Prey (PS4 - XBO - PC) -- GRAVITORBOX

 


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Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Testé sur :




Compatible avec :




Aussi disponible sur :




Sortie mondiale : mai 2017
Développeur : Arkane Studios
Editeur : Bethesda Softworks
Genre : action - exploration - RPG

Version testée : française
Doublage : français
Textes à l'écran : français

Version logicielle testée : 1.11.0.0
Moteurs graphiques : CryEngine (campagne principale + DLC Mooncrash) - Unreal Engine (DLC Typhon Hunter)
Difficulté :
Temps de jeu : 25 heures (sans faire toutes les missions secondaires)

Multi-joueurs : 6 joueurs en ligne (DLC Typhon Hunter)
Titres alternatifs : PREY - Prey 2017 - Prey 2
Prix au lancement : 60€


Installation PlayStation 4

Support : 1 Blu-Ray ou en téléchargement sur PlayStation Store
Installation : 42 Go
Performances : 1080p en 30 fps
Optimisation PS4 Pro : 1080p en 30 fps (graphismes et framerate améliorés)
Compatible VR : PlayStation VR (DLC Typhon Hunter)
Remote Play PSVita : oui


Installation Xbox One

Support : 1 Blu-Ray ou en téléchargement sur Xbox Games Store
Installation : 37 Go
Performances : 900p en 30 fps
Optimisation Xbox One X : 1440p en 30 fps avec graphismes améliorés
Compatible Kinect : non


Installation PC

Support : en téléchargement sur Windows Games Store, Steam et GOG
Installation : 40 Go
Compatible VR : oui (DLC Typhon Hunter)

Configuration minimale :
CPU : Quad Core 3 Ghz
RAM : 8 Go
VIDEO : avec 2 Go de VRAM (type GeForce GTX 660 / Radeon 7850)

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Prey

+ Typhon Hunter
+ Mooncrash



Avant toute chose,
A l'origine, PREY est un FPS sorti en 2006 et ce reboot (sorti en 2017) n'a plus rien à voir avec celui-ci (à l'image)
il faut savoir que PREY est à l'origine un jeu sorti en juillet 2006, exclusivement sur Xbox 360 et PC (les portages Linux et Mac arrivèrent bien plus tard). Il n'y a pas eu de version PS3 pour une raison très simple : le jeu n'a pas reçu le succès escompté et à ce moment-là la PS3 n'existait pas encore (elle ne sera officiellement lancée qu'en novembre 2006 aux Etats-Unis et au Japon, et n'arrivera en Europe qu'en mars 2007). Le projet fut initié par 3D Realms au milieu des années '90 mais vu que le développeur n'est plus capable de sortir quoique ce soit depuis Duke Nukem 3D, il fut confié à Human Head Studios à partir de 2001. Je suis sûr que vous savez compter, en effet il a bien fallu 5 ans pour que le jeu soit développé, ce qui est énorme pour l'époque (beaucoup moins de nos jours mais techniquement, les choses ont beaucoup évoluées aussi). PREY (qui se traduit par "proie") était un FPS assez atypique qui baignait à la fois dans le mysticisme amérindien, et dans une crasseuse invasion extra-terrestre. Plus fort que Quake IV et DOOM 3 dont il s'inspirait largement, PREY arborait un design visqueux fait de tripailles et d'une bio-ingénierie qui se mélangeait avec le hi-tech mécanique. L'autre point notable du titre édité par 3D Realms et 2K Games, c'était ses rails gravitationnels et ses portails inter-dimensionnels, faisant de ce titre qui a aujourd'hui plus de 15 ans, une expérience vraiment unique et déroutante.
Si le succès commercial ne fut pas au rendez-vous (à peine 1 Million d'exemplaires en combinant les ventes PC et console), une suite fut rapidement en chantier et pour cause, le titre a reçu d'excellentes appréciations et un Metacritic qui s'élève quand même à 83%. A nouveau développé par Human Head, PREY 2 avait de grandes ambitions à commencer par sortir sur la même génération de consoles (celle de la Xbox 360), il était donc hors de question que le développement dure trop longtemps. Ensuite, il devait devenir open world, avec pour décorum une immense station spatiale. A l'époque, la moindre annonce faisait saliver et les quelques maigres screenshots qui ont filtrés, ressemblaient à un mélange entre l'actuel Prey et Cyberpunk 2077. En 2009 la franchise fut rachetée par Bethesda Softworks mais en octobre 2014 (oui, 8 ans après la sortie du premier opus) et devant un projet chaotique qui n'avançait pas (un autre vaporware à l'image des Duke Nukem Forever, Half-Life 3 / Episode Three et Beyond Good & Evil 2) PREY 2 est officiellement annulé. Human Head finira par s'en remettre puisqu'ils ont sortis 3 jeux depuis et devant la frustration de ne pas être arrivé au bout du projet, Bethesda passera commande auprès d'Arkane, le studio français qui monte qui monte... surtout depuis la sortie et l'immense succès de Dishonored.




