MGS 5 Phantom Pain (PS4/PS3/XBO/X360/PC)

 





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Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Testé sur :


Sortie du jeu : septembre 2015
Développeur : Kojima Productions
Editeur : Konami
Genre : infiltration / TPS / action

Version testée : Française
Version logicielle : 1.06
Doublage : US
Textes à l'écran : FR

Support : 1 Blu-Ray (PS4/PS3/XBO) / DVD (X360/PC)
Espace disque nécessaire : 28Go environ (PS4/XBO/PC) - 12Go (PS3)
Moteur graphique : FOX Engine
Définitions HD max : 720p (PS3/X360) - 900p (XBO) 1080p (PS4) - 4K (PC)
Framerate annoncé : 30 fps (PS3/X360) - 60 fps (PS4/XBO/PC)
Compatible 3D (consoles) : non

Difficulté :
Compatible Move (PS4/PS3) : non
Compatible Kinect (XBO/X360) : non
Remote Play PS4/Vita : oui

Multi-joueurs : 2-2 joueurs online + Metal Gear Online
Abréviation : MGS5 : Phantom Pain
Prix au lancement : 60€ (PC/PS3/X360) / 70€ (PS4/XBO)
Score des ventes : 4.3 Millions (tous supports)


Configuration recommandée (PC) :
CPU : Quad Core 3.2Ghz
RAM : 4Go
VIDEO : avec 2048Mo de VRAM (type GeForce GTX 650)
AUTRE : OS 64-bits obligatoire


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Metal Gear Solid V

The Phantom Pain




Vous le savez sans doute,
Suite au Kojima-gate, ce créateur de génie ne sera plus jamais aux commandes de sa propre série. Une bien triste nouvelle et un avenir incertain pour la série...
la grande série des Metal Gear a débuté en 1987 sur MSX2, avec un magnifique premier opus qui posa déjà les bases d'un immense scénario et d'un gameplay nettement plus fin que la plupart des jeux de son époque. Etant donné la richesse de la série et qu'il existe presque 30 titres marqués de son sceau entre jeux originaux, rééditions, compilations et autres curiosités (Graphic Novel, jeu mobile...), au final on ne retiendra qu'une poignée de dates : Metal Gear Solid (MGS) premier du nom a vu le jour en 1998 sur PlayStation, il fut le premier opus en 3D et l'unique épisode disposant d'un doublage intégralement en français (qui est de qualité médiocre certes, mais l'expérience n'a jamais été reconduite). Metal Gear Solid 2 est né sur PlayStation 2 en 2001. En 2004, nous avons eu 2 épisodes : le sublissime Twin Snakes sur GameCube (un remake du premier opus) et Metal Gear Solid 3 sur PlayStation 2. Metal Gear Solid 4 signait la fin de la série (du moins, la fin de l'histoire de Solid Snake) en 2008 exclusivement sur PlayStation 3, quant Peace Walker signa le meilleur opus nomade en sortant en 2011 sur PSP. Enfin Ground Zeroes faisait office de prologue au présent Phantom Pain, et il est sorti en 2014 sur toutes les plate-formes de son temps (PS4, PS3, PC, Xbox One et Xbox 360). Voilà pour ce qui est de résumer les sorties importantes gravitant autour de la série, mais avant de rentrer dans les détails, il faut savoir que ce Metal Gear Solid V est le dernier jeu à être développé par Hideo Kojima au sein de Konami. En effet ce qu'on appelle désormais le "Kojima-gate" est un véritable scandale de la part de la maison-maire Konami et une véritable trahison pour les fans de longue date. Si on savait déjà que le CEO de Konami n'aimait celui qui est adulé par des millions d'aficionados comme l'un des plus grands créateurs de jeux vidéos, du jour au lendemain la société japonaise a décidé de dégraisser son staff, de virer Hideo Kojima comme un malpropre et de fermer son studio (Kojima Productions). Les raisons sont apparemment nombreuses, à commencer par les multiples reports de ce MGSV, des couts de productions qui sont restés en travers de certaines gorges ou encore cette prédisposition un peu égocentrique et narcissique à coller son nom partout, tout en faisant une campagne de pub assez atypique.


