Maximum Carnage (SNES/MD)

 





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Note générale


Testé sur :


Sortie du jeu : septembre 1994
Développeur : Software Creations
Editeur : LJN
Genre : beat-them-all

Version testée : PAL
Voix dans le jeu : US
Textes à l'écran : US

Support : cartouche de 16Mb
Difficulté :
Multi-joueurs : non
Prix au lancement : 450Frs (SNES) / 400Frs (MD)


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Spider-Man & Venom

Maximum Carnage






Ce serait
Des planches issues du Comic Book, développent le scénario
vous mentir que de vous dire que je suis un fan inconditionnel de Spider-Man, car si j’ai beaucoup apprécié la trilogie de Sam Raimi au cinéma, je n’ai jamais ressenti l’envie d’aller plus loin dans la découverte des aventures de l’homme-araignée et de lire ses "comic books". Vierge de tout préjugé, je me suis donc lancé dans ce test pour simplement m’amuser avec un bon beat-them-all, et pas pour revivre à tout prix les aventures du héros de Marvel. A vous de me dire si j’ai eu raison ou tort, mais je vois plutôt cela comme un avantage, gage d’une certaine objectivité. Pour vous aider à y voir plus clair, la Super NES (et la Mega Drive) ont en fait accueillis plusieurs jeux avec l’araignée : Spider-Man / X-Men : Arcade’s Revenge en 1992, Spider-Man & Venom : Maximum Carnage en 1994, The Amazing Spider-Man : Lethal Foes en 1995 (au Japon uniquement), Spider-Man & Venom : Separation Anxiety fin 1995 (la suite de Maximum Carnage) et enfin Marvel Super Heroes : War of the Gems en 1996 (un jeu à part, puisqu’il reprend différents super-héros, dont Spider-Man). Ces titres sont loin d’être tous des hits. Ils tournent autour de la triplette magique "action / plate-forme / baston", et à moins d’être un gamer US biberonné aux Comics depuis la petite enfance, il y a peu de chances qu’ils figurent dans votre liste des meilleurs jeux de tous les temps. Je ne vous blâme pas (c’est également mon cas), mais vous commencez à me connaître : pour moi, ce n’est pas une raison suffisante pour ne pas en faire un test ! Empruntant le même chemin que The Death and Return of Superman, Maximum Carnage est un jeu un peu spécial puisqu’il n’est pas tiré du Comic Book principal de Spider-Man, mais bien d’un "story-arc", c’est-à-dire d’une mini-série dérivée qui, dans le cas présent, est considérée par beaucoup comme l'une des plus ambitieuses et des plus violentes jamais produite par Marvel. Contrairement aux nombreux beat-them-all reposant sur un scénario insipide, incolore et inodore, le jeu développé par Software Creations a donc déjà le mérite d’avoir les reins solides en terme de narration, avec notamment entre chaque stage, des planches tirées du Comic Book original.


Dans
Le gameplay est très commun et les facultés de grimper aux murs sont rarement utilisées
Maximum Carnage, tout commence par une évasion : celle de Cletus Kasady, un serial killer interné au Ravencroft Asylum. Autrefois enfermé avec Venom, son corps a assimilé un symbiote rouge (un parasite alien qui a besoin de son hôte pour survivre et qui se nourrit d’adrénaline). Une fois blessé, Cletus est depuis lors capable de revêtir un costume "vivant" et de se transformer en Carnage. Après avoir massacré ses gardes sous le regard approbateur de Shriek (une admiratrice frappa-dingue enfermée au même endroit), ils s’enfuient tous 2 et vont recruter d’autres super-vilains pour fonder une "famille", conformément au schéma mental tordu imaginé par Cletus, conséquence directe de l’enfance traumatisante qu’il a vécue… Doppelganger (le double maléfique de Spider-Man), Demogoblin (le Bouffon Noir) et Carrion se joignent alors rapidement à eux et ensemble, ils fondent sur les rues de New-York pour une virée particulièrement meurtrière. La menace est cette fois trop grande pour un seul super-héros, et Spider-Man va devoir s’allier à Venom (qui se sent responsable de l’existence et des actes de Carnage), mais aussi à Captain America, Iron Fist, Black Cat, Cloak, Dagger, Morbius, Deathlok, The Living Vampire et Firestar. Avec une telle ribambelle de noms, vous vous dites certainement : "Cool, on va pouvoir jouer avec tous ces persos !". Eh bien désolé de briser vos rêves, mais il n’en est rien. Si vous allez effectivement pouvoir déambuler dans les rues mal fréquentées de la Grosse Pomme, vous ne le ferez qu’en compagnie de Spider-Man ou de Venom. Les autres super-héros sont bien présents dans le jeu, mais seulement sous la forme d’une aide ponctuelle s’apparentant au déclenchement d’une "super attaque". Il vous faudra donc trouver les items correspondants pour pouvoir les faire intervenir. Comme souvent dans les beat-them-all, ici on évolue de la gauche vers la droite de l’écran avec, par moment, des retours en arrière qui sont plus un moyen "bon marché" pour rallonger les stages qu’une réelle trouvaille de gameplay.