Sorti en 2006 sur Xbox 360 et PC, le premier
Prey fut développé par Human Head



Attends, je ne suis pas encore Prey


Si on peut
Peut-on vraiment parler de reboot lorsqu'il n'y a eu qu'un seul épisode ? En plus au succès modeste ?
se demander s'il est vraiment pertinent de repartir à zéro sur une licence qui n'a connu qu'un seul épisode, il n'empêche que le Prey de 2017 est bel et bien un reboot du jeu de 2006. D'ailleurs nous le verrons tout au long de ce test, après avoir fini au moins 2 fois le titre de Human Head (une fois sur PC puis une autre fois sur Xbox 360), je peux vous affirmer que l'ancien et le nouveau Prey n'ont strictement rien à voir. Peut-on ainsi réellement parler de reboot, lorsqu'il n'y a aucun lien avec le précédent opus ? Car c'est un fait, le reboot doit s'inspirer du jeu d'origine : prenez le récent Tomb Raider (celui de 2013) il y a quand même des liens avec le jeu de 1996 (ou son remake de 2007), Resident Evil Rebirth est très proche de l'opus original, DOOM (le reboot de 2016) garde un lien ténu avec l'épisode fondateur sorti en 1993. Mais pour Prey il en est tout autre puisque le héros d'origine n'est plus (d'ailleurs la culture Cherokee est passée à la trappe), l'univers est très différent (terminée la bio-mécanique crasseuse, les boyaux et les mutations contre-nature) et ne parlons même pas du gameplay, qui n'a plus rien à voir. Le jeu part-il sur de mauvaises bases ? Pas sûr car entre les 2 jeux se sont tout de même écoulés 11 ans, nous avons changé de Génération (passant de la 7e à la 8e alors même que le premier PREY est sorti au tout début de la carrière de la Xbox 360) et les FPS ont beaucoup pris en maturité.
Je l'avoue, le jeu est sorti en mai 2017 mais devant les différences avec le jeu d'origine, j'étais septique et peu "hypé". En aout 2017 une démo fut mise en ligne, je l'ai naturellement téléchargé pour savoir exactement de quoi il en retournait, et je l'admets une fois encore, je n'ai pas du tout apprécié le jeu !! Pourtant, il faut reconnaitre qu'une fois de plus, les notes furent dithyrambiques et même si je ne me laisse pas influencer par les autres, à force de lire des avis positifs, j'ai quand même fini par me dire que c'était peut-être moi qui faisait fausse route (comme on dit, y'a que les cons qui ne changent pas d'avis :). Voilà pourquoi je me suis remis à ce Prey (plus de 3 ans après sa sortie), un titre développé par le second studio d'Arkane (celui basé à Austin, qui a ouvert en 2006 et dont c'est le premier jeu) et ô miracle, la magie opéra ! Sans quoi, je ne me ferai sans doute pas suer à écrire tout un article sur un jeu que je déteste, pas vrai ?




Du développement de Prey 2, il ne reste pas grand-chose, à part
peut-être l'idée d'une station spatiale open world
et envahie par des aliens (cliquez pour agrandir)



