Far Cry 5 - Les DLCs (PS4/XBO/PC)

 



 



Hours of Darkness
Lost on Mars
Dead Living Zombies


Testé sur :


Sortie de Far Cry 5 : mars 2018
Développeur : Ubisoft Montréal
Editeur : Ubisoft
Genre : FPS

Version testée : Française
Doublage : FR
Textes à l'écran : FR

Support : en téléchargement uniquement PlayStation Network (PS4), Xbox Live (XBO) et Steam / Uplay (PC)
Versions logicielles : 1.011 / 1.012 / 1.014
Moteur graphique : Dunia Engine (Crytek / Ubisoft)
Moteur physique : Havok

Performances PS4 / XBO : 1080p en 30fps
Optimisation PS4 Pro / Xbox One X : oui
Compatible 3D (consoles) : non
Compatible VR : non

Compatible PS Move (PS4) : non
Compatible Kinect (XBO) : non
Remote Play PS4/Vita : oui
Multi-joueurs : 2 joueurs en coop' / jusqu'à 12 joueurs online


Far Cry 5 est indispensable pour obtenir/jouer à ces DLCs et il est disponible sur :









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Far Cry 5

Hours of Darkness
Lost on Mars
Dead Living Zombies






Si on remonte un petit peu en arrière, le premier Far Cry n'est pas si vieux que ça. Datant de 2004 et en conflit quasi frontal avec Half-Life², le titre de Crytek fait encore aujourd'hui quelques émules, tant sa réalisation était hors normes à sa sortie (je regrette vraiment qu'Ubisoft, détenteur des droits, ne nous ait JAMAIS fourni une version console digne de ce nom... ce qui ne fut pas le cas de Crysis, fort heureusement mais ça, c'est un autre sujet). Il faudra attendre 4 ans et 7 mois pour que Ubisoft se décide de sortir une vraie suite (pas ces spin-offs console assez peu intéressants), et même si celle-ci aura eu un joli succès (un peu plus de 3 Millions de ventes), on sent bien que l'éditeur est un poil déçu. Avec Far Cry 3, Ubisoft nous a sorti le grand jeu !! Nouveau gameplay, décorum sublimement attractif (il faut dire que l'Afrique noire et la malaria sont forcément moins vendeur que les îles paradisiaques et les drogues hallucinogènes), un bon scénario et surtout, une réalisation technique flamboyante ! Véritable succès critique et commercial (plus de 7 Millions de ventes !), c'est cet épisode qui a doucement inclus la nouvelle (et gerbante) mode du DLC, même s'ils restaient tout à fait dispensables. Car tout le souci d'un DLC est là : tant qu'on parle de cosmétique, d'objets ou de contenu aux choix inutile et/ou inintéressant, le fan ne se sent pas lésé. Par contre dès qu'on parle de contenu scénarisé, surtout ceux dont l'histoire s'imbrique dans l'aventure principale, là c'est autre chose. Le joueur se sent floué, on a amputé son jeu d'origine d'une intéressante partie, pour mieux lui vendre à prix d'or en contenu additionnel... Ceci dit, avec le stand-alone Blood Dragon, Ubisoft a pris la tendance inverse en proposant un jeu basé sur les assets de Far Cry 3, mais une aventure plus courte, 100% originale, scénarisée, doublée, à l'univers absolument fantastique et bien entendu (eu égard à la durée de vie), moins chère.



   


