Dishonored (PC/X360/PS3)

 






   


Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Testé sur :


Sortie du jeu : octobre 2012
Développeur : Arkane Studios
Editeur : Bethesda Softworks
Genre : action / infiltration

Version testée : Française
Version PC : 1.0
Doublage : FR
Textes à l'écran : FR

Support : 1 DVD (X360-PC) / 1 Blu-Ray (PS3)
Espace disque nécessaire : 34Mo (X360) / 5Go (PS3)
Moteur graphique : Unreal Engine 3
Moteur physique : PhysX
Définitions HD max (consoles) : 1080p (X360) - 720p (PS3)
Compatible 3D (consoles) : non

Difficulté :
Compatible Kinect (X360) : non
Compatible Move (PS3) : non
Multi-joueurs : non
Prix au lancement : 50€ (PC) / 70€ (consoles)
Score des ventes : 4.3 Millions (tous supports)


Configuration recommandée (PC) :
CPU : Dual Core 3Ghz
RAM : 4Go
VIDEO : avec 768Mo de VRAM (type GeForce GTX260)

Configuration de test (PC) :
CPU : Intel Core i5-2500 (3.33Ghz)
RAM : 8Go DDR3
VIDEO : GeForce GT 560Ti avec 1024Mo de VRam
OS : Windows 7 (64bits)
Résolution testée : 1680x1050 (16:10)
Niveau de détails :


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Dishonored








Finalement,
L'histoire est intéressante et 3 fins sont accessibles, selon votre façon de jouer...
à part une poignée de fans, qui connait bien le développeur Arkane Studios ? Il faut dire qu’ils n’ont à leur compte que 2 jeux (Arx Fatalis, Dark Messiah of Might & Magic) et ont participé à 2 titres de renom (Bioshock 2, Call of Duty : World at War) mais de façon subreptice. Annoncé il y a à peine plus d’un an (en juillet 2011), Dishonored a tout de suite surpris, envouté, fasciné. Les rares chanceux qui ont eu l’occasion de jouer à des versions previews, en sont toujours sortis les yeux brillants. Ainsi donc pourquoi Dishonored est-il considéré comme l’un des grands jeux de cette fin d’année 2012 (le meilleur ?) et même le plus grand jeu français de l’année ? Car soyons honnêtes, le jeu made in France se perd et à part Rayman Origins sorti il y a un an, il est difficile d’identifier un gros hit bien de chez nous. Dans ce jeu nous incarnons Corvo Attano, le protecteur personnel de l'impératrice Jessamine Kaldwin et de sa fille Emily. Dans cette ville frappée par une terrible épidémie de peste (transportée par les rats), Corvo revient de 2 mois de mission mais avec des nouvelles pas bien bonnes. C’est à ce moment là que notre héros est piégé, figé par un pouvoir qu’il ne peut combattre, qu'Emily est kidnappée et que l’Impératrice est sauvagement assassinée. Corvo passe donc pour le traitre parfait, l’homme à abattre… Une chose est sûre, cette introduction m’a beaucoup fait penser à The Witcher 2. Si le contexte est différent, difficile de ne pas y voir des similitudes. Ensuite ce prologue est selon moi un peu expédié. En moins de 10 minutes l’Impératrice est morte, le plot départ est installé et on prend réellement les commandes de son personnage. A la façon de The Witcher 2, j’aurai apprécié d'avoir un prologue un peu mieux ficelé et surtout, qui pose un peu plus son univers. C’est un petit regret, rien de bien méchant. En contrepartie, comment ne pas féliciter les développeurs pour leur travail ?! En effet, à l’image d’un Half-Life², nous voyons tout des yeux de notre héros désavoué. Même si ça ne vaut pas de bonnes cut-scènes bien mises en scènes et encore moins de superbes vidéos à la Final Fantasy XIII, entre temps la formule est rôdée et fonctionne bien. De plus, si les cinématiques ne sont pas les plus belles que j’ai vu, elles restent tout à fait correctes, notamment pour des modélisations de bonne qualité, surtout au niveau des visages (qui sont pas mal détaillés).