  • Typhon Hunter et Mooncrash
    Avant d'en arriver là, on va rapidement évoquer la mise à jour Typhon Hunter, qui est gratuite pour les possesseurs de la version Digital Deluxe, ainsi que pour ceux ayant acheté le DLC Mooncrash. Cette extension intègre 2 nouveaux modes de jeu : un mode multi-joueurs asymétrique (façon cache-cache) où un des joueurs est pourchassé par 5 adversaires incarnant des Mimics. L'autre mode est une campagne solo jouable en VR, se déroulant sur Talos 1 quelques jours avant les événements survenus dans l'aventure principale. Etant donné qu'il n'y a pas de VR sur Xbox One, ce mode n'est disponible que sur PS4 et PC. Quand au DLC joliment nommé "Mooncrash", il est sorti en juin 2018 (plus d'un an après le jeu d'origine) et il nous propose de jouer le rôle de Peter, un pirate informatique à bord d'un satellite en orbite autour de la Lune, contraint par son employeur (la Kasma Corporation) de comprendre ce qui s'est passé sur la base de Pytheas Moonbase. En lien avec les événements survenus sur Talos 1, le scénario de Mooncrash vous permettra de suivre des personnages différents, tout en voyant passer de temps à autre des noms bien connus tels qu'Alex Yu. Malheureusement, la situation n'est pas toute rose et une double intrigue se met rapidement en place. Tout d'abord, il y a votre histoire, celle de ce personnage presque prisonnier qui n'a qu'une envie : terminer au plus vite son contrat afin de retourner auprès de famille. De l'autre, nous avons celle du complexe lunaire qui s'est éteint depuis peu, ce qui ne présage rien de bon. Mooncrash profite d'une bonne écriture (les 5 personnages se complètent bien), d'un très bon level design et il recycle parfaitement les excellentes sensations du jeu de base.
    Peu de nouveautés sont à déplorer au niveau du bestiaire et des armes (hormis ce cutter laser aux airs de sabre Jedi), des temps de chargements longuets sur consoles de base ainsi qu'un prix assez élevé (20€ et le téléchargement pèse tout de même plus de 15Go !), mais en contrepartie l'aventure est vraiment intéressante et la durée de vie est assez conséquente (plus de 12 heures). A noter enfin que pour ces add-ons, les développeurs sont passés du moteur graphique CryEngine (développé par Crytek) au Unreal Engine 4 (développé par Epic Games). La raison est simple : depuis mars 2016, le CryEngine 5 est compatible VR mais Prey utile le CryEngine "déversionné" (en réalité, c'est le 4 puisque Crytek est ensuite passé directement au 5) et cette version-là n'est pas compatible VR (bien que parfaitement compatible avec les PlayStation 4, Xbox One et Wii U). Maintenant, pourquoi ne pas avoir choisi de passé au CryEngine 5, plutôt que de changer littéralement de moteur ? Ça, nous ne le saurons peut-être jamais mais j'ai déjà un élément de réponse : si sur le papier les performances sont à peu près similaires, à contrario les outils de développement du moteur d'Epic sont plus abordables et le moteur fonctionne vraiment bien sur consoles. Ceci explique sans doute cela...



  • Prey 2 est mort, vive Prey !


    Revenons à présent
    Si le scénario est aussi approfondi que bien écrit, à contrario difficile d'apprécier une mise en scènes minimaliste
    à notre jeu principal. L'histoire de Prey nous met dans la peau de Morgan Yu, une victime d'expériences douteuses dans le but d'améliorer la race humaine. Il se réveille à bord de la station Talos I en 2032. Prey nous présente une uchronie dans laquelle John Fitzgerald Kennedy n'a pas été assassiné à Dallas en 1963. Décidant alors de coopérer avec la Russie, le président américain créé un programme scientifique dans le but de modifier un satellite russe pour en faire un centre de recherches spécialisé dans l'étude des extraterrestres. Rapidement, vous apprendrez que Morgan est le frère d'Alex Yu, le grand ponte de la station, et que sa mémoire a été effacé. Morgan devra percer les secrets de la station spatiale tout en étant traqué par de mystérieux aliens connus sous le nom de "Typhon", qui ont pris le contrôle des lieux et tué la majorité de l'équipage... Développé par Arkane (où que soit situé géographiquement le studio) dévoilons tout de suite un fait avéré : le plus grand succès du studio est Dishonored et Prey en reprend grandement les bases. Je n'irai pas dire que Prey c'est Dishonored avec une "skin" futuriste, les changements sont plus profonds que ça et ce serait même un peu réducteur. Maintenant en jouant à Prey, surtout après avoir joué / testé / fini Dishonored 2 il y a un mois de ça, je peux vous dire que les similitudes sont vraiment très nombreuses. Et ça, on peut déjà le voir dans les modélisations qui sont justement très proches de celles de Dishonored. Certes les proportions semblent un peu plus respectées mais à l'image des aventures de Corvo, les traits sont très prononcés et tous les PNJs "ont des gueules" assez typiques de ce que réalise le studio. On apprécie également une jolie synchro labiale, même dans notre VF intégrale. Il est toujours plaisant de voir que certains développeurs prennent à cœur ce genre de détails.



    Aller, ne te fais pas "prier"...


