Mother / EarthBound Beginnings (NES) -- GRAVITORBOX

 





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Note générale


Sortie du jeu : juillet 1989 (au Japon uniquement)
Développeurs : HAL Laboratory - Ape Inc.
Editeur : Nintendo
Genre : RPG

Version testée : Japonaise
Doublage : -
Textes à l'écran : JAP

Support : cartouche de 4Mb
Difficulté :
Multi-joueurs : non
Titres alternatifs : EarthBound - EarthBound Zero


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Mother

EarthBound Beginnings



Alors que l'année 2019
Mother utilise une grosse cartouche de 4Mb... c'est assez exceptionnel pour un jeu NES
commence à peine (ce sera le 30e anniversaire de la sortie du jeu que je m'apprête à tester), il convient d'évoquer le premier titre de la trilogie de RPG nommé Mother (connu sous le nom de Earthbound hors du Japon). Co-développé par HAL Laboratory (connu pour les séries Kirby et Super Smash Bros) et Ape Inc (devenu Creatures Incorporated en 1995, et qui a surtout participé au développement de certains épisodes de Pokémon), Mother est sorti en 1989, uniquement au Japon et sur Famicom. Créé par le copywriter, essayiste et acteur Shigesato Itoi, alors que la NES vivait ses derniers instants de réelle popularité (bientôt remplacée par les 2 raz-de-marée que sont les Game Boy et Super Famicom - il faudra cependant attendre 1995 pour qu'elle pousse son dernier soupir), une sortie américaine est alors prévue, la traduction en anglais est complète, le jeu est renommé EarthBound... mais la Super Nintendo pointe le bout de son nez et la sortie américaine est annulée en 1991, le jeu n'étant pas considéré comme rentable. En plus la taille de la ROM rendait difficile une sortie sur cartouche : en 1991 alors que les plus gros jeux pèsent 8Mb (comme Zelda III ou Contra III, à peine 4Mb pour Super Mario World), ici le jeu pèse 24Mb, ce qui était impensable à l'époque !! Les cartouches coutaient très chères à produire et le premier jeu à passer les 16Mb n'était autre que Street Fighter II (1992) et encore, c'est suite à son succès mondial qu'une telle limite fut franchie, sans quoi Nintendo aurait refusé en bloc. Alors pensez donc une cartouche de 24Mb pour un jeu inconnu hors du Japon, qui plus est un RPG, genre qui n'avait qu'un succès d'estime en occident... Il faudra attendre 1998 pour mettre la main sur une ROM (officieuse) du jeu entièrement traduite (les fans la nommeront Earthbound Zero), mais de façon plus officielle, Mother refera surface sur Game Boy Advance en juin 2003, dans la compilation Mother 1+2, qui réunit les 2 premiers opus, puis enfin en 2015 pour une sortie (cette fois) mondiale sur la Console Virtuelle de la Wii U, sous le nom d'Earthbound Beginnings.



No crying until the end


Le scénario et l'univers,
L'histoire et l'univers, signés Shigesato Itoi, sont originaux. Malheureusement, vous vous heurterez vite à la barrière de la langue...
tout droit sorti des idées de Shigesato Itoi, se révèlent bien différents de ce qui est fréquent dans les RPGs de l'époque. L'introduction révèle que dans les années 1900, un couple aux Etats-Unis a mystérieusement disparu. Le mari, George, est revenu 2 ans plus tard, mais il n'a jamais fait mention de ce qui s'était passé, et s'est lancé dans d'étranges recherches. Sa femme, Maria, n'est jamais revenue. 80 ans plus tard, nous voilà aux contrôles de Ninten, jeune garçon de 12 ans vivant au nord de Podunk. A peine nous franchissons la porte de notre chambre, que nous voilà attaqués par notre... lampe de chevet ! Et je suis sérieux. Votre lampe se met soudainement à bouger et vous attaque. Une fois que la lampe est vaincue, vous devez ensuite sauver vos 2 petites sœurs d'une autre lampe et d'une poupée, apparemment possédées, tandis que la maison tremble comme moi lorsque j'ai une envie pressante. En téléphonant à son papa, celui-ci suppose dans le plus grand des calmes qu'il s'agirait d'un "poltergeist" et nous il dit d'aller au sous-sol afin de récupérer des notes de notre ancêtre, qui n'est autre que George, dont les recherches impliquaient des pouvoirs psychiques appelés PSI (PK au Japon) dont Ninten dispose. Vous voilà désormais parti à l'aventure, déterminé à savoir ce qui se passe. Mais vous ne serez pas seul : ainsi, Lloyd, un Einstein miniature de 11 ans, Ana, jeune fille de 12 ans dotée de puissants pouvoirs PSI, et Teddy, chef de gang, se joindront à vous dans cette aventure. A noter qu'il faudra donner un nom aux 4 personnages jouables au début du jeu, en plus de donner le nom de sa nourriture favorite. Si au début on est livré à nous-mêmes et on ne comprend pas nécessairement ce qui se passe, au fur et à mesure qu'on avance dans le jeu les pièces du puzzle s'assemblent, jusqu'au moment final.



