Journey (PS3/PS4) -- GRAVITORBOX

 




Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Testé sur :


Sorties du jeu : mars 2012 sur PlayStation 3 - juillet 2015 sur PlayStation 4
Développeur : Thatgamecompany
Remaster PS4 : Thatgamecompany
Editeur : Sony Computer Entertainment
Genre : aventure - exploration

Version testée : Française
Doublage : -
Textes à l'écran : FR

Support : en téléchargement sur PSN ou compilation (incluant flOw et Flower) sur Blu-Ray
Version logicielle : 1.01 (PS4)
Espace disque nécessaire : 580Mo (PS3) - 3.3Go (PS4)
Moteur graphique : PhyreEngine
Optimisation PS4 Pro : non
Définitions HD max : 720p (PS3) - 1080p (PS4)
Framerate annoncé : 30 fps (PS3) - 60 fps (PS4)
Compatible 3D : non
Compatible VR : non

Difficulté :
Temps de jeu : 3 heures
Compatible PS Move : non
Remote Play PS4/Vita : oui
Multi-joueurs : 2 joueurs online
Prix au lancement : 15€










Les sites partenaires :












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Journey









Thatgamecompany
"journey" veut dire "voyage" et c'est exactement ce que le jeu nous propose de vivre
est un tout petit studio américain d'à peine 14 employés, fondé en mai 2006 par Jenova Chen et Kellee Santiago, et à qui on doit déjà l'original flOw mais aussi et surtout le très beau et poétique Flower. Avant de bénéficier d'un financement indépendant, le studio était un développeur affilié à Sony Computer Entertainment, et notamment sous contrat pour créer 3 jeux téléchargeables destinés au PlayStation Network de la PS3. Ainsi le dernier jeu du studio n'est autre que leur plus belle et aboutie production, j'ai nommé Journey. Tout d'abord sorti en mars 2012 sur le PSN de la PlayStation 3, son succès critique et commercial fut tel qu'une version boite est apparue durant l'été 2013 et comme la PS4 semble coutumière d'accueillir les plus grands titres de son ainée, c'est en juillet 2015 qu'apparait sur le PSN de cette dernière, une version légèrement remasterisée (la version boite est également apparue quelques mois plus tard). A noter aussi que le jeu est "cross-buy" donc si vous achetez l'une ou l'autre version (PS3 ou PS4) vous pourrez également le télécharger gratuitement sur l'autre plate-forme. Dans Journey nous contrôlons ce qui semble être une frêle (jeune ?) femme munie d'une burqa, qui au départ, ne sait ni d'où elle vient, ni ce qu'elle doit faire. Perdue dans de vastes plaines désertiques où ne règne que le sable et la solitude, elle semble comme attirée par une montagne, seul point culminant et attractif d'un horizon brûlant et monotone. Il faut le dire, le scénario de Journey n'atteint pas des sommets et pour cause, il n'y a aucun doublage, pas même le moindre sous-titre. Ici tout est suggéré, on nous fait comprendre assez vaguement les tenants et les aboutissants de cette aventure ("journey" voulant littéralement dire "voyage" en anglais), mais n'est pas clairement explicite, les développeurs ayant volontairement laissés beaucoup de marge d'interprétation aux joueurs. D'ailleurs les pseudo-cinématiques sont rares, les 2/3 existantes sont presque toutes identiques, et pourtant, malgré l'apparente simplicité de la mise en scène, se cache une écriture qui n'est pas dénuée d'une certaine chevalerie. C'est juste que l'ensemble est minimaliste et laisse beaucoup de place aux spéculations en tous genres.



Passe une bonne Journey...


