Silent Hill HD Collection (X360/PS3)

 





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Note générale


Testé sur :


Sortie du jeu : mars 2012
Développeur : Konami (Team Silent)
Adaptation : Hijinx Studios
Editeur : Konami
Genre : compilation (survival-horror)

Version testée : Française
Version logicielle : 1.0
Doublage : US
Textes à l'écran : FR

Support : 1 DVD (X360) / 1 Blu-Ray (PS3)
Espace disque nécessaire : 1Mo (X360) / 4Go (PS3)
Définitions HD max : 1080p (X360) - 720p (PS3)
Compatible 3D : non

Difficulté :
Compatible Kinect (X360) : non
Compatible Move (PS3) : non
Multi-joueurs : non
Prix au lancement : 30€
Score des ventes : 450.000 (tous supports)


Silent Hill 2 est aussi disponible sur :



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Silent Hill

HD Collection



On pourrait croire que ressortir du fond d'un placard poussiéreux un ou plusieurs titres cultes afin de les remasteriser ou de les compiler sur des machines plus récentes, est un phénomène de mode. En fait non ! Ce procédé est devenu de plus en plus en vogue à partir du moment où nos consoles de salon ont possédé un support de stockage suffisant, à savoir le CD-Rom. En gros, des compilations on en mange depuis l'avènement de la PlayStation et de la Saturn, il s'est amplifié avec la génération PS2, et sur Xbox 360 et PS3 les jeux se sont vus "HDiser" mais au final le processus est le même pour les éditeurs : se faire un max d'argent avec un minimum d'investissement. Vous me direz c'est logique : compiler de vieux titres (comme ceux sortis sur Arcade dans les années 80 ou 90) ou remasteriser en soi-disant HD une paire de gloires de la génération précédente, est évidemment plus facile et rapide à faire, que de développer un jeu en partant de rien. Le sujet du jour porte donc sur Silent Hill HD Collection, qui veut faire gouter aux jeunes d'aujourd'hui, 2 survival-horrors parmi les plus mythiques de la PlayStation 2. Konami ayant malheureusement délaissé le développement de sa propre série pour la laisser en pâture à des développeurs de seconde zone, cette fois c'est Hijinx Studios qui s'est affairé à rendre ces 2 jeux (et oui, uniquement 2 !) plus acceptables visuellement, sur nos premières consoles HD. Mais qui est Hijinx ? Etrangement, ce modeste studio a changé de nom en 2008, alors qu'il portait celui de Phoenix. Serait-ce le Poenix qui a développé parmi les pires jeux que j'ai testé, les pires daubes que cette pauvre PS2 a été obligé de porter en son sein ? Est-ce eux qui étaient autrefois derrière les Guerrilla Strike, les Search & Destroy, les Arcade USA ou encore Shadow of Ganymede ? Ma foi, ça expliquerait pourquoi et surtout comment, ces titres-là se sont retrouvés dans un tel état ! Silent Hill HD Collection n'a de "collection" que le nom. Comment peut-on oser appeler ça une collection, puisqu'il ne contient que 2 jeux ? Cette duologie comporte donc les inaltérables Silent Hill 2 et Silent Hill 3, sans doute les meilleurs épisodes que la licence ait connue. A la sortie de cette compilation, Silent Hill 2 avait déjà presque 11 ans et Silent Hill 3 accusait tout de même 9 ans. Pas facile de remettre sur les rails ces gloires d'un temps jadis, quand on a des fondations qui remontent de si loin. Cependant, on ne pardonnera que très difficilement Konami de nous fournir uniquement 2 aventures, alors que Silent Hill 4 est directement lié au 2e épisode et que le premier opus (paru sur la première PlayStation en 1998) entretient des liens très forts avec le 3e épisode. S'il est presque impossible de "HDiser" un jeu PSX, il est d'ailleurs inadmissible que Silent Hill 4 : The Room (même s'il n'est pas ce qu'on peut appeler "un bon épisode") ne fasse pas partie de la fête. Et c'est d'autant plus absurde qu'une compilation (Silent Hill Collection), sortie en avril 2006 sur PS2, inclus justement les 3 jeux ! Idem pour l'opus Origins (sorti sur PSP et PS2) qui, en 2012, avait déjà 5 ans. Bref, avant même de commencer à jouer, c'est la déception, l'incompréhension... Voyons maintenant tout ça en détails si vous le voulez bien.