Avec Far Cry 4 (sorti en novembre 2014, l'un des grands succès cross-gen avec plus de 7 Millions de ventes ! comme quoi, vendre son jeu sur 5 plate-formes ça aide à multiplier les exemplaires), Ubisoft nous a proposé des DLCs plus orientés vers ce que proposait le 3e opus, en plus d'être dispensables. Vient maintenant la sortie de Far Cry 5 (en mars 2018, plus de 6 Millions de ventes... joli score pour un épisode si controversé), un opus qui aura beaucoup déçu les fans pur souche de la licence. En effet, c'est globalement un bon jeu, mais on ne peut pas dire que ce soit un bon Far Cry. De plus, en 14 ans on ne peut pas dire qu'Ubisoft ait beaucoup laissé refroidir sa licence, même si on reste assez loin du rythme franchement abusé des Assassin's Creed. Ceci dit, dès le départ le développeur franco-canadien avait prévu pas mal de contenu pour son 5e poulain. Hormis le mode Arcade, 3 DLCs furent immédiatement dévoilés, le tout lié à un Season Pass ou achetable individuellement. Niveau prix, le Season Pass est intéressant (bien qu'à première vue cher) car si on recompte bien, les 3 DLcs coutent à eux seuls 30€, sachant qu'un Season Pass vous donne accès à pas mal de bonus supplémentaires, il est donc préférable de le prendre, au lieu d'acheter les DLCs un par un, surtout si comme moi, vous payez le dit Pass en promo à moitié prix et que vous recevez Far Cry 3 : Classic Edition en cadeau (ainsi que des babioles sans intérêt comme des armes, des tenues, des voitures...). Là pour le coup, vous feriez une bonne affaire. A noter tout de même que contrairement à Blood Dragon, même si l'histoire est hors du contexte de Far Cry 5, le jeu principal reste indispensable, car on parle bien ici de DLCs et non de Stand-Alone. Par contre bonne nouvelle, sur PS4 la console télécharge des clés de déverrouillage, ce qui fait qu'il n'est pas nécessaire que la console soit connectée pour avoir accès aux divers contenus (ce qui est une bonne chose pour l'avenir à moyen et long terme). Bon trêve d'introduction à rallonge, passons au plat de résistance.





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Hours of Darkness


Note :

Date de sortie : juin 2018
Prix : 12€
Volume : 4.6Go

Premier contenu additionnel de Far Cry 5 ayant vu le jour, celui-ci est apparu le 5 juin, soit exactement 2 mois et 9 jours après l'aventure principale. Il est clair qu'on ne développe pas un DLC de cette teneur en si peu de temps, donc on comprend vite que ce contenu a été développé en parallèle du jeu principal. Dans Hours of Darness, nous revenons sur l'une des périodes les plus marquantes de l'histoire des Etats-Unis, à savoir la guerre du Vietnam. On y revit l'expérience de Wendell Redler, un vétéran de cette guerre sans intérêt, résidant à Hope County (qu'on croise d'ailleurs dans le jeu principal, ce dernier nous disant qu'un jour, il nous racontera ses faits d'arme - le lien est amusant, c'est justement ce qu'on fera ici). Notre personnage a pour nom Cow-boy, nom de code Python 2-5. A bord de son hélico, accompagné de son escouade, il se fait descendre par l'adversité et se retrouve seul et sans arme au milieu de la jungle humide d'un Vietnam peu hospitalier (normal lorsqu'on vous met sur la gueule sans d'autre raison que la politique et les pouvoirs financiers). Le jeu débute donc de façon très classique, trop à mon gout, puisqu'on va commencer l'aventure en fuyant, exactement comme dans Far Cry 3, 4 et 5 ! Super original les mecs... Question scénarisation, l'intro est une BD vaguement animée, un poil décevante et bien moche comme il se doit. A l'image de bien trop de mise en scène de contenu dématérialisé, je reconnais l'utilité de la chose et son gain de place (c'est important lorsqu'on doit faire télécharger des données à ses clients) seulement ça jure non seulement avec le design du jeu, mais en plus le résultat est assez vilain. Blood Dragon ? Alors attention, le cas de Blood Dragon est assez différent, il était dès le départ "très second degré" et même si les BD n'étaient pas de la première fraicheur, leur côté "planche animée façon jeu 16-bits" avaient malgré tout leur charme... ce qui n'est absolument pas le cas ici. Au final, j'aurai largement préféré de simples cut-scènes gérées par le moteur graphique, qui elles, auraient sûrement eu plus de gueule. Au delà de mes critiques, j'ai malgré tout apprécié que l'intégralité du DLC soit doublé en français (avec la délicate attention que les Viêt-Congs parlent leur langue d'origine), avec en autre les voix de Mathias Kozlowski (la voix officielle de Walton Goggins) et de David Krüger (la voix officielle de Shemar Moore, Dwayne Johnson, Chris Pratt mais aussi celle du Master Chief et de Rex Power Colt). A noter également que notre personnage a un nom, un visage et une voix ! Contrairement au héros aphone de Far Cry 5, bref il a une personnalité (comme quoi, rien n'est impossible, pas vrai Ubisoft ?).


