The World Ends With You (NDS)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : avril 2008
Développeur : Jupiter
Editeur : Square Enix
Genre : action - RPG

Support : cartouche
Version testée : Française
Voix dans le jeu : US
Textes à l'écran : US

Difficulté :
Multi-joueurs : jusqu'à 4 joueurs
Abréviation : TWEWY
Titre alternatif : Subarashiki Kono Sekai
Prix au lancement : 40€
Score des ventes : 720.000



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The World Ends
With You





Il est par
TWEWY propose un gameplay original, riche et varié mais pas toujours évident en plein combat
moment des ovnis, des jeux qui sortent de l'ordinaire et qui proposent autre chose que ce qu'on connait déjà... ou de ceux qui le proposent juste différemment. The World Ends With You, que l'on peut surnommer TWEWY, est de ce second genre. Sous ses airs d'action-RPG, il cache toute une profondeur de jeu qui n'a d'égale que son coté atypique. Et dès sa sortie, le jeu fut suivi par les médias pour ces raisons. Et puis, quand Square sort des sentiers battus, on s'attendait tous à un événement. TWEWY c'est l'histoire de Neku, un petit misanthrope de derrière les fagots. Avec son gros casque de sono sur les bananes, ce dernier déambule dans les quartiers mode de Tokyo, à savoir Shibuya (qui est à ce titre fidèlement reproduit), jusqu'à ce qu'un beau matin il se retrouve piégé dans un jeu des plus sadiques (et des plus tiré par les cheveux) : il doit y prendre part ou mourir ! Le temps lui ait alors compté, car chaque jour il doit réaliser un objectif dans un Shibuya parallèle peuplé de noise (les "bruits"), véritables monstres au style un peu destroy. Il dispose alors de la faculté de lire dans les pensées des gens, pouvant ainsi trouver des éléments de réponses, ou même susciter chez les gens des idées, mais aussi des "pins" contenant de puissants pouvoirs et attaques. Le scénario se divise en 3 semaines de 7 jours (chaque semaine fait office d'acte), chaque journée étant un objectif à atteindre et chaque semaine faisant la part belle à un partenaire différent. Difficile de vraiment éclairer sur le contenu de ces parties sans spoiler le scénario, mais une chose est sûre, ce dernier ne manque ni de retournements de situation, ni de révélations dantesques et hallucinantes, ni d'audace. Chaque jour apporte de nouveaux éléments à une trame alambiquée et vraiment puissante. Cette dernière évolue sous forme de dialogues, parfois longs, parfois sous forme de vidéos, mais le rythme est quand même agréable et travaillé. Les dialogues représentent quand même une bonne moitié du temps passé sur le jeu (un peu comme dans un MGS), il faut donc apprécier, mais ces derniers ne manquent pas d'esprit, d'un peu de philo et de pas mal de d'humour. Les personnages de TWEWY sont assez profonds, mais inégalement travaillés. Neku évolue comme on s'y attend de la misanthropie totale, il est le moins étonnant des persos (mais c'est un constat que l'on retrouve souvent dans les RPGs). Pour le reste, Shiki révèle avoir une des histoires les plus sympathiques à suivre (elle a aussi ses petits travers qui peuvent surprendre), quand à Joshua c'est surement celui qui réserve le fin du fin : des dialogues bourrés de sous-entendus, les pires révélations, etc.


