MGS Twin Snakes (NGC)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : mars 2004
Développeur : Konami
Adaptation : Silicon Knights
Editeur : Konami
Genre : infiltration - action

Support : 2 mini-DVDs
Version testée : Française
Voix dans le jeu : US
Textes à l'écran : FR

Difficulté :
Multi-joueurs : non
Abréviation : MGS : twin snakes
Score des ventes : 5.6 Millions (PSX)


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Metal Gear Solid

The Twin Snakes



Difficile de parler de jeux cultes sans évoquer Metal Gear Solid, dont le premier opus 3D est paru sur PlayStation en 1999. Après les adaptations des Resident Evil de Capcom, dans des versions refaites et d'autres pas, Konami a décidé de ne pas rester passif et de remettre en scène son plus grand héros. L'œuvre de Konami a donc été adaptée sur le Cube de Nintendo par Silicon Knights (c'est Hideo Kojima qui a lui même supervisé le projet), en reprenant la base de Metal Gear Solid 2 (doubleurs, gameplay, moteur graphique). L'attente fut très longue mais bénéfique puisque Twin Snakes profite ainsi des nouveautés parues depuis et remet au goût du jour un jeu puissant à la scénarisation omniprésente et l'action cette fois plus soutenue. La réalisation a entièrement été refondue afin de se prêter à la puissante 256bits de big N et l'écart entre cinéma et jeu vidéo n'a jamais été aussi mince. Même pour celui qui a déjà vécu le jeu 100 fois sur PlayStation, ce sera à nouveau un réel plaisir de se remettre dans la peau de Solid Snake. Description de la merveilleuse adaptation d'une œuvre d'art...


Développement scénaristique

Retrouvez le scénario du jeu dans le spoiler "A savoir", en fin d'article.

Jamais de ma vie
Scénario béton et mise en scène magistrale ! La frontière entre cinéma et jeu vidéo n'a jamais aussi mince
je n'ai vécu meilleur scénario dans un jeu vidéo !! Digne d'un grand film d'espionnage, on retrouve l'entière trame de l'opus original, un scénario qui vous scotchera pour 10 heures (la durée de vie du jeu), hypnotisé devant votre écran. Très en avance sur son temps tout en restant pas si éloigné du présent, l'approche de Metal Gear Solid s'avère assez réaliste (à quelques boss près) et survole pas mal de sujets en même temps : le problème du recyclage nucléaire et des armes atomiques, le génome humain, le clonage, les nano-machines, les fabrications d'armes secrètes financés par les gouvernements, les manigances de politicards... des sujets graves auxquels on se sent tous un peu concernés. Très moraliste sur certains propos, les dialogues font aussi dans le jeu d'esprit. On sera parfois bouleversé par la tournure des événements avec des scènes un peu tire-moi-la-goutte, totalement en opposition avec celle de la torture. Par contre, les petites phrases qui prenaient un malin plaisir à nous remettre à notre place de simple joueur ne sont plus, mais on garde les fantaisies de Mantis. On retrouve donc tous les ingrédients d'un grand film avec de l'action, du suspens et une mise en scène phénoménale. Les cinématiques ont été entièrement repensées par le réalisateur Ryuhei Kitamura (notamment les scènes d'action), crées uniquement avec le moteur 3D du jeu. Et la maitrise de la mise en scène nous dévoile toute la puissance des chorégraphies digne d'un John Woo ou des frères Wachowski. Complètement démentielles par moment, surtout lors des affrontements contre Gray Fox et Metal Gear Rex, la mise en scène est stupéfiante de puissance avec un cadrage dynamique et un jeu d'acteurs (virtuels bien sûr) complètement dément ! On est loin de petites cut-scènes pourtant déjà impressionnantes de la version PSX, où les protagonistes étaient raides comme des robots. Refaites, elles sont bien plus dynamiques, parfois plus longues et avec quelques plans totalement inédits. Dans ces cut-scènes qu'on découvrira un Solid Snake bien plus impliqué et nerveux qu'autrefois. Perdant vite sa patience, il aura tendance à s'emporter, ce qui surprendra l'habitué mais qui est finalement compréhensible étant donné la gravité de la situation. Dommage par contre que le didacticiel via les missions V.R. ait disparu mais en contre-partie, on a plus de bonus, dont le résumé des 2 premiers Metal Gear, le long briefing qui précède la mission et il y a quelques joyeusetés que je vous laisse découvrir.