Bref,
Dans cet opus qui relie Peace Walker au tout premier Metal Gear, on rejoue Big Boss
Konami en a eu assez qu'on jette son fric dans des développements interminables, ce qu'on peut comprendre, mais de là à supprimer au dernier moment le nom de Kojima des boites de jeux, à fermer son studio et à le virer comme s'il était moins que celui qui sort les poubelles, et ce après avoir vendu plus de 40 Millions de jeux (et encore je n'évoque que les Metal Gear, car derrière il y a aussi Zone of the Enders, Policenauts, Snatcher et Boktai) et vous en conviendrez qu'un minimum de tact et surtout de communication s'imposait. Mais Konami n'en fit rien, laissant la presse et les fans s'enflammer autour de multiples spéculations, ce qui fait qu'à l'heure de ce test, Konami est sans doute l'éditeur le plus haï des joueurs, en dépassant allégrement les maitres en la matière, à savoir Activision et Electronic Arts. Il fallait le faire. De plus, doit-on revenir sur le douloureux cas de Silent Hills, qui signait l'association de Kojima au cinéaste Guillermo Del Toro, afin de relancer la célèbre série horrifique ? Etant donné les déboires de ces derniers mois, et que le jeu était censé utiliser le FOX Engine (propriétaire du studio Kojima Productions)... et bien ce titre hautement prometteur a été purement et simplement annulé, une fois encore au grand damne des fans qui attendent encore que leur série fétiche se réinvente. A croire que l'ami Del Toro et le jeu vidéo, c'est l'équation qui ne fonctionnera jamais. Entre temps, Sieur Kojima est resté aux commandes de son jeu jusqu'à sa sortie, ce qui est une bonne chose. Cependant l'avenir de la série Metal Gear semble désormais très incertain. Si l'éditeur se dit prêt à sortir des suites sans son géniteur originel, à mon avis peu de fans seront prêts à s'intéresser à ce qui sera forcément dénaturé et avec les ventes plus que confortables dont profite ce MGS V, nul doute que Konami doit se mordre les doigts d'avoir signé l'arrêt de mort de la licence (à moins que Konami ne réussisse le tour de force de Microsoft pour Halo... encore que, à bien y regarder, ce n'est pas parfait non plus). Ceci dit, avec cet ultime opus on sent bien que Kojima et son équipe a voulu transfigurer leur œuvre, ils ont voulus nous offrir le Metal Gear ultime, celui qui allait révolutionner la série... et un sens, c'est ce qu'ils ont fait, pour le meilleur et pour le pire.


Avant toute chose,
Le prologue est mou au possible... heureusement une fois passé, le gameplay devient plus dynamique et intéressant
si le jeu est sorti mondialement le 1er septembre 2015, il faut savoir que sa partie online -Metal Gear Online- n'a été disponible que le 6 octobre de la même année sur consoles, et seulement en janvier 2016 su PC. Depuis Metal Gear Solid 3, les modes Online vont et viennent, et souvenez-vous que celui qui a accompagné Metal Gear Solid 4 n'est pas resté bien longtemps disponible. Sans doute que celui-ci subira le même sort, une fois que le taux d'affluence commencera à significativement baisser. De plus, sachez que le contenu de Metal Gear Online ne se trouve pas sur le disque : il faudra donc le télécharger et comme moi, vous trouvez sans doute très pénible le fait de devoir valider à chaque lancement du jeu, tout un tas de page qui nous dévoilent les "events", les règles et les modifications apportées par l'équipe. Si encore on ne le voyait qu'une seule fois, à titre d'info, c'est un compte or on y a droit à chaque fois qu'on lance son jeu et avec des textes entièrement en anglais, même pour la version française. Se paierait-on ouvertement notre gueule ?! Et puis soyons honnêtes, même si les modes multi-joueurs en ligne sont sympathiques et que le gameplay d'un Metal Gear ne s'est jamais autant prêté à l'exercice, il est clair qu'on n'achète par un MGS pour ça, mais bien pour son mode solo et son histoire. Justement, parlons-en de l'histoire. Peace Walker se déroulait en 1974 et la démo/prologue de luxe que fut Ground Zeroes se déroulait en 1975. Ce n'est sans doute un secret pour personne mais à la fin de cette courte mise en bouche qui coutait entre 20 et 30€ selon le format (et ce pour moins de 2h de jeu "scénarisé"), Big Boss subissait une violente vague de feu suite à l'explosion d'une bombe. Une bombe commanditée par Cipher, ceux là même qui ont détruit sa première Mother Base et tué son entière armée privée. The Phantom Pain se déroule 9 ans plus tard, en 1984, lorsque Big Boss sort enfin du coma. Affaibli, mutilé, le légendaire mercenaire compte bien faire part au monde entier de son retour alors qu'il n'est plus qu'une légende tombée dans l'oubli. L'invasion soviétique du début des années 80 bouleverse le cours de la guerre froide et marque une nouvelle ère, mais Big Boss veut venger la mort de ses hommes, de ses camarades, et de la destruction de sa Mother Base. Pour cela, et accompagné d'Ocelot, il devra en premier lieu retrouver Miller qui est captif en Afghanistan, reformer son armée et construire une nouvelle Mother Base...