Mother Classics...


Le scénario
Le gameplay est on-ne-peut-plus classique
d'Itoi est unique, étrange, drôle, mais triste aussi. Et c'est ainsi qu'on peut décrire l'univers de Mother/Earthbound Beginnings : on rit lorsqu'on affronte des fermiers, des hippies et autres femmes avec des sacs (pour la 2e fois, je suis sérieux, des hippies...) en lieu et place des monstres fréquemment rencontrés dans les RPGs de l'époque, et on ne peut qu'être attristé par ce qui se passe à Youngtown. Et ce ne sont que des exemples. Cet univers, cette histoire sont non seulement les forces de ce jeu, mais aussi les forces de ses successeurs. Le jeu est aussi très peu linéaire, contrairement à ses successeurs, surtout Mother 3 : ainsi, on peut finir le jeu avec des combinaisons de personnages différentes de celle qu'on est censé avoir. On peut aussi recruter les personnages dans un ordre différent. Ça peut autant être un bon point qu'un mauvais : on peut se perdre facilement mais on peut aussi tenter de faire quelque chose d'original à la partie suivante, explorer d'autres voies. Autre point noir : mis à part les patchs non-officiels trouvables sur le Net, le jeu est uniquement en japonais sur Famicom et GBA et en anglais sur la Wii U. Pas facile dans ces conditions d'apprécier le jeu et ses dialogues à leur juste valeur. Ainsi je ne saurai que trop vous conseiller de "trouver" une version traduite...



Ninten sans le "do"


Le gameplay
La bande-son est vraiment jolie
est basé sur celui de Dragon Quest, sorti 3 ans auparavant : lors des combats (au tour par tour) les personnages jouables n'apparaissent pas, seul l'ennemi est présent au centre de l'écran. Plusieurs options sont alors disponibles : attaquer, se défendre, utiliser des objets ou des pouvoirs PSI, fuir, laisser l'ordinateur décider à votre place et combattre l'ennemi... Parfois, une attaque (autant du camp ennemi que du votre) peut être encore plus violente que normalement : les défenses de la cible ne sont pas prises en compte, l'écran clignote brièvement en vert et il y a écrit "SMAAASH!". Cela deviendra un élément de la trilogie, revenant dans les 2 itérations suivantes. A ce titre, le gameplay est peu original et c'est bien dommage, surtout pour un jeu avec un univers si unique. Hors des combats, l'une des quêtes majeures sera de retrouver et de mémoriser 8 mélodies, sous la demande de la reine Mary de Magicant. Une quête pas aussi facile qu'elle n'y paraît, puisque ces 8 mélodies sont très bien cachées. Les déplacements quant à eux, sont fluides, avec la possibilité d'aller dans 8 directions, ce qui est un bon point. Les personnages s'illustrent tous à leur façon: Ninten est le soigneur de la bande, en plus d'utiliser des boucliers psychiques et d'être le 2e personnage avec les plus hauts "stats" d'attaque. Ana, bien que dotée d'excellents pouvoirs PSI de guérison, s'illustre surtout pour ses pouvoirs offensifs (je citerai par exemple le PK Beam et le PK Fire) en plus d'être le seul personnage à avoir des pouvoirs PSI offensifs. Néanmoins, elle est aussi très peu endurante : elle peut être vaincue rapidement. Lloyd, lui, se fait remarquer pour avoir le plus haut taux de Sagesse du jeu, il utilise bon nombre d'armes pour compenser son manque de pouvoirs psychiques et a une importance scénaristique supérieure à celles d'Ana et de Teddy car il est le seul personnage requis pour finir le jeu (mis à part Ninten évidemment).



PK Hardcore !


