Brütal Legend (X360/PS3)

 






 


Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Testé sur :


Sortie du jeu : octobre 2009
Développeur : Double Fine Productions
Editeur : Electronic Arts
Genre : beat-them-all / stratégie

Version testée : Française
Voix dans le jeu : FR ou US (au choix)
Textes à l'écran : FR

Support : 1 DVD (X360) / 1 Blu-Ray (PS3)
Espace disque nécessaire : 4Mo (X360) / 1,3Go (PS3)
Définitions HD max : 1080p (X360) - 720p (PS3)

Difficulté :
Compatible Kinect (X360) : non
Compatible Move (PS3) : non
Compatible 3D : non

Multi-joueurs : 8 joueurs online
Prix au lancement : 70€
Score des ventes : 1.9 Millions (tous supports)



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Brütal Legend








Brütal Legend
En plus de Jack Black dans le rôle star, quelques pointures du rock prêtent leur visage et leur voix, comme ici Ozzy Osbourne
est l'exemple type de jeux qu'on achète parce qu'on sait pertinemment qu'ils sont bons, et que finalement on a du mal à s'y mettre. Pourquoi ? Je l'avoue, j'en sais rien et moi-même, ça fait bien 2 ans que ce jeu prend la poussière sur mon étagère, sans même que j'y touche. Etrange, je sais... Alors Brütal Legend (dont le tréma sur le "u" est uniquement là pour faire suer les rédacteurs :) c'est quoi exactement ? Et bien c'est le dernier jeu en date de Tim Schafer, le patron un peu excentrique du studio Double Fine. En effet, après plus de 10 ans à bosser pour LucasArts et à produire parmi les plus emblématiques titres de la marque (The Secret of Monkey Island, Day of the Tentacle…), il a créé son propre studio en 2000 et n'a sorti que 5 ans plus tard son premier jeu : le très apprécié Psychonauts. Et ce n'est qu'encore 4 ans plus tard que l'homme refait surface avec Brütal Legend, un jeu encore une fois original. Si on revoit Double Fine en 2010 avec le sympathique Costume Quest, je me demande comment un studio peut tenir autant d'années sans rien sortir. Les employés sont payés, le loyer est à régler… en plus les jeux de Schafer ont beau être apprécié par la critique et les joueurs, ils sont loin d'être des "millions seller". Mais bon, contentons-nous du soft du jour si vous le voulez bien. Avant de commencer, il faut savoir que Brütal Legend n'a failli jamais voir le jour. En effet, à l'origine c'était Activision qui devait éditer le jeu, mais suite à la fusion avec Blizzard, sa sortie fut compromise. Bobby Kotick nous a encore fait preuve de sa grande générosité en étalant un beau parterre d'avocats prêts à tout pour gagner, mais fort heureusement Activision a perdu son procès et Double Fine est finalement parti chez son principal concurrent : Electronic Arts. Et on ne précisera pas qu'au passage Schafer a traité Kotick de "con" et "d'enculé", ce qui entre nous, n'était pas volé :). Trêve de "jurisme", Brütal Legend met en avant un acteur bien connu : le sympathique Jack Black (à dire dans cet ordre sans quoi, Black Jack ça donne tout de suite un aspect plus "casino" au personnage). On pourrait croire qu'il y a des parents cruels (comme ceux d'American McGee) mais non, puisque son vrai nom est Thomas Jacob Black Jr… du coup c'est plutôt le fils qui a de l'humour. Jack Black prête donc ses traits et sa voix à Eddie Riggs, le roadie d'un groupe de rock. Si comme moi vous aimez le rock, bien graisseux et tapageur, en toute humilité il a fallu que je découvre ce jeu pour savoir ce qu'était un roadie, à savoir un régisseur et un directeur technique sur les tournées.



