Dementium (NDS)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : juillet 2009
Développeur : Renegade Kid
Editeur : Gamecock Media Group
Genre : FPS horror

Support : cartouche de 64Mo
Version testée : Française
Voix dans le jeu : US
Textes à l'écran : FR

Difficulté :
Moteur graphique : Renegade Engine
Multi-joueurs : non
Titre alternatif : Dementium : The Ward
Prix au lancement : 40€





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Dementium

L'Alise


Après les Japonais,
Devoir switcher en permanence entre la lampe et les armes est irréaliste et gonflant. L'effet DOOM 3...
c'est au tour des américains de nous livrer leurs jeux hyper en retard. Imaginez un peu : Dementium est sorti le 31 octobre 2007 alors qu'il n'a vu le jour chez nous qu'en avril 2009. A force de nous prendre pour des cons, on devrait boycotter ces jeux qui mettent des mois, voire des années à traverser les océans, lorsque certains titres mettent à peine quelques jours. Bon trêve de révolutionnisme, Dementium c'est quoi ? Vous le savez, la Nintendo DS est très axée sur le grand public et pour cause, les jeux gamers se comptent sur les doigts d'une seule main. Et lorsqu'on parle de jeux d'horreur, à part le très bon Resident Evil DS, je crois que la liste est vide. Désormais il faudra compter sur les petits gars de Renegade Kids, qui sortent ce jeu en même temps que le sympathique Moon. Dementium, c'est un scénario rachitique qui nous place dans la peau d'un patient amnésique, enfermé dans un asile immense et qui cherche désespérément à s'enfuir et à recoller les morceaux. Le premier bon point du jeu, c'est de nous mettre dans l'ambiance tout de suite. Le premier défaut, c'est qu'il n'y a pour ainsi dire pas d'intro. On ne sait pas qui on est, ni se qu'on fout là. A ce propos on aura quelques papiers à ramasser qui n'en divulguent pas long, et quelques cut-scènes histoire de souligner un fait marquant ou l'entrée en matière d'un boss. Après, tout au long des 16 chapitres qui composent l'aventure, on n'a rien ! Et c'est un peu le problème du jeu car même si l'ambiance est bonne, le fait de ne pas avoir de fond rend l'aventure moins attrayante. Se présentant comme un FPS (en vue à la première personne), on dirige son personnage avec la croix et la visée se gère avec le stylet sur l'écran tactile. C'est peu pratique (viser, se diriger, tenir la console, tirer… j'ai que 2 mains moi !) mais c'est étonnamment précis. Le problème, c'est que le réticule de visée est minuscule en plus d'être blanc (il se confond avec le décor), donc on ne sait presque jamais où on vise. Oui, c'est précis, l'écran tactile se démontrant bien adapté au genre. Un conseil, si vous pouvez jouer avec une bague, vous gagnerez en confort. Au départ on n'a rien et comme le bâtiment est privé de lumière (pas de courant mais les ordinateurs sont allumés, même si l'écran est tout seul, c'est ridicule... oui je sais c'est la magie des textures et du copier-coller) et bien on voit que dalle ! Dehors c'est une pluie battante qui tombe donc on voit à 2m lorsqu'il n'y a pas d'éclairs. Heureusement notre bougre trouvera assez vite une lampe ainsi que sa première arme (un tonfa).


Vient ensuite
Les énigmes sont simples, sauf une qui va vous prendre la tête...
le premier ennemi, assez effrayant il faut dire. Au départ on doit jongler entre le tonfa et la lampe, normal pourrait-on penser, mais ça devient incompréhensible lorsqu'on trouve un 9mm (on trouve même ça débile). Reprenant le plus mauvais aspect de DOOM 3, notre pensionnaire n'est pas foutu de tenir la lampe dans une main et l'arme dans l'autre, c'est au dessus de ses moyens. Résultat, on parcourt le jeu avec la lampe, et lorsqu'on voit un ennemi on jongle sur une arme et hop, on n'y voit presque plus rien. C'est vachement pratique pour le dégommer de loin (car il vaut mieux éviter le contact étant donné leur agressivité). La 3e erreur, c'est que le jeu est hyper linéaire et hyper redondant. On croisera toujours la même poignée d'ennemis qui réagissent toujours de la même façon (perso j'ai détesté les limaces, elles sont pénibles) et on parcourra toujours les mêmes couloirs agrémentés de leur dizaines de placard tous identiques. En plus, on pourrait croire que le jeu est ouvert mais non. Fouiller les lieux ne revient qu'à chiner quelques munitions de plus ou trouver un chemin alternatif (quand c'est possible car plus on avance dans le jeu, plus on est cloisonné). Dementium se torpille en quelques heures si vous allez droit devant. Cette durée de vie peut aller jusqu'à doubler si vous prenez la peine de bien fouiller les lieux, mais vous n'apprendrez rien de plus. Des centaines de portes sont fermées (comme dans Silent Hill) et comme notre personnage est une grosse buse qui ne sait même pas sauter, souvent un couloir se retrouve inaccessible à cause d'un simple bureau jeté en travers (moi ça me démonte les jeux où on ne peut pas sauter par-dessus ce qui semble être une évidence). Pour égayer un peu tout ça, on tombe de temps en temps sur un boss (rare) ou sur une énigme (encore plus rare). D'ailleurs les énigmes sont hyper simples sauf pour une, tordue au possible, au point que j'ai fini par regarder une soluce plutôt que de me prendre la tête (le problème n'est même pas posé, c'est incompréhensible). Pour nous aider on a un bloc-note où on peut écrire ce qu'on veut et globalement, le jeu n'est pas difficile. Les medikits sont très nombreux, le jeu sauvegarde à chaque porte franchie et les ennemis, s'ils sont agressifs, ne sont pas très résistants.