Jouabilité & Gameplay

Metal Gear Solid
Twin Snakes possède le même gameplay que Metal Gear Solid 2, qualités et défauts compris
use d'une caméra en vue de dessus, légèrement inclinée. On juge parfois mal la perspective mais ça permet de mieux apprécier tout ce qui nous entoure, sauf lors de rares passages (comme le combat contre Ocelot) où on doit tirer à l'aveuglette. Plus que jamais on joue avec le radar, outil indispensable dans un Metal Gear. Si la jouabilité était un peu rêche avec la croix numérique du pad PSX (l'analogique ne servant que trop peu), le passage sur GameCube a permit d'avoir une refonte de cette dernière et une large amélioration du gameplay. Désormais, on dirige Snake au stick ce qui rend le titre bien plus agréable même si on perd encore en précision. Cette précision sera mise à mal lors de la séance de snipe contre Sniper Wolf (le stick étant très sensible en plus d'être imprécis) mais le jeu étant globalement facile, donc ce n'est finalement pas trop pénalisant. Entièrement analogique, on dose la vitesse de son déplacement et ainsi il est possible de surprendre un garde par derrière sans même qu'il entende. Le Codec est le premier gadget d'importance dans le jeu puisqu'il nous permet de communiquer avec les amis comme les ennemis. A l'image d'une vulgaire radio FM digitale, on entre la fréquence de la personne pour pouvoir lui parler. Lorsqu'on est bloqué, qu'on ne sait plus quoi faire, il faut toujours aller chercher des renseignements auprès de l'équipe car il y en a toujours un qui aura un bon tuyau. Par ailleurs, on appréciera le fait que les développeurs se jouent un peu du joueur, avec par exemple le fait que la fréquence de Meryl se trouve (comme à l'époque) au dos de la boite du jeu ou que Mantis nous ordonne de poser le pad à terre afin qu'il puisse le faire bouger par télékinésie. En parlant de ce passage-là, la GameCube possédant 4 ports, il faudra jongler entre les 4 sinon au bout d'une minute à peine, on arrive plus à le toucher. Dernière différence dans le même genre, lors du combat contre Gray Fox (le ninja cyborg) on retrouve un Yoshi, un Mario et même une GameCube posés sur les bureaux. Et les personnages de Nintendo auront leur utilité puisqu'ils vous redonneront de la santé si on sait les utiliser. Enfin, contre Mantis toujours, on retrouve la photo de Kojima sur les tableaux et le jeu étant adapté par Silicon Knights, on retrouvera aussi des références à Eternal Darkness. Si on croit la base de Shadow Moses totalement ouverte, ce qui est un peu le cas dans l'absolu, on ne pourra rejoindre certaines zones qu'avec le passe correspondant. Ca cloisonne un peu le joueur qui aura tout loisir de fouiller plusieurs fois un même endroit selon sa carte d'accès, et ça évite d'être perdu dans ce vaste complexe car ces "key-cards" sont acquises au fil du scénario. La fouille des niveaux est bien entendu conseillée afin de trouver des munitions, des rations (pour régénérer sa jauge de vie) ainsi que divers gadgets très James Bond, qui se révèlent vite utiles : masque pour les zones gazées, détecteur de mines, lunettes de vision nocturne, déguisement en forme de carton afin de passer inaperçu, etc.