    Après un prologue
    La difficulté est parfaitement équilibrée : en facile le jeu est tout à fait abordable et pour les férus de challenge il y a des options spéciales
    vraiment déroutant, suivi d'une phase de révélations et de découvertes assez fascinantes, la mise en scènes devient très classique, commune au savoir-faire du studio. Entièrement vues des yeux du héro, on ne peut pas dire que les cut-scenes soient très impressionnantes. De plus, le fait de n'apprécier que ce que notre personnage voit, fait qu'on rate beaucoup de petites mises en scène annexes, comme cette station qui part un peu en lambeaux, les activités des autres personnages et j'en passe. Egalement très inspiré par le mythique Bioshock, difficile de ne pas faire la corrélation entre Rapture et Thalos I, dont la mise en scène est finalement très proche (attention, on parle bien là de "mise en scène", pas d'univers, d'ambiance ou de scénario, ne mélangeons pas tout !). Pour ce qui est de l'écriture, comme toujours chez Arkane, Prey est superbement écrit (d'ailleurs ils pourraient en faire un très bon film SF !). Le scénario de base est déjà très intéressant, mais en plus le fond est parfaitement étayé par des dizaines de mails et de documents à lire, ainsi que des messages audio (bien plus rarement des messages vidéo). On sent bien que, malgré la sortie de Dishonored 2 à peine 6 mois plus tôt, le développement fut de longue-haleine et que le studio a pris le temps qu'il fallait pour peaufiner son Lore. Les mises à jour ont apportées quelques nouveautés comme ce "New Game +" (car même en faisant toutes les missions, il sera très difficile d'obtenir la plupart des upgrades), 4 niveaux de difficulté, plus des options de survie telles que la détérioration des armes (qu'il faut alors prendre soin de réparer), la gestion du traumatisme ou encore le fait d'être limité en oxygène. Ces 3 derniers points permettent d'augmenter le challenge mais je vous rassure, si vous voulez une aventure plus narrative que difficile, c'est également possible. En effet, dans son niveau de difficulté le plus faible, Prey est tout à fait abordable et les kits de soin sont nombreux. Ainsi, tout le monde profite du jeu comme il l'entend.



    Dans l'espace, personne ne vous entend prier...


    Au niveau
    Prey n'est pas vraiment un FPS. C'est plus un jeu d'exploration (limite RPG) qu'un jeu d'action bien bourrin
    de la durée de vie, l'aventure principale dure déjà un bon paquet d'heures, mais si vous fouillez bien les lieux et réalisez un maximum de quêtes secondaires, le compteur peut monter très haut ! Pour vous donner un ordre d'idées, il y a 11 chapitres et il m'a fallu 9 heures pour atteindre le début du chapitre 6 ! OK, je ne rushe pas, comme toujours je m'imprègne de l'ambiance, je fouille chaque zone, je réalise des petites missions annexes, mais déjà là, on voit bien que la durée de vie est assez imposante, d'autant qu'en arrivant à ce chapitre-là, j'avais plus d'objectifs secondaires à réaliser qu'au début. Au final il m'a fallu pas moins de 25 heures pour finir le jeu et ce, sans réaliser bon nombre de missions annexes (sans quoi, je pense que le compteur peut facilement atteindre les 30/35 heures). Par contre, on aurait vraiment apprécié d'avoir un "voyage rapide" car le jeu nous fait faire beaucoup d'allers-retours franchement inutiles et qui plus est, uniquement à pieds. Tout à fait entre nous, Prey n'avait pas besoin de ce genre de "ficelles" pour durer car ça alourdit plus l'expérience qu'autre chose.
    A première vue, Prey prend l'apparence d'un FPS et c'est vrai que la vue subjective y est pour beaucoup. Maintenant contrairement au Prey de 2006 ou à Bioshock pour en revenir à eux, c'est loin d'être un simple FPS où on tire sur tout ce qui bouge. D'abord parce que l'action est finalement assez rare, les ennemis sont peu nombreux et disséminés dans toute l'immense station. Et puis une fois encore, il serait réducteur de le cantonner à cet unique aspect, tout en sachant que Prey est bien plus que ça. Très orienté vers l'exploration, à l'image de Dishonored il faut fouiller chaque recoin, chaque zone et bien souvent, l'affrontement peut être contourné. D'ailleurs bien des objectifs peuvent être atteints de différentes manières, par des chemins détournés, des passages cachés, des zones qu'on pensait inaccessibles. Parfois il arrive qu'on ne sache plus vraiment où aller, car la station spatiale est un vrai labyrinthe et le level design fait en sorte que les portes ne s'ouvrent que sous certaines conditions (à l'image d'un donjon de Zelda ? oui, c'est un peu ça). Car le jeu se contente du minimum d'explication, à vous de vous débrouiller pour trouver la zone recherchée, ce qui peut être un peu frustrant mais qui, en contrepartie, nous incite à être audacieux, à tenter des expériences, à fouiller de façon minutieuse chaque zone. D'ailleurs, il aurait été dommage d'arpenter en long en large et en travers une immense station spatiale... sans aller voir comment ça se passe à l'extérieur ! A l'image des meilleurs passages de Dead Space 3, les balades dans l'espace sont assez jubilatoires et les mouvements sont totalement libres, sur les 6 axes (de quoi ne plus savoir où est l'endroit de l'envers !).