Alors qu'il
Le background issu du rock est superbement exploité et les clins d'oeil (comme ici au groupe Kiss) sont très nombreux
supervise le concert de son groupe (les Kabbage Boy, un groupe de kévins grateux qui le désespère), Eddie est tué dans l'effondrement du décor, et il se retrouve projeté dans un monde parallèle. Pas le Paradis ça c'est sûr, pas l'Enfer non plus, mais un monde où le rock a été une manne pour beaucoup, une sorte de vent spirituel et qui bizarrement, s'est tari avec le temps. Heureusement il y a quelques restes, comme ces monuments tout à fait explicites, ou encore quelques spécialistes de la discipline. Malheureusement le rock n'est plus ce qu'il était, et l'univers dans lequel il met les pieds, autrefois gouverné par les Titans (du rock ça va de soi), ne demande qu'à renaitre de ses cendres… Pour le reste, je vous laisse le plaisir de découvrir un scénario un peu bidon qui enquille les clichés : sauver les filles en détresse, libérer les esclaves, délivrer l'amour de sa vie… le fond n'est pas vraiment palpitant. D'ailleurs la mise en scène n'est pas terrible, avec beaucoup de bugs, de déplacements intempestifs et même d'animations pas super travaillées. Mais ce qui sauve l'ensemble, c'est des expressions faciales plutôt bien faites, l'humour et les clins d'œil. Un humour cher à Tim Schafer et qui fait encore une fois mouche. Certes un peu potache, un peu balourd par moment, il n'empêche que l'ensemble fonctionne à merveille et sans dire que vous allez esclaffer de rire, au minimum vous sourirez de bon cœur. Quant aux clins d'œil, ils inondent le jeu ! Commençons par le fait que le gardien du métal ne soit personne d'autre que Ozzy Osbourne ou encore que le guérisseur ne soit autre que Lemmy Kilmister (Motörhead), et vous comprendrez qu'on baigne jusqu'à la pomme d'Adam dans le rock, le vrai. Dans le casting (notamment vocal) on retrouve aussi de gros monstres, peut être un peu moins connus mais aussi bons, tels que Rob Halford ou Lita Ford. Et la première force de Brütal Legend est là : on ne nous parle pas de rock sans mettre les 2 pieds dans le plat. Car bien des jeux sont comme ça, ils n'exploitent pas leur potentiel, leur background mais ici c'est tout le contraire, on mange du heavy metal à toutes les sauces et bon sang ce que ça fait du bien !


A l'heure où
Les invocations, faites à la guitare, rappellent facilement Guitar Hero ou Rock Band
David Guetta est la nouvelle star internationale, à l'heure où on mange de l'Electro comme si c'était une mode (alors que depuis les années 90, ça n'a pas cessé d'exister, disons qu'il y a eu des vagues avec d'abord la Dance, puis la Dream, la Techno, l'Underground, etc…) il est très savoureux de revenir à de la "vraie musique". Car même si moi, à mes heures perdues, je suis compositeur Electro, j'estime que rien ne remplacera de vrais instruments avec de vrais musiciens. Avant de parler du gameplay, j'aimerai évoquer l'originalité du menu. C'est Jack Black lui-même, lors d'une courte intro filmée, qui nous présente sa pochette vinyle préférée et ce qui sera en réalité, le menu du jeu. Au rang des bonus on a quelques croquis à débloquer mais rien de bien transcendant. Les options sont assez classiques et permettent d'activer (ou pas) les gros mots, ainsi que la violence visuelle. Il faut dire que le jeu est particulièrement vulgaire et que les démembrements ne sont pas rares. L'autre option vise directement les intégristes de la VO, et permet d'activer les voix en anglais, auquel cas Riggs est doublé par son propre homologue. Moi je préfère avant tout jouer en français mais je sais que certains apprécieront le geste. Le gameplay de Brütal Legend tourne autour d'un beat-them-all/jeu de stratégie, à monde ouvert (open world). Comme quoi, ça n'est pas réservé aux RPGs et aux TPS, d'ailleurs le scénario y est correctement appliqué, comme quoi open world et trame scénaristique peuvent coexister. Bien sûr pour s'y retrouver nous avons une carte et la map est assez grande. Elle recèle bon nombre de missions primaires (qui font avancer l'histoire) et de missions secondaires. En se contentant des missions principales, la durée de vie est correcte, avec un compteur qui atteint les 7 à 8 heures. Les missions secondaires veillent évidemment à rallonger l'expérience, même si la plupart sont un peu chiantes à faire, en plus de ne proposer qu'une poignée de challenges qui tournent en rond. Le monde étant vaste, très vite nous aurons entre les mains la "destroy-mobile" (Deuce pour les intimes), une voiture au look agressif dont la jouabilité est purement et simplement catastrophique ! Totalement injouable, il faut en plus se contenter d'un vague signal lumineux pour nous indiquer le chemin. Résultat, on ouvre la carte un paquet de fois pour s'y retrouver et atteindre le point de mission, alors qu'un pseudo-GPS à la Red Faction Guerrilla ou même une mini-carte dans un coin de l'écran, aurait été infiniment plus pratique.