L'aventure
Pour du Metal Gear Solid, le jeu est clairement sous-scénarisé ! Une sacrée déception pour les fans d'une formule rôdée depuis longtemps
se déroule véritablement en 2 parties : il y a d'abord le prologue, où "on subit" le réveil de Big Boss, dans une longue phase de jeu molle, une succession de cinématiques, clairsemées par des phases de gameplay aussi expédiées que quasi inutiles. Est-ce là une façon de "dynamiser" ce qui aurait pu être une trop longue vidéo d'intro ? Peut-être, toujours est-il que c'est ici que nous avons le plus de cinématiques et vous le savez sans doute, quand on joue à un MGS, on signe aussi pour ça. Cependant les premiers grands changements arrivent ici. En effet l'écriture semble quelque peu bâclée, la qualité de la mise en scène n'est clairement pas au top et surtout, pour qui ne connait rien à la série, le jeu ne fait absolument aucun résumé ! Car la timeline tient de la torture pour le non-initié puisque l'épisode 1 est au milieu, le 3 sert d'épisode zéro, le 4 sert d'épilogue, quand l'actuel 5e opus est paumé entre Peace Walker et le tout premier Metal Gear de la MSX2. Autant dire que la numérotation ne vaut pas mieux qu'une belle trace de pneu dans des toilettes truques, et que pour celui/celle qui n'a pas suivi la série avec une extrême minutie, la saga Metal Gear tient de la gageure imbuvable (c'est sans doute pour ça que les détracteurs ne comprennent pas tout l'engouement qu'il peut y avoir autour de la série). Bref, pour nous remettre les idées en place, sachez que dans un premier temps, il n'y a rien. A vous de vous documenter, de vous démerder à trouver (sur Internet par exemple) de quoi remettre de l'ordre dans ce foutoir. La première partie nous fait donc jouer l'évasion de Big Boss, qui doit quitter l'hôpital pour reprendre le cours de sa vie. Une fois l'aventure lancée, on entame la deuxième partie du jeu : la Mother Base 2.0 vient d'ouvrir ses portes et c'est là qu'il est temps d'exploiter tout le gameplay du jeu, ainsi que d'accomplir les missions principales et secondaires qu'on met à notre disposition. Si jusqu'ici vous trouviez les Metal Gear un peu chiants, beaucoup trop bavards en nous imposant trop de cinématiques, dites-vous qu'ici les choses ont bien changé ! C'en est même choquant... En effet, une fois le cœur du jeu lancé, vous n'aurez presque plus rien en terme de développement scénaristique. Est-ce vraiment par volonté de changement, ou par fainéantise ? Difficile à dire, ceci dit énormément de contenu scénaristique passe par de simples cassettes audio (ce que les plus jeunes ne doivent sans doute pas connaitre).