    Même en gravité zéro, on recycle !


    Quant aux combats,
    Au delà du message écologique, recycler un max d'objets s'avère aussi utile qu'addictif
    étant donné que nous affrontons des aliens dont les plus petits (les Mimics) ont le don de mimétisme (ils se transforment en objets anodins pour mieux nous surprendre), il est clair que cette fois nous n'aurons pas d'exécutions silencieuses et autre cache de corps. Autant que faire se peut, il est possible de contourner un maximum d'ennemis, bien que parfois l'affrontement soit inévitable. C'est là qu'interviennent des armes classiques comme le pistolet 9mm ou le fusil à pompe, mais aussi des armes plus exotiques comme le Canon à rayon Q (une sorte de fusil laser) ou le canon à GLUE. Ce dernier est d'ailleurs l'outil le plus essentiel de l'aventure car, comme son nom l'indique, il projette une sorte de mousse expansive (comme celle utilisée dans le bâtiment) et avec elle, on pourra en premier lieu figer certains ennemis, pour ensuite mieux les cogner à la clé à griffe (une sorte de grosse clé anglaise qui m'a personnellement fait penser à Half-Life : Opposing Force :). Attention toute fois à la gauge d'endurance qui évite de pouvoir cogner comme un forcené ou de courir sans s'essouffler. Un grain de réalisme loin d'être idiot. Le canon à GLUE ne se limite pas à ce seul usage : étant donné ses propriétés, avec lui on pourra fermer des brèches, éteindre des feux, colmater des fissures et pour les plus doués, littéralement se construire des escaliers et des ponts ! Autant dire que le canon à GLUE est un outil indispensable pour le débrouillard, bien qu'il ne soit pas imposé pour autant (on peut très bien faire sans... mais c'est souvent plus compliqué). Toujours à l'image de Dishonored, Morgan (notre personnage) peut récupérer tout un tas d'objets. Sa besace est évidemment limitée, il faudra alors "recycler" un max d'items afin de récupérer des ressources. Ces ressources servent ensuite à fabriquer d'autres objets dans le "fabricateur", tels que des outils, des munitions ou des kits de soin. Derrière cette mécanique qui fonctionne à merveille et qui se révèle vite addictive, il y a un message écologique évident ! Recycler des déchets et des objets devenus inutiles, pour mieux en fabriquer d'autres...



     

    Le canon à GLUE est sans doute l'outil le plus utile du jeu



    Elle est à la morgue, Anne ?


