Ace Attorney : Phoenix Wright (NDS)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : mars 2006
Développeur : Capcom
Adaptation : Capcom
Editeur : Nintendo
Genre : aventure - enquête

Support : cartouche
Version testée : Française
Voix dans le jeu : FR
Textes à l'écran : FR

Difficulté :
Multi-joueurs : non
Abréviation : Phoenix Wright
Titre alternatif : Gyakuten Saiban : Yomigaeru
Prix au lancement : 40€
Score des ventes : 750.000 (NDS)


Aussi disponible sur :







Les sites partenaires :





_________________________________

Pages vues (depuis avril 2016)




Visiteurs uniques (depuis avril 2016)

Ace Attorney

Phoenix Wright


Il est des jeux qui sortent de l'ordinaire et parfois, qui innovent. Lors de sa première édition sur GameBoy Advance (au Japon uniquement, sous le nom de Gyakuten Saiban) Phoenix Wright Ace Attorney était de ceux qui innovaient, et il faut bien avouer que le genre n'a pas fait d'autres ricochets depuis. La réédition du soft se fait donc avec un certain manque de renouveau, mais pas sans intérêt cependant car celle-ci va recevoir une tout autre attention du public au vu de sa localisation, cette fois mondiale. C'est ainsi que le jeu sort en Europe le 31 mars 2006 et que nous autres mangeurs de fromage accédons enfin à cette série de jeu de procès sans précédent.


Développement scénaristique

Si Phoenix Wright
On retrouve les 4 scénarios de la version GBA plus 1 inédit
Ace Attorney se distingue du jeu lambda c'est en grande partie pour son univers unique qui gravite, bien sûr, autour du monde pénal. Qui dit procès dit dialogues à décortiquer (sous diverses formes), personnages hauts en couleurs à cerner, situations compliquées à résoudre et j'en passe… Savant mélange d'humour et d'intrigues alambiquées, le jeu distille son intérêt aux travers des situations mises en avant au long des joutes juridiques auxquelles se prête la défense (représentée par le personnage Phoenix Wright) et le parquet (représenté par différents procureurs, dont Benjamin Hunter). Parlons de ces procès. Ces derniers, dont le nom comporte toujours le mot "volte-face", fractionnent l'ensemble du soft (ici en 5 parties distinctes) et délivrent leurs propres personnages et intrigues. Cette intrigue va de la simple affaire de meurtre (pour le premier procès) à une immense machination totalement renversante (pour les procès 4 et 5). Cette accentuation se faisant au fil des différentes parties. Les personnages du jeu sont, du fait de cette ambiance générale qui joue sur le domaine de la psychologie humaine (bienvenue dans la réalité des meurtriers), très variée et assez bien pensée. Qu'ils soient des personnages principaux (tel que Phoenix Wright lui-même, Maya son assistante ou Hunter le procureur), des témoins (que l'on auditionne lors des témoignages ou dans les enquêtes sur le terrain) ou des accusés, chacun apportent une réelle pierre à l'édifice. Le héros, que les intimes appellent Nick, est donc Phoenix Wright. Avocat de la défense fraîchement arrivé au barreau, il va se faire les dents sur ses premières affaires… qui ne nous laisserons pas de marbre, car les événements importants s'enchaînent à vives à allures et sans répit. Lors du second procès notre protagoniste se parfait d'une assistante un brin déjantée, qui va dès lors mettre son petit grain de sel à l'ambiance du jeu et va également rencontrer son rival, le procureur Hunter. Ce tandem va assurer et porter en grande partie l'ambiance du jeu. Il faut noter qu'en plus de tout ça, le jeu se pare d'un humour qui fait vraiment mouche. Que cela passe par les répliques cinglantes de Hunter, par les pensés et la mentalité terre à terre de Phoenix ou les délires monumentaux de Maya, cette touche donne une autre dimension au jeu qui marie avec perfection rire, réflexions et drames.