Ainsi des
La qualité de la mise en scène est globalement bonne... mais le studio nous a habitué à des cinématiques tellement époustouflantes, que là on reste un peu sur notre faim
dizaines et des dizaines d'enregistrements sont à écouter, en vue d'étayer le fond de l'aventure. Même les briefings passent par ce procédé ô combien facile puisque pendant ce temps, on ne voit rien d'autre qu'une bande qui défile et ces sous-titres de malheur à lire. Alors certes, peut-être qu'avec Metal Gear Solid, Hideo Kojima a toujours eu tendance à exagérer, avec des cinématiques interminables aux dialogues qu'on aurait jurés sans fin. Et pourtant, c'était aussi ça le charme d'un MGS, mine de rien ça faisait parti intégrante de "la formule" et s'il est vrai qu'on aurait aimé une amélioration de ce côté, passer d'une scénarisation excessive qui représentait souvent 50% de la durée de vie, à quasiment plus rien du tout, c'est tout aussi excessif ! J'ai longtemps, et souvent, aimé les productions de Kojima pour cette hyper scénarisation et ici, dire que c'est une déception, est un euphémisme considérable ! Ajoutons qu'en plus de ça, les cinématiques sont bien moins travaillées qu'autre fois, pour preuve (et je le remettrai sur le tapis un paquet de fois dans les lignes qui suivent), Metal Gear Solid 4 fait bien mieux et ce, sous tous les rapports : la précision des collisions, la qualité des animations, l'à-propos de la gestuelle... ici tout semble manquer de finitions. Si ça semblerait d'excellente qualité pour n'importe quel jeu, dites-vous que pour un Metal Gear Solid et un jeu de Kojima Productions, c'est clairement 2 crans en dessous. Déjà qu'il y en a peu, se dire qu'en plus elles ne sont pas top qualité, c'est vraiment frustrant. J'ajouterai qu'en plus de ça, si Ocelot a tout le temps la gueule ouverte et que ses cassettes audio viennent vite à nous gonfler, Big Boss de son côté se montre carrément discret (là où avant, il avait toujours son mot à dire). Doublé par Kiefer Sutherland (et Akio Ōtsuka en japonais... et oui, ces nombrilistes nippons se réservent un doublage local quand le reste du monde se contente d'un unique doublage anglais et de ces cochonneries de sous-titres le cas échéant) et ce depuis Ground Zeroes, étrangement je trouve le bonhomme bien moins performant que David Hayter, celui-là même qui a doublé Snake depuis qu'il a "une voix". Même si Hayter en faisait souvent trop, au moins sa voix se prêtait bien au personnage et puis après tant d'épisodes où un visage et une voix se mariaient si bien, désormais il est presque choquant que notre héros n'ait plus le même timbre, tant pour la continuité et l'identité du personnage, que son charisme. Car j'ai beau adoré Kiefer Sutherland (notamment dans le film Mirrors ou dans la série 24h Chrono) autant je trouve qu'en tant que doubleur, il est nul (un défaut que je n'avais pas spécialement vu dans Ground Zeroes... encore que, à ma décharge le jeu est tellement court et si peu scénarisé, que le contraire fusse difficile). Avant de parler de gameplay et du cœur du jeu, il faut quand même savoir que toute l'aventure est comme chapitrée, exactement comme fut "construit" le sous-épisode Ground Zeroes.


