Mickey Mania (SNES/MD/MCD/PSX)

 






 

 


Note générale


Testé sur :


Sortie du jeu : avril 1995 (SNES) - octobre 1994 (MD) - avril 1995 (MCD) - mars 1996 (PSX)
Développeur : Traveller’s Tales
Editeur : Sony Imagesoft
Genre : plate-formes

Version testée : Européenne
Voix dans le jeu : US
Textes à l'écran : US
Support : cartouche de 16Mb (SNES/MD) - 1 CD (MCD/PSX)

Difficulté :
Multi-joueurs : non
Titre alternatif : Mickey's Wild Adventure (PSX)
Prix au lancement : 450Frs (SNES) - 400Frs (MD) - 400Frs (MCD) - 350Frs (PSX)


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Mickey’s Wild Adventure

Mickey Mania

The Timeless Adventures of Mickey Mouse


Dans les années
Mickey Mania retrace les plus grandes aventures de la souris de 1933 à 1990
90 (et plus précisément sur Super NES), on pensait que Capcom avait depuis longtemps fait main basse sur les adaptations portant le « label Disney ». Mais en 1995, Mickey Mania est arrivé sans crier gare avec des arguments particulièrement convaincants pour tous les amoureux de la petite souris américaine. Il faut dire que jouer aux Magical Quest c’est sympa pendant un temps, mais le fan de plate-forme à la sauce Disney avait aussi certainement envie de goûter à autre chose. Mickey Mania est un titre multi-plateformes qui verra d'abord le jour sur Mega Drive, puis quelques mois plus tard sur Super Nintendo et Mega-CD, puis encore plus tard sur PlayStation. Imaginé pour fêter dignement les 65 ans de Mickey, il a été développé par les équipes de Traveller’s Tales, un développeur anglais. A ses débuts, ce studio était très lié aux consoles de SEGA. On lui doit notamment Leander/Galahad (Amiga/Mega Drive), Bram’s Stoker Dracula (Mega Drive) ou l'excellent Puggsy (Mega Drive et Mega-CD). Après Mickey Mania, il continuera sur sa lancée, sans surprise, avec des adaptations de longs métrages Disney sur différentes consoles : Toy Story, 1001 Pattes, Les Aventures de Buzz l’Eclair, etc. Plus étonnant, on le retrouvera aussi sur des Sonic pour le compte de SEGA (Sonic 3D Flickies’ Island, Sonic R). Enfin bref, tout ceci pour vous dire qu’il s’agissait d’un studio possédant déjà une certaine expérience et qui n’en était pas à son coup d’essai. D’ailleurs, quand on voit Mickey Mania tourner, on comprend très vite que les petits gars qui y travaillent ne sont pas des manchots, mais plutôt des perfectionnistes, amoureux du pixel bien fait. Bien qu’ils mettaient en scène Mickey et ses amis, il faut bien admettre que les Magical Quest de Capcom se permettaient de nombreuses digressions par rapport à l’univers de Mickey tel que nous le connaissons. Les scénarios étaient spécifiquement imaginés pour les jeux, Capcom prenant ce qui l’arrangeait par-ci par-là et inventait allègrement tout le reste. Ceci n’est aucunement une critique, tant le résultat final était de qualité, que ce soit sur le plan technique ou ludique. Mais les fans qui espéraient retrouver toute la magie des dessins animés de Mickey en étaient un peu pour leurs frais, tant l’ambiance des trois softs n’avait rien à voir avec la «Disney’s Touch» des dessins animés.


