Forsaken (PC/PSX) / Forsaken 64 (N64)

 





Cliquez pour agrandir

 



Note générale


Testé sur :


Sortie du jeu : avril 1998 (PC/PSX) - mai 1998 (N64)
Développeur : Probe Entertainment
Adaptation Nintendo 64 : Iguana Entertainment UK
Editeur : Acclaim Entertainment
Genre : FPS

Version testée : Française (PSX) - Américaine (PC/N64)
Version logicielle (PC) : 1.0
Doublage : FR (PSX) - US (PC/N64)
Textes à l'écran : FR (PSX) - US (PC/N64)

Support : 1 CD (PC/PSX) - cartouche de 8Mo/64Mb (N64)
Difficulté :
Multi-joueurs : 2 joueurs (PSX) / 4 joueurs (N64)
Titres alternatifs : ProjectX / Condemned
Prix au lancement : 350Frs (PSX) / 450Frs (N64)


Configuration recommandée (PC) :
CPU : 350Mhz
RAM : 128Mo
VIDEO : avec 16Mo de VRAM (type nVidia Riva TNT / 3DFX Voodoo 2)






Les sites partenaires :





_________________________________

Pages vues (depuis avril 2016)




Visiteurs uniques (depuis avril 2016)


Forsaken

Forsaken 64



J'ai connu Forsaken
Malgré une jolie intro, on ne peut pas dire que le scénario soit bien développé. Quant à la version N64, comme d'habitude, ils n'ont fait aucun effort
à sa sortie sur PC. A cette époque, si on ne voulait pas se laisser séduire par la toute puissante Voodoo 2, la carte graphique nVidia Riva TNT était une superbe alternative, même si 3DFX avait encore le monopole de la puissance (il ne faudra pas longtemps pour que la donne change). Proposant des graphismes sans commune mesure avec ce qui se faisait à l'époque, véritable maitre-étalon et référence graphique de l'époque (bien qu'il fonctionnait aussi en "mode software"), il faut reconnaitre que presque 20 ans après, l'étincelle n'y est plus (normal vous me direz, quand on passe ses journées sur PS4, les anciens titres paraissent forcément moins beaux). Retour donc sur ce jeu atypique, clone d'un Descent déjà fort réussi. 2 ans après ce dernier, on attendait que Probe (racheté en 1995 par Acclaim, ils sont devenu en 1999 Acclaim Studios London puis un an plus tard Acclaim Studios Cheltenham, jusqu'à la banqueroute de la maison-mère en 2004 et où tout le monde a mis la clé sous la porte) nous sorte une version ultime de ce "Descent-like". Initialement nommé ProjectX (en rapport de l'API de Microsoft : DirectX) puis Condemned, le jeu a finalement changé de nom quelques mois avant sa sortie. S'il a d'abord vu le jour sur PC, très peu de temps après il est sorti sur PlayStation (puisqu'après tout la première console de Sony connaissait un succès phénoménal donc bien des portages PC/PSX ont été effectués) puis sur Nintendo 64 dans une version modifiée. Voici en quelques mots l'histoire qu'il propose : dans un avenir lointain, l'avancement de la technologie a dépassé notre capacité à la contrôler. Lors d'une expérimentation subatomique, un accident provoque une réaction en chaine incontrôlable qui détruira complètement la surface de la planète Terre. Un an plus tard, la Terre est classée comme "condamnée" ("forsaken" en anglais, d'où le titre original), ce qui signifie que désormais, seule règne la loi du plus fort. Voilà pourquoi tout un chacun est devenu mercenaire et cherche à s'enrichir par tous les moyens. Dans cette lutte, bien souvent ce sont les sous-terrains qui sont pillés mais le joueur devra aussi affronter les robots-sentinelles que le gouvernement a laissé pour compte…