Notre mission principale est de rejoindre un point d'extraction, tout au bout d'une immense zone ouverte, zone évidemment peuplée par l'armée Vietnamienne et autres paysans (un poil agressifs) du coin. Si vous rushez comme un sanglier assoiffé, la durée de vie n'excédera pas l'heure et demi, cependant la mission principale nécessite un minimum de préparation tant l'armement de départ est poussif, et les derniers affrontements particulièrement intenses. Ainsi je ne saurai que trop vous conseiller de vous atteler aux diverses missions annexes qui sont : libérer les prisonniers ralliés à votre camp, détruire les canons de DCA, libérer les camps de la présence ennemie, détruire les haut-parleurs de propagande (Far Cry 4 ?), tuer les commandants (ce qui nécessite parfois un peu de préparation sinon ils s'enfuient dans leurs bunkers et adieu la mission) et surtout libérer vos frères d'armes. En effet, une fois libres, ils reprennent le combat et jouent leur rôle de coéquipiers, en vous prêtant main-forte. C'est une excellente chose par contre ils sont peu discrets et ont la "gâchette facile"... ce qui peut être embêtant par moment. Car en effet, à l'image de ce qu'est Far Cry actuellement, les ennemis nous détectent au moindre coup de feu, les balles fusent, et si nos alliés meurent au combat, c'est malheureusement définitif ! Et quand on sait à quel point le jeu est dur lorsqu'on est seul, vous imaginez la tension. On peut leur donner des ordres, mais pour la discrétion, on repassera... Au final vous l'aurez compris, l'affrontement bas-du-front est à proscrire absolument ! Seule l'infiltration est une carte jouable, car les pugilats tournent vite en notre défaveur. D'ailleurs, tout nous force à rester discret : éliminer silencieusement ses ennemis nous permet d'acquérir temporairement (jusqu'à la prochaine détection) l'une des 4 facultés spéciales, qui rend notre personnage de plus en plus efficace à jouer les Hitman de la jungle. Quant aux frappes aériennes, elles sont conditionnées par la destruction des canons de DCA et leur efficacité est somme-toute aléatoire, tant parfois elles ont du mal à tuer quelques fantassins à proximité (alors qu'en contre-partie, ça réveille la ruche !).


Malgré sa condition de simple contenu additionnel, Hours of Darkness est particulièrement bien travaillé. La map est grande, bien façonnée, il y a pas mal de contenu et de missions secondaires (comme chercher les briquets des alliés tombés au combat), les graphismes sont une belle réussite et un savoureux mélange entre Predator, Rambo II et le premier Far Cry. Quant aux musiques, elles sentent bon le riz cantonnais, elles portent bien l'ambiance même si au final, elles sont bien trop discrètes. De leur côté, les bruitages sont excellents, dynamiques à souhait, comme toujours sur cette série. Côté gameplay, on reprend les bases de Far Cry 5, avec tout de même quelques restrictions : pas d'XP, pas de leveling et donc, pas de compétences à déverrouiller. C'est un peu dommage mais compréhensible, notre héros du jour est censé vivre cette aventure en quelques heures, pas y rester des mois. De même, on retrouve l'armement de l'époque (puisqu'on parle d'une guerre s'étant déroulée dans les années '60 et '70) à savoir des Dragunov, le valeureux M-16, la puissante M-60 et les classiques intemporels comme le 1911 (arme de poing de calibre .45 typiquement américaine) ou les fusils à pompe. En conclusion, nous sommes face à un DLC de qualité, techniquement propre et soigné... cependant qu'est-ce qui ne va pas (question purement rhétorique) ? Et bien je dirai que tout le problème du jeu vient de sa difficulté et du déséquilibre des armes. En effet, il n'y a pas de choix de la difficulté, ce qui privent les férus de challenge d'une aventure plus ardue, et pour ceux qui n'aiment pas se prendre la tête, une aventure plus accessible. Car le jeu ne nous aiguille pas vers l'infiltration, il nous l'impose ! Jouer les gros bras est presque toujours synonyme de mort et pour cause, tout le jeu est extrêmement déséquilibré ! Commençons par les ennemis, qui résistent à un point à peine nommable aux balles, alors que notre personnage se fait littéralement défoncer en 3 coups ! De même, les chiens doivent prendre un nombre de cartouches hallucinants avant de nous foutre la paix... Comment est-ce possible ? Pourquoi un ennemi est-il capable de nous abattre avec un AK-47 à 150m alors qu'avec la même arme et tous nos efforts, on ne le touchera même pas ?!