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Silent Hill 2

   
novembre 2001

Silent Hill 2
Silent Hill 2 c'est une histoire prennante, triste et plusieurs fins sont possibles
est sorti en novembre 2001, alors que la PlayStation 2 fêtait à peine ses 1 an au Japon. Puis une version Director's Cut (ou Inner Fears selon le pays) a rapidement vu le jour sur Xbox, PC mais aussi sur PS2, puisque cette édition rajoute des missions supplémentaires, qui sont justement incluses dans cette remasterisation. Cependant vous n'y aurez pas accès de suite, il faudra d'abord finir le jeu une première fois. L'histoire nous raconte que James Sunderland a reçu une lettre de sa défunte femme, 3 ans après sa mort et qui l'empresse de la retrouver à Silent Hill (la ville). Notre héros est donc autant intrigué que mal-à-l'aise. Côté mise en scène, on retrouve le couple vidéos en images de synthèses pour les scènes importantes, et petites cut-scènes en 3D pour les cinématiques de moindre importance. Comme toujours chez Konami, le doublage est en anglais, et même si on regrette de ne toujours pas avoir de doublage en français, celui proposé est d'une qualité sans faille. A noter que cette version propose, on ne sait qu'elle raison farfelue, un tout nouveau doublage (l'ancien est toujours disponible) qui, ma foi, est tout aussi bon. Etant donné la qualité du doublage d'origine, pour être franc je ne vois pas l'intérêt d'en proposer un nouveau. Enfin bref, dans tous les cas il ne nous reste plus qu'à lire ces sempiternels sous-titres, qui eux par contre, ne sont pas très pros. La traduction est assez approximative, même si elle suffira amplement à celles et ceux qui n'entravent pas un traitre-mot à l'anglais. Le jeu est évidemment tout en 3D, car avec la génération PS2, les graphismes ont fait un substantiel bond en avant, permettant ainsi aux développeurs de laisser libre court à leur imagination, sans nous imposer des graphismes hideux, prompts à nous faire saigner des yeux. On retrouve aussi tout ce qui fait la "recette Silent Hill". Konami, dans une optique de s'éloigner le plus possible des hits de Capcom, a tout fait pour éviter les plagiats et favoriser les originalités comme le fait qu'on ait peu d'armes, on affronte les ennemis au corps à corps, la ville est (presque) entièrement ouverte, l'inventaire n'est pas limité... Car oui, on retrouve cette bonne vieille ville de Silent Hill, dans un monde quasi ouvert où la carte évolutive rendra bien des services.


D'ailleurs,
Le gameplay a vieilli mais reste correct...
toujours dans l'idée d'appliquer une recette bien à eux, James regarde les objets intéressants, tentant ainsi de nous inciter à y jeter un oeil (ça nous change des objets qui "brillent" de Resident Evil). Après c'est sûr, le gameplay est loin d'être parfait, à commencer par l'inventaire. Si dans les jeux de Capcom il est aberrant qu'on soit si limité, dans Silent Hill 2 il est tout aussi absurde d'avoir une besace qu'on peut remplir de centaines d'objets. Ajoutons à ça que le gameplay des combats est complètement nul, ça manque d'un demi-tour rapide, la jouabilité (au choix 2D ou 3D) n'est ni précise, ni confortable et globalement le rythme est hyper mou ! Même si le scénario est très bon, il reste long à se mettre en place (d'où cette impression d'être perdu dans la ville au début) et globalement, on passe plus de temps à chercher son chemin ou à résoudre des énigmes, qu'à dessouder des monstres (à noter que la radio nous prévient toujours quand un ennemi est proche). Car encore une fois, ça fait parti de la "formule Silent Hill" : il y a peu de combats frontaux (généralement on préfère la fuite) et c'est clairement l'exploration qui est mise en avant. Si la durée de vie peut être largement raccourcie, le but de cette aventure est avant tout de fouiller chaque recoin de chaque lieu. Ainsi la durée de vie n'en est que plus longue, et c'est le meilleur moyen de profiter d'une ambiance admirablement mise en exergue. La peur est souvent basée sur la suggestion, l'atmosphère est pesante, malsaine, il n'y a pas vraiment d'ennemis agressifs (sauf Pyramid Head bien sûr !), mais on a toujours cette sensation d'insécurité qui rend la progression si hypnotisante. Quand aux énigmes, elles sont généralement simples, efficaces, bien que parfois complètement idiotes (je me souviens très nettement du pack de canettes qui fait tomber un sac... c'est ridicule et tout sauf réaliste, car James aurait simplement pu faire ça à la main !). Autre point, 3D oblige, nous avons le bonheur de pouvoir recadrer la caméra. Evidemment, pour rendre l'aventure que plus dérangeante, il n'est pas rare que l'angle soit tout sauf optimisé, privilégiant un cadrage type film d'horreur, à celui bien clair et net d'un jeu lambda. Dernier défaut du titre : chaque lieu visité n'aura que la moitié des portes ouvrables (les autres étant définitivement bloquées). A quoi bon créer un immeuble tout entier, si c'est pour n'en visiter que 50% (et encore) ? C'est un peu lourd et ça bride forcément la durée de vie (sans parler de la frustration…).