Il y a aussi de
La vue subjective est un petit plus lors des combats. Dommage que la visée soit si imprécise
nouveaux gadgets fort appréciables et qui facilitent (encore un peu plus) le jeu. On trouve des revues porno pour détourner l'attention des gardes et surtout un lanceur d'utilitaires : le M9. Avec le M9, on n'est plus obligé de dessouder tout le monde, on peut simplement les endormir. Très pratique pour ceux qui ont mauvaise conscience. On dispose aussi de nouveaux mouvements comme se pendre à une corniche (pratique pour éviter beaucoup de gardes en même temps), adossé à un mur on se peut pencher pour jeter un coup d'oeil et on peut réaliser une roulade afin d'éviter une salve de tirs. Plus fort encore, en pressant Z on peut passer en vue à la première personne (comme dans un FPS) ce qui nous laisse le choix de viser comme bon nous semble, caméras comprises (ainsi elles ne se déclenchent plus). La manière dont on choisit son équipement est aussi originale. Avec les touches R et L on fait défiler à gauche les objets, à droite les armes et avec une pression rapide, on les désactive. Le menu a aussi été revu et propose désormais des items regroupés par catégories. C'est autrement plus appréciable et moins fouillis qu'avant. Et il est d'ailleurs très agréable de ne plus devoir s'équiper d'un passe pour ouvrir les portes, la détection étant désormais automatique. Le gameplan de quelques pièces a changé (ça reste très rare), le jeu étant identique dans son approche et son déroulement. Par contre, il y a plus d'action. Tout d'abord les gardes sont plus vifs, plus agressifs, ils nous repèrent plus facilement et même, ils nous détectent d'un étage à l'autre. L'infiltration n'en est que plus jubilatoire avec la nette amélioration que les gardes n'arrivent plus en surnombre comme avant : si 3 ou 4 gardes surveillent le niveau, ils arriveront tous ensemble vers vous et si vous les tuez tous, vous aurez ensuite la paix. Ce n'est que plus crédible, apportant un peu de réalisme, et ça permet d'avoir un peu d'action en provoquant parfois les affrontements juste pour être tranquilles le temps de la fouille du niveau. Et si on peut se faire repérer d'un étage à l'autre, un peu aussi tirer sur des ennemis en contre-bas ou en hauteur. L'arsenal (hors M9) est à l'identique, si on joue dans les modes les plus faciles le fusil de sniper ne bougera presque pas (les tranquillisants ne servant plus, dommage) et lors des cut-scènes on peut parfois jouer avec la caméra et zoomer avec R (mais ça reste superflu). Seuls défauts : Snake se mettra trop facilement à couvert en s'adossant à un mur, ce qui coupera ainsi votre course et le Codec s'obtient en faisant Start + A. C'est loin d'être pratique d'autant que presser Start ne met même pas la pause (ce qui est assez étonnant). Ce gameplay dérivé de Metal Gear Solid 2 est donc efficace mais il subsiste encore quelques anicroches, comme le fait qu'on ne puisse pas se déplacer accroupi, on ne peut toujours pas mettre ses interminables cut-scènes en pause ou encore, comme dans MGS2, les déplacements et surtout la visée, sont très imprécis. Mais ce n'est rien comparé au plaisir procuré par ce jeu, celui-ci ayant prouvé toute sa force et son génie créatif avec quelques scènes épiques comme le combat contre le Hind et plus en encore avec celui contre Rex, sorte de dinosaure d'acier prêt à vous engloutir. Fantastique !


L'image

Grâce à un moteur 3D performant,
Le jeu n'a plus rien à voir avec la version PlayStation
dérivé du moteur de Metal Gear Solid 2 de la PS2, on retrouve une Meryl plus sexy que jamais et surtout des cut-scènes complètement démesurées ! On s'accordera tous pour dire que le jeu aurait pu être bien plus beau, n'affichant ici rien d'exceptionnel, juste une mise en scène démoniaque. C'est vrai que les textures sont parfois unies et que le design est restés à l'identique. Mais difficile de rechigner contre cette ambiance hi-tech qui a déjà fait parler d'elle en 1999. Bien sûr les modélisations ont étés revues, donnant plus de cachet aux séquences et si le jeu paraît très propre, les interventions de Gray Fox sont pour le moins sanglantes. Je dirais même que ça bidoche grave ! En parlant de lui, il n'a rien à envier à Ryu Hayabusa pour son côté boucher et son camouflage optique est superbement réalisé. Mantis quant à lui est véritablement affreux, plus proche d'un Michael Jackson-like que d'un être humain. Dommage par contre que Silicon Knights ait reprit les images Codec de la version originale au détail près car elles auraient pu être infiniment plus belles et mieux animées (ou simplement en 3D comme dans MGS2). Du coup elles ne suivent pas le doublage, parfois même un personnage mime le dialogue sans parler, ce qui est regrettable. Même si la claque graphique de l'époque n'est plus, la GameCube étant largement en dessous de ses capacités graphiques maximum, le jeu reste parfaitement animé (merci la motion capture), fluide et pas si mal que ça, les détails étant en nombre.