    Vient ensuite
    Prey s'inspire également de Deus EX : Human Revolution sous beaucoup de facettes
    toute la partie RPG du jeu : dans Prey on ne gagne pas de l'XP au fil des combats, on récupère des Neuromods qui permettent ensuite d'améliorer ou de déverrouiller (via un classique arbre de compétences) certaines facultés comme agrandir son inventaire, améliorer son endurance, améliorer sa puissance de frappe, apprendre à réparer diverses machines, pirater des terminaux... d'autres l'ont fait avant lui mais ça ajoute beaucoup de profondeur au gameplay, et ça permet d'avoir un personnage qui évolue au fil des heures. En parallèle de toutes ses inspirations, on s'aperçoit également que Prey emprunte pas mal de mécaniques à l'excellent Deus EX : Human Revolution (piratage, contournement de situations, fouille, jouer les indiscrets sur les ordinateurs...). Une fois le premier tiers de l'aventure passée, on débloque également le "Psychoscan" qui permet de scanner les Typhons et de synthétiser leurs aptitudes. Ainsi on peut débloquer de nouveaux pouvoirs psychiques, ce qui fait entrer le jeu dans une toute nouvelle dimension mais attention, une fois que vous aurez assimilé de l'ADN alien, les tourelles (qui défendent la base de l'invasion extra-terrestre) vous prendront pour cible ! Normal, vous ne serez plus vraiment humain, et au fil des nouvelles aptitudes vous deviendrez peu à peu une sorte de mutant génétique, un improbable amalgame des 2 races. Mais une fois encore, c'est une voie que vous n'êtes pas obligé de prendre, moi le premier : cette idée de devenir à moitié alien ne me plaisait pas, je suis donc resté 100% humain et tant pis pour les pouvoirs psychiques, mon fusil à pompe upgradé à fond faisait tout aussi bien l'affaire (si ce n'est mieux ^_^).
    Comme évoqué, si l'extension Typhon Hunter s'est orientée vers l'Unreal Engine, sans doute pour les besoins de son chapitre en VR, de son côté l'aventure principale a été construite sous CryEngine (version 4 puisque "sans version" clairement identifiée), le fameux et performant moteur de Crytek. Pour l'anecdote, le premier CryEngine est né en 2004 avec Far Cry (le tout premier titre de Crytek) et il a servi à tous ses spin-offs. Un moteur performant mais pas autant que le CryEngine 2 qui a servi en 2007 à Crysis et qui fait (plus de 15 ans après) encore office de maitre-étalon ! Le CryEngine 3 est né en 2011 avec Crysis 2 et cette fois, plus ouvert aux autres studios, le moteur a servi sur quelques jeux plus ou moins reconnus comme Evolve, Sniper Ghost Warrior 2 /3 ou encore State of Decay. Notre CryEngine 4 est né en 2013 avec Ryse, la fameuse exclusivité Xbox One qui a fait briller son line-up sur le plan technique (beaucoup moins sur le plan ludique) et qui a également servi au plus que moyen Homefront : The Revolution. Enfin le CryEngine 5 est apparu en 2016 et malgré les 11 jeux qui l'utilisent, aucun ne sort du lot. Vous l'aurez compris, un moteur graphique ne fait pas tout et les CryEngine sont loin d'être aussi populaires que les Frostbite Engine, Unity et surtout l'omniprésent Unreal Engine.



    Dishonored + sauce alien = Prey ?


    Pour en
    Techniquement le jeu n'a rien d'extra-ordinaire... par contre à l'image de Dishonored, il offre un bon design
    revenir à Prey (qui tourne donc sous CryEngine 4), une fois de plus avec Arkane nous sommes en présence d'un jeu assez fort au niveau de son design mais qui, techniquement, est loin des standards de son époque. Rappelons à toutes fins utiles qu'en 2017 nous avions déjà du Uncharted 4, du Rise of the Tomb Raider, du DOOM et du Horizon : Zero Dawn, donc à bien y regarder, Prey ne tient que difficilement la comparaison, d'autant plus que le rythme est très lent. En contrepartie, ça ne l'empêche pas de subir des temps de chargement longs sur disque dur classique (en gros sur les consoles d'ancienne génération), pas mal de clipping et de pop-ups (il n'est vraiment pas rare de voir une texture s'affiner sous notre nez ou tout simplement de voir un objet apparaitre d'un coup - et non, ce n'est pas un Mimic, je vous vois arriver :). Ceci dit avec Arkane on commence à connaitre la chanson et une fois de plus, il ne faut pas mélanger graphismes et design. Si le jeu n'a vraiment rien d'impressionnant (à quelques concessions près, il aurait pu tourner sur PS3 et Xbox 360), c'est une fois encore sur son design que le jeu marque des points. Et comme nous parlons d'un univers uchronique où Kennedy n'est pas mort et où il fait ami-ami avec les russes, on se retrouve avec un design un peu étrange qui mélange plusieurs périodes de la science-fiction. On se retrouve donc avec le floklore du cinéma SF des années '60 à '80 avec des serveurs à bande, des casques à bulles, des pupitres (d'un autre temps) avec des gros cadrans et des boutons lumineux, des couleurs souvent passées de mode, bref un coup de crayon qui parfois rappelle certains longs métrages comme Alien ou 2001 L'Odyssée de l'Espace. Et à contrario, nous avons des technologies plus actuelles comme des vitres sans tain (oui ça s'écrit comme ça ^.^) à projection numérique, des combinaisons spatiales loin d'être aussi volumineuses que dans la réalité ou encore des écrans plats, qui plus est tactiles ! Tout ceci fait en sorte d'avoir le fessier en 2 chaises, divisé par une technologie archaïque typique de la SF du siècle dernier, mélangé à des technologies que je désignerai d'actuelle. D'ailleurs, si globalement le jeu sera loin de vous impressionner, ça ne l'empêche pas d'avoir quelques passages au dessus du lot ou encore d'apprécier un bestiaire ennemi plutôt réussi.