Par contre,
On peut jouer bourrin mais c'est dans l'infiltration que Dishonored est le plus grisant
j’ai trouvé minable qu’on se farcice encore et encore un personnage aphone. Cette mode devient vraiment lassante car c’est simplement minable de voir qu’on parle à ce pauv’ type sans que celui-ci daigne ouvrir la bouche ! En réalité il parle, mais à la façon d’un Dragon Ages Origins et autres RPG de la vieille souche, la réponse est instantanée. Ce que je soulignais comme une bonne facette de Mass Effect, à savoir un gars qui converse lui-même ses réponses, ici Corvo joue les télépathes. Une formule qui a suffisamment fait recette depuis des années, donc aujourd’hui il serait grand temps que les héros sans voix et ce genre de procédé arrièristes n’officient plus. Car le plus étonnant, c’est de voir avec qu’elle force le jeu nous sert un univers cohérent et un personnage plus humain que jamais. Je parlerai même de « crédibilité ». Si par exemple dans RAGE on jouait un gars "no name" sans passif, sans histoire et qui exécute comme un toutou les missions qu'on lui assigne, ici c'est bien différent. D'ailleurs on ne nous lâche pas dans l'univers parallèle de Dishonored sans un minimum de contenu, puisque beaucoup de textes sont à lire et ils permettent de mieux cerner le monde dans lequel on évolue. On commencera donc par le fait que Corvo mange et dort (mine de rien, ça le rend plus humain) et surtout qu'il ne s'allie pas pour rien à des gens qu'il ne connait pas. Ils le sortent de la panade, veulent l'aider à retrouver la fillette kidnappée et à laver son honneur, tout en dénonçant les rouages de ce complot (à noter que la violence engendre des conséquences, parfois directes, parfois pas…). Ce n'est pas rien quand même ! Ainsi on peut aisément comprendre pourquoi il va mener l'enquête et exécuter diverses missions. Malgré sa vue à la première personne, Dishonored n'est pas un FPS. Comme Deus EX : Human Revolution, c'est un jeu d'infiltration et d'aventure, offrant une exploration libre et quelques notions d'RPG. Ainsi on peut parler à tous les PNJs qu'on croise, activer et réaliser (ou pas) des missions secondaires et surtout, on nous laisse le choix de la procédure. En ligne droite et en jouant bourrin, l'aventure se termine en 10 heures environ (ce qui est déjà pas si mal en soi), mais Dishonored trouve sa force lorsqu'on joue finement. En infiltration, et en cherchant à réaliser un maximum de missions, la durée de vie arrive à doubler et l'expérience n'en est que plus gratifiante.


Donc ce n'est
Divers pouvoirs sont accessibles et ouvrent le champs des possiblités
pas un simple FPS et pour cause, même si nous avons des armes à feu, les balles sont rares et étant donné l'époque (factice, étant donné les pouvoirs surnaturels de certains), les pistolets sont mono-coup et à recharger entre chaque tir (heureusement, la plupart du temps c'est du "one shot"). Finalement, les combats se dérouleront surtout au corps à corps, à l'aide d'une épée. 2 actions principales sont possibles : attaque et parade, l'autre main servant au reste (pistolet, arbalète, pouvoirs…). Ainsi chaque main est indépendante, ce qui permet de varier les assauts et n'est pas sans rappeler un certain Bioshock 2. Un gameplay clairement astucieux, varié et plein de ressources. En effet, si nous avons un lieu central, chaque mission se déroule sur une map plus ou moins ouverte où les développeurs laissent libre cours à notre imagination. Rentrer dans le tas et tuer tout le monde, être plus subtil en rendant chaque garde inopérant, ou simplement passer par les toits et éviter tout contact… les possibilités sont multiples, ce qui laisse une grande porte ouverte à la replay-value, et prend à contrecoup cette masse de titres ultra linéaires où chaque partie ressemble à la précédente (Call of quoi déjà ?). Et entre nous, quel plaisir d'avoir entre les mains un gars débrouillard ! J'en parlais tout à l'heure, mais dans RAGE on se foutait quand même un peu de notre gueule, avec ce perso qui se laissait barrer la route par un canapé ou une table… Ici Corvo est plus proche des agiles acrobaties d'Assassin's Creed, que du gars incapable de réaliser les mouvements les plus simples, afin de mieux nous imposer une parcours fléché. Corvo est donc un gars qui se débrouille bien : il saute la plupart des obstacles, monte partout où ça lui est accessible, se déplace silencieusement pour mieux surprendre un ennemi, se cache un peu partout pour éviter les gardes, court un long moment sans s'essouffler (ça nous change de ses Marines en mousse qui s'essoufflent au bout de 5 secondes à peine), bref, c'est plaisant de ne pas avoir un manchot entre les doigts. Si le level-design est absolument remarquable, en "facile" l'IA fait tout de même montre d'une certaine débilité. D'ailleurs, pour ceux qui veulent du challenge, certaines options sont désactivables et le mode hard ne pardonne aucune erreur. Autres points d'un gameplay ciselé qu'on prendra plaisir à retrouver même une fois le jeu fini (ne serait-ce que pour trouver tous les objets cachés et explorer de nouvelles façons d'opérer), Corvo fera très vite la rencontre de l'Outsider (celui que les ecclésiastes considèrent comme le mal personnifié), qui lui conférera divers pouvoirs.


