Krazy Ivan (PSX/SAT) -- TEST sur GRAVITORBOX

 


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Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image (PSX)
L'image (SAT)
Le son
Note générale


Testé sur :

 


Compatible avec :

 


Aussi disponible sur :




Sorties du jeu (PSX) : janvier 1996 (EURO) - février 1996 (USA) - octobre 1996 (JAP)

Sorties du jeu (SAT) : décembre 1996 (EURO) - juin 1997 (JAP) - pas sorti aux USA

Développeur : Psygnosis
Adaptation Saturn : Psygnosis et Perfect Entertainment
Editeurs : Psygnosis - Softbank Corp (SAT) - Electronic Arts (PSX)
Genre : FPS

Versions testées : Euro PAL (UK) et Euro PAL (FR)
Doublage : anglais / français
Textes à l'écran : anglais / français

Support : 1 CD-Rom
Difficulté :
Temps de jeu : 2 heures environ
Multi-joueurs : 2 joueurs en link
Abréviation : KI
Titres alternatifs : Crazy Ivan - KГAZЧ IVAИ (stylisé)
Prix au lancement : 350Frs






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Krazy Ivan










L'histoire du
Racheté par Sony pour allimenter sa PlayStation, le studio Psygnosis sera l'un des plus prolifiques du support !
jeu vidéo est passionnante et ce, quelque soit l'époque. Ce n'est désormais un secret pour personne, la Play Station (en 2 mots) était à l'origine un add-on (CD-Rom) prévu pour la Super Nintendo, mais après le coup de salope que Nintendo a fait à Sony (en signant dans leur dos un nouveau contrat avec Philips), ces derniers ont décidés de construire leur propre console et cette fois, sans lésiner sur l'Hardware. Sony avait déjà un pied dans le circuit d'une part étant l'un des géants de l'électronique grand public, ensuite après avoir créé le formidable DSP (processeur audio) de la Super Nintendo mais aussi et surtout en éditant et développant leurs propres jeux via le studio Imagesoft.
En parallèle du développement de la console, Sony avait tout prévu en amont comme faire en sorte de s'allier un maximum de studios à sa cause (notamment ceux qui étaient autrefois affiliés à Nintendo mais qui étaient frustrés par la Nintendo 64 et son support cartouche) afin que leur future console soit abondamment "nourrie" en jeux tout au long de sa carrière. Sony a aussi racheté pas mal de studios de développement, qui sont alors devenus les fameux "first party" de la société et ce fut un coup de maitre en mettant sous son aile le fameux Psygnosis. Nous sommes alors en 1993, peu de temps avant que la 3D (et le CD-Rom) fasse sa révolution. La boite montante du jeu vidéo avait déjà brillé grâce à des productions de haute volée tels que Puggsy, Lemmings, Shadow of the Beast, Novastorm et c'est bien elle qui donnera les premières lettres de noblesse à la toute fraiche PlayStation (en 1 mot) en lui offrant des titres aussi mythiques que Destruction Derby, Assault Rigs, Colony Wars, G-Police, Formula One, le fabuleux WipEout ou encore le présent Krazy Ivan.
Bien qu'appartenant à Sony, ce développeur très prolifique a d'abord fait ses armes sur micro-ordinateurs avant de peu à peu se tourner définitivement vers les consoles. Ceci dit, il a également développé quelques jeux pour les supports concurrents (avec un certain et compréhensible retard) tels que l'attestent les WipEout 64 ou encore ce même Krazy Ivan qui sortira également sur Saturn et PC, presque un an plus tard.



La belle époque du CD de démos...