L'univers est glauque,
... par contre on acceptera moins facilement les soucis de jouabilité et surtout, de caméra !
sale voire même dégeu par moment, ce qui crée cette atmosphère dérangeante propre à la série. Quand à l'action, comme évoqué, elle n'est pas primordiale et ça, on s'en rend vite compte : des balles à outrance et personne à shooter ! Côté son, le jeu dilue au compte goutte de superbes musiques, mais la plupart du temps, c'est plutôt de gros bruits d'ambiance qui viennent nous mettre le stress. L'aventure est ainsi ponctuée (notamment lors des cinématiques) ce qui, une fois encore, s'éloigne des hits concurrents. Les musiques, tantôt angoissantes tantôt hypnotisantes, ont été composées par Akira Yamaoka (à l'époque son palmarès était maigre, désormais on ne le présente plus). Le compositeur japonais a su alterner des vapeurs oppressantes ainsi que des musiques, nettement plus mélodieuses, parmi les meilleures qu'un jeu ait connu. Quiconque connait des musiques comme "Theme of Laura" s'en souvient forcément. A contrario, les bruitages sont bien mollasses. Les cris des monstres sont bizarres et ce, sans être vraiment probants et les armes sont un peu asthmatiques. Qu'à cela-ne-tienne, Silent Hill n'est pas un jeu d'action et il tire toute sa force ailleurs. Techniquement, si Silent Hill 2 profitait bien des capacités de la toute jeune PlayStation 2, il en sera tout autre sur ce tardif portage ! S'il est vrai que le jeu a pratiquement 11 ans à la sortie de cette compilation (ce qui est énorme dans notre beau monde ludique) Silent Hill 2 est sans réfléchir la pire mise à niveau que j'ai vu ! Après avoir apprécié les remasterisations de certains hits, certes plus récents mais de la même génération (God of War, Splinter Cell, Serious Sam, Resident Evil 4...) ici on se retrouve avec des graphismes affreux, le pire étant le brouillard qui s'est abattu sur la ville et qui est loin d'égaler celui de la version PS2... pourtant 11 ans plus vieux ! Au lieu de proposer un nouveau doublage, les développeurs auraient mieux fait de peaufiner leur portage !


On sait que
La réalisation a souffert du portage. Heureusement la bande-son signée Yamaoka traverse parfaitement le temps
les développeurs de Hijinx ont reçu le code source du jeu mais pas dans sa version finale. Du coup ils ont été obligés de corriger les bugs d'origine, plus ceux apportés par cette adaptation HD. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que le jeu est truffé de bugs ! Dailleurs il y en a plus sur Xbox 360 que sur PS3, puisque Konami a développé quelques patches pour le support mais a vite abandonné la console concurrente, sans doute parce qu'elle n'a aucun succès au Japon. Ce n'est pas très fairplay tout ça. Résultat, on subit un énorme lag après chaque boss, des plantages, des bugs sonores (bruitages mal fichus, musiques qui se coupent...), tout n'est pas traduit en français (comme les menus par exemple) et pire que tout, la jouabilité est mal calibrée et la caméra est absolument catastrophique !! Toujours aussi molle et mal placée, même si on peut la recaler manuellement, autant vous dire que celle-ci va vous alourdir l'expérience. Sur la question épineuse de la remise à niveau graphique, on peut dire que si les temps de chargement sont toujours très courts, il est difficile de ne pas trouver que le jeu a beaucoup vieilli : les cut-scènes ont pris de l'âge, les vidéos aussi, et ça se voit ! De plus la remasterisation est vraiment faignante, avec des textures souvent unies et des effets qui paraissent bien moins impressionnants qu'à l'époque. Ainsi à l'image d'un Resident Evil : Code Veronica X HD, on sent bien que les développeurs ont augmenté la résolution d'affichage et que les efforts de HDisation se sont plus ou moins arrêtés là. Malgré tout, je tiens à rappeler qu'on parle de Silent Hill 2 et s'il était un maitre-étalon à sa sortie, finalement la licence ne s'est jamais basée sur ça pour faire son succès. Et heureusement, on retrouve avec plaisir tout ce qui a fait l'indéniable succès de ce titre : on est véritablement immergé dans l'ambiance, son histoire est à la fois triste et passionnante, et Silent Hill 2 est un jeu culte qu'il faut vivre au moins une fois. Il est l'un des titres qui vous marquera le plus durablement possible... si vous arrivez à faire-fi de son âge, de sa réalisation désastreuse et de sa caméra/prise en mains très douteuse sur cette version.