Ainsi à
Vous voulez tout connaitre du jeu et de son passif ? Alors vous allez devoir écouter des heures d'enregistrements audio ! C'est nul et tellement plus simple à faire que des cinématiques :/
chaque mission on nous présentera les personnages "actifs", ainsi qu'une partie du staff. Et c'est là qu'on en vient à être écœuré par Hideo Kojima et sa mégalomanie sans borne. Car si son nom a été supprimé de la jaquette définitive du jeu, autant vous dire que "in game" vous aller en bouffer !! Son patronyme apparait à chaque début de chapitre/mission, ainsi qu'à chaque fin et comme la durée de vie gravite autour des 30 heures pour les missions principales, auxquelles s'ajoutent 150 missions secondaires, autant vous dire que malgré tout le respect que j'ai pour cet homme-là, je peux vous dire que c'est un sacré mégalomaniaque, un égocentrique écœurant ! Cette folie des grandeurs (ou peur viscérale qu'on l'oublie, qui sait) mise à part, il est étonnant de voir que l'aventure ait été pensé non pas en un seul morceau, mais bien comme un agglomérat qui aurait pu être vendu pièce par pièce, et finalement, c'est bien ce que Ground Zeroes est : un petit bout qu'on a arraché à l'aventure principale pour mieux nous le vendre à prix d'or (ou pour faire patienter les fans diront celles et ceux qui sont moins sarcastiques et en toute honnêteté, le contexte scénaristique et la coupure des 9 ans s'y prêtait bien... mais bon). Niveau gameplay, il est évident qu'on retrouve l'exacte prise en mains de Ground Zeroes, qui offre une formule évoluée de ce que proposait Metal Gear Solid 4 à l'époque. La prise en mains est donc très proche d'un TPS, sans pour autant sacrifier le cœur même de la série : l'approche en douceur et l'infiltration. Car il faut être honnête, on ne joue pas à MGS comme à un jeu d'action. Si parfois on est obligé de sortir l'artillerie, notamment parce que l'IA des ennemis est étrangement gérée (avec une vision un peu trop clairvoyante à mon gout -surtout de nuit, c'est abusé- ou plus rarement des ennemis complètement sourd et aveugle), le jeu n'est clairement pas fait pour faire parler la poudre. Il est préférable de s'infiltrer, d'endormir quelques gardes, de sniper discrètement, le top étant de réussir ses missions sans être vu, tel un fantôme. Le premier outil qu'on a à disposition, ce sont les jumelles. A l'image de ce qu'on a connu dans l'excellent Far Cry en 2004, les jumelles permettent de repérer chaque ennemi et d'en garder sa position en temps réel, grâce à un système de "marquage". Forcément, ça aide à réussir une infiltration "propre" et ce, avec un minimum de victime. Bien sûr notre Snake peut faire le mort, marcher accroupi, se déplacer à plat-ventre tel un serpent, ramasser les armes ennemies, déplacer/cacher les corps (dans un endroit discret, un placard ou une poubelle... merci Hitman pour l'idée), et on retrouve le fameux iDroïd (de part un tel nom, on comprend que Kojima aime sucer l'amerloque jusqu'à la glotte) qui nous sert d'interface, de map et de listing de missions.


Le jeu
Le gameplay (sur la base d'un TPS) est agréable, et la jouabilité est précise. Par contre le cheval est assez peu pratique mais il fallait bien ça pour traverser les kilomètres de map qu'on nous impose
se voulant en monde ouvert, nous avons à disposition un cheval qu'il suffira d'appeler n'importe où n'importe quand, afin de traverser de longues distances ou nous sortir d'une situation insolvable ailleurs que par la fuite. La tuile c'est que le canasson (un animal décidément très à la mode ces dernières années) est loin d'être aussi efficace et contrôlable que dans The Witcher 3 (et pourtant Ablette est loin d'être irréprochable). Déjà au niveau de sa vitesse de déplacement : soit on se traine affreusement, soit le cheval se met à filer comme un missile et en devient par la même totalement incontrôlable... sans parler que la gestion des collisions laisse franchement à désirer. A ce propos, il est regrettable que notre héros soit bloqué par des murs invisibles. N'allez pas me faire croire qu'un homme à pieds et dans la force de l'âge, est incapable de gravir des côtes qui ne poseraient pas de problèmes à ma grand-mère. On voit bien que tout à été fait pour qu'on prenne les chemins les plus longs (au hasard ceux parsemer d'ennemis) et qu'on évite les raccourcis. Frustrant et bien peu réaliste. Tien en parlant de réalisme, il est toujours aussi absurde que les silencieux se brisent au bout de 30 balles tirées, comme s'ils étaient en céramique et avec une "durée de vie programmée". Je ne sais pas d'où Kojima sort cette idée aussi farfelue que pénible... Autre détail vraiment gênant, il est regrettable de voir combien de balles un simple mercenaire est capable d'encaisser avant de rendre l'âme (head-shot mis à part). C'est vraiment n'importe quoi, ce qui fait qu'on bouffe ses munitions et le cas échéant, son silencieux, sur le moindre mercenaire qui nous prend par surprise (par contre on apprécie de retrouver le Slow-Mo de quelques secondes afin qu'on puisse "régler le problème" rapidement et discrètement, avec un tranquillisant ou une bonne balle entre les 2 yeux). Faisant directement suite à l'épisode Peace Walker, Metal Gear Solid V nous propose de gérer une nouvelle Mother Base, puisque la précédente a été détruite. On repart donc de zéro, à savoir qu'il faudra recruter de nouveaux partisans, développer de nouvelles technologies... ce qui se fera bien entendu au fil du jeu. Et même si on n'aime pas forcément cet aspect gestion du titre (moi le premier, puisque je ne joue à un MGS pour faire ça), il faudra bien en passer par là car au début, l'équipement est vraiment minimaliste, ce qui limite grandement les approches. D'ailleurs afin de développer sa Mother Base, il ne sera pas vain de fouiller les lieux afin de voler de nouvelles technologies, du carburant, des médicaments, des pièces mécaniques ou même des armes. Ramasser des plantes rares permet de développer l'aspect médical (guérison plus rapide, fléchettes tranquillisantes plus efficaces...) et trouver des diamants (souvent à l'état bruts, un peu comme dans Far Cry 2) permet simplement d'engranger des ressources financières. Même si le processus tient plus du simple jeu vidéo que du réalisme brut (même si le Fulton, qu'on pourrait croire un peu fumé, existe vraiment !), ça a au moins le mérite d'inciter à être discret et à bien fouiller chaque lieu, chaque bâtiment.