J'ai connu ce jeu en 1996,
Les cinématiques ont été réalisé sur fond bleu, avec un casting de seulement 5 acteurs/actrices
suite à l'essai d'une démo qu'on trouvait dans le précieux PlayStation Magazine. Ahhh le bon vieux temps des CDs de démo, où chaque mois on pouvait découvrir et jouer à de nouveaux titres, tout en lisant un mag' vraiment sympa (bien que peu objectif : normal lorsqu'on s'appelle PlayStation Magazine, on se doit d'en faire l'apologie). Suite à cette démo, j'ai acheté mon exemplaire complet (sans doute d'occasion, en étant ado on est rarement riche - bien que les jeux PSX d'occasion étaient vraiment abordables, de l'ordre de 200 à 250Frs le titre de moins de 6 mois, ce qui fait 35€ environ) et ô surprise, il était intégralement en français ! Les textes mais aussi les doublages !
Malheureusement, il y a quelques années j'ai fait l'erreur de tout vendre (console et jeux), et aujourd'hui que je refais peu à peu ma collection, j'ai eu bien du mal à retrouver un exemplaire en bon état de ce titre que j'ai adoré à l'époque. Résultat je n'ai pas le choix : soit avoir une version française comme à la belle époque mais avec un boitier tout pourri et un disque rayé (faut dire que les disques noirs ne pardonnent pas !), soit j'achetais une version PAL anglaise (UK) en parfait état, qui fonctionne très bien sur ma console française mais qui se cantonne au doublage d'origine... J'ai préféré jouer la carte de la sûreté.
Le nom de Krazy Ivan est sans doute un clin d'œil à cette histoire (vraie) de sous-marin, qui a inspirée Craig et William Reed pour leur roman. Quand au "K" du patronyme, c'est évidemment pour donner une consonance russe au titre, puisque nous jouons un militaire soviétique qui doit sauver le monde d'une invasion extra-terrestre. Notez par ailleurs qu'il est rare de jouer un russe, et encore plus rare qu'il soit dans le camp des "gentils". Car les Russes sont comme les rats : ils ont mauvaises images ! Moi j'ai un rat (domestique) à la maison et figurez-vous que c'est une adorable bête. Quant aux soviétiques, malgré leur côté rustre, ce sont (souvent) des gens très bien, et c'est la télé (nourrie aux séries et films américains) qui font passer ces gens-là pour des salopards. Et sans être "pro quoique ce soit" je suis pour une fois bien content de ne pas jouer un "super amerloque, cape au vent, menton carré et fossette protubérante, près à tout pour sauver le monde, comme s'il n'y avait qu'eux sur Terre... Le monde tourne beaucoup trop autour des Etats-Unis (même lorsque le scénario est écrit par des japonais - Kojima si tu m'entends) et perso j'en ai un peu marre. Mais bon bref, passons.



Nota bene (Invasion de l'Ukraine par la Russie) : cliquez pour ouvrir



She drive me Krazy...


Malheureusement,
L'histoire n'est vraiment pas terrible, l'intro ne l'explique même pas, et la fin (expédiée) n'est pas du tout gratifiante...
si l'intro démontre légèrement la folie qui anime le personnage (car il faut être fou pour repousser seul une invasion), en aucun cas elle explique les tenants et aboutissants de l'histoire. Soit on la devine, soit on lit la notice qui se veut plus explicite sur le sujet. Quoiqu'il en soit, Krazy Ivan est un cas d'école pour ses vidéos, ses FMVs, qui ont été réalisé par Psygnosis lui-même. Il y a en tout 5 acteurs qui jouent sur des fonds bleus, mais nous verrons principalement l'opératrice et Ivan lui-même, les autres faisant surtout de la figuration.
Ivan est un pilote de mecha, un robot de guerre et il est joué par l'acteur (anglais) Robin Hellier (Psygnosis étant basé à Liverpool en Angleterre), qui est un acteur de seconde zone, cantonné aux petits rôles (même s'il a tourné encore en 2018 dans Blue Iguana). Michael Brogan (qui est un peu plus connu) joue Pavel, le pilote du camion. Enfin c'est Sara Stockbridge (une autre britannique) qui joue Kataya l'opératrice, et c'est elle qu'on verra le plus. Si je parle de cas d'école c'est parce que le jeu d'acteur est absolument effroyable !! Surjoué à mort, les acteurs en font trop, beaucoup trop, comme s'ils jouaient une comédie ou une pièce de théâtre vaguement drolatique. Il suffit de voir comme mademoiselle Stockbridge joue son personnage : elle fait des mouvements de bouche anormaux, des ouvertures d'yeux flippants... à croire que ce job a été pris à la légère. On ajoutera à ça que ces acteurs/actrices anglais(es) ont pris un accent russe afin de mimer leur origine et là c'est la catastrophe.
Bref, les cinématiques mélangent donc ces acteurs pris sur fond bleu avec doublage original, mélangé à des images de synthèses. Si dans le fond le résultat n'est (techniquement) pas mauvais, c'est bien le jeu d'acteur qui est à chier ! C'est à tel point que le ridicule ne tue pas, que la scénarisation devient risible et qu'on se dit que finalement, le doublage français de Metal Gear Solid n'était pas si mal (oui, on en est là !). Car si on peut remercier Psygnosis d'avoir fait l'effort de doubler son jeu dans notre langue, dans mes souvenirs la VF était du même acabit. Et dire que je pensais secrètement que la VO serait de meilleure qualité...