Enfin,
La difficulté du jeu est hardcore !
si Teddy n'a pas de pouvoir PSI, son attaque et sa vitesse sont absolument dévastateurs, le plaçant au-dessus des autres dans ces domaines, en plus d'avoir le plus haut taux d'HP du jeu. Quand vous aurez Teddy, vous allez beaucoup l'apprécier car Mother/Earthbound Beginnings est dur. TRÈS TRÈS DUR ! Et même le Caps Lock de mon clavier d'ordinateur et la répétition de "très" n'empêchent pas mes dires d'être un euphémisme. Si vous ne faîtes pas de "grind", vous allez morfler ! Et ce, très rapidement : la première fois que j'ai joué au jeu, je me suis fait laminer par un fermier enragé peu après être sorti de chez Ninten alors que je venais à peine de commencer l'aventure... Ajoutons à cela que les combats sont lancés de manière totalement aléatoire, parfois même avec seulement un pas d'écart entre 2 combats. Ajoutons à cela un haut taux d'échec si vous tentez de fuir les combats : 50%. Heureusement que le 4th-D Slip, aptitude PSI unique à Ninten, augmente ce pourcentage à 100%, sauf face aux boss. Et ça coûtera des PP aussi. Et ne parlons pas des changements de statuts. Par exemple parler à certains PNJs (ce qui se révèle parfois obligatoire pour progresser) peut mal se finir : un PNJ peut vous éternuer dessus et vous êtes empoisonnés. De plus, se débarrasser de ces changements de statut peut se révéler difficile. Dans toute cette difficulté, mention spéciale à Magicant et au Mont Itoi. Le premier est un endroit où Ninten peut aller quand il veut une fois découvert, et où on peut "grinder" plus facilement et se soigner gratuitement. Cet endroit facilite les choses à lui-seul.



Take a melody...


Quant au Mont Itoi,
Les graphismes oscillent entre le banal et le très beau
dernier niveau de l'aventure, il fait passer tout le reste du jeu pour une partie de plaisir : les ennemis sont incroyablement puissants et le plus souvent nombreux. A défaut de tout simplement monter dans ce niveau, la difficulté dépasse le niveau du raisonnable et décolle. Et je ne parle que des ennemis, pas des boss. Il faut reconnaître cependant un bon point à cette difficulté : la durée de vie est gigantesque et si vous ne faîtes pas de "rage quit", alors vous êtes partis pour des jours et des jours de jeu. Pour ce qui est de la partie technique, on constate que les graphismes ne sont pas mal du tout pour l'époque (notez au passage que la cartouche fait 4Mb, ce qui est énorme pour une simple Famicom/NES dont les plus gros titres atteignent rarement les 1 voire 2Mb). On va du passable au magnifique suivant les environnements : si par exemple les villes et les plaines sont simples (et qu'un Super Mario Bros. 3 -sorti à la même période- semble techniquement plus poussé), Magicant et Snowman sont magnifiques, surtout le premier, qui est rempli de couleurs. On sent vraiment que la NES vit ses derniers instants et on offre nous un jeu qui, graphiquement, est loin d'être moche. Il est par contre dommage que le jeu ait mal vieilli, car pour son époque, c'était très joli. Enfin la bande-son est absolument magnifique, avec des musiques marquantes (qui a dit Pollyanna?), variées, et dont certaines reviendront même chez Mother 2/Earthbound et Mother 3. Ce n'est pas de la qualité CD mais pour de la NES, ça envoie du lourd (notamment All i Need is You).



Pour un RPG Note
japonais, Mother/Earthbound Beginnings n'est pas révolutionnaire. Il reste néanmoins un très bon jeu, malgré une difficulté inhumaine et quelques couacs de conception (comme ces attaques aléatoires trop proches ou ce encore grinding forcé). Il offre cependant une réalisation tout à fait probante pour une Famicom/NES, un gameplay depuis longtemps éprouvé (bien que tout sauf original), ainsi qu'un univers et une histoire qui le démarquent nettement du reste des RPGs de l'époque. Ainsi même s'il est difficile d'approche (officiellement il n'existe qu'en version japonaise sur NES et dans la compilation GBA, uniquement en anglais sur la Console Virtuelle de la WiiU... heureusement il existe des passionnés qui l'ont traduits de façon officieuse - je vous laisse faire vos recherches sur Internet), ce premier épisode de Mother reste un grand titre pour une NES qui était en passe de céder le flambeau. Je le recommande chaudement...



Les -

  • Le Mont Itoi, qui réussit à aller encore plus loin dans l'hardcore
  • Le grinding, souvent forcé, impacte l'expérience de jeu
  • Les hautes chances d'échec si vous tentez de fuir
  • Le niveau de difficulté est inexplicable !
  • On peut se perdre facilement
  • Les +

  • Magicant, tant à lui-seul le niveau est joli et baisse un peu la difficulté
  • Les déplacements dans les 8 directions, rare à l'époque
  • Le 4th-D Slip s'avère très utile
  • Les 8 Mélodies et leur quête
  • L'histoire et l'univers du jeu
  • Une bande-son fantastique
  • Des graphismes sympas
  • La non-linéarité du jeu
  • L'humour

  • Test réalisé par Idris2000

    janvier 2019