Heureusement
Sur Super Nintendo et Mega Drive - Mega-CD le jeu se nomme Mickey Mania, mais Mickey’s Wild Adventure sur PlayStation. Cependant le jeu reste identique
pour eux, Mickey Mania est passé par-là, et plutôt que de faire rentrer la bande à Mickey au chausse-pied dans un jeu vidéo, les développeurs de Traveller’s Tales vont adopter une démarche diamétralement opposée : reproduire de la manière la plus fidèle possible les épisodes-clés qui ont jalonné la carrière cinématographique de la mascotte de Disney. Le choix des six épisodes en question (qui constitueront autant de stages pour le jeu) pourra être sujet à discussion, mais il faut avouer que mis ensemble, ils forment une base relativement homogène pour un jeu qui se veut autant ludique que contemplatif. Chaque stage, à chaque fois divisé en différentes sous-parties, portera donc le nom du dessin animé dont il est issu, et Mickey aura en outre l’occasion de croiser dans chacun d’entre eux son double de l’époque en pleine action. Le premier stage n’est autre que « Steamboat Willie », un dessin animé datant de 1928 qui est utilisé par Disney pour déterminer la date de naissance « officielle » de Mickey (en fait, ce n’est pas la toute première apparition de Mickey dans un film, mais c’est dans celui-ci que la petite souris a obtenu véritablement la reconnaissance du public). Rien que ce premier stage fait déjà très fort puisque les décors sont en noir et blanc, comme à l’époque, et seul Mickey est en couleurs. Au fur et à mesure de sa progression, les décors se pareront de couleurs, comme pour mieux souligner le fait que Mickey évolue dans le temps. Vient ensuite « The Mad Doctor » (1933). Dans ce stage qui se déroule dans un vieux château peuplé de squelettes et de chauve-souris, Mickey devra retrouver son ami Pluto qui a été enlevé par un savant fou. Une fois son chien retrouvé et libéré, notre souris se transformera en chasseur d’élan, Pluto faisant alors office de chien de chasse toujours aux aguets (« Moose Hunters », datant de 1937). Après une course-poursuite mémorable entre Mickey et le fameux élan (merci les effets mode7), retour dans un château rempli de courants d’air… et de fantômes facétieux, dans un stage intitulé « The Lonesome Ghosts » (datant de 1937 également). Mickey embarquera ensuite pour un stage très bucolique, peuplé de papillons et autres insectes (« Mickey and the Beanstalk », datant de 1947, et que l’on peut traduire par « Mickey et le haricot magique »). A noter, que dans les dessins animés originaux de ces trois derniers stages, Mickey était accompagné à chaque fois de Donald et de Dingo. Ce qui n’est pas le cas dans le jeu, puisque Mickey est seul.


C’est d'ailleurs
Les 2 versions CD sont naturellement les plus complètes avec entre autre des stages supplémentaires et une meilleure bande-son
un peu dommage de ne pas y retrouver ses deux compères, dans le sens où Mickey Mania avait quand même pour but de coller le plus près possible aux dessins animés d'antan. Arrive alors déjà le sixième et dernier stage, intitulé « The Prince and the Pauper » («Le Prince et le Pauvre», un dessin animé de 1990 (!), cherchez l’erreur…). On aurait pu mettre pas mal d’autres dessins animés en lieu et place de celui-ci, mais il semblerait que les gens de Disney aient plutôt voulu mettre en avant une de leurs dernières productions, peut-être pour montrer le caractère « moderne » de Mickey. Mais il faut avouer qu’il y a quand même un grand vide (presque 50 ans) entre les dessins animés illustrant le cinquième et le sixième stage. Pas sûr que les puristes aient apprécié ce grand écart entre les dates, un peu comme si Mickey n’avait plus fait aucune apparition valable entre les deux. Le débat reste ouvert… Mickey Mania est une des plus belles démonstrations de ce que la période 16bits pouvait apporter en terme de qualité visuelle et d’animation. Les graphismes sont super beaux, envoûtants même, et léchés. Ils fourmillent de mille et un détails, reprenant au pixel près le travail des équipes Disney qui ont œuvré sur les dessins animés originaux. L’animation de Mickey met aussi une méchante claque. Capcom avait déjà placé la barre assez haut avec les « Magical Quest », mais ici on est clairement à un échelon supérieur. C’est fluide, avec des mouvements coulés qui comportent beaucoup d’images intermédiaires. De même, les petites animations qui interviennent ponctuellement (quand Mickey est sur le bord d’une plate-forme, quand il perd une vie ou entre deux stages) sont tout aussi étonnantes et bluffantes pour une console 16 bits. Les esthètes du sprite seront aux anges. Jeu d’action/plate-forme par excellence, Mickey Mania sait aussi faire la part belle à l’arcade (principalement dans le stage « The Mad Doctor » où notre souris doit passer dans les souterrains à bord d’un wagonnet, évitant des scies circulaires; ou quand il doit « survivre » dans un ascenseur s’arrêtant à différents étages, toujours dans le même stage). Rien qu’avec ceci, beaucoup de softs se seraient déjà contentés d’un tel profil, mais Mickey Mania va encore plus loin en intégrant aussi quelques passages plus qu’originaux et très bien intégrés au reste du jeu. On retiendra surtout la fameuse course-poursuite avec l’élan, représentée avec un Mickey vu de face qui court en direction du joueur (un seul mot pour la décrire : impressionnant!), ou encore l’escalade de la tour en flammes, avec un joli effet de rotation.


