Le Livre de la Jungle (SNES/MD)

 










Note générale


Testé sur :


Sortie du jeu : septembre 1994
Développeur : Eurocom
Editeur : Virgin Interactive
Genre : plate-formes

Version testée : Française
Voix digitales : US
Textes à l'écran : FR

Support : cartouche de 16Mb
Difficulté :
Multi-joueurs : non
Titre alternatif : Disney's The Jungle Book (US)
Prix au lancement : 450Frs (SNES) / 400Frs (MD)


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Le Livre de la Jungle









C’est acquis
Reprendre le film culte de Disney n'a pas été chose facile. D'ailleurs plusieurs différences subsistent entre les versions SNES et MD
depuis longtemps, la Mega Drive et la Super NES nous ont offertes de très grands moments de bonheur vidéo-ludique. Mais on peut aussi se montrer un peu amer quant au traitement réservé à certains de leurs jeux. Et là, je vise tout particulièrement les titres qui se retrouvaient à la fois sur les consoles, avec il faut bien l’avouer, une confrontation qui tournait souvent en faveur de la machine de SEGA (tout du moins en ce qui concerne les jeux de David Perry). Tout comme les aventures d’Aladdin ou d’Earthworm Jim, celles de Mowgli s’inscrivent dans ce contexte particulier. Si sur Mega Drive, une grosse partie du développement sera réalisée par Virgin Games USA, un studio au sein duquel on trouve un certain David Perry (une partie seulement, car Perry arrêtera le développement de The Jungle Book pour fonder Shiny Entertainment et emmènera avec lui une bonne partie de son équipe... cette version sera également terminée par Eurocom, qui récupèrera une grosse partie du boulot déjà abattu), sur Super NES, Eurocom, façonnera de A à Z l’adaptation de ce grand classique de Disney. Le résultat sera probant mais – vous le devinez peut-être au ton de mon intro – sensiblement différent du jeu sorti sur la console d’en face. The Jungle Book fait partie de ces films Disney intemporels, un classique parmi les classiques : parce que réalisé à l’ancienne, avec des dessins faits à la main, mais aussi parce qu’il s’agit du dernier film qui sera supervisé par Walt Disney lui-même, avant sa mort (le 15 décembre 1966). Le film est sorti au cinéma en 1967 et s’inspire d’un recueil de nouvelles signé par Rudyard Kipling. Lors de la réalisation de son film, Disney a une nouvelle fois pris de grandes libertés par rapport au bouquin original. Les aventures du jeune Mowgli perdent donc en grande partie leur statut de conte moralisateur, pour devenir un produit de divertissement exquis, accessible au plus grand nombre. La base de l’histoire reste cependant la même. Trouvé dans la jungle par Bagheera la panthère noire, Mowgli est recueilli et élevé par une famille de loups, goûtant pendant des années à une vie sans problème. Jusqu’au moment où le retour de Shere Khan le tigre fait trembler toute la jungle. Bagheera reçoit alors pour mission de mener Mowgli sain et sauf jusqu’au village humain le plus proche, et de le laisser retrouver une vie normale parmi ses semblables.