En plus de ça,
Brütal Legend alterne habilement stratégie et beat-them-all
en voiture comme à pied, la caméra est assez capricieuse et se place souvent sous un angle disgracieux. Comme la caisse est au centre de quelques phases assez rigolotes (même si la jouabilité est désastreuse, elle n'est pas pénalisante pour autant), il est naturel de pouvoir l'upgrader. Ainsi il existe des garages de customisation, celles là même où Ozzy Osbourne sera de bon conseil. Grâce à des points engrangés (les tribus de feu), obtenus en réalisant diverses missions (notamment secondaires, dont c'est le principal but) on pourra lui changer la peinture mais aussi doper ses propres armes (en ajoutant un pouvoir de feu ou en dopant ses capacités contondantes) et "acheter" de nouvelles techniques. Car une fois les ballades terminées, Eddie est généralement à pattes et pour se défendre il possède 2 armes : Clémentine, une guitare électrique, ainsi qu'une grosse hache à double tranchant. Bon la hache, c'est pour jouer bourrin, on rentre dans le tas et ça marche. La gratte est déjà plus subtile puisqu'elle permet d'attaquer à distance (jet d'éclairs) et surtout, de faire des invocations. A signaler avant de continuer que la liste des combos est assez maigres et que les pouvoirs sont finalement limités. Par exemple la vague d'énergie est bien jolie, mais elle ne sert que peu. Idem pour la protection, qui ne sert presque à rien puisque dans cette position, certains ennemis nous en mettent quand même plein la tronche et la santé ne remonte pas pour autant. Les invocations par contre, sont assez sympas. S'il est un peu inutile de nous forcer la main pour "invoquer" la Deuce à chaque fois qu'on en a besoin (c'est-à-dire souvent !), après il existe des compositions pour motiver ses troupes, leur redonner de la niaque, d'autres pour libérer un monument prisonnier de ses chaines, ou encore pour révéler des reliques (qui permettent, entre autre, d'en apprendre plus sur le passif du monde où on est tombé). Les invocations faites à la guitare sont assez marrantes car elles s'apparentent à une courte séquence de Guitar Hero/Rock Band, un peu comme une longue QTE : il suffit d'appuyer en rythme sur une séquence de touches, et le tour est joué ! Après, la plupart du temps ça reste du beat-them-all classique et peu fin, avec la petite particularité qu'on a souvent des troupes à nos côtés. Ainsi à la façon de l'excellent Overlord, on peut envoyer ses "larbins" à l'attaque, leur intimer de rester à côté ou encore de garder et protéger une position.