    Birds of Prey | Morgan de toi | Jour de Prey


    Sur Xbox One
    Comme souvent, c'est sur Xbox One X et PC que le jeu sera le plus beau et le plus fluide
    le jeu tourne en 900p alors que la valeureuse PS4 affiche du 1080p. Sur les consoles "mid-gen" la PS4 Pro a profité dès juin 2017 d'une mise à jour visant à améliorer son rendu graphique (plus de reflets sur les écrans, des ombres de meilleure qualité, des textures améliorées, un filtre anisotropique 4 fois plus haut, des lumières plus dynamiques...), mais pas sa résolution ou son framerate, qui restent identiques. Et puisque la console aux 6 TFLOPS de Microsoft n'est sortie qu'en fin de cette même année, la Xbox One X n'a reçu son patch dédié qu'en juin 2018 (ils ont pris le temps les bougres !). Cette dernière profite bien entendu des améliorations de la version PS4 Pro (plus quelques autres), et s'offre en plus le luxe de tourner en 1440p... mais toujours en 30 fps. Enfin sur les consoles les plus récentes (ou sur PC), le SSD fait le plus grand bien au jeu, avec des temps de chargement largement raccourcis (5 à 7 secondes en moyenne), un loading presque instantané lorsqu'on reprend une sauvegarde rapide (car à l'image de Dishonored, le studio nous fait le plaisir de nous offrir une vraie sauvegarde manuelle - bien pratique pour faire un sans faute dans certains passages un peu tendus). Quant à la Xbox Series X, elle profite naturellement des bienfaits du patch One X, le framerate est très stable, et comme le jeu est limité à 30 fps, il profite également des bienfaits du fameux FPS boost, qui lui permet alors d'atteindre les 60 images par seconde. L'aventure n'en est que plus agréable...
    Pour ce qui est des bruitages, globalement ils sont de qualité. Les bruits environnementaux, l'occlusion acoustique lorsqu'on est dans l'espace... tout est OK, sauf peut-être pour les armes. En effet, le flingue possède un silencieux (donc no comment) et le fusil à pompe est loin de donner tout son potentiel destructeur. Maintenant je le redis une dernière fois, nous ne sommes pas en présence d'un FPS orienté action, donc on n'attend pas de lui des bruitages aussi violents que dans Soldier of Fortune. Quant aux musiques, elles ont été composées par Mike Gordon, un compositeur australien qui officie beaucoup chez Bethesda ces dernières années puisqu'il est derrière les bandes-son de Wolfenstein, et de leurs suites respectives (il sera secondé par Ben Crossbones, Matt Piersall et Raphaël Colantonio). Les musiques sont finalement assez rares mais elles sont vaporeuses, elles soulignent avec tact et justesse certains moments de l'aventure. Sans dire qu'on tient là une œuvre d'art, j'ai personnellement apprécié le soin apporté aux compositions, tant elles collent parfaitement bien à l'ambiance du jeu.



    Les dangers du taillefoune...
    ... car la vérité est tailleur !
    (ouais, elle est subtile celle-là ^__^ )



    Côté doublage
    Des musiques rares mais appropriées, un bon doublage, des bruitages qui font le boulot...
    d'origine (en anglais), notre héros (Morgan Yu) peut également être une héroïne. Auquel cas son doublage a été assuré par Tim Kang (Kimball Cho dans la série Mentalist) d'un côté, ou par Sumalee Montano (qui travaille beaucoup dans le doublage de jeu vidéo) de l'autre. Le dernier point notable, c'est qu'Alex Yu (le frère de Morgan) a été doublé par Benedict Wong, qu'on connait (entre autre) pour son rôle de Wong dans Dr Strange et les cross-overs Marvel (je sais l'anecdote Wong/Wong est rigolote :). Maintenant, pour ce qui est de notre doublage local (en français donc), Morgan est doublé par Jean Rieffel (homme) et Emilie Duchênoy (femme). Alex est doublé par le bien connu Hervé Caradec. Ensuite on retrouve plusieurs doubleurs/doubleuses de renom tel(le)s que Véronique Augereau (la voix de Rene Russo et Linda Hamilton), Stéphanie Hédin, Barbara Beretta, Michel Ruhl, Philippe Catoire (l'Homme Trouble dans la trilogie Mass Effect), Jérémie Covillault (la voix Tom Hardy et Jeffrey Dean Morgan), Frédéric Popovic (Adam Jensen dans Deus Ex : Human Revolution), Jean-Loup Horwitz, Michel Prud'homme ou encore Dominique Vallée. Alors certes le doublage aurait peut-être pu être meilleur, mais personnellement je le trouve très bien comme ça, on a vu bien pire et comme évoqué en début d'article, j'ai apprécié la synchro labiale. Je terminerai ce test par 2 (autres) anecdotes rigolotes, à savoir que dans le jeu, la race ennemie, les "typhons" est élocuté "taï-foune" (comme la fameuse arme spéciale dans Deus Ex : Human Revolution), alors qu'il manque clairement un second "o" (Typhoon) pour le prononcer ainsi (on devrait dire "tifon", comme l'autre nom d'un cyclone tropical). Enfin, la voix synthétique qu'on entend parfois est directement inspirée des Crysis 2 et 3 (la voix de la combi) ou même du DOOM de 2016. Plagiat ou hommage ? A vous de trancher...