Et puis le déséquilibre des armes est juste absurde !! Comment se peut-il qu'un M-16 chargé en 5.56 soit moins efficace qu'un simple Skorpion chargé de 9mm ? De même, comment un ennemi peut-il prendre 3 ou 4 cartouches de fusil à pompe à bout portant avant de mourir, alors qu'une balle de pistolet fera aussi bien, et en un seul coup ? Admettez que tout ceci est extrêmement rageant et que ça rend l'aventure particulièrement déséquilibrée... en notre défaveur !! Si on voulait que ce soit difficile, on aurait préféré des niveaux de difficulté, pas ce genre d'âneries perfides et ô combien frustrantes ! Car si jamais vous avez la patience d'insister et d'aller au bout des choses (en jouant à fond la carte de l'infiltration, seule solution pour une vie pérenne) dites-vous que la mission finale sera un véritable laxatif ludique ! Sans parler d'une détection toujours aussi mal gérée, cette fois vous n'aurez pas d'autre alternative que le combat frontal, avec en plus, une zone très limitée, des adversaires en surnombre, des hélicoptères prêts à cracher le feu sur votre tête et bien entendu, un armement peu adapté à une riposte efficace. Au final, à moins d'être vraiment doué(e), la dernière mission vous fera jeter l'éponge et finira de vous pourrir l'expérience. Un beau gâchis, d'autant qu'on ne parle pas là d'une version 1.0 : le jeu actuel en est à sa 11e mise à jour et franchement ils auraient pu (ils auraient dû !!) rectifier bien des points du titre. Globalement, Hours of Darkness reste un bon DLC, avec de beaux graphismes, une aventure sympa comme tout, une map suffisamment vaste pour s'y investir convenablement... C'est vraiment dommage, tout ça pour des armes honteusement déséquilibrées, une difficulté défavorisante et des ennemis à la peau de crocodile quand la notre est plus fragile que celle d'une fillette. Frustrant...


 

 

 

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Lost On Mars


Note :

Date de sortie : juillet 2018
Prix : 10€
Volume : 5.4Go

Après la déception que fut Hours of Darkness, j'avoue avoir lancé ce Lost on Mars avec pas mal d'appréhension. Il faut dire que les critiques (autant les pros que les joueurs) ont été particulièrement fielleuses envers les DLCs de Far Cry 5 et à part ses soucis d'équilibrage et quelques fausses notes, Hours of Darkness n'était au fond pas si mauvais. C'est donc avec courage et détermination que j'ai lancé ce second DLC (fallait bien ça, après tout je les ai payé et j'avais un article à écrire) et là, ce fut la bonne surprise. Bien entendu, il ne faudra pas non plus s'attendre à des miracles (et c'est bien là le souci avec la plupart des gens) car on reste sur les rails des DLCs conçus à partir d'un Far Cry canonique. Cette fois, faites abstraction du scénario, ce dernier étant aussi bête qu'inutile et capilotracté ! Pour le résumer en quelques mots, Hurk (notre bon vieux badaud qui prend plaisir à débiter âneries sur âneries depuis Far Cry 3) kidnappe Nick Rye (l'aviateur récemment père de famille qu'on aide dans la 5e aventure) pour l'envoyer sur Mars ! Une fois sur place, on s'aperçoit que Hurk n'est plus qu'une tête et que la célèbre planète rouge est envahie par des "arachnées" (que Hurk appelle affectueusement des crabes de l'espace), une sorte d'improbable croisement entre des langoustines, des araignées géantes et les arachnides de Starship Troopers. Et il faut les détruire pour sauver la Terre car une fois Mars envahie, ce sera au tour de notre belle planète bleue. Vous voyez déjà là que les inspirations cinématographiques sont diverses, passant de l'imbécile Mars Attack (film que je déteste) à des longs métrages plus sérieux (mais pas forcément meilleurs) tels que Planète Rouge pour le design. Si comme d'habitude on retrouve quelques cut-scenes en plein jeu, pour ce qui est de l'intro et de la fin, Ubisoft nous ressert une nouvelle fois un graphic novel bien laid et à peine animé en guise de cinématiques. A mes yeux, c'est toujours aussi nul, toujours aussi mal fait et "toujours aussi facile", alors même que le studio excelle dans la création de cinématiques gérées en temps réel.