Avant chaque mission,
Je n'en ai pas rêvé mais Kojima l'a fait : un cheat-code intégré et parfaitement grotesque ou comment ridiculiser le sérieux du jeu
on pourra s'adjoindre l'aide d'un coéquipier et bien entendu choisir son équipement, entre armes et gadgets (selon ce qui a déjà été débloqué, bien entendu et rassurez-vous, le carton est toujours d'actualité :). D'où l'intérêt de veiller au développement des nouveautés. Après il y a (encore une fois) des choix nettement plus discutables comme ce système de premiers soins (notamment dans le prologue), hérité de celui de Snake Eater et qui est ici sérieusement capilotracté, ce menu soit disant rapide et qui est particulièrement merdique à l'usage (entre nous, celui de l'épisode 4 était très bien, il n'y avait rien à toucher à ce niveau-là). Autre point qui me chagrine un peu : depuis Ground Zeroes, nous ne disposons plus de niveau de difficulté, ce qui peut rendre le jeu un peu difficile pour certains, carrément "over facile" pour d'autres. Personnellement, si je n'ai pas trouvé le jeu difficile, j'aime bien avoir plusieurs niveaux de difficulté, afin de "cadrer" l'aventure sur mes envies et je pense que beaucoup comprennent la nécessité de ce choix : tout simplement pour que le jeu soit au gout et capacités de chacun. C'est comme la fameuse "cagoule de poulet" (oui oui vous avez bien lu), celle-là même qui a servie de ridicule teaser à Kojima-san. Faisant office de cheat-code maquillé (elle permet que les ennemis ne vous repèrent pas un certain nombre de fois), une fois de plus un choix de la difficulté me semblait plus approprié... et moins ridicule. Finalement quoi de mieux pour briser le sérieux de la production et maquiller notre héros en... comme dire... bouffon de service. Ce "gadget" aurait dû rester à l'état d'easter-egg ou alors il aurait fallu quelque chose de moins risible. Dernier point du gameplay, le jeu manque cruellement de checkpoints. Parfois on veut faire les choses bien, on cache les corps, on ramasse les ressources, on fait en sorte d'être un fantôme pour les lignes ennemies et au dernier moment un mercenaire (qu'on n'a évidemment pas vu arriver) vient tout faire foirer soit en donnant l'alerte ou carrément en nous poignardant dans le dos. Au final, c'est 3/4h de jeu perdu, tout ça parce que cet épisode ne fait des sauvegardes qu'à des moments-clé de l'aventure, et plus souvent lorsqu'on franchit une zone. Résultat, après tant de frustrations, on rushe la map et la mission comme un porc, en dessoudant tout le monde et en bâclant le travail, tout ça parce que le jeu vidéo actuel nous a supprimé les sacro-saintes sauvegardes manuelles qu'on appréciait tant (sur PC) il y a quelques années de ça. Et aujourd'hui, avec nos consoles modernes et leurs disques durs, je ne vois vraiment pas ce qui les empêche...