   

   

Malgré son côté kitch, l'intro est sympa



Psychognosis


Maintenant si
La prise en mains n'est pas simple car les FPS n'étaient pas encore "normalisés" et les pads n'avaient pas encore de sticks analogiques
l'ensemble parait aujourd'hui encore plus ridicule et fera forcément sourire, je reconnais qu'à l'époque ça passait tout de même mieux et surtout, les cinématiques étaient nombreuses, de bonne qualité, ce qui agrémentait agréablement le jeu. Rappelez-vous que nous sortions de la génération 16-bits et à part quelques exceptions (notamment sur Mega-CD, PC ou 3DO) les vidéos avec de vrais acteurs étaient finalement rares. Entre les niveaux, d'autres vidéos interviennent, quand à la fin, il en existe 2 : la classique, lorsqu'on finit le jeu (la mauvaise fin en somme) mais qu'on n'a pas découvert le grand méchant de l'histoire. Pour l'autre (la bonne fin), je vous donne l'astuce : une fois le dernier "core" détruit, il faut foncer dedans ce qui vous téléportera jusqu'à un boss caché qu'il faudra détruire en temps record. En cas de victoire, vous verrez la fin spéciale... qui n'est clairement pas la meilleure ou la plus gratifiante que j'ai vu, les 2 épilogues étant un peu expédiés.
Le plus frustrant dans tout ça, c'est qu'en relançant son jeu dans la foulée, on ne garde absolument aucun upgrade. J'aurai vraiment apprécié une sorte de "new game +" où justement, je profiterai d'un second rush avec l'armement acquis en cours d'aventure. Dommage. En plein jeu, nous avons également des vidéos incrustées où l'opératrice nous présentera le boss à affronter, et nous félicitera en cas de victoire. Le rendu (en transparence) est vraiment bon et donne du corps à la scénarisation : on ne se sent pas seul dans ce combat. Cependant, si vous ne supportez plus les grimaces incessantes de l'actrice, une option permet de les couper. Tiens en parlant d'options, elles sont assez complètes avec un réglage des volumes musiques/bruitages, choix de la difficulté, gestion de la Memory Card (pratique pour conserver sa config' et son avancement) ainsi qu'un paramétrage de son pad. En effet, dans cette période où les FPS commençaient à avoir le succès qu'on lui connait bien (merci DOOM :) la prise en mains n'étaient pas encore établie, à la différence d'aujourd'hui où d'un FPS à l'autre on retrouve pratiquement toujours la même config'.
Ceci dit, basé sur le hit d'id Software, Krazy Ivan se joue comme bien des jeux du genre, à ceci près que lui impose de regarder parfois en l'air ou vers le sol. Les pads n'étant pas encore ce qu'ils sont (comprenez qu'ils étaient 100% numérique et donc sans stick analogique) les développeurs ont trouvés quelques idées comme utiliser les gâchettes pour modifier la verticalité de sa vision. Peu pratique, j'ai personnellement opté pour les touches Triangle/Croix pour monter/descendre la vue. Grand consommateur de FPS, ça m'a paru plus "naturel".