    Si notre Prey Note
    de 2017 n'a plus rien à voir avec celui de 2006 ou même de sa suite qui fut longtemps en développement pour être finalement abandonnée en 2014, il faut savoir que les développeurs sont partis de zéro pour ce reboot (seule l'idée de la station spatiale en monde ouvert semble avoir survécue). Du coup, pourquoi appeler ce jeu Prey alors que tout le monde a oublié ce titre de Human Head au succès mitigé ? D'ailleurs, ce n'est pas pour son univers qu'ils ont conservé le patronyme, puisque ce reboot ne reprend absolument rien du titre original. Finalement, est-ce réellement un reboot ? Personnellement, j'en doute, ce Prey est tout simplement un tout autre jeu... Mais soit, développé par Arkane, ce studio montant à l'origine né en France (à Lyon) mais dont l'œuvre est ici venue d'Austin (sa succursale américaine), Prey est un jeu qui a été construit sur les excellentes bases d'un Dishonored à l'incontestable succès critique et commercial, tout en s'inspirant de grands noms tels que Bioshock et Deus EX : Human Revolution. Ainsi donc, on y retrouve un peu les mêmes défauts comme cette "patte graphique" typique du studio et ses modélisations au look très particulier. Il en est de même pour les graphismes, qui offrent un bon design mais des performances techniques en dessous des standards, alors même que le rythme est très lent et le framerate limitée à 30 fps, même sur les consoles les mieux loties.

    Et que dire de ce gameplay, tellement inspiré de Dishonored, qu'on pourrait croire à une "skin" du jeu mettant en scène Corvo... Heureusement, il serait très réducteur de résumer Prey à seulement ça, avec en premier lieu une histoire intéressante dont le premier chapitre est aussi déroutant que fascinant (avouons que par la suite, le jeu est tout de même moins surprenant). Le Lore est bien écrit, correctement exploité, même si la vue 100% subjective n'est pas la plus appropriée pour une mise en scène à grand spectacle. Par contre on apprécie la richesse du gameplay, ces multiples possibilités entre action brute, furtivité et une multitude de chemins alternatifs, sans parler de ses hypnotisantes ballades dans l'espace. Le level design tient du génie, et même s'il est dérivé de Dishonored, le gameplay est riche, complet et vraiment agréable. Alors certes, ce n'est peut-être pas le jeu le plus accessible qui soit (pour preuve, on ne nous tient pas par la main et parfois il arrive qu'on ne sache plus où aller), et c'est loin d'être le jeu le plus rythmé. Maintenant si vous cherchez une aventure spatiale vraiment captivante, avec une excellente durée de vie et une liberté quasi-totale sur votre façon de faire, alors Prey est fait pour vous ! Pour preuve, une fois que la partie est commencée, on n'a plus envi de s'arrêter !! Ai-je vraiment besoin d'en dire plus ?



    Les -

  • Options (facultatives) de survie qui permettent de rendre le jeu plus réaliste, plus difficile et plus anxiogène
  • Mise en scène uniquement en vue subjective. C'est pas l'idéal...
  • Techniquement, le jeu n'a rien d'exceptionnel
  • Beaucoup de clipping et de pop-ups


  • Les +

  • Toutes les bonnes options du RPG : arbre de compétences, pouvoirs, upgrades des armes, exploration et ramassage d'un max d'objets
  • Récupérer, recycler, fabriquer... au-delà du message écolo, la mécanique fonctionne à merveille
  • Un prologue déroutant, suivi d'une phase de révélations et de découvertes assez fascinante
  • Le pistolet à GLUE et grenades recyclantes : original et tellement pratique
  • Une histoire intéressant et un Lore parfaitement étayé
  • Temps de chargement grandement améliorés sur SSD
  • Une vraie sauvegarde manuelle
  • Excellente durée de vie
  • Jolie synchro labiale
  • Un bon level design


  • Test réalisé par iiYama

    septembre 2021


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