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Silent Hill 3

 
mai 2003

Silent Hill 3
Silent Hill 3 est le seul épisode de la saga qui nous propose de jouer une fille
est à l'origine sorti sur PlayStation 2 en mai 2003. Il verra également le jour en octobre de la même année sur PC. Très attendu par les fans, suite à un second opus qui aura fait l'unanimité, ce 3e épisode de la série horrifique de Konami n'est pas la suite de l'excellent Silent Hill 2. Cette fois vous incarnez Heather Mason (Silent Hill 3 est d'ailleurs le seul épisode à nous proposer un personnage féminin), une étudiante de 17 ans un peu paumée, qui se retrouve en plein cauchemar vivant, envahie de monstres et voyageant du monde réel à un monde parallèle assez effrayant. Voulant simplement rentrer à la maison et retrouver son père, Heather finira par connaitre les mystères qui entourent son passé (notamment son étrange naissance) et elle fera de macabres découvertes. Faisant suite au Silent Hill premier du nom d'un point de vue scénaristique, les développeurs ont volontairement créé un univers particulièrement malsain et bien imbriqué à l'opus déjà paru. Ainsi on apprend qu'Heather n'est autre que la petite fille que Harry prend sous son aile à la fin du premier jeu et que donc, il n'est autre que cet ancien héros qui cherchait désespérément sa fille perdue (Cheryl). Silent Hill 3 est plus évolué que Silent Hill 2, bien que certaines similitudes persistent : il y a toujours l'effet de grain sur l'image, des décors parfois bien dégueu, des effets d'ombres et lumières assez réussis, des cinématiques uniquement gérées en temps réel (exit donc les séquences en images de synthèses), des énigmes, des boss, des passages linéaires et d'autres nettement plus ouverts. La jouabilité reste, à peu de choses près, identique à l'épisode précédent, si ce n'est qu'Heather n'est toujours pas très souple à prendre en mains. J'entends par là qu'elle accuse une certaine lourdeur de maniement, elle descend des rebords accessibles sans qu'on lui demande et qu'elle n'est pas toujours évidente à contrôler. Il y a un "je-ne-sais-quoi" de lourdeau dans le contrôle (c'est peut-être voulu), et c'est sans doute à cause de cette caméra toujours aussi catastrophique ! Les angles changent de façon abrupte et lorsqu'on joue en "jouabilité 2D" (avec les sticks analogiques) notre personnage fera d'involontaires (et pénibles !) demi-tours. D'ailleurs les angles sont souvent mal choisis et bien souvent face à Heather, ce qui nuit carrément au confort de jeu ! Pire, dès qu'on se met à courir, la caméra pète un câble !! Heureusement, on peut toujours la recaler derrière notre personnage mais ça n'empêche pas qu'au bout d'un moment, on trouve ça très irritant.