Parmi les
Quelque soit la version, le jeu est très beau et impose des effets graphiques souvent impressionnants
effets visuels plus discrets, mais qui ont un impact tout aussi fort, on trouvera par moment des scrollings différentiels sur certains décors qui vont donner une très belle impression de perspective et de profondeur, dans un effet de pseudo-3D parfaitement maîtrisé. A certains endroits du jeu, ces mêmes décors vont aussi permettre à Mickey d’évoluer en arrière-plan, caché par d’autres éléments. Vous l’aurez compris : c’est un sans-faute technique pour Traveller’s Tales, et ceci, malgré la présence de temps de chargement entre les différents niveaux et stages. Non, non, vous ne rêvez pas, sur les versions cartouche ils sont parvenus à mettre des « loadings »… un exploit ! Personnellement, je ne vois pas du tout pourquoi ils les ont intégrés. Pour les versions sur CD-Rom c'est tout à fait compréhensible mais sur les versions cartouche, j’avoue que je ne comprends pas (à moins que la ROM soit compressée et fonctionne par exemple avec un SA-1 sur Super Nintendo). Ou alors peut-être que les programmeurs voulaient nous préparer psychologiquement à l’arrivée imminente des inévitables temps de chargement… :D Concernant l’expérience de jeu, une fois le pad en main, c’est toujours le bonheur avec un grand « B » qui prévaut. La maniabilité est calibrée juste comme il faut. Il est vrai que les mouvements possibles pour Mickey sont très simples (un bouton pour sauter, un bouton pour lancer des billes), mais l’accessibilité s’en trouve grandie. Même chose pour les techniques d’attaque face aux ennemis, où Mickey pourra soit leur sauter sur la tête ("à la Mario") soit leur lancer des billes ramassées dans les niveaux (une manœuvre qui nécessite quand même un petit temps d’adaptation, en raison de la « détente » particulière de Mickey quand il effectue ce mouvement). Le soft est globalement facile, sans non plus tomber dans la facilité à outrance. Dans certains niveaux, Mickey devra d’ailleurs être contrôlé de manière assez précise. Par exemple, face aux squelettes qui se désintègrent dans le stage The Mad Doctor ou encore pour éviter les branches d’arbres et les rochers dans Moose Hunters. Côté ambiance, les musiques de ce Mickey Mania sont entraînantes et atteignent leur but premier : restituer l’atmosphère des dessins animés originaux, même si elles le font de manière plus ou moins fidèle par rapport aux compositions originales (la Super NES, si douée soit-elle, ne fait pas un son parfait, alors n'évoquons même pas la Mega Drive). On appréciera tout autant les bruitages, qui tombent à chaque fois juste, ainsi que la voix de Mickey, rarement aussi bien restituée dans un jeu vidéo.


Comme je
Même si ça manque un peu de passages intermédiaires (en passant de 1947 à 1990 (!) on retrouve bien l'ambiance et le charme des dessin animés Disney
vous le disais au début de ce test, Mickey Mania a vu le jour sur Mega Drive et Mega-CD, Super Nintendo ainsi que sur PlayStation. A titre comparatif, la version Super NES a été un peu moins bien desservie : le stage « The Band Concert (1935) » est absent (il s’agit d’un stage-bonus que l’on retrouve uniquement sur Mega Drive et Mega-CD - il est caché dans le stage « Mickey & the Beanstalk »). Même topo pour la séquence de l’escalier, à l’extérieur d’une tour, dans le stage « The Mad Doctor », également absente de notre version. Certains effets spéciaux ainsi que la présence de Pluto aux côtés de Mickey (dans certains stages) ont également disparu lors de leur transfert vers la Super NES. Les versions Mega-CD et PSOne proposent de leur côté une séquence supplémentaire, vers la fin du dernier stage ( «The Prince and The Pauper » ), dans laquelle Mickey doit trouver des crayons pour invoquer les différents Mickey des six stages et vaincre ainsi Pete. Elles profitent aussi du support CD pour doter Mickey de petites phrases et expressions supplémentaires. Enfin, la version PSOne, outre le fait de profiter des 32bits de la console côté graphismes, rajoute encore une séquence supplémentaire à la fin du cinquième stage (« Mickey and the Beanstalk »), où Mickey doit échapper à Willie le Géant (représentée de la même manière que la course-poursuite avec l’élan). Personnellement, je ne tiens pas à rentrer dans un débat « cartouche vs. CD », mais pour avoir aussi testé cette dernière version, je peux vous dire qu’il s’agit très certainement de celle qui est la plus complète, la plus aboutie : les décors ont été retravaillés et comportent plus de dégradés de couleurs, les effets visuels sont superbes, et les séquences exigeantes sur le plan technique (stages de l’élan et de Willie le Géant, tours en extérieur) sont passées haut la main par la PSOne. Par contre, elle est peut-être un peu plus aseptisée, avec l’absence du charme qui caractérise bien souvent les "productions cartouche".



Avec Note
Mickey Mania, c’est le jeu vidéo qui se met au service de l’univers de Mickey et non l’inverse. La prestation est magistrale sur le plan technique (quelque soit la version et dans les limites du support bien entendu), et on parcourt avec un bonheur non dissimulé les six (trop courts) niveaux du jeu. Un bien bel hommage à la souris la plus célèbre de la planète, qui permet à Mickey Mania de briguer sans problème le podium des meilleurs jeux Disney.



Test réalisé par Kenshiro

Lire l'article original sur La Mémoire du Pad
mai 2012