Ce périple
Sur Mega Drive nous avons une meilleure animation quand sur Super Nintendo on a plus de couleurs et des musiques plus propres
à travers la jungle sera l’occasion, pour le duo, de croiser la route de personnages inoubliables que vous connaissez certainement : Baloo l’ours, Kaa le serpent hypnotiseur, King Louie et sa cour de macaques, la compagnie d’éléphants du colonel Hathi… Eurocom tente – très modestement – de nous raconter une histoire. Du coup, son jeu prend la forme d’un livre découpé en chapitres, que l’on va feuilleter tout au long de la partie. L’idée est bonne, bien qu’à mon avis, elle brouille un peu les pistes. Ben oui, le soft est l’adaptation du long métrage Disney, pas celle du bouquin original de Kipling… Mais bon, c’est peut-être moi qui suis, pour le coup, un peu trop attentif à des broutilles. Schématiquement, le soft est découpé en trois grandes parties, chacune terminées par un boss : les chapitres 1 à 3 dans la jungle épaisse (avec un dernier chapitre qui se clôt par l’affrontement avec Kaa), les chapitres 4 à 6 (Mowgli y traverse un village au cœur de la jungle, se paie une virée à dos de perroquet, pour finalement entamer l’ascension d’une superbe cascade et affronter King Louie), et enfin les chapitres 7 à 10 (qui, à mon sens, reprennent les plus beaux niveaux du soft : ruines envahies de végétation, parcours à la cime des arbres, virée dans la jungle pendant la nuit… et affrontement final, contre Shere Khan en personne, avec pour décor une terre stérile ravagée par le feu). Si dans l’ensemble, les décors proposés par The Jungle Book sont vraiment jolis et font, comme on dit, leur petit effet, une fois le soft terminé, l’objectivité reprend le dessus et on émet quelques réserves : la jungle, c’est bien sympa, on y entend des sonorités intrigantes ou effrayantes (au demeurant, très bien reproduites par la console)… mais c’est aussi très vert, épais, et pas franchement varié ! Les développeurs tentent bien de rattraper le coup avec des environnements différents qui comptent parmi les plus réussis du jeu (le village, les chutes d’eau, les ruines…) mais il n’empêche que la jungle est omniprésente, et pesant de tout son poids en toile de fond. Esthétiquement, on n’est pas non plus en présence d’environnements aussi aboutis que dans d’autres jeux : ils sont bien pensés, mais pas toujours très propres en terme de rendu, avec une pixellisation par moment assez marquée. Du coup, difficile d’y voir le pendant des décors du film, contrairement aux personnages qui eux, sont parfaitement animés et auraient tout à fait leur place dans un long métrage d’animation. Tel un aimant, Mowgli attire d’ailleurs sur lui tous les regards. Le « petit d’homme » est un acrobate-né qui se joue des pièges de la jungle.


Et même si
Les 2 versions sont techniquement magnifiques mais hélas peu variées
la précision n’est pas toujours de mise (notamment quand il évolue de liane en liane, ou lorsque les plates-formes se dérobent sous ses pieds et qu’il faut réagir vite), c’est un réel plaisir de lui faire faire des sauts d’une longueur impressionnante, de le voir se balancer au bout d’une liane avec une aisance déconcertante, ou encore de le voir se servir de son pagne comme d’un parachute (c’est même assez tordant, mais c’est aussi très utile, car une bonne partie du jeu se déroule dans les hauteurs, avec des chutes mémorables à la clé). Tout aussi amusant : quand on le laisse tranquille quelques secondes ou qu’il arrive en fin de niveau, on le voit mimer un combat de boxe, esquisser un pas de danse, jongler avec des bananes… Chapeau aux animateurs ! L’aventure du jeune Mowgli s’apprécie aussi avec les oreilles, et là, soyons réalistes, le constat est un peu moins flatteur pour Eurocom. Il y avait pourtant matière à nous offrir une bande-son de tout premier ordre, avec des morceaux très connus tels que « Il en faut peu pour être heureux » (The Bare Necessities), « Être un homme comme vous » (I Wanna Be Like You) ou « La Marche des éléphants » (Colonel Hathi’s March). Les deux premiers se retrouvent incorporés dans le jeu et on les reconnaît assez vite. Ils viennent illustrer ici et là certains niveaux et voient leur tempo s’emballer quand Mowgli est sur le point de se faire avoir. Sinon, pour les autres niveaux (qui constituent la majorité du soft), ces célèbres morceaux cèdent la place à des musiques d’ambiance faites de sonorités tribales, de cris d’animaux et autres bruissements. L’atmosphère « jungle » est alors parfaitement restituée, et sert idéalement de support aux bruitages « in game » : cris des singes, barrissements d’éléphants, petits cris de Mowgli quand il pousse un bloc de pierre ou est touché… Pour survivre dans la jungle impitoyable, point d’armes à feu ou d’armes blanches. Oh que non ! L’ami Mowgli doit se rabattre sur ce qui se trouve à portée de main, en abondance, et vu que l’on est en pleine jungle, ce sont essentiellement… des bananes, qu’il pourra lancer à volonté ! Dans un registre tout aussi fruitier, il ramassera des noix de coco, papayes et autres mangues, qui lui serviront d’armes spéciales : certains de ces fruits roulent au sol, d’autres (tels des missiles à tête chercheuse) vont suivre les ennemis à la trace.