Techniquement,
Dans l'ensemble les graphismes sont plutôt réussis, notamment au niveau du design, cependant on sent bien que le FOX Engine est capable de mieux
Phantom Pain tourne sous FOX Engine, le nouveau moteur tout droit sorti des labos de Kojima Productions. Peu volumineux en comparaison de certains titres (avec "seulement" 28Go d'installation que ce soit sur PC ou consoles new-gen), le titre est sorti sur toutes les machines actuelles et malheureusement, comme c'est toujours le cas lors d'un développement "inter-générationnel", ce sont les anciens supports que sont les PlayStation 3 et Xbox 360, qui tirent les performances vers le bas. Bien entendu dans le fond, c'est réussi : le design est bon, le jeu est fluide, c'est agréable à jouer, plutôt détaillé (surtout sur PS4/XBO/PC)... cependant, et comme je l'évoquai déjà lors du test de Ground Zeroes, on sent bien que le moteur est capable de bien mieux que ça. C'est surtout vrai en ce qui concerne la mise en scène, qui en l'état est d'un très bon niveau mais qui, pour du Metal Gear Solid, déçoit un peu. A titre de comparaison, le vétéran Metal Gear Solid 4, pourtant vieux de 7 ans et exclusif à la PS3, fait clairement mieux ! Pour y avoir rejoué peu de temps avant d'entamer le test de celui-ci, je peux vous dire que j'ai été une nouvelle fois ébloui par la réalisation de ce titre, qui était très en avance sur son temps et qui reste, encore à l'heure actuelle, une énorme référence en terme de précision et de qualité graphique. Une distinction qui, malgré un nouveau moteur graphique et des supports plus performants (PS4/XBO/PC) n'est clairement pas reportée à Phantom Pain. Une fois encore, il est vrai que l'ensemble est joli, très bien fait, un certain soin a été apporté à la mise en scène, à la qualité des décors et des modélisations, mais entre nous, ce bon vieux MGS4 faisait déjà aussi bien à l'époque... si ce n'est mieux ! Si le développement avait été fait uniquement sur les supports les plus récents, sans doute qu'on sentirait de façon plus nette, la différence. J'ajouterai que comme toujours sur cette série, les technologies sont bien trop avancées pour leur époque : le iDroïd (un autre pseudo produit Apple ?) cette télécommande à interface holographique, le bras bionique de Snake, les implants... sérieux ? On est censé être en 1984, tout ceci me parait peu probable pour l'époque (comme le premier pas de l'Homme sur la Lune en 1969, à l'âge de pierre de l'informatique et de l'astronomie... mais c'est un autre sujet :p ).


De plus,
Les musiques sont très souvent absentes, et d'une qualité oscillant entre l'excellent et le passe-partout. Le doublage est correct, les bruitages sont irréprochables
je trouve ce 5e épisode inutilement sanglant, limite gore, avec des mutilations, beaucoup de violence au premier degré et du sang par seaux entiers. Je veux bien que ce ne soit pas le monde des bisounours, mais le titre avait-il vraiment besoin d'être aussi cru ? J'en doute. Dernier point technique, le temps s'écoule en temps réel dans l'aventure. Evidemment, une journée ne dure pas 24h, l'écoulement est donc accéléré cependant lorsqu'on voit les ombres "bouger" à hauteur d'un "cran" par seconde, il est difficile de ne pas trouver ça bizarre et un peu mal fait (même si bien sûr pour le remarquer, il faut y prêter attention). Terminons par la partie sonore qui, comme évoquée, vous fera écouter des heures de cassettes audio, en lieu et place des vidéos et/ou des cut-scènes. Si le ton est là, difficile de ne pas se dire qu'au passage, on a perdu quelque chose. De même, je n'ai pas trouvé le doublage aussi impliqué qu'autrefois, notamment en ce qui concerne un Kiefer Sutherland très en dessous d'un David Hayter certes critiqué mais don le timbre et la verve collait mieux à notre héros. Enfin si les bruitages sont parfaits en l'état, il est clair que les musiques se font un peu trop discrètes. Elles ne soulignent que quelques moments-clés, et encore. Parfois vraiment belles, parfois très passe-partout, les compositions du trio Ludvig Forssell / Justin Burnett / Daniel James sont assez loin de celles de Harry Gregson-Williams et Norihiko Hibino, qui ont fait un travail admirable sur Metal Gear Solid 2 et 4. Bref, une fois encore, on est loin du perfectionnisme dont la série nous a habitué.