Si le premier
La durée de vie est honorable si on joue dans les régles de l'art. Par contre, il n'y a pas de multi...
pouvoir est "gratuit", plus tard il faudra trouver des runes pour débloquer et upgrader les autres pouvoirs (il y a aussi les "charmes d'os", des sortes de grigri qui confèrent diverses upgrades). Vraiment intéressants, ces power-ups sont de l'ordre de la téléportation, le ralentissement du temps, la possession d'animaux (chien, poisson, rat) et même de personnes au niveau 2 (!), la vision des ténèbres qui permet de voir à travers les murs, etc. Autant dire que chercher les runes a son importance car ces pouvoirs apportent beaucoup à un gameplay déjà fouillé, ouvrant par la même le champ des possibilités : prendre possession d'un rat, c'est le meilleur moyen de traverser une zone incognito (faut juste faire gaffe à ne pas se faire écrabouiller au passage). Finalement je ne regretterai que quelques détails peu importants : le pad vibre "en rythme cardiaque" à l'approche d'une rune (à la longue c'est vraiment chiant) et les annonces publiques passent en boucle, parfois au point de saouler. Autre détail, le jeu est beaucoup trop clair, au point que même si l'infiltration marche bien, on trouve bizarre de ne pas se faire calculer dans toute cette luminosité ! Ok on n'est pas dans Splinter Cell et on peut souffler sur les bougies, mais on ne peut pas casser les lumières (comme les spots) pour se créer des ambiances plus feutrées. Ceci dit, ce ne sont là que des menus détails qui n'entachent pas un gameplay au confluent des genres et qui est sacrément bien étudié (comme regarder à travers une serrure avant d'ouvrir une porte). On vous l'a toujours dit, il ne faut surtout pas confondre "performances graphiques" et "design". Et Dishonored est clairement un cas d'école à ce sujet car d'un côté nous avons un rendu assez banal, sans vraiment de fioritures, et de l'autre un design absolument fabuleux ! Et justement, derrière ce design on retrouve (entre autre) Viktor Antonov, le génial créateur de la fameuse Cité17 d'Half-Life². Et c'est vrai que par moment, on retrouve un peu le design du jeu de VALVe, dans certains véhicules notamment ou encore les tallboys, ces échassiers assez difficile à éviter. Dans tous les cas, l'univers proposé est fascinant, avec parfois des panoramas somptueux qui nous forcent à faire des pauses contemplatives (là ça rappelle Lost Coast). J'ai aussi apprécié des modélisations pas mal détaillées (surtout les visages), qui m'ont légèrement rappelé celles d'Alice 2 (en moins prononcées quand même). A contrario, le moteur graphique Unreal Engine 3 n'est pas en grande forme. Certaines textures sont baveuses à souhait, certains objets sont taillés à la hache et beaucoup de détails font tache.