Nous incarnons donc ce pauvre Nick Rye, qui était un homme simple et tout à fait normal sur Terre, et qui passe désormais pour un gros neuneu, en partie à cause du doublage de Benjamin Penamaria (la voix de Jon Snow dans l'excellente série Game of Thrones), qui force un peu en ce sens. De son côté Hurk dispose de sa voix habituelle et il débite des montagnes d'absurdités, qui surnage au milieu d'un océan de propos graveleux, mêlés à un humour pipi-caca qui fera sourire... ou qui consternera selon l'état d'esprit du joueur. Enfin Anne, l'IA qui supervise l'opération et dont la voix est modifiée afin de la rendre plus synthétique, me fait irrémédiablement penser à Blood Dragon. Dans Lost on Mars, le but sera donc de remettre les installations de défense en marche, et pour ça, il faudra éradiquer les 15 reines arachnées afin de leur voler leurs cristaux d'énergie. Par dessus ça, il faudra activer des tours (tiens tiens le grand retour), tours qui sont pour le moins originales dans leurs approches. Comme Hurk fut scindé en plusieurs morceaux, il faudra également retrouver les parties de son corps gracile, il y aura quelques lettres à lire et surtout il faudra récupérer du "héléum", une substance verdâtre qu'on pille dans des bidons ou en explosant les ennemis. Ce jus permettra ensuite, telle une monnaie, de fabriquer des objets (grenades, bouclier, pack de santé...) ou des armes. Après il est vrai que l'aventure se veut finalement assez routinière : tuer les bestioles, dessouder les reines, réactiver les systèmes, ramasser un max de collectibles, activer les pilonnes... tout ça devient vite redondant. Pourtant, il serait malgré tout dommage d'occulter les efforts consentis par les développeurs, comme ce brave Hurk qui ne ménage pas sa salive afin qu'on ne se sente jamais seul dans ce périple (on notera d'ailleurs que le jeu fait énormément de références aux anciens épisodes). Côté gameplay, Ubisoft nous propose enfin du neuf, Mars n'étant pas la Terre et la gravité y étant environ 3 fois moins forte. Jouant désormais la carte de la verticalité, notre héros du jour possédera une ceinture anti-gravité qui lui permet de s'élancer à la verticale, de doser des sauts à rallonge ou encore de se maintenir dans les airs. Du coup les développeurs en ont profité pour nous proposer un level design nettement plus chaotique, plus vertical et même plus vertigineux que d'habitude, ce qui fait immanquablement penser à Borderlands : The Pre-Sequel. Côté gadgets, on nous propose des objets assez originaux comme des boucliers qui rendent invincibles, des camouflages optiques ou encore des grenades phéromoniques qui font en sorte que les ennemis s'entre-tuent. Quand aux arachnées, mieux vaut éviter de marcher sur le sable, car ça les attire systématiquement... et oui, encore une autre source d'inspiration : les fourmilions d'Half-Life 2 ont exactement le même comportement.


Si certains testeurs ont littéralement pesté contre la difficulté du titre, entre autre à cause d'armes inefficaces et d'ennemis en mode "sacs à PV" (sans doute à cause d'un test réalisé sous une version peu aboutie), étant donné que mon jeu était (à ce moment-là) en version 1.012, il faut savoir que bien des correctifs ont été appliqués. Sachez ainsi que la difficulté est désormais équilibrée et même si les reines (qui sont en fait les boss du jeu) sont des dures à cuire, il n'y a au final rien d'insurmontable. Par contre, à mes yeux il y a une réelle faute de gout au niveau de l'armement. Mars et "esprit science-fiction" oblige, nous n'avons que des pistolets et des fusils laser. Cependant, à part le changement de couleur, rien (absolument rien !) ne différencie un fusil à pompe (qui de toute façon n'en est pas un) d'un fusil d'assaut. De même, si ces armes laser ont le bon gout de ne pas nécessiter de munitions, à contrario la batterie qui les alimente tombe trop rapidement à plat et met trop de temps à se recharger, imposant ainsi de souvent changer d'arme ou de se mettre au vert pendant un temps. Terminons par l'aspect technique, qui nous soumet un premier chargement plutôt long (environ 30 secondes, sans compter qu'il faut lancer Far Cry 5 en amont) puis des loadings nettement mieux optimisés, excédant rarement les 10 secondes. Côté design, la surface de Mars offre un décor rocheux orangé du plus bel effet et qui n'est pas sans rappeler... Mass Effect Andromeda (référence ? certainement !). D'ailleurs, bien que peu variés (hormis quelques bâtiments et quelques installations à fouiller, on passera presque tout notre temps dehors) les décors sont vraiment superbes. Bien sûr il faut aimer ce mélange de poussière rougeoyante, de science fiction et de roches martienne, ceci dit il serait malhonnête de critiquer l'aspect technique et artistique de ce DLC, tant il est dépaysant... même si au bout de 6 heures, l'effet de découverte s'estompe naturellement. Il aurait par contre été de bon ton que les ennemis se renouvellent un peu plus car ils sont légion mais les modèles sont en tout petit nombre.