Si Note
la Guerre a Changée (War has changed), dites-vous que Metal Gear Solid aussi, a changé. La série a pris un virage certes attendu, mais pas forcément dans la direction qu'on voulait. La preuve avec cette narration quasiment absente. Et je ne parle pas de ces cassettes à écouter, en s'ennuyant ferme et en lisant des sous-titres, je parle bien de toute cette mise en scène, de ces dialogues, de ces interludes via le Codec... qu'on aurait jamais pensé autant nous manquer ! C'est un fait, MGS avait besoin de changer pour persister (il suffit de jouer aux remasterisations HD des épisodes 2 et 3, avec leurs prises en mains d'un autre temps, pour vite s'en rendre compte). Si certaines évolutions paraissent naturelles et même nécessaires (comme le format TPS) après on se demande bien où est passé l'ambiance propre à la série, car l'open-world c'est bien mais il ne fallait pas que ça se fasse au détriment de ce qu'on aime en jouant à un Metal Gear Solid. Et oser arguer qu'open-world et narration ne peuvent pas coexister, c'est être de mauvaise foi tant les exemples se sont multipliés ces dernières années, à commencer par The Witcher 3 ou les derniers Batman Arkham. Et puis si le gameplay s'est affiné avec le temps, il est clair qu'on ne retrouve que difficilement les racines de la licence : la Mother Base part d'un bon sentiment mais ne plaira pas forcément au plus grand nombre, tout comme ce procédé de mission (Mother Base - hélico - déroulement de la mission - fuite - appel de l'hélico - retour à la base, le tout sans presque jamais de cinématique), ce manque de choix de difficulté et son cheat-code au gout de KFC absolument ridicule, ou encore cette réalisation certes réussie, mais très loin des standards de la série et des capacités d'un moteur qu'on jurerait sous-exploité. Et le plus décevant, c'est qu'on disait tous que Ground Zeroes n'était que le tir d'essai et que ses défauts allaient être réglés entre temps. Penses-tu ! C'est le même jeu, avec les mêmes défauts, sauf qu'ici on a plus de contenu et que son prix est justifié par une durée de vie très convenable. La déception est donc là, surtout quant on pense à Metal Gear Solid 4, cette perle de narration, cette force de mise en scène, cette écriture sans faille, cette bande-son mémorable, ses graphismes avant-gardistes... on se disait que cet opus aurait dû tout exploser ! Or il est clair que pour le fan de longue date que je suis, ce 5e épisode ne vaut clairement pas le 4, pourtant vieux de 7 ans et exclusif à cette bonne vieille PS3. Alors certes Metal Gear Solid V : Phantom Pain possède un certains nombre de qualités, maintenant il faut bien comprendre qu'il n'a plus grand-chose à voir avec "un vrai" Metal Gear Solid, ce nom autrefois synonyme d'excellence. Si Kojima voulait partir avec les honneurs, et ce avec un ultime MGS qui restera dans les annales, à mes yeux c'est raté ! Phantom Pain reste un bon titre, mais il est loin d'être le meilleur des MGS. Pour ça, tournez-vous vers les épisodes Twin Snakes, 2, 3 et 4 qui sont les vrais incontournables de leurs temps, qui sont bien plus mémorables et qui en prime, sont plus intimes avec les codes de la série. Bref, tout ce que la duologie Ground Zeroes/Phantom Pain n'est plus...



Les -

  • Aucun réel résumé de la série, ce qui fait que les nouveaux ne vont rien comprendre au fond de l'histoire
  • Hideo Kojima ce mégalomaniaque égocentrique qui nous affiche son nom durant tout le jeu !
  • Des centaines d'enregistrements sont à écouter pour étayer le fond : c'est nul à chier !
  • Kiefer Sutherland est loin d'atteindre la qualité de doublage de David Hayter
  • Les murs invisibles et les silencieux qui se pètent en un rien de temps...
  • Beaucoup de missions sans intérêt et avec aucune mise en scène
  • La cagoule de poulet, ce cheat-code ridicule :(
  • Pas assez de cinématiques, surtout pour un MGS
  • L'IA des ennemis, clairement en dents de scie
  • Prologue mou et peu intéressant
  • Très redondant sur la longueur
  • Les +

  • Malgré son aspect gestion parfois rebutant, la Mother Base 2.0 est sympa à gérer
  • Gameplay peaufiné et prise en mains TPS vraiment agréable
  • Plutôt réussi techniquement (mais peu mieux faire)
  • Un open-world plutôt réussi dans l'ensemble
  • Excellente durée de vie


  • Test réalisé par iiYama

    janvier 2016