Y'a pas à dire,
Avant de commencer, il est préférable de configurer son pad et de bien choisir son personnage
ce petit côté Mad Max accroche bien, même si le scénario est par la suite mis de côté. Sur PC et PlayStation, et ce grâce au support CD-Rom, nous avons une introduction en images de synthèses, certes très sanglante et crue, mais dont la qualité faisait honneur à son époque (encore une fois, aujourd'hui elle peut paraitre un poil vétuste). Malheureusement, avec son support cartouche et malgré une grosse ROM de 64Mb, la Nintendo 64 fut servie autrement : on a une rapide cut-scène en 3D avec voix-off, mais globalement elle n'explique pas grand-chose et ne fait que montrer une sorte de démo tournante d'un level. Pas très probant, ceci dit sur la console de Nintendo, on avait rarement mieux. A noter que j'ai testé les versions américaines des éditions PC et N64 (dont les épilogues sont vraiment expédiés... minables même), alors que j'ai eu l'édition française de la version PlayStation. Sur cette dernière, j'ai eu l'agréable surprise d'avoir un jeu entièrement traduit, que ce soit pour le doublage comme les textes (qui ne contiennent par ailleurs aucune faute d'orthographe, étonnant pour l'époque !). Malgré tout, les 3 versions proposent un briefing avec texte (le temps du loading sur les versions disque) avant chaque niveau. En somme, de quoi donner (un peu) de sens à toute cette exploration et cet abattage en bon-et-due forme d'ennemis. Proposant comme Descent une totale liberté de mouvement sur 3 axes (et donc 6 degrés de liberté), Forsaken est un FPS déboussolant puisque contrairement à la pléthore de jeux du genre, on n'est pas "fixé" au sol mais bien libre d'aller où on veut dans l'espace des niveaux. Les environnements sont toujours clos (aucun niveau ne se déroule en extérieur) ce qui incite vite à une certaine claustrophobie, une sensation d'étouffement. De plus, le fait d'évoluer en totale liberté dans l'espace fait qu'on se retrouve vite s'en dessus dessous, ainsi cette grande notion de liberté offre en sus quelques sensations de nausée. Heureusement une option active le replacement de notre personnage/véhicule dans le sens de gravité, ce qui aide bien à retrouver ses repères.


Le jeu nous
Les niveaux sont labyrinthiques et les ennemis sont en surnombre, en plus d'être acharnées et bien trop mobiles par rapport à la jouabilité... résultat, le jeu est hyper difficile !
propose de choisir notre personnage. Ce dernier évolue sur une sorte de moto évoluée, et faire ce choix influe sur les boucliers, la maniabilité, la vitesse ou l'accélération de ce dernier. A l'image du jeu qui l'a influencé, ou dans une autre mesure à un bon vieux Tomb Raider, les niveaux sont construits comme des labyrinthes où il faut par exemple activer un interrupteur bien loin, pour ouvrir une porte qu'on avait au départ sous le nez. Bien entendu le but premier est de trouver la sortie, bien souvent en accomplissant des missions annexes (jamais en allant droit au but), mais le leitmotiv de notre mercenaire est surtout de s'enrichir voilà pourquoi on ramasse des lingots d'or et plus rarement, des étoiles argentées (d'ailleurs, il y a plusieurs zones cachées et bien fournies, dans chaque niveau). Cependant entre l'omniprésence d'ennemis, la perte fréquente de repères et l'aspect labyrinthiques des niveaux (à ce propos, il est intéressant de voir qu'à la manière d'un Metroïd, il faut souvent tirer sur un interrupteur pour l'activer), il est bien souvent difficile de finir le moindre niveau (passé les premiers qui sont finalement simples) car on finit par s'y perdre. Car l'autre facette rebutante du titre, c'est (comme évoqué à l'instant) la surabondance d'ennemis. Déjà très présents un peu partout et surtout hyper agressifs, les développeurs ont (en plus) eu la mauvaise idée de faire apparaitre de nouveaux opposants à la moindre occasion. Il suffit d'abattre un ennemi ou de prendre le moindre item, pour que 3 nouveaux ennemis apparaissent par magie (!). Et pour ne pas faciliter l'avancement du jeu, sachez que la jouabilité est quelque peu étrange. Accusant une lourde inertie (surtout si on ne choisit pas ou mal son personnage), la jouabilité est bien adaptée à la visée souris du PC... mais il en est tout autre sur console. Les ennemis sont hyper mobiles et particulièrement belliqueux, ce qui fait qu'on perd vite ses boucliers (et je n'évoque pas, une fois encore, le surnombre des dit ennemis, ce qui n'arrange pas les choses). De plus, oubliez vite le mode numérique sur PlayStation, c'est simplement injouable !


Avec une DualShock
Techniquement il n'y a rien à dire : c'est beau et fluide
et ses sticks analogiques (ou avec le pad N64) on s'en sort un peu mieux certes (après une reconfiguration des touches), mais Forsaken impose beaucoup de touches et combinaisons de touches, ce qui fait qu'on s'emmêle assez vite les pinceaux, sans parler qu'après des années de FPS modernes à la prise en mains unifiée, il n'est pas évident d'être "forcé" de s'adapter à celle de ce titre. Pour nous aider à dézinguer tous les fourbes qui en veulent à notre peau, l'arsenal est conséquent : 6 armes principales et pas moins de 9 armes secondaires (on peut par contre regretter que les meilleures armes ne disposent que de munitions limitées, d'autant que la plupart finissent dans le décor tant les ennemis bougent dans tous les sens). Les options nous permettent de choisir parmi 4 niveaux de difficulté (de "easy" à "pro", même si le niveau "easy" étant déjà presque infaisable), ainsi que la configuration (limitée... dommage) de son pad sur consoles. On notera que le jeu impose un système de passwords et qu'il ne permet pas de faire de sauvegardes sur Memory Card (toujours sur consoles). Encore un petit regret car peaufiner sa jouabilité et conserver son avancement n'aurait pas été un luxe. Si le jeu s'articule surtout autour de son mode solo et de ses 15 niveaux, sachez qu'il existe aussi un mode deathmatch. Petite supériorité de la version Nintendo 64, le deathmatch peut se pratiquer à 4 sur la même console, lorsque la PlayStation est limitée à 2 (le cas du PC est évidemment à part). Quant à la durée de vie, vous l'aurez deviné, elle est conséquente, notamment parce que les niveaux sont de plus en plus longs et ardus à franchir. Techniquement, nous avons 3 niveaux de qualité graphique, le PC étant le grand patron, quand la PlayStation et ses textures qui ont la bougeotte, est le parent faible (la version Nintendo 64 étant entre les 2, notamment grâce à des textures lissées).