Homme-araignée oblige,
Enorme faute de gout : Maximum Carnage ne propose pas de mode 2 joueurs !!
la possibilité est laissée au joueur (dans la plupart des stages) de grimper le long des murs. Mais dans la pratique, seul le second stage est réellement construit autour de cette faculté. Spidey a beau être un super-héros, il n’a pas non plus à sa disposition une panoplie de coups très impressionnante : le saut, le coup de poing (dont la répétition débouche sur un petit combo), la possibilité d’agripper un ennemi (pour ensuite le bastonner ou le projeter), le coup spécial (en appuyant simultanément sur les boutons "coup de poing" et "saut", mais avec une petite perte d’énergie) et le "dash" sont ses principales actions. Un peu plus original, notre homme-araignée peut aussi utiliser, à volonté, un fil qui lui permet de se balancer (pratique pour passer rapidement d’un coin à l’autre de l’écran), de ligoter ses ennemis ou de se constituer un bouclier capable d’encaisser les coups. En terme d’actions possibles, le soft ne fait donc ni mieux ni moins bien que le reste de la production. Et pour tout vous avouer, après avoir tenté quelques fois d’utiliser le fil d’araignée (que ce soit pour immobiliser les ennemis, essayer de les attraper de loin, ou même simplement se balancer), assez rapidement on en revient quasi exclusivement au coup de poing et au saut. Les ennemis sont vifs et on perd bien trop de temps – et d’énergie – à vouloir se la jouer "super-héros" : une succession de coups de poing bien placés conclue par un petit combo, y’a que ça de vrai pour leur remettre les idées en place ! Le fil d’araignée est surtout utile pour dénicher quelques items cachés (items permettant d’appeler les autres super-héros, vies, cœurs d’énergie…) et en fin de compte, on ne l’utilise donc que très ponctuellement. Surtout plantés en milieu urbain, les décors diffusent une atmosphère allant du sombre au plus lumineux, avec cependant quelques constantes : un trait simple, limite "grossier", des couleurs relativement peu nombreuses… pour un rendu visuel très "comic book". Cet aspect est encore renforcé par l’affichage d’onomatopées (boom!, chlac!, paf!...) quand certains enchaînements de coups sont réussis, mais aussi et surtout (comme je vous le disais) par la présence entre les stages de planches semi-animées carrément tirées du Comic Book. Maximum Carnage est, à ma connaissance, l'un des seuls jeux 16bits qui affiche aussi ouvertement sa filiation avec l’œuvre dont il est tiré, et c’est plutôt réussi. D’habitude, pour une telle adaptation, les développeurs se concentrent sur la partie "jeu vidéo" et passent sous silence des pans entiers du récit original, au risque de mécontenter et les fans, et les joueurs… Ici, ce n’est pas le cas, et c’est tant mieux.