Par contre ce qui
Techniquement impressionnant. Dommage que ce soit si redondant
est frustrant, c'est d'avoir un gars qui fait un pas de recul à chaque coup tiré. Je veux bien que tout le monde n'est pas tireur d'élite, je veux bien que ça fasse ça avec le fusil à pompe, mais avec un simple 9mm c'est simplement ridicule. Pour revenir 2 minutes à la jouabilité, la prise en mains est quand même bien étudiée. On tient sa console de travers (comme on peut en fait), on fait avant/arrière/strafe latéral avec la croix, on vise avec le stylet et on tire avec L. Pour les autres fonctions (changer d'armes, entrer dans les options, voir la carte, franchir une porte, prendre un objet) de petits icones sont sur l'écran tactile. Même si de temps en temps on glisse dessus par mégarde, c'est quand même bien pratique d'avoir tout "sous la main". Il est juste un peu dommage qu'on ne puisse jouer "à l'ancienne", comme on joue à un DOOM ou à un Duke Nukem 3D, le jeu y aurait gagné en nervosité. Techniquement à présent, on peut le dire, c'est un vrai cauchemar ce bâtiment. Il y a du sang partout, des monstres flippants, des cadavres... autant dire qu'il y a de quoi avoir la trouille. Les graphismes, tout en 3D, semblent sortir d'une bonne vieille PSOne, mais la qualité est là. Les décors sont bien rendus, les ennemis aussi, c'est fluide et il n'y a pas de bugs. Par contre, c'est toujours pareil. A part quelques toits ou la cour, on verra toujours les mêmes décors, avec toujours les mêmes sprites. Redondant à un point à peine imaginable, comme je le disais précédemment, et en plus on n'affronte qu'une poignée d'ennemis différents (plus ou moins 5). Et pour le son c'est pareil. Reprenant un peu les ambiances sonores de Silent Hill et Resident Evil, on aura des mélopées tristounettes, superbement composées au piano mais encore une fois, en trop petit nombre. Il doit y avoir 5 ou 6 musiques différentes qui tournent en boucle, donc elles finissent par gonfler (comme ce battement de cœur permanent qui donne une idée du stress du héros... c'est gonflant mais heureusement on peut le couper). Pour le reste, les bruitages sont corrects (armes) et à part quelques cris, on n'a que rarement des voix (donc pour traduire les textes en Français il ne fallait pas 1 an et demi, hein les gars ?).



Dementium avait Note
l'étoffe des grands jeux là où il se contente de n'être qu'un petit jeu. Au début, on vient même à se dire qu'il ressemble à Silent Hill, si la licence s'était tournée vers le FPS. On a une jouabilité pas tout à fait commode mais qui convient au genre, des graphismes bien travaillés avec notamment des effets lumineux superbes (la lampe est bien retranscrite) et le son est également d'une qualité honorable. Seulement le fait de switcher en permanence entre la lampe et les armes, le fait de parcourir un asile immense (à croire qu'il n'y en a qu'un seul pour tout le pays vu la taille, ou alors que la moitié de la population est dingo), en long en large et en travers avec toujours les mêmes décors, les mêmes pièces et les mêmes ennemis, tout ça sans réel liant scénaristique... et bien on se lasse ! C'est dommage car le jeu est plutôt bien fait et les débuts sont très prometteurs. Seulement il faudrait arrêter de prendre les joueurs pour des imbéciles. Assailli par des monstres horrifiques, n'allez pas me dire que le gars ne saurait pas se débrouiller à défoncer quelques portes, passer par-dessus quelques chaises empilées ou même tenir sa lampe dans une main et l'arme dans l'autre (ou encore utiliser du scotch). Depuis 2004 et "l'affaire DOOM 3", on n'avait plus vu ça ! Mais le jeu d'id Software avait pour lui un vrai scénario, une mise en scène, un univers fort, et c'est justement tout ce qu'il manque au titre de Renegade Kids. Un jeu sympa malgré tout mais trop mal étudié pour mériter plus d'estime. Espérons que sa suite, prévue pour cette année (2010), sache corriger les erreurs pour nous offrir enfin une vraie expérience sur DS.



Test réalisé par iiYama

juillet 2010