étant loin d'être évidente.



 

L'écran d'options (minimaliste mais c'est déjà mieux que rien)
et l'écran de choix du personnage, parmi 12 fighters


On peut en citer
La bande-son était déjà très bonne sur cartouche, elle est encore meilleure sur la version CD
2 parmi tant d'autres : Kisaragi est vraiment pénible à user de tout ce qu'il a sous la main pour vous faire avaler vos propres dents, et TemJim usera à volonté des contre-attaques, qui auront généralement pour effet d'annuler une boule de feu si chèrement payée. Car on retrouve aussi la jauge de force (le fameux "chi"), une jauge qui diminue à chaque coup spéciaux lancé ou provocation de votre adversaire. Et comme je disais tout à l'heure, le jeu s'arrange toujours pour que ça aille dans son sens. Déjà il enchaine les coups spéciaux de façon irréalisable et à la moindre seconde de répit, il rechargera son énergie ou vous fera une petite provocation, histoire de ne pas perdre son temps lorsque vous soufflez suite à un enchainement pour le moins sauvage. Autre détail qui fâche (et oui un de plus), même en "easy" vos coups infligeront toujours (et j'insiste sur le TOUJOURS) moins de dégâts que celui ou celle qui est en face. Autant dire que le solo est littéralement pourri par la difficulté. D'ailleurs le mode story est bizarrement très léger dans cet épisode même si on retrouve une petite intro et surtout une très sympathique fin où Yuri est très mise en avant (encore faut-il arriver jusque là). Les coups spéciaux sont très impressionnants et petit bonus, la jouabilité a été amélioré. Si ce n'est pas encore le summum, les attaques spéciales sortent quand même plus facilement. Enfin un mot sur la version Neo-Geo CD, qui a vu le jour seulement 6 mois après celle sur AES (en fait le jeu est sorti en même temps que la console). Si bien entendu on peut déplorer de ne pas avoir de persos ou de stages supplémentaires, une intro voire même une scénarisation plus poussée, dommage aussi qu'ils n'aient pas amélioré le menu d'options (en proposant notamment un mode versus plus poussé) ou encore que la difficulté soit plus équilibrée. A contrario on apprécie des loadings relativement contenus et surtout une bande-son de qualité CD, entièrement réorchestrée. Déjà bonne sur cartouche, la version CD apporte donc un vrai plus, ainsi qu'un prix naturellement revu à la baisse, support CD-Rom oblige.



Bizarrement, Note
j'ai bien aimé ce Art of Fighting 2. Malgré un côté technique encore à parfaire et une jouabilité à fignoler, il reste un jeu de combats vraiment sympa... en versus. Il est juste dommage qu'il n'entre pas dans la cour des grands titres du genre à cause, encore une fois, d'une difficulté rebutante, déséquilibrée et vraiment frustrante. C'est bien simple, cette suite est au moins aussi difficile que le premier opus... si ce n'est plus ! La faute à des adversaires enragés, qui feront tout pour vous briser, quitte à ne vous laisser respirer qu'une fois mort ! A ce stade-là je vous le dis tout net : Art of Fighting 2 n'est envisageable que si vous jouez en versus ou que votre console est équipé d'un Unibios (car je doute fort que vous arriviez à passer ne serait-ce que la moitié des opposants). Vous serez prévenu(e) ! Hormis ça, ce Art of Fighting 2 et son énorme cartouche de 178Mb (11 fois la cartouche de Mortal Kombat sur Super Nintendo !) s'avère être un bon jeu de combats. Si bien entendu la console a déjà vu naitre bon nombre d'excellents titres (Samuraï Shodown II et Fatal Fury Special en tête de liste) et que notre séquelle n'atteint pas encore un certain niveau d'excellence, il est quand même clair qu'SNK a bien planché son sujet et hormis la difficulté qui accuse un "grand n'importe quoi", aussi flagrant que frustrant, on peut dire que cette suite a littéralement transformé la licence. Aller, encore un petit effort et on aura le Art of Fghting parfait...



Les -

  • Difficulté épouvantable dès le niveau facile !! C'est sans doute son plus gros défaut...
  • Animations qui manquent encore un peu de fluidité
  • Les +

  • Un zoom toujours d'actualité et nettement plus fluide
  • Bonne bande-son sur cartouche, encore meilleure sur CD
  • Fini la triche et les passe-droits du premier opus
  • Des persos, encore une fois, vraiment énormes !
  • La jouabilité s'est grandement améliorée
  • La qualité des bruitages et des voix
  • 12 personnages jouables, pas mal
  • Techniquement réussi


  • Test réalisé par iiYama

    juillet 2006 (mise à jour : mars 2020)