Parlons maintenant
On subit les mêmes bugs, les mêmes soucis de jouabilité et surtout de caméra que l'épisode 2
de ce qui change vraiment, à commencer par le bestiaire, qui avait ce côté "dérangeant" dans l'épisode 2 (avec des formes vraiment bizarres qui mettaient mal-à-l'aise). Et bien ici les bestioles (en nombre moins limité) sont tout aussi étranges et torturées ! On tombera en plus, sur quelques boss assez imposants... mais toujours aussi faciles à battre. On apprécie que les menus aient été remaniés (ils sont plus clairs, plus accessibles) et comme le jeu est plus tourné vers l'action, Heather pourra manier un certain nombre d'armes de défense (barre à mine, katana, masse...) et d'armes à feu (pistolet, fusil, mitrailleuse...) ce qui rend l'aventure que plus dynamique. Bien sûr on retrouve la carte évolutive (ce qui est bien pratique car certains endroits sont de vrais labyrinthes) ou encore le fait que notre perso regarde les objets digne d'intérêt plutôt que ceux qui "brillent". Au premier rush, on ne peut accéder qu'à une seule fin possible mais au 2e tour, 2 autres fins peuvent être débloquées, comme le veut la tradition sur cette série. Dans cet épisode, il y a des passages où il faut résoudre d'abord une énigme avant d'avancer sinon c'est la mort subite (comme se faire bouffer par une bestiole ou se faire écraser par un train). L'idée est originale, ça nous change du "je peux pas encore quitter cette zone, il me reste un truc à faire" des jeux du genre... En contre-partie, l'action est plus présente et parfois plus dirigiste. Comme toujours, la moitié des portes sont fermées (et c'est toujours aussi con), ce qui limite l'exploration et donc sa durée de vie. Afin de paraître moins linéaire, Silent Hill 3 se pare aussi de quelques labyrinthes assez tortueux et d'énigmes parfois tarabiscotées. On retrouve également les 2 "visages" de certaines zones : normale et parallèle. Dans la première, les décors sont normaux (supermarché, immeuble...) et dans la seconde, les murs sont couverts de sang, les endroits deviennent sombres et glauques. Si on arrive que très tard dans la ville de Silent Hill (vers le milieu de l'aventure), il faut aussi savoir qu'une parcelle de cette dernière est directement reprise du second épisode, ainsi que l'hôpital. Heureusement, nous traverserons aussi des environnements inédits qui, s'ils ne sont pas exceptionnels pour autant, se veulent malgré tout assez variés.


Maintenant que dire du jeu...
Cet opus est plus orienté vers l'action et le malsain
Et bien je dirais qu'hormis le fait de poser un véritable scénario, particulièrement bien construit, Silent Hill 3 ressemble beaucoup au 2. Pas vraiment flippant, le titre de la Team Silent joue plutôt sur le malsain et le dérangeant, afin de troubler le joueur, sans jamais vraiment chercher à lui faire peur "directement". Malheureusement, le jeu use aussi des mêmes ficelles et des mêmes trucs impossibles. Si on veut des exemples, on peut citer le fait qu'Heather puisse porter sans limite des tas d'objets et d'armes dans son inventaire, que certaines scènes s'enchaînent bizarrement, qu'on assiste à des passages qui n'ont ni queue ni tête ou encore que des centaines de portes soient fermées (et je trouve pénible que les 2 seules "excuses" soient une "porte coincée" ou un "verrou cassé" !). Sur un plan purement technique, Silent Hill 3 était déjà bien plus beau que le 2 et son actualisation est tout de suite plus honorable. Bien sûr nos consoles de 7e génération ne vont pas surchauffer pour autant, mais les graphismes sont glauques à certains endroits, le jeu profite à la fois d'un excellent design, mais aussi de textures pas mal détaillées. De même les éclairages dynamiques sont très corrects (même si encore une fois le jeu est extrêmement sombre !) et l'animation est fluide (sauf peut être quand Heather monte les escaliers : c'est mal fait, on dirait qu'elle "survole" les marches en battant des pieds). Malheureusement, tout n'est pas rose pour autant, et ce volet accuse lui aussi, un nombre impressionnant de bugs, à commencer par de gros soucis de traduction, une traduction édulcorée et loin d'être exacte (Silent Hill 3 ne profite pas de nouveau doublage). Dans ce 3e opus, nous avons encore plus de ralentissements (à chaque mort d'un boss, et parfois même en plein jeu), des bugs sonores (les mêmes que sur l'autre titre), des plantages (et ça c'est vraiment chiant) ou encore un gros aliasing par moment (notamment sur les ombres portées).