Et le gameplay
La narration, sans doublage ni texte, est volontairement abstraite, presque ésotérique, afin de laisser au joueur sa propre interprétation de ce "voyage"
est un peu du même acabit : d'une simplicité arrogante, le stick gauche sert à déplacer son personnage, le stick droit gère la caméra, le bouton "X" sert à voler et le bouton "O" sert à chanter. Et voilà, on a déjà fait le tour de la question ! Certes on déplace notre mouquère nous même, mais elle saute les obstacles toute seule (ce qui est extrêmement perturbant, surtout au début) et bien des actions se déroulent sans même qu'on ait besoin d'intervenir. Journey est clairement un jeu d'exploration et de contemplation. Bien que construit sur le classique schéma du "une map pour un niveau", ces mêmes maps sont explorables à volonté, l'unique but étant de poursuivre sa route. Pour se faire il faudra activer des portails, ce qui tout à fait entre nous, est d'une simplicité affolante. De toute façon je ne pense pas que les développeurs aient cherchés à faire quelque chose de compliqué, bien au contraire. D'une difficulté quasi inexistante (!) déverrouiller le passage ne nécessite qu'un peu d'exploration et de patience. Il n'y a presque jamais d'ennemis (à part sur la fin, et encore...) ni de pièges, ce qui fait qu'on ne peut pas mourir. D'une douceur extrême, ce jeu est parfaitement adapté aux enfants, même les plus jeunes. Ceci dit, il est également destiné aux rêveurs car Journey a ce quelque chose de fascinant, d'hypnotisant. Sur chaque map, hors le fait de déverrouiller le passage ou de simplement trouver son chemin, il n'y a pas grand chose à faire. La seule petite sous-quête à accomplir, c'est de trouver ces items qui rallongent l'écharpe de la mouquère, et qui lui permettent de voler plus longtemps. Ce foulard est comme une jauge de vol qui s'amenuise en planant, et qui se rempli en trouvant des rubans. Quant au chant, il suffit de presser la touche "O" pour activer les mécanismes... point barre, il n'y a absolument rien d'autre à faire, aucun collectible à trouver, le jeu nous pousse simplement à explorer les lieux puis à passer au niveau suivant. La simplicité des énigmes le rend très abordable et se balader dans de vastes plaine semi-ouvertes rend parfois notre périple fastidieux, mais le but est clairement de ressentir la solitude du personnage, sa petitesse face aux éléments (ce qui rappelle agréablement Shadow of the Colossus), ainsi que le plaisir simple d'aller vers l'inconnu. D'ailleurs, si le jeu impose très subtilement ses objectifs, les murs invisibles sont tout aussi sagaces, avec notamment des tempêtes de sable qui nous confinent ingénieusement à l'actuelle map.



Comme du sable entre les doigts...


Finalement,
Le gameplay se veut très simple... mais au final, Journey c'est autre chose qu'un simple jeu vidéo
le vrai défaut du titre pourrait être son rapport durée/prix (mais en aucun cas son rapport qualité/prix !). En effet, en explorant bien chaque niveau pour trouver les bonus de vol et en prenant son temps comme je l'ai fait, l'aventure dure au maximum 3 heures, pour un prix d'achat (à l'origine) de 15€. Certes ce ratio durée/prix est courant avec les jeux dématérialisés, le soucis étant la profondeur du titre : une fois fini, on n'aura aucun intérêt à le recommencer, si ce n'est revivre une aventure dépaysante et particulièrement reposante. Certes on peut y jouer à 2 mais on ne peut inviter personne en particulier (pas d'amis par exemple), en fait le jeu lie 2 joueurs selon leur façon de jouer et ce, dans l'anonymat le plus complet. Bien que le jeu soit relativement court et découpé en chapitres, chaque niveau tente de varier ses mécaniques et ses décors. Certes au départ nous avons essentiellement les pieds dans le sable, mais assez vite notre mouquère évoluera dans des environnements plus éclectiques, limite même aquatiques. Toujours dans la suggestion, l'univers maritime est constamment rappelé comme ces rubans qui ondulent telles des algues, les petits rubans forment ce qui semble être des bancs de poissons, les tapis miment des méduses, en volant notre personnage rappelle une raie-manta... d'ailleurs il n'est pas rare qu'elle évolue dans un environnement aux réactions aquatiques. Donc oui, malgré sa faible durée de vie, le jeu est étonnamment varié et ce n'est pas un mal car finalement en 3 heures, on fait largement le tour des possibilités du gameplay (après bien évidemment, pour ce qui est du dépaysement procuré, c'est autre chose, ça on ne s'en lasse jamais :).



De Phyre en Phyre...