La taille
La réalisation n'a vraiment rien d'extraordinaire
retenue pour les sprites est plutôt grande, mais le chara-design est inégal : Spider-Man, Venom, les autres super-héros et les quelques boss sont bien dessinés et détaillés, alors que les autres ennemis sont peu variés et très quelconques (on affronte quasiment les mêmes loubards et les mêmes filles excitées du début à la fin du jeu, seuls leurs vêtements changent de couleurs). Pour les animations, les développeurs ont semble-t-il suivi la même logique : des animations plutôt bonnes pour les 2 super-héros, mais un laisser-aller évident pour les différents sbires auxquels il manque clairement des étapes d’animation. S’il ne peut donc compter sur une réalisation au-delà de tout soupçon, le soft se rattrape cependant par les sensations qu’il procure. L’action est nerveuse et la maniabilité est bonne, avec des coups qui sortent facilement. On sent aussi très bien les différences entre Spidey et Venom, ce dernier frappant de manière plus bestiale et plus puissante, mais aussi un poil plus lente. Alors que les vagues d’ennemis se succèdent, ces derniers font preuve d’une IA pas si bête, puisqu’ils essaient toujours de prendre notre perso en sandwich. Et affronter les boss n’est pas plus reposant, vu qu’ils ont la mauvaise idée d’attaquer en groupe. En gros, on en affronte un seul au tout début du jeu, puis ils prennent pour habitude de venir en bande et de vous harceler à plusieurs. Du coup, l’expédition punitive de Spider-Man et Venom est loin d’être une promenade de santé, avec une difficulté bien perceptible qui, tel un boomerang, nous revient en travers de la tronche et nous ramène à la dure réalité. Oui, Spider-Man & Venom : Maximum Carnage est difficile, et non, vous ne pourrez pas contourner le problème en vous rabattant sur le mode 2 joueurs. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il n’y en a pas ! D’ailleurs, le soft n’a même pas de menu Options, c’est dire… Un an après le Batman Returns de Konami qui commettait la même bévue, Software Creations était-il trop fainéant pour implanter un simple mode 2 joueurs dans son jeu ? Apparemment oui. On ne peut pourtant pas parler de contraintes techniques : le soft est sorti en 1994, et Separation Anxiety, la suite de Maximum Carnage, sortira un an plus tard avec un beau mode 2 joueurs (et un scénario aux abonnés absents, mais ça, c’est une autre histoire). Enfin, si les musiques du jeu n’ont rien d’enthousiasmant, elles ne constituent pas pour autant son talon d’Achille. Chose peu courante, la B.O a été fournie par un vrai groupe de rock (Green Jelly), et le thème principal du jeu, que l’on peut entendre dès l’écran-titre, est même l'un des singles du groupe (on le retrouve sur l’album "333″, sorti en 1994). Contrairement à la très grande majorité des jeux, possibilité nous est donc donnée de comparer les musiques du jeu avec l’enregistrement original en qualité CD, et force est de reconnaître que si l’énergie des morceaux est bien retranscrite, la qualité audio est mise à mal par leur passage sur 16 bits (surtout sur Mega Drive !!). Ce qui, en soi, n’est pas vraiment une surprise…



Si Spider-Man Note
& Venom : Maximum Carnage semble bénéficier d’une bonne côte de popularité auprès des joueurs américains (l’amour des Comics, la nostalgie, tout ça…), le problème se pose différemment pour le joueur européen qui lui n’a pas forcément autant d’affinités avec l’univers Marvel et qui, en plus, peut s’éclater sur des titres nettement plus ambitieux et mieux finis. Avec son absence de mode 2 joueurs et une difficulté bien réelle, le soft se pose un peu comme le beat-them-all du "oui, mais…" : des cut-scènes réussies mais aussi des graphismes "in game" en-dessous des standards, une bonne maniabilité mais des coups très basiques, vus et revus dans d’autres jeux… Pour faire court, on dira que Marvel remplit sa part du contrat (la scénarisation), mais que Software Creations se les pieds dans le tapis, avec un jeu qui amusera le fan, mais pas nécessairement le joueur l'amateur de bons beat-them-all puisque la comparaison avec Street of Rage 2, Batman Returns ou Final Fight n'est pas très flatteuse…



Test réalisé par Kenshiro

Lire l'article original sur La Memoire du Pad
aout 2014