Le pire
La réalisation est de meilleure qualité et la remasterisation semble plus aboutie. Une fois encore, la bande-son est somptueuse
étant le brouillard de la ville de Silent Hill, qui est absolument minable ! Il est plus laid encore celui du présent Silent Hill 2 (et pourtant il est déjà bien moche), pire que celui du premier opus sur la première PlayStation, et c'est d'autant plus incompréhensible que le brouillard de la fête foraine, est de son côté, plutôt réussi ! C'est à n'y rien comprendre ! Si Silent Hill 3 était le summum des graphismes sur PS2 à sa sortie et que son actualisation est de bien meilleure qualité que sur l'épisode 2, il n'empêche qu'il a, lui aussi, souffert du temps et de ce portage. Heureusement, on profitera toujours de modélisations de qualité (il faut penser que le jeu date de 2003) avec entre autre des expressions faciales qui retranscrivent très bien les émotions (ce jeu fut longtemps une référence pour ça). Côté bande-son, elle est un peu plus présente que lors du précédent opus, avec quelques passages musicaux très sympas. C'est notamment le cas lors des cut-scènes, qui sont particulièrement soignées pour l'époque (évidemment, tout ça a pris quelques rides). Quant aux compositions, Akira Yamaoka a encore une fois assuré un travail d'orfèvre, avec des thèmes toujours en adéquation et d'une qualité que le cinéma ne pourrait pas renier. Bref, même s'il est un poil moins culte que Silent Hill 2, ce 3e opus n'en reste pas moins un excellent titre, une aventure sans équivalent pour cet ancien hit de la PlayStation 2.


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Conclusion


Quand on voit à quel Note
point certaines œuvres sont bien adaptées et parfaitement remise à niveau sur un support plus récent et plus performant, comme ce fut le cas pour ICO & Shadow of the Colossus, les God of War, Resident Evil 4 ou encore Hitman Trilogy HD, on se dit que le cas de Silent Hill HD Collection tient parfois du foutage de gueule !! En effet, suite à de gros soucis de portage et de moteur graphique, les développeurs ont eu toute la peine du monde à réunir 2 jeux pourtant vieux d'environ de 9 et 11 ans à sa sortie. En résulte des graphismes qui ont beaucoup soufferts, une HDisation tantôt timide, tantôt complètement absente, un brouillard clairement bâclé (alors qu'il est l'identité même de la série !), des plantages, des soucis de traductions, des ralentissements monstrueux, une jouabilité tout sauf souple et une caméra catastrophique, quelque soit le jeu ! De même, si on peut comprendre que l'épisode Homecoming ne fasse pas parti du lot (puisqu'il est de la même génération), on se demande bien pourquoi ils ont appelé ce disque "Silent Hill Collection" alors qu'il ne comporte que 2 jeux. Il est clair que même livré tel quel, le premier opus aurait fait plaisir, et puis il est évident qu'il manque les Silent Hill 4, Origins et Shattered Memories (après tout, la réalisation est "old gen", puisqu'il est parut sur Wii, PSP et PS2). Est-ce par fainéantise, par manque de moyens, par manque de temps ? Dans ce cas, il faut éviter les pompeux titres de "Collection" ! De même, pourquoi Konami a patché la version PS3 mais n'a pas appliqué ses correctifs à la version Xbox 360, qui devient par la même ultra buguée ? Alors que faire ? Punir ce double-portage bâclé, en portant par la même préjudice aux qualités intrinsèques de ces 2 jeux ? Ou alors tenter de fermer les yeux sur les innombrables défauts de cette HDisation ratée, et ne voir que les bons côtés de ces 2 titres cultes ? Personnellement, je vais essayé de vous convaincre que cette compilation comporte malgré tout, quelques atouts, comme son petit prix (30€ à sa sortie), une bonne durée de vie (environ 16h de jeu soit 2 fois 8 à 10h pour chaque titre plus le chapitre Inner Fears de l'épisode 2) et entre nous, on parle de Silent Hill 2 et 3 là ! Ce sont les meilleurs épisodes de la saga, et malgré la piètre qualité de leur portage, j'ai pris plaisir à rejouer à ces jeux mythiques ! Si vous n'avez pas les versions d'origine (auquel cas, plus qu'aucune autre compilation, passez votre chemin) et que vous voulez découvrir ces 2 must-haves de l'horreur, c'est à vous d'être patient(e) et de faire la part des choses...



Les -

  • La gueule misérable du brouillard, surtout sur Silent Hill 3
  • Quel intérêt d'avoir refait le doublage de Silent Hill 2 ?
  • Pas de correctifs sur Xbox 360... honteux !
  • De gros soucis de jouabilité et de caméra
  • Une "collection" clairement incomplète
  • Des bugs en veux-tu, en voilà !
  • Les plantages
  • Trop sombre !
  • Les +

  • La qualité des scénarios et de la mise en scène
  • Les bandes-son d'Akira Yamaoka !!
  • 2 jeux mythiques pour un petit prix
  • Le chapitre Inner Fears inclus
  • Bonne durée de vie

  • Test réalisé par iiYama

    avril 2015