De l'autre coté,
Certains effets ont la classe
il y a les "reapers", ceux qui tiennent le "jeu". Le constat est qu'ils sont assez banals, sauf pour Sho qui constitue l'un des méchants les plus classe que j'ai vu dans un RPG et cela tient en grande partie à ses répliques. Notons qu'une fois le scénario principal achevé, le player peut rejouer toutes les journées (avec n'importe quel protagoniste en partenaire) afin de débloquer des "secrets reports", des petits textes à lire contenant la face cachée du scénario. Autant le dire, c'est un peu brut de décoffrage car les objectifs (multiples) pour les obtenir sont assez tordus et au final on nous fait refaire les mêmes choses. Mais ca en vaut quand même la peine, car on en apprend des vertes et des pas mures, de quoi se dire "et bé merde alors ... les scénaristes ont travaillés leur petit univers". Mais tout cela reste du texte à lire. J'ajouterai qu'on ne sait que très tard pourquoi le jeu se nomme ainsi. Coté graphismes, la DS se défend franchement bien avec ce titre. Fort d'un style très manga, les décors sont épurés mais restent fidèles au Shibuya de Tokyo et vraiment stylé. Les personnages ont eux même hérité du style graphique de Nomura, un grand nom connu chez Square, ce qui participe largement à rendre l'œuvre unique. Coté animation, c'est du joli : le jeu est fluide, les sprites sont travaillés et atypiques (surtout les noises). Les effets issus de la magie des pins sont légions et ont le bon gout d'être en majeure-partie assez clinquants. TWEWY c'est donc un jeu très branché, très "mode". Du coup les musiques elles-mêmes retranscrivent ce choix d'univers et on découvre tout un tas de genres différents très axés punk-music et jPop. Pour autant, si tous les thèmes ne sont pas à sauver, car un peu trop trash selon les gouts, la majeure partie l'est. Certains titres sont même carrément accrocheurs, on ne regrettera que le fait que la musique se relance après une entrée de magasin ou autre, coupant ainsi notre fredonnement ... pour être parfois remplacé par une musique que l'on aime bien moins. On a tout de même la possibilité d'acquérir les musiques pour les écouter ensuite à notre bon plaisir ou pour en faire le thème du menu d'inventaire (pas bête comme idée). Le jeu mise également sur quelques voix. Ces dernières surviennent uniquement pour ponctuer les dialogues, mais ne correspondent pas vraiment à des phrases, juste des intonations. Du déjà vu, bien entendu, mais c'est ici bien employé et encore une fois efficace : les dialogues prennent vie et la qualité est au rendez vous. Certaines phrases ou paroles sont même marquantes, comme ce bon vieux Sho et ses références mathématiques complètement énormes et omniprésentes (il va jusqu'à parler de tangente et de cosinus en plein combat).


Jusque là finalement,
Techniquement le jeu est d'un très bon niveau, le design y étant pour beaucoup
tout est stylé ou osé, mais rien de fondamentalement différent me direz-vous. Et bien on va aborder sans tarder ce qui pose définitivement TWEWY comme genre à part : son gameplay. Neku se sert des pins dans les affrontements. Il peut s'en équiper de 2 à 6, en fonction de la progression dans l'histoire, et ils sont affichés en haut. Lorsque ces derniers ont des effets passifs, ils sont grisés et n'interviennent pas dans le combat par interaction mais automatiquement. Pour les autres, il y a pour chacun une méthode d'activation qui dépend de son genre : tracer une droite sur une cible, un cercle, frotter l'écran du stylet, souffler sur le micro, parler, laisser le stylet pointer sur la cible... et j'en passe la moitié ! Autant le dire, toutes les fonctions de la DS sont ici merveilleusement mise à contribution et répondent fidèlement. Du coup, le joueur à tout à loisir d'adapter sa composition de pins à ses propres réflexes et envies. Et les combats qui en découlent en sont, pour le coup, hyper actifs et musclés. Un plaisir. Mais ce serait bien trop simple si on en restait là, non ? Si l'on contrôle Neku sur l'écran du bas, on contrôle aussi son partenaire sur l'écran du haut, via les touches directionnelle ou d'action (selon que l'on est droitier ou gaucher). Et là, ça se gâte un peu car il est carrément difficile (pour certains c'est même impossible en fait) de bien veiller au déroulement des 2 parties (bien que les ennemis de l'un et l'autre sont commun, partageant leurs points de vie, etc) puisque le tout est rapide et sans temps mort. Le compagnon a, en plus, un style de jeu différent selon qui il est. Il s'agira de frapper en cumulant des combos pour des frappes dévastatrice en duo, mais les résultats à obtenir pour monter ces combos étant de nature différente, et pas forcément aisées à gérer avec l'autre combat, on commence à peine à saisir le principe qu'il faut déjà en changer. C'est un peu frustrant, mais heureusement il est possible de faire en sorte que le combat du dessus est peu d'impact négatif et de ce concentrer sur Neku. Dans tout les cas il faudra tout de même faire attention à ce qu'il se passe au dessus puisque la barre de vie est commune au 2 protagonistes. Bref, tout un programme qui s'avère jouissif une fois en main, mais dont on met du temps à saisir les mécaniques et à se faire aux réflexes requis. L'autre particularité, c'est également que la difficulté est réglable sous 2 aspects différents, tout 2 impactant sur un même domaine : le drop des monstres. Lorsque Neku se bat, il obtient de l'expérience pour ses pins et pour lui même. Les pins montent en niveau et acquièrent de meilleurs stats, tandis que Neku lui gagne en HP maximum.