Le son

Le principal défaut
C'est regrettable qu'on ait perdu le doublage FR mais au moins cette fois la qualité est au rendez-vous
que la presse de l'époque ait pu trouver envers Metal Gear Solid sur PlayStation, venait d'un doublage un peu pourri car peu impliqué et souvent surfait. Kojima ayant prit note de l'erreur ne doubla plus aucun épisode de Metal Gear Solid sorti à ce jour (au lieu de justement essayer de corriger le tir : solution de facilité). Vous êtes content du résultat ? Les spécialistes de la VO vous diront que "oui" mais moi je me sens quelque peu frustré. En 2004, ne venez pas me dire qu'il était si difficile de trouver de bons doubleurs, faut pas pousser. Mais pour les développeurs, il est sûr que c'est plus facile ainsi, en faisant un seul doublage et en ne traduisant que les sous-titres. Et je vais vous dire, le doublage US n'est pas aussi excellent que le monde entier le prétend (pour Snake, on retrouve David Hayter, sa voix officielle sur tous les épisodes). Les voix sont ici aussi, un peu surfaites par endroit (et là bizarrement personne ne gueule) et même les intonations manquent parfois d'implication comme lorsque Otacon nous hurle dans le Codec que des mercenaires sont dans l'ascenseur. A l'image, il parait flippé mais à la voix, c'est autre chose. Pareillement, lors des cut-scènes les protagonistes ouvrent à peine la bouche, même lors des exclamations, transpirant le manque d'expressions faciales et corporelles (ce qui n'enlève rien à la qualité des scènes d'action, entendons-nous). Bon passons, pour parler des nouvelles musiques. Etrangement moins bonnes, elles sont plus discrètes et moins mélodieuses. On retrouve aussi de nouvelles pistes très Electro et pas toujours du meilleur goût, les remixes de l'opus original donnant sans réfléchir les meilleurs morceaux. En fait, le plus surprenant, c'est qu'après l'énorme qualité des musiques de la version PSX, ici on a plus de blancs, de zones acoustiquement vides et que je le disais, quand musique il y a, ça n'a plus le même charme, la même force mélodique qu'autrefois. C'est vraiment dommage car le plaisir de l'audio faisait parti des attraits de l'épisode d'origine. Désormais plus proche des musiques de films, à savoir orchestrales mais sans charme, une fois de plus Twin Snakes se rapproche de Metal Gear Solid 2. Enfin les bruitages ont également été revus, cette fois à la hausse, avec plus de réalisme et des armes percutantes. Là c'est du beau boulot. Au final, l'un dans l'autre, j'estime qu'on y a perdu. On est obligé de lire des sous-titres et les musiques sont moins poignantes même si globalement, le rendu excelle en terme de qualité de sampling.


Note générale

Hideo Kojima peut-être fier de son oeuvre, d'être arrivé si parfaitement à marier le jeu vidéo et le cinéma. Plus que jamais, on sera un héros derrière son pad, un héro impliqué et vivant l'aventure comme un film interactif. Une réalisation remise au goût du jour qui fait honneur au jeu, une mise en scène époustouflante digne de Matrix, un scénario haletant comme on en voit trop rarement... Metal Gear Solid est toujours aussi marquant, toujours aussi poignant, toujours aussi immersif, toujours aussi grandiose. Et grandiose est un adjectif minoré tant l'aventure est suprême, à l'image d'un combat (presque) final, facile mais ô combien impressionnant ! Ainsi, à la question "un jeu peut-il avoir autant d'impact qu'un film sur son spectateur ?", je réponds sans hésiter : oui ! Certes un peu mielleux par moment, avec sa morale de soap américain, je reprocherai juste un doublage US qui nous forcent à lire des sous-titres et qui cassent un peu l'immersion, ainsi qu'un couple jouabilité/gameplay repris de Metal Gear Solid 2 (PS2), défauts compris (imprécision du stick analogique, Snake qui se plaque en permanence à tout et n'importe quoi). A part ça, The Twin Snakes est une aventure phénoménale que même les possesseurs de la version PlayStation se doivent d'essayer tant les mises à jour sont agréables et la nouvelle mise en scène, époustouflante. Un jeu toujours aussi culte...


A savoir : cliquez pour ouvrir


Test réalisé par iiYama

juin 2008 (mise à jour : mars 2010)