Ceci dit
Il est vraiment dommage que le design ne soit pas plus varié et surtout qu'on ne dispose pas d'une bonne bande-son... l'ambiance n'aurait été que meilleure
quelque soit la version, il est facile d'être impressionné par la maitrise du moteur 3D. Bien que peu varié (trop peu même, le level-design étant assez similaire d'un niveau à l'autre), les niveaux sont vraiment superbes avec des textures bien détaillées, des éclairages dynamiques de toute beauté et un framerate à toute épreuve, même lorsque ça chauffe niveau action. D'ailleurs j'ai apprécié que tous les sprites soient en "réelle 3D", avec des formes, là où des jeux (certes plus vieux) nous imposent des sprites 2D "qui nous regardent" (oui, comme Descent, Duke Nukem 3D ou Disruptor). Remarquez, avec son univers en totale liberté, c'est préférable ainsi, et je dirai même, dans l'ordre des choses (surtout lorsqu'on voit le jour après des titres majeurs comme Quake II... Unreal et Half-Life sortiront quelques mois plus tard). Enfin la partie sonore nous propose des bruitages assez dynamiques et futuristes, finalement en accord avec l'univers proposé. Les voix-off sont de qualité, quelque soit la version (même si la décompression de ces dernières semblent créer de petits lags sur N64). Malheureusement on le sait, la musique c'est bien souvent 50% de l'ambiance d'un jeu. Il suffit de jouer à DOOM, Exhumed ou Alien Trilogy pour s'en convaincre. Or Forsaken ne propose pas de musiques... attrayantes. Composées par The Swarm (un duo composé de Dominic Glynn et Stephen Root), le style trempe dans le Drum & Bass et l'Electro bas-de-gamme, ce qui ne colle que moyennement au jeu, et finit par taper sur les nerfs (surtout que les niveaux sont souvent très longs). Au final, le mieux est encore de couper les musiques dans le menu des options, car personnellement, après 2h de jeu, je n'en pouvais plus de cette soupe imbuvable ! Et si la qualité sonore est indéniable sur support CD, la Nintendo 64 dispose naturellement d'une nouvelle bande-son (aux sonorités bien cheap)... au moins aussi minable !



Forsaken Note
est un jeu sympa car son aspect shoot/FPS peut séduire comme fortement déplaire pour son côté "déboussolant". Techniquement impressionnant, il échoue malheureusement à trouver un équilibre dans sa difficulté (pour ça les cheat-codes peuvent sauver votre jeu, sinon vous vous lasserez très vite d'être harcelé en permanence), dans sa redondance exacerbée ou encore dans ses musiques à coucher dehors (et dire qu'avec de bonnes musiques, l'ambiance aurait été clairement 2 crans au dessus). De plus, sur consoles, la jouabilité est mal calibrée et au final le jeu nous impose une prise en mains peu précise, ce qui nuit à l'avancement dans l'aventure tant les ennemis (toujours en surnombre) ont beaucoup trop la bougeotte pour rendre les affrontements punchy et agréables. Heureusement pour lui, les meubles sont sauvés par une bonne dose d'action et une aventure finalement agréable (malgré une mise en scène minimaliste), même si on en revient toujours à se dire que Descent est mieux adapté au(x) support(s). Si bien sûr Forsaken semble un tout petit peu meilleur sur PC (car bien plus jouable et beau), c'est en corrigeant ses défauts (notamment en proposant, sur consoles, une prise en mains mieux adaptée) que le titre aurait sûrement gagné quelques galons de plus.



Les -

  • Niveau labyrinthiques, difficulté trop élevée, ennemis surabondants...
  • Les pseudo-cinématiques de la version N64
  • Epilogue minable, quelque soit la version
  • Jouabilité peu adaptée au pad
  • Musiques vraiment à chier !
  • Mise en scène minimaliste
  • Les +

  • Pas mal d'options (dont configuration complète du pad)
  • Vraiment très beau, quelque soit le support
  • Une ambiance agréable et hypnotique
  • Un petit deathmatch sympa en local
  • Jolie intro sur support CD


  • Test réalisé par iiYama

    mars 2016 (mise à jour du test PSX datant de février 2010)