Je citerai
Les performances techniques sont en dessous des attentes, par contre le design est fabuleux et rattape l'ensemble
par exemple des ennemis évanouis avec parfois les yeux ouverts (!), des bouteilles qu'on nous dit vide alors qu'on voit clairement quelque chose dedans ou mieux encore, cette bibliothèque avec 4 énormes roues, qui bascule sans que ces dernières ne tournent ! Là entre nous, j'ai cru rêver ! Voir ça dans un jeu de 2012, c'est hallucinant et même ridicule ! A noter qu'une fois de plus la version PC s'en sort mieux que celle sur nos vieillissantes consoles, avec des graphismes légèrement plus détaillés et une bonne couche d'anti-aliasing (tout détails à fond, il n'est pas spécialement gourmand non plus, preuve qu'il a été bien optimisé). Dans tout ça n'oublions pas qu'Arkane est un petit studio qui n'a pas la puissance financière d'un Bioware ou d'un Blizzard, ce qui fait qu'on peut comprendre que la réalisation soit en demi-teinte, non ? Il n'empêche que j'ai vraiment apprécié la direction artistique, ainsi que certains détails comme des corps souvent persistants, quelques démembrements et la fascination qu'on finit par avoir pour les rats, les geignards (sorte de zombie) ou les baleines, tous 3 tenant une place particulière dans cet univers travaillé. Enfin la partie sonore profite des compositions de Daniel Licht (connu pour son travail sur Silent Hill : Downpour ou sur la série Dexter), des morceaux souvent discrets mais qui collent parfaitement à l'ambiance. Les bruitages sont véloces et de grande qualité, quant au doublage, aux Etats-Unis ils ont profités d'un joli parterre de stars : Susan Sarandon (Dead Man Walking), Brad Dourif (Dr Gediman d'Alien 4), Chloë Grace Moretz (la fille dans le rigolo Kick Ass), Carrie Fisher (Princesse Leïa des premiers Star Wars) ou encore Lena Headey (la reine Gorgo dans 300). Chez nous, nous avons aussi eu du lourd avec entre autre les voix de Bernard Gabay (le doubleur de Gary Sinise), Michel Leroyer (le doubleur de Christopher Lee), Jean-Pierre Moulin (le doubleur de Jack Nicholson), Marc Alfos (qu'on entend assez souvent depuis Far Cry), Virginie Méry (la voix d'Elena Fisher dans les Uncharted) ou encore Guillaume Orsat (la voix de Cole MacGrath dans les inFamous). Alors certes, ce sont des voix qu'on entend relativement souvent (d'où ce petit sentiment de déjà-vu) mais je préfère, et de loin, avoir des voix qu'on connait bien (même un peu trop) plutôt qu'un doublage tout pourri sous prétexte qu'il fallait des voix originales. Quant à la synchro labiale, elle est en dent de scie. Tantôt on sera surpris de voir que tout est parfait, et à la scène suivante le décalage est tel, que c'en est même ridicule. Je n'ai pas compris pourquoi ça oscille autant à ce sujet-là…



Dishonored Note
est un excellent jeu, sans doute le plus marquant de cette fin d'année. Car au milieu des jeux "formatés" et des énièmes suites d'Assassin's Creed, Call of Duty, Need for Speed, Fifa et autres, le petit développeur lyonnais d'Arkane Studios créé la surprise en nous livrant un titre original, une nouvelle licence (ce qui est rare en fin de cycle d'une génération) forte d'un gameplay huilé et d'un univers accrocheur. Certes la technique n'est pas top niveau et le scénario est assez convenu (j'ai tout de même bien aimé la vision quelque peu critiquée de la religion et de ses déformations malsaines), mais il serait injuste de cracher sur l'ouverture et la complémentarité de son gameplay (qui alterne avec brio infiltration, combats, phase de plate-formes et notions d'RPG), sur un design de folie et sur un univers cohérent, avec un héros largement plus débrouillard que la moyenne. C'est vrai, pris bout à bout la formule n'est pas neuve, c'est presque un patchwork de toutes les bonnes idées trouvées ça et là sur les jeux actuels, mais bon sang, c'est incroyable ce que ça fonctionne bien ! Dishonored est donc un excellent jeu à la replay-value énorme, un jeu qui nous laisse entreprendre l'aventure à notre manière et ce, sans sacrifier l'histoire. Si finalement j'en attendais pas grand-chose (je l'ai testé avant tout par curiosité), je peux affirmer aujourd'hui que c'est l'un des must-haves de cette fin d'année, et en plus un gros hit bien de chez nous. Bon sang les gars, je suis fier de vous !



Les -

  • Des performances graphiques en dessous des standards
  • Un personnage aphone... encore, encore et encore :(
  • Choix de dialogues rares et télépathiques
  • Les +

  • Un personnage crédible : il mange, dort, saute les obstacles...
  • Map ouverte, plusieurs façons de faire... on est libre !
  • Un design et un univers cohérent, détaillé, fascinant
  • Des modélisations qui ont de la gueule
  • Des pouvoirs vraiment originaux
  • Un gameplay riche et astucieux
  • Une excellente partie sonore
  • Replay-value énorme


  • Vidéo-test



    Test réalisé par iiYama

    novembre 2012