Voici un tout petit échantillon des vieilles gueules que font les acteurs.
Ça manque clairement de sérieux tout ça...



Crasy Ivanovitch Dostoevsky


Evidemment la
Avec seulement 5 maps à parcourir, la durée de vie est par conséquent faiblarde
configuration du pad ne s'arrête pas à ces 2 choix-là, d'autres existent et vous trouverez sûrement de quoi améliorer votre jouabilité. Non, le pad DualShock n'était pas compatible et pour cause, il ne sortira qu'en 1997. Quand à la version Saturn, avec ses 6 boutons alignés c'est peut-être moins intuitif mais on s'y fait vite, les touches Z et C n'étant pas si mal placées pour ce job.
Entrons dans le vif du sujet, Krazy Ivan est un FPS en carte ouverte. Avant de se lancer dans le niveau, nous avons un faux choix de sa destination. Je dis "faux" car on ne peut pas faire celui qu'on veut et généralement on est obligé de passer les précédents levels pour débloquer les suivants. L'aventure commence donc en Russie, niveau le plus facile, sorte de training aux événements ultérieurs. Ensuite viennent les maps de France, Arabie Saoudite, Etats-Unis et la dernière se déroule au Japon. Seulement 5 niveaux ? Et oui, le jeu n'est pas vraiment long et en étant un peu doué, on peut le finir très vite (en une heure environ). Cependant la difficulté est telle que je doute que vous le finissiez si vite, en autre à cause de cette jouabilité qui n'est pas évidente. Par exemple le "strafe" (pas de côté) ne se fait que pas-à-pas, ce qui est vite contraignant pour éviter les tirs ennemis.
Personnellement, dans ma tendre jeunesse (je sais, je passe pour un vieux en disant ça ^.^) j'ai fini le jeu plusieurs fois car je m'étais fait à la prise en mains. Je peux même dire que je la maitrisais très bien. Et puis j'ai eu d'autres jeux, tels que DOOM (où il n'y a pas ce genre de difficultés) et s'en suivirent les dizaines de FPS auxquels j'ai joué durant les 24 ans qui séparent mon premier contact avec Krazy Ivan et l'actuel test (putain, mais c'est vrai que je suis vieux en fait ! O.O").
Donc oui, il n'y a que 5 niveaux et dans chacun d'eux, il faudra affronter entre 3 et 5 boss, ce qui ouvrira la zone du "core", qu'il faut évidemment détruire, but avoué de cette aventure. Pour découvrir les boss, il faut d'abord rejoindre leur zone et seulement là, il apparaitra. Le temps est limité pour trouver chacun d'entre eux, mais heureusement, une fois qu'il apparait le chronomètre se fige, évitant ainsi une trop grande pression dû à ce "timer" de misère qui, de toute façon, n'a rien à faire là. De même, une fois qu'on a détruit tous les boss, le timer s'arrête définitivement, nous laissant libre de vagabonder dans le niveau à la recherche d'items ou de munitions.



 

 

Krazy Ivan propose beaucoup de cinématiques créées sur fond bleu...
Globalement le résultat n'est pas mauvais, par contre
le jeu d'acteur est déplorable !