Et bien voilà, il semblerait qu'on ait fait le tour de la question et pour moi, Lost on Mars est une bonne pioche ! Bien sûr il a ses défauts comme la redondance des décors, plus encore des ennemis, des armes qui se ressemblent toutes ou encore cette narration assez minimaliste. Mais il ne faut surtout pas occulter ses qualités comme le dépaysement procuré par la planète Mars, une ambiance assez particulière et vraiment agréable, pas mal de nouveautés (surtout pour un Far Cry !) notamment sa propension à la verticalité, ses nombreuses sources d'inspiration qui en font un melting-pot savoureux pour qui sait les déceler (Mars Attack, Starship Troopers, Half-Life 2, Mass Effect, les anciens épisodes de Far Cry...) et bien sûr l'humour. Alors bien entendu ce brave Hurk peut assez vite taper sur les nerfs avec son ton de gogol mal torché qui balance des propos graveleux à chaque phrase, et pourtant, à bien regarder la trogne en biais du scénario, il faut comprendre que Lost on Mars n'est pas un DLC qui se prend au sérieux et ça, beaucoup ont tendance à l'oublier. C'est d'ailleurs un vrai problème (surtout en France) : les gens sont blasés de tout, ils ne savent plus que critiquer et voir le moindre défaut en toute chose, alors que personnellement j'ai apprécié les efforts qui ont été réalisé pour ce DLC, afin de proposer une aventure suffisamment longue, riche en contenu, techniquement aboutie et avec une écriture qui certes, sent l'humour de cage d'escalier, mais qui donne au jeu une ambiance assez unique (comme toutes les missions que ce fou de Hurk nous donne au fil des épisodes des Far Cry canoniques). Car au fond, pensez-vous vraiment qu'un DLC de Borderlands en fasse beaucoup plus ? Réfléchissez-y une minute : narration, contenu, originalité du gameplay et/ou des lieux... certes les jeux de Gearbox font peut-être mieux, mais pris à la louche, c'est kif-kif. Bref, tout ça pour dire que moi je l'ai bien aimé ce Lost on Mars, alors que j'appréhendais beaucoup. Comme quoi, c'est parfois là que se cachent les bonnes surprises...


 

 

 

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Dead Living Zombies


Note :

Date de sortie : aout 2018
Prix : 8€
Volume : 180Mo environ (?)

Dernier DLC à voir le jour pour Far Cry 5 (le troisième en 3 mois) sur le papier Dead Living Zombies assouvit un vieux fantasme, celui de jouer à Far Cry dans un monde apocalyptique dominé par les morts-vivants. Une sorte de "Far Cry Z" qui, bien ficelé, pourrait être absolument génial, même si la formule du FPS en monde ouvert existe plus ou moins déjà avec Dead Island et dans une autre mesure Dead Rising. Premier fait étonnant, le prix de ce DLC est le moins cher des 3, je dirai même qu'au fil des sorties, ils ont été dégressifs (12€ pour le Vietnam, puis 10€ pour Mars et ici 8€). Et côté installation, celle-ci réclame moins de 200Mo d'espace disque ce qui est sobrement impossible. Il y a donc 2 solutions : soit une grande partie des données est incluses dans les autres DLCs (peu probable), soit elles sont directement incluses dans le disque d'installation. Je pense même que ce DLC fut le premier a être développé et que c'est sans doute pour ça qu'il est inclus au disque parce que nous leurrons pas, même si ça reste un contenu additionnel, aujourd'hui on ne fait presque plus rien "rentrer" dans moins de 200Mo. Dead Living Zombies nous raconte le parcours d'un scénariste qui s'efforce de proposer ses idées aux réalisateurs et producteurs qu'il connait (le premier d'entre eux n'est autre que Guy Marvel, le réalisateur du film Blood Dragon qu'on aperçoit dans l'aventure principale de Far Cry 5). Notre gugusse qui a encore une fois la voix de Hurk (il faut dire que le doubleur est parfait pour surjouer son rôle et débiter des âneries à tour de bras :) a imaginé 7 scénarios et nous, nous allons jouer les héros de ces scripts.