Tout comme flOw et Flower,
Que ce soit sur PS3 ou sur PS4, les graphismes sont superbes. Les musiques quant à elles, sont juste magnifiques, envoutantes, enivrantes...
Journey tourne sous PhyreEngine, le moteur développé par Sony (mais qui reste assez ouvert puisqu'il est compatible avec la Switch, iOS, Androïd et même PC). Ce même moteur qui a servi à divers titres tels que le tout mignon Unravel, le sanglant Hotline Miami, le tactique Savage Moon ou encore le renversant Gravity Rush, nous pose ici l'un de ses plus beau rendu. A l'origine sur PS3, le jeu tournait parfaitement bien, en 720p et en 30 images/seconde. A son arrivé sur PS4, les graphismes ont été légèrement peaufinés, ils s'affichent désormais en 1080p et en 60 images/sec. Ceci dit, que ce soit sur PS3 comme sur PS4, les graphismes ont de quoi émerveiller ! La gestion du sable est bluffante de réalisme (on sent qu'Uncharted 3 a donné des leçons), les animations sont fluides, c'est étonnamment varié (bien que le début de l'aventure ne le suggère pas), le design est réellement somptueux... en somme tout a été fait pour nous faire vivre un "voyage" d'une sensibilité incroyable. Car tout est doux dans Journey, tout est subtil... On ressent bien cette impression de gigantisme et de solitude, d'ailleurs cette narration quelque peu floue va clairement dans ce sens. Et puis les panoramas sont absolument splendides ! Sur PS4 ça va (encore une fois) être la foire à la touche screenshots. Et pour accompagner ces visuels hypnotisants, le compositeur Austin Wintory (déjà à l'œuvre sur les 2 précédents titres du studio mais aussi sur The Banner Saga 1/2 ou encore Assassin's Creed Syndicate) nous offre des mélopées d'une douceur sans pareille. Evoluant littéralement au fil de l'aventure (c'est d'autant plus vrai lors des pseudo cut-scènes où la musique évolue en fonction de l'image... bluffant !), les compositions soulignent merveilleusement nos actions. A la fois limpide et reposante, l'instrumentation (presque essentiellement à base de violoncelles) intime une sensibilité à fleur de peau, qui délivre une émotion prompte à vous faire frissonner. D'ailleurs je ne saurai que trop vous conseiller de jouer seul(e) et avec un casque sur les oreilles, afin d'apprécier au mieux l'admirable travail de ce compositeur qui m'a emmener par-delà les frontières d'un simple jeu vidéo. Et on peut en dire autant du dernier morceau, intitulé I Was Born for This ("Je suis né(e) pour ça"), interprété par la chanteuse Lisbeth Scott et qui vous transportera jusqu'à la toute dernière minute de ses crédits de fin. Magnifique, magique, les mots me manquent... Après sa sortie, l'OST a atteint le top 10 des téléchargements d'iTunes dans plus de 20 pays et en 2015 est sortie une version vinyle de l'album. Il n'y a pas de mystère, ce succès a une bonne raison d'être et même si le jeu est déjà envoutant en lui-même, la partie sonore en décuple les sensations et les émotions, au point que Journey ne serait pas aussi mémorable sans elle...




Petit comparatif entre le rendu graphique sur PS3 et sur PS4. On notera que sur PS4 les couleurs sont plus chaudes, le contraste a été amélioré, les détails sont également plus fins.
Le jeu est passé de 720p / 30 fps sur PS3, à 1080p / 60 fps sur PS4.
(cliquez pour agrandir)




En commençant Note
ce test, avec en mémoire l'essai à plusieurs reprises de la démo offerte sur PSN, je ne m'attendais pas à vivre une telle expérience. Acclamé par la presse (92% sur Metacritic, c'est énorme), chéri par les joueurs comme étant l'une des plus enivrante aventure disponible ces dernières années, Journey m'a d'abord fait voyager, puis dépayser pour enfin me faire vivre une petite épopée pleine de charme, de poésie et de sensibilité. S'adressant à celles et ceux pour qui le jeu vidéo est un art, un art par lequel on peut faire vivre des émotions, à l'image de son périple, mon regard sur Journey a changé. D'abord vu comme un simple jeu d'exploration au gameplay simpliste et aux puzzles minimalistes, porté par une bande-son admirable et gorgée d'une délicatesse à fleur de peau, Journey m'a porté dans sa courte histoire. Paré d'un design somptueux, offrant une réalisation irréprochable (je suppose que le petit Thatgamecompany peut remercier Santa Monica Studio pour leur aide), c'est surtout l'expérience quasi sensorielle qu'offre ce titre qui va (à coup sûr) vous surprendre. Si bien sûr vous n'êtes pas du tout ouvert à l'élégance et à l'empathie (le genre bourrin sans un brin de cervelle... et Dieu sait si la Terre est peuplée de ce genre d'individus - à mon grand regret), alors vous trouverez le jeu lent, ennuyant, sans aucun défi et peut-être même cher, car pour 15€, vous jouerez moins de 3 heures. Maintenant si vous arrivez à vous détendre, à vous immerger dans son ambiance, à vous laisser porter par le charme reposant de cette aventure, alors pour sûr, vous vivrez un moment de jeu vidéo unique en son genre. Bien que loin d'être parfait, Journey c'est avant tout de l'exploration et de la contemplation, porté par un visuel enchanteur, dépaysant et bordé par une musique en tout point envoutante, enivrante, d'une poésie et d'une sensibilité rarement atteinte dans ce médium. Et si par hasard une larme vient à couler sur votre joue, c'est alors que la musique qui envahie vos oreilles et la poésie qui émane de ce titre, auront fini par atteindre votre coeur...



Les -

  • Durée de vie trop courte... même en trainant les pieds dans le sable
  • Gameplay peut-être un peu trop simple non?
  • Les +

  • Une aventure poétique à souhait, reposante, envoutante...
  • La bande-son est une merveille !!
  • Techniquement splendide !
  • Le cross-buy PS3 / PS4


  • Test réalisé par iiYama

    septembre 2019