Ivan le fou


En effet,
La fin du niveau est l'occasion de dépenser ses "energy cores" pour upgrader son mecha. Dommage qu'un "new game +" ne nous permette pas de conserver ses améliorations
en détruisant les ennemis on peut récupérer de quoi restaurer le blindage de son robot, refaire le plein de ses pétoires ou encore sauver les prisonniers de la zone. Secourir les prisonniers est une sympathique mission secondaire mais à part pour le scoring, ça ne sert strictement à rien ! Le pire c'est que sauver 150 mecs c'est déjà fastidieux et long, mais lorsqu'ils sont 400... on se dit tant pis pour eux, ils passeront en dommages collatéraux et pire barre. Je regrette également que ces prisonniers n'aient pas plus d'importance dans l'avancement du titre : tous les sauver auraient pu ouvrir une nouvelle fin, débloquer une nouvelle zone... mais non, rien de tout ça.
Vous l'aurez sûrement deviné mais dans ces maps ouvertes (on peut aller où on veut, ce n'est pas du tout un FPS couloir) on atterrit en plein milieu et les boss sont à dénicher dans certaines zones. Entre temps, il faudra bien entendu se frotter à la piétaille, comme ces petits tanks qui larguent des mines, ou ces ennemis volants un poil difficile à viser. En parlant de visée, le HUD est plutôt bien foutu pour l'époque à savoir que si un ennemi passe dans notre mire, il sera forcément touché (et vu qu'elle est bien grosse, ça aide). De même, en un clin d'œil on voit l'état de ses munitions (le canon de 30mm étant le seul à avoir des munitions infinies) et l'état de son blindage (sur 8 zones). Ce HUD affiche même une mini-map bien pratique pour se retrouver dans ces décors un peu tous identiques (dommage que la pause n'offre pas une map complète mais ce n'est finalement pas très gênant).
Une fois que le niveau est fini, nous avons la possibilité de dépenser les "energy cores" qu'on a récupéré dans le niveau (souvent sur le cadavre des boss). Ce sera l'occasion de remettre le blindage de son robot à neuf, mais aussi et surtout d'acheter de nouvelles armes, bien plus puissantes ! Généralement, une fois le jeu fini, on n'a pas réussi à tout upgrader, voilà pourquoi une sorte de "new game +" aurait été parfait : recommencer le jeu avec son acquis, et continuer à upgrader son mecha aurait été génial ! D'ailleurs question armement, nous avons les classiques canon de 30mm, les double mini-gun, mais aussi des armes au plasma nettement plus puissantes. Côté armes spéciales, on peut lancer des missiles, des bombes ou des tirs au laser. Bref, il est clair que Ivan le fou a de quoi se défendre, d'autant que détruire les "cores" n'est pas chose facile tant leur système de défense est sacrément agressif.



Les dunes du Pilat


Techniquement Krazy Ivan
Techniquement la version PlayStation est une réussite
nous prouve que Psygnosis maitrise vraiment bien la console 32-bits de Sony. Il y a bien quelques sprites en 2D qui trainent (comme les arbres) mais ils sont rares, car ici tout est en 3D, du plus grand des boss jusqu'aux plus petits ennemis. Même si le jeu est assez sombre puisqu'on attaque presque systématiquement de nuit (histoire de justifier le clipping), je peux vous dire que le moteur graphique tourne superbement bien : la 3D est propre, lisse, détaillée, c'est parfaitement fluide... en somme c'est une belle réussite technique. D'ailleurs comme évoqué, Krazy Ivan n'est pas un FPS couloir et cloisonné comme Kileak ou Alien Trilogy, non ici on se déplace où on veut, dans des zones parfois très vastes. De même, Psygnosis n'a pas fait des environnements tout plats comme c'est souvent le cas : il n'y a beaucoup de dénivelés, de dunes, ce qui était une vraie nouveauté pour l'époque et qui permet à la fois de varier les décors mais aussi de se protéger des tirs ennemis (dommage que notre robot ne soit pas plus "tout terrain" même si ça ne gêne en rien nos déplacements).
Au passage le clipping est bien géré, le décor apparait suffisamment loin, et il n'y a pas de "brouillard" qui permet de cacher la misère. Non vraiment, avec le recul et le respect qui s'impose dû à sa date de sortie, Krazy Ivan est une très belle réussite graphique. Seul bémol, on aurait quand même aimé des niveaux plus variés et surtout, plus de niveaux tout court ! En effet, comme évoqué seules 5 maps se taillent la bavette et au fond, elles sont toutes un peu pareilles. Quand aux boss, ce sont des robots (parfois géants, parfois petits, parfois terrestres, parfois volants) qui sont soit basés sur des animaux, soit sur des insectes... Krazy Ivan avait fait parler de lui pour ça mais aujourd'hui comme l'époque, je n'en vois pas trop l'intérêt.
Evidemment, depuis tout à l'heure j'évoque la version PlayStation car c'est la première qui a vu le jour et si la version Saturn est nettement moins connue/appréciée, c'est sans doute à raison. Co-développé avec Perfect Entertainment, Psygnosis a sûrement eu besoin d'aide pour maitriser la console de SEGA et pour avoir tester les 2 versions à la suite, on s'aperçoit vite que sur Saturn le jeu est nettement plus sombre, avec des couleurs plus ternes, un clipping plus prononcé, une distance d'affichage nettement moins flatteuse. Quand aux vidéos incrustées, finie la belle finition avec transparence, désormais elles sont vertes, d'un fluo du plus mauvais effet... Ce n'est pas que la Saturn soit une console de moins bonne qualité mais elle gère moins de polygones et son double processeur Hitachi SH-2 est plus difficile à maitriser. C'est d'ailleurs cette (peu flatteuse) comparaison qui fera en sorte que le jeu ne sortira pas aux Etats-Unis, eux qui mettent d'abord au premier plan l'aspect technique, souvent au détriment du reste...