Sachez en premier lieu qu'ils ne sont pas "débloqués", il faudra les finir dans l'ordre pour accéder au suivant. Notre héros (un homme ou une femme, selon les bons vouloirs du script) ne sera généralement pas bien armé au début, mais très vite on trouvera de quoi mieux se défendre. Les scénarios sont assez basiques : généralement on se retrouve à éradiquer la vermine qui pollue un champ, à devoir traverser un pont au décor apocalyptique ou à simplement survivre. Les histoires sont généralement bidons, au moins autant que les films qu'elles parodient (car soyons honnêtes, les films de zombies sont loin d'être les plus intelligents). Comme nous sommes dans un trip parodique et que le scénariste est là pour vendre son script, il servira de narrateur, de fil conducteur à chaque chapitre du jeu. Bien sûr on n'échappe aux dialogues tous plus idiots les uns que les autres, drolatiques à souhait et un poil vulgaires aussi. Côté mise en scène, comme c'est à chaque fois le cas, nous avons des BD (des graphic novel) plus ou moins animées et plus ou moins vilaines. Que voulez-vous, quand Ubisoft tient un filon, il ne le lâche pas, d'autant que cette solution de facilité nous propose quand même une (minimaliste) mise en scène et que mine de rien, c'est mieux qu'un simple texte sans tenants ni aboutissants. Ici, à minima, on justifie de faire couler le jus de citrouille fluo (oui le sang des zombies n'est pas vert mais orange nucléaire ^^) et comme les 7 mini scénarios sont indépendants, on jouera à chaque fois un personnage différent, dans une scène de carnage originale.


Vous l'aurez compris, Dead Living Zombies est un défouloir où on va décharger une montagne de balles sur ses ennemis, qui sont le plus souvent des zombies (adaptés des ennemis de base de Far Cry 5), mais aussi des animaux (zombifiés ça va de soi), des humains (ça reste rare) et même des boss sous forme de gros monstres (comme ce yéti issu du DLC de Far Cry 4, transformé en sasquatch hyper vénère). Au sein des zones il y a souvent ce qu'ils appellent des "stations de mutation", qu'il faudra bien entendu détruire sous peine que les zombies débarquent indéfiniment (qu'ils sortent de terre je veux bien l'admettre mais sur le pont, c'est tout de suite moins crédible). Malheureusement, à l'image des ennemis du jeu, il va falloir que moi aussi je prenne un ton plus agressif car Ubisoft adore gâcher les expériences qu'ils créés. En effet, si le ton est franchement léger, se rapprochant plus de MediEvil que de Resident Evil (c'est un parti-pris comme un autre après tout) il est une nouvelle fois dommage que l'expérience soit littéralement gâchée par... la difficulté ! Et oui, ENCORE ! Bon sang, pourquoi le développeur n'implante pas un niveau de difficulté comme au jeu principal ? Au lieu de ça, selon votre "skill" vous trouverez soit le jeu trop facile, soit bien trop difficile. Et une fois encore, on ne parle pas d'un jeu en version 1.0, les mises à jour de Far Cry 5 ont été nombreuses et à l'heure de ce test, on en est à la version 1.014, donc si des rectifications étaient prévues, elles seraient déjà implantées.