Jouabilité & Gameplay

C'est ici que
Le jeu est accessible et prenant mais les fonctions de la DS ne sont utilisées que lors du dernier procès
le titre se fait sa propre image. Le concept de base est à la fois unique et d'une accessibilité exemplaire, ce qui n'est pas pour déplaire. Le jeu se découpe en procès, eux même en phases. Il y a les phases de procès (normal) et celles d'enquêtes. Certains procès, comme le premier, n'ont pas de phase d'enquête et est une sorte de tutorial (un tutorial qui entre bien dans le vif du sujet cependant). Pour les autres, le jeu alterne les phases dont le nombre à tendance à croître au fil des procès. Les phases d'enquêtes se présentent sous la forme de situations contextuelles avec choix des questions à poser aux gens que l'on croise, des preuves à montrer pour plus d'informations et divers lieux à visiter et examiner. Cette phase est une course aux preuves et aux témoignages qui permettra ensuite de se "battre" lors des procès. Ces derniers peuvent s'avérer aussi intéressants que source de problèmes car il n'est parfois pas évident de comprendre (ou deviner) ce qu'il faut faire pour débloquer un bout de témoignage (ou une preuve) afin d'avancer dans l'intrigue. Lorsque la liste des lieux s'accroît drastiquement, il est également un peu ennuyeux de faire tout un tas d'allers-retours dénués d'intérêt entre ces derniers et ceux qui servent de carrefour (car le nombre de lieux visitables depuis un même point est limité à 4, donc il faut progresser d'un lieu à l'autre pour atterrir à celui que l'on souhaite). Mais cela n'affecte que très peu la progression de ces phases qui se veulent intéressantes et riches en dialogues humoristiques. Les phases de procès sont évidemment les plus importantes car c'est là que tout se joue. Leur durée est sensiblement la même que celle des enquêtes, mais le contenu est très différent. Il est bien souvent question de recueillir un témoignage présenté par l'accusation et qu'il nous faut décortiquer pour en tirer les contradictions (que notre avocat ne se prive pas de manifester par un "objection" sonore et visuel des plus marquant) en présentant des pièces à conviction cruciales. Ces contradictions font avancer l'affaire dans le sens de la défense (enfin pas toujours, mais c'est ainsi que la mayonnaise monte), et les découvrir requiert de la réflexion et du bon sens. Une sorte de gros puzzle à reconstituer en somme : une succession d'énigmes dans l'univers posé. Entre deux, il y a également des phases où notre ami Phoenix doit donner son avis, trouver un raisonnement approprié, décortiquer une photo pour y chercher un élément de réponse renversant l'affaire, etc. Ces passages sont donc en eux-même assez variés. La prise en main du soft est excellente. Dès le premier procès, les bases sont données et on se fait très vite au système de jeu tant il est intuitif et logique. On peut jouer au stylet (façon DS) ou via les touches classiques (façon GBA), et l'un comme est un régal. Cette version DS apporte tout de même un procès supplémentaire par rapport à l'opus GBA et use un peu plus des fonctionnalités de la machine. Ainsi on peut voir certaines preuves en 3D pour les décortiquer, ou souffler sur le micro pour découvrir des empruntes (via une poudre spéciale). Ces ajouts ne compliquent pas le jeu en lui-même, mais n'apportent rien de renversant non plus.


L'image

Phoenix Wright Ace
Quelques faiblesses techniques dû à son ancien format GBA mais un jeu agréable malgré tout
Attorney est un "visuel novel". Ce style de jeu est assez populaire au Japon mais très peu connu dans les pays occidentaux. On pourrait qualifier le genre de « livre multimédia », tant sa conception s'éloigne des jeux dit "ordinaires". Quoi qu'il en soit, ce type de jeu n'affiche que rarement une prétention visuelle poussée, sauf pour ce qui est des artworks de personnages (affiché à peu près tout le temps). Et ici, ces derniers sont de bonne qualité. Force est de constater que le grain et le détail n'est pas à la hauteur de la DS, décalage avec la sortie GBA oblige, mais le rendu est efficace malgré tout et l'animation rend également honneur à l'ambiance (les différentes expressions et gestes des personnages étant vraiment bien retranscrits et immersifs pour le genre). Découvrir certaines mimiques de personnage est un petit plaisir que l'on se surprend à apprécier. Le reste est constitué d'images fixes qui posent le décor et que l'on doit examiner pour en tirer des infos. L'ensemble est efficace mais loin d'être impressionnant.


Le son

Le jeu propose
Peu de voix mais une ambiance sonore bien travaillée
un petit nombre de musiques collant aux différentes situations (une par personnage, une pour les révélations lors des procès, une pour les témoignages, une autre pour les témoignages où les témoins sont sur le point de craquer, etc…), et ce panel suffit à l'ensemble du jeu sans que cela ne lasse. Certains thèmes sont d'ailleurs particulièrement plaisants, d'autres carrément épiques (lorsque les procès arrivent à leur conclusion par exemple). Quelques voix assortissent également l'ensemble, avec notamment le fantastique "objection" que la défense et l'accusation s'envoient avec force et conviction. Bien que la qualité soit au rendez vous (et que les voix soit elles-mêmes localisées selon le pays), le nombre fait pâle figure puisqu'il n'y a que quelques mots par personnages du barreaux ("objection", "un instant", "prend ça"… pour Phoenix, et juste "objection" pour les 3 différents procureurs). La qualité des bruitages, quant à elle, est tout à fait honnête bien que sans surprise.


Note générale

Loin des sentiers battus que l'on a pris l'habitude d'emprunter, Phoenix Wright Ace Attorney est une petite perle du fait de son sujet rare et bien maîtrisé dans son ensemble (bien que la réalisation ne fasse pas honneur au support qu'est la DS, portage restreint oblige). Plus qu'une succession de plans fixes et de dialogues, c'est un univers tout entier qui est à porté de bras et qui peut séduire, sans l'ombre d'un doute. La localisation du jeu est bonne (bizarrement, le jeu est distribué en Europe par paire de langue, et pas toujours les mêmes), ce qui est essentiel dans un jeu où la compréhension et la réflexion priment. Le visuel est agréable, accompagné des sonorités adéquates, laissant ainsi aux intrigues la possibilité d'atteindre le joueur sans anicroche. Ne reste qu'à déplorer, peut être, une durée de vie qui ne dépasse pas les 12 heures. Mais quelles heures aussi ! Un concept innovant, pas de gros défauts gênants, une ambiance captivante … Que demander de plus ?


Test réalisé par Aquel

janvier 2010