Comparatif entre la version PlayStation (à gauche) et Saturn (à droite). Ce petit photo-montage présente le même boss sur la même map, et il montre bien les défauts techniques de la version Saturn : pixels plus grossiers, clipping plus prononcé (et donc décors plus sombres pour tenter de le masquer), vidéo incrustée surexposée et non transparente, idem pour la mini-map... (cliquez pour agrandir)



IVAИ IS KГAZЧ


Comme le temps
Composée par CoLD SToRAGE (que j'ai pour habitude d'apprécier) la bande-son est un ratage total !
nous le confirmera, la Saturn sera le support parfait pour les jeux en 2D, la console se sentant plus à l'aise avec ce type de graphismes, là où la PlayStation sera moins fortiche en 2D mais sera pionnière en matière de 3D sur consoles (le PC étant comme toujours, un peu à part). Krazy Ivan se pare d'un mode 2 joueurs, mais pas en local avec 2 manettes, seulement en "Link" où il faut une logistique énorme : 2 télés, 2 jeux, 2 consoles, un câble Link cher et peu utile... tout ça pour s'affronter en deathmatch, ça n'en valait pas vraiment la peine.
Nous terminerons par la partie audio, où je ne reviendrai sur la teneur du doublage, qu'il soit anglais comme français. D'ailleurs si les versions allemande, japonaise ou même française sont loin d'être synchro, il est tout de même regrettable que ma version Euro UK accuse elle aussi quelques décrochages, alors que c'est celle d'origine ! Pas très pro tout ça. Ce qui n'est pas pro non plus, ce sont les musiques, parmi les plus mauvaises que m'a offert le studio ! Et pourtant, quelle ne fut pas ma surprise d'apprendre que c'est Tim Wright, alias le très bon CoLD SToRAGE qui est derrière ce fiasco auditif. Que s'est-il passé ? Lui qui est derrière des morceaux mémorables de jeux soit cultes soit avec une bande-son de folie ? Je citerai WipEout et WipEout 2097, Lifeforce Tenka (qui n'est bon que dans sa bande-son), Gravity Crash, Puggsy, Flink ou encore Colony Wars, c'est à se demander si Psygnosis ne lui aurait pas demander de sortir tous ses fonds de tiroir, les titres oubliés, bref les pires trucs qu'il a composé, pour les inclure au jeu. Je ne vois pas autrement !
Bref, si en jeu le volume des musiques est si faible, c'est pour une bonne raison : elles sont minables ! Si celle de l'écran titre est encore potable, le reste de la bande-son sonne faussement techno avec des sonorités désuètes, aucune mélodie et au final, une ambiance qui n'est pas tout soulignée. Quand on pense à quel point une bonne bande-son peut apporter "du corps" à un jeu (il suffit de jouer à Alien Trilogy pour s'en convaincre : une superbe plage musicale sans qui le jeu ne serait pas le même), on se dit que CoLD SToRAGE et Psygnosis ne sont vraiment pas allés dans le bon sens pour une fois. Enfin les bruitages sont très corrects pour le genre et le support. Suffisamment dynamiques et explosifs, ils donnent du corps à une action qui ne faiblie pour ainsi dire jamais.