Cependant,
Le design est signé Tetsuya Nomura et Gen Kobayashi
le joueur peut soit même réduire son niveau pour améliorer les chances d'avoir des objets en combat. Pire encore, il peut débloquer des modes de difficulté (de base facile et normal) pour accroitre encore ses gains mais rendre les combats bien plus corsés (puisqu'en difficile par exemple les monstres frappent 100% plus fort, contre 50% moins fort en facile). Du coup le jeu s'adapte complètement au niveau du joueur et peut être aussi bien simplissime que difficile à souhait. De quoi faire plaisir au nippon fana de challenge qu'aux p'tits européens (comme moi) qui aiment se la prendre tranquille. Dans Shibuya, Neku a la possibilité d'entrer dans les magasins pour y acheter tout un tas d'objets plus ou moins branchés. Les vêtements affectent notamment sa défense, son attaque ou bien ses HP, tout en accordant quelques fois des effets passifs spéciaux. Ces derniers et les pins sont associés à des marques, et il y a tout un système de tendance sur lequel le joueur peut se baser pour améliorer ses chances en combat. En effet porter des vêtements d'une marque influe sur les tendances du quartier et le niveau d'influence augmente la puissance des pins de cette marque (qui va même jusqu'à une pénalité pour les marques au plus bas). C'est un système sympathique, mais on peut tout à fait passer outre car les répercutions ne sont finalement pas évidentes à voir puisque l'on change assez rapidement de quartier. Cela a, au final, un intérêt quand on décide de "farmer" le même coin quelques temps. TWEWY propose en effet pas mal de petites choses à faire ici et là, dont le fait de pouvoir compléter à 100% le bestiaire (en obtenant tous les types d'objets d'un monstre par exemple) ou d'obtenir tous les objets du jeu. Ca débloque des petits bonus, mais rien de transcendant. Le jeu se révèle assez chaud à prendre en main car il nécessite d'être très alerte par moment, voire même ambidextre (le "Minex ambidextre?"). Tous les concepts ne sont pas forcément hyper évidents, mais le scénario est suffisamment couillu pour que le joueur n'abandonne pas et prenne le temps de se faire au tout. Pour la durée de vie, il faut compter 35 bonnes heures de jeu pour venir à bout du jeu la première fois, 10 bonnes heures de plus (au moins) pour obtenir les "secrets reports", et enfin une bonne centaine de plus pour tout finir entièrement (ce qui présente peu d'intérêt, mais l'ayant fait j'me dis que d'autres seront intéressés). Le jeu n'est pas bien difficile puisque le joueur règle lui même la difficulté. Les pins font aussi l'objet d'un petit "jeu dans le jeu", qui est fort sympathique. Chaque pin dispose de petites compétences à jouer (le rendant bien souvent unique) et qui peuvent dépendre de la stratégie du joueur, le tout afin de remporter une victoire sur l'adversaire en lui expulsant les pins de la zone de jeu (plus ou moins plate). C'est assez fun et plutôt bien pensé, du coup on se laisse tenter sans trop de mal.



The World Ends With You (TWEWY)Note
c'est un scénario qui ne prêche que par un format un peu facile et moins immersif que d'autres, mais qui accroche totalement au fait de sa qualité et de ses dialogues. C'est aussi un style graphique soigné et fédérateur, une ambiance sonore à la fois étrange et bien pensée, tout servant idéalement le titre dans tous ses aspects. Enfin TWEWY c'est aussi un gameplay qui change, profond et énergique, qui emploie toutes les fonctions de la petite double-écran de Nintendo. Que dire de plus, sinon qu'on a là une perle du genre…



PS : si génial qu'il est, il faut quand même que je vous prévienne que le jeu est entièrement en anglais, même pour la version sortie chez nous. A la façon du dernier Ace Attorney de Capcom, ces fumistes de Japonais ne pensent qu'à leur gueule et étant donné la masse de textes à lire, il vaut mieux bien maitriser son anglais. Voilà, c'est dit…


A savoir : cliquez pour ouvrir


Test réalisé par Aquel

janvier 2011