Car ici on ne parle pas du gentil zombie qui marche pépère vers vous les bras tendus, comme on a pu le voir dans le DLC du premier Borderlands. Ici c'est ambiance World War Z ou 28 Semaines plus Tard, avec des zombies sous stéroïdes qui courent au moins aussi vite que vous ! En lui-même, le jeu n'est pas flippant, son côté décalé n'étant vraiment pas fait pour ça. Par contre, il est hyper stressant ! Il faut dire qu'il est littéralement impossible de la jouer en furtif : les ennemis sont beaucoup clairvoyants (ils nous repèrent super vite et il n'y a rien pour se planquer) et l'armement est inadapté. Résultat on rentre dans le tas et les problèmes arrivent vite ! Et oui, dessouder une horde de zombies n'est pas un problème lorsqu'on a l'équipement adéquat, or depuis Far Cry 5 on sent bien que les armes sont moins efficaces et là, face à des morts-vivants qui courent, qui ont des attitudes imprévisibles et qui viennent systématiquement au corps-à-corps, c'est rapidement la cata ! Ainsi on passe notre temps à jouer à reculons (pour éviter le contact) mais ça reste insuffisant : les armes les plus puissantes n'arrêtent jamais les ennemis du premier coup (pourtant un bon SPAS 12 ou une M-60 sont censé être efficaces), il faut "insister" et puis leur agressivité n'a d'égale que leur débilité... Ajoutons à ça que les zombies apparaissent de façon totalement absurdes (certains sont apparus dans mon dos alors que j'étais dans un coin !! non mais WTF !) et pire encore, la portée de leurs coups est grotesque. En effet, ils n'ont pas besoin de vous coller pour vous toucher, même à plus de 2 mètres de distance, ils sont capables de vous infliger de terribles blessures (à croire que le vent des chairs putrides entre leurs ongles est une arme O_o ) ce qui fait que notre niveau de santé baisse drastiquement et continuellement. Et quoiqu'on fasse on est toujours submergé par l'adversité !


Plus débile encore, les ennemis arrivent même à vous frapper à travers les murs et parfois à des hauteurs différentes (genre vous êtes sur un conteneur et eux au sol, et bien ils arriveront encore à vous infliger quelques coups). Autant dire que ça rend vite la situation insoutenable (ce qui devait être l'idée de départ) et finit par être rédhibitoire ! On est littéralement agressé, assailli et brutalisé par les ennemis, ce qui rend les affrontements affreuses pénibles. Terminons par le fait que le jeu ne sauvegarde vraiment pas assez (les checkpoints, quand ils existent, sont beaucoup trop espacés), résultat chaque mort est vraiment pénalisante : le premier loading est vraiment long (presque 30 secondes), tout ça pour se retaper la cinématique d'intro, en somme même après 20 minutes d'un affrontement stressant et difficile, il est tout à fait possible de perdre et de tout reprendre à zéro ! En conclusion, celui qui aurait pu être le meilleur DLC narratif de Far Cry 5, est le pire des 3 !! Si Hours of Darkness était gâché par la difficulté, on pouvait au moins la jouer infiltration et s'en sortir (tout du moins jusqu'à l'affrontement final), or ici nous n'avons pas de solution, la chance étant un facteur de trop grande importance. Des ennemis trop rapides, toujours en surnombre, qui nous touchent alors qu'ils sont encore à bonne distance (sans parler que parfois, nous sommes en hauteur), des armes trop peu efficaces, on passe notre temps à marcher à reculons (au risque de mettre le pied dans un piège, de tomber dans le vide ou de se retrouver acculé... et alors là bon courage pour vous sortir de la mer** !)... non vraiment, jouer Dead Living Zombies c'est s'infliger beaucoup mal. Trop taillé pour le coop', à l'image d'un Borderlands les développeurs ont sûrement oubliés que bien des joueurs jouent seul ! Et c'est vraiment dommage car le design (sans être aussi réussi que celui de Lost on Mars) est plutôt bon, nous avons des musiques type films de zombies (un peu série Z mais on est dans l'ambiance malgré tout) et le doublage est intégralement en français, et prêtera à sourire. Alors certes ce DLC n'est pas cher (8€ pour environ 2 heures de jeu), la narration est décalée mais très présente, la bande-son, le design, la multitude d'armes, la variété des situations (les toits, un pont, le cimetière...) tout ceci est très sympa, mais Ubisoft échoue littéralement en ce qui concerne la difficulté, les bugs et l'équilibre, ce qui fera que soit vous vous énerverez contre le jeu, soit vous ferez comme moi : vous quitterez le titre pour ne plus jamais y jouer. Tout ceci est vraiment dommage, adieu mon Far Cry Z (quoique dans mon idée, ça ne ressemblait pas à ça...). C'est un beau gâchis.


 

 

 


Test réalisé par iiYama

dernière mise à jour : mars 2020