Krazy Ivan Note


est un jeu un peu spécial qu'il sera difficile d'apprécier si vous le découvrez aujourd'hui. Au contraire, ce sera forcément de bons souvenirs pour celui ou celle qui le reprendra en mains, après tant d'années. C'est mon cas : 24 ans après sa sortie et son achat, je l'ai redécouvert avec plaisir, même si avouons-le, il n'a jamais été un très grand jeu. Il faut dire que sa mise en scène est horriblement ridicule. Si Ivan le fou me fait penser à un mélange de Robert Patrick et de Jean Reno (?), c'est surtout l'atroce jeu d'acteurs, mêlé à un mauvais doublage surjoué de russe, qui vous fera mourir de rire... et croyez-moi, ce n'était (à l'origine) sûrement pas le but de la manœuvre ! Le pire étant le jeu d'acteur de Sara Stockbridge, qui en fait des tonnes, couplé à des grimaces aussi atroces qu'affligeantes. On notera également une durée de vie très faible (il y a que 5 maps), un jeu peu varié et une bande-son dégueulasse qui déçoit beaucoup de la part d'un CoLD SToRAGE que j'ai pourtant l'habitude d'apprécier.

Maintenant, si vous arrivez à vous faire à cette prise en mains un peu délicate et à faire abstraction de ses défauts, au fond Krazy Ivan n'est pas un mauvais jeu. Il est facile d'apprécier la qualité des vidéos (hors jeu d'acteurs, ça va de soi), l'action est sympa comme tout, ce côté "open-map" est vraiment agréable et puis techniquement, sur PlayStation, c'est une vraie réussite ! La 3D est belle, détaillée, fluide... non vraiment, il est facile de passer un bon moment en sa compagnie. Bien entendu Krazy Ivan est loin d'être à la hauteur d'un Quake II, d'un DOOM, d'un Alien Trilogy ou encore d'un Disruptor, mais en attendant, il est déjà supérieur à un Kileak et surtout à un Lifeforce Tenka (aussi de Psygnosis). Quant à la version Saturn, ne nous voilons pas la face, elle est bien en dessous de celle sur PlayStation. Si bien sûr au fond pas grand-chose ne change, c'est bien sur le plan technique que ce portage montre ses faiblesses avec des graphismes plus grossiers, plus ternes, et un clipping nettement moins bien géré. Donc à moins de ne pas avoir le choix, préférez et de loin, la version PlayStation...



Les -

  • Jeu d'acteur atroce qui rend les vidéos ridicules (ce n'était sûrement pas le but à l'origine)
  • Chaque item ou prisonnier récupéré créé un flash et c'est vite pénible !
  • Musiques vraiment nulles, une déception de la part de CoLD SToRAGE
  • Les incessantes grimaces de Sara Stockbridge... affligeant :(
  • Version Saturn techniquement très en dessous
  • Un peu court, non ?


  • Les +

  • Mine de rien, les vidéos sont de qualité (c'est le jeu d'acteur qui déconne)
  • Techniquement soigné sur PSX avec une 3D propre, lisse et fluide
  • Les upgrades et nouvelles armes à acquérir
  • Un HUD complet


  • Test réalisé par iiYama

    juillet 2022