La jungle
Même s'il jouit d'une ambiance particulière et vraiment attrayante, les problèmes de jouabilité agacent
n’a cependant pas que des fruits à offrir : elle regorge aussi d’objets plus précieux, comme les pierres vertes (en récolter un nombre suffisant donne accès à de petits stages bonus), les pierres rouges (elles suivent la même logique, mais pour les « continue ») ou les petites idoles bleues (qui font apparaître des « aides » dans les niveaux, comme des lianes supplémentaires par exemple). Des masques de sorcier, nettement plus rares, rendront Mowgli temporairement invincible, alors que des 1UP, toujours placés dans des endroits plus difficiles d’accès, attendront sagement la venue du petit d’homme pour être cueillis au passage. Même si, sans surprise, Mowgli occupe le rôle principal, The Jungle Book est aussi une bonne occasion pour retrouver les autres personnages du long métrage, mais ils sont cependant cantonnés à des rôles secondaires. D’emblée sur Super Nintendo et contrairement à la version Mega Drive, il n’y a pas la moindre trace de Bagheera (hormis dans l’intro), mais les autres persos importants du film sont là. L’ami Baloo donne ponctuellement à Mowgli un masque d’invincibilité, en cours de niveau… ou attend son ami à la fin de celui-ci. Le petit éléphanteau, fils du colonel Hathi, sert de checkpoint en agitant un petit drapeau au passage de Mowgli. Ponctuellement, phasmes et hiboux aident aussi le jeune héros, les premiers en l’amenant à un endroit précis, les seconds en distribuant des items intéressants (coeurs d’énergie par exemple). Si les ennemis communs sont plutôt génériques et conforme à l’idée que l’on se fait de la faune dans la jungle (singes en pagaille, écureuils, porc-épics, chauve-souris, serpents dont certains servent de trampoline…), on retrouvera aussi des têtes connues parmi les boss : Kaa le serpent (premier boss, mais véritable calvaire pour le joueur, à cause des cercles qui sortent de ses yeux et qui suivent Mowgli à la trace), King Louie (adepte du lancer de bananes et autres fruits, que l’on affronte à deux reprises) et enfin le terrible Shere Khan, dernier rempart entre le joueur et le générique de fin.




The Note
Jungle Book (Le Livre de la Jungle en français) est un divertissement de qualité. Ses graphismes sont une réussite, même si on a déjà vu un peu mieux dans d’autres titres Disney comme, par exemple, Le Roi Lion. Les animations, très fluides, insufflent vie et humour au petit héros et aux autres personnages. On se montrera par contre plus critique face à la jouabilité parfois limite (imprécision, par moment, dans les déplacements et sauts de Mowgli), la répétitivité qui s’installe progressivement (la faute à des décors qui se ressemblent tous, malgré quelques variations), ou encore le nombre ridicule de boss (trois pour tout le jeu). On additionne ces éléments, on soustrait l’âge du capitaine, et on obtient un jeu qui ne démérite pas… mais qui aurait pu être meilleur. De plus, là où la Mega Drive accueille un soft plus mature, la Super NES hérite d’un jeu de plate-forme divertissant, mais sensiblement différent et pas exempt de points faibles.



Test réalisé par Kenshiro

Lire l'article original sur La Mémoire du Pad
aout 2012