Dans tout ça
La jouabilité des véhicules est tout simplement désastreuse :(
vous vous doutez bien qu'il y a quelques combats plus épiques comme ceux contre les boss, mais aussi (et cette fois plus original) des combats d'arène. Lors de ces bastons générales, Brütal Legend devient un véritable jeu de stratégie (un STR) où on doit gérer ses troupes, en "commander" de nouvelles, protéger son fief (un stand de concert) ainsi que ses ressources (les puits de fans). La stratégie est minimaliste mais reste sympa et originale, puisqu'en plus on ne se cantonne pas à donner des ordres, on va aussi au front. Ce que je regrette, c'est que cet aspect STR prend un peu trop le pas sur la fin du jeu, avec en plus des combats qui s'éternisent. Comprenez bien que Brütal Legend n'est pas qu'un beat-them-all et la stratégie est obligatoire pour faire avancer l'histoire. Alors certes cette alternance est originale mais elle finit aussi par peser. Après s'il est vrai que le gameplay ne brille pas de mille feux, que les combos sont trop peu nombreux, que les véhicules (la destroy-mobile, le chopper ou n'importe quel allié dont on prend les commandes) sont injouables et la difficulté vraiment au raz des pâquerettes, il n'empêche que Brütal Legend se montre efficace, étonnamment varié et que le fond se montre finalement plus étoffé qu'on le croit. Par contre au niveau de la réalisation, il est clair que nos consoles ont vu bien mieux. Le titre arbore un design cartoon qui le rend immédiatement "léger" au niveau de son ambiance. Il faut dire que son humour va également en ce sens. Et en effet, les proportions ne sont pas du tout respectées, Brütal Legend faisant plus dans la caricature façon dessin-animé que dans le réalisme (on notera quand même que les filles sont restées jolies :). D'ailleurs les animations sont loin d'être fluides : elles sont hachées, un peu limitées et un peu raides par moment, ce qui ajoute à ce design décalé et conforte l'aspect cartoon. On appréciera tout de même une sympathique gestion des cheveux (sauf sur Lionwhyte où là ça part en sucette) ainsi qu'une gestion jour/nuit en temps réel pour l'overworld. Mais il n'y a rien d'exceptionnel dans ce jeu-là et même pire, ça saccade très souvent, voire même ça ralentie, surtout lors des phases stratégiques où beaucoup de personnages sont à l'écran.


Niveau doublage,
La réalisation ne brille pas forcément mais la bande-son est jubilatoire
chez nous Eddie Riggs profite naturellement de son doubleur officiel (à savoir Christophe Lemoine) et question travail voxographique on retrouve quelques pointures comme Laura Blanc (doubleuse officielle de Jennifer Garner ou Kate Beckinsale), Gérard Surugue (plutôt connu dans le métier notamment pour la télévision, le cinéma et quelques doublage de jeux vidéos… d'ailleurs il fait très bien Ozzy Osbourne), Philippe Catoire (qui bosse, lui aussi, beaucoup pour la télé et le ciné, niveau jeu il a fait récemment la voix du maire Clayton dans RAGE ou l'Homme Trouble dans Mass Effect 2) ou encore Marc Alfos qu'on ne présente plus et qui a fait entre autre David Sarif dans Deus EX : Human Revolution. Malgré tout ce beau monde, le doublage français n'est pas top qualité. La synchro fait du yoyo (un coup c'est calé, le coup suivant ça ne l'est plus…) et puis le ton n'y est pas toujours. Alors certes, la direction humoristique du titre fait que ça passe mieux, mais il n'empêche que je n'ai pas été emballé par le doublage. Par contre, la bande-son est juste monstrueuse !! Si j'ai longtemps été converti aux bienfaits de l'Electro, mon enfance et mon adolescence (et aujourd'hui que j'ai plus de maturité) ont été bercées par le bon gros rock : Iron Maiden, Metallica, Scorpions, Black Sabbath, Manowar, Jimi Hendrix, Kiss, Motörhead, Santana, Def Leppard et j'en passe ! Et justement, la plupart de ces dieux du rock sont présents (pas tous malheureusement) pour nous offrir des sonorités absolument fabuleuses ! Se balader dans la Deuce à la recherche de reliques, avec en fond un bon gros morceau de Black Sabbath, ça donne un cachet nerveux et unique à l'aventure ! Et justement, Brütal Legend ne serait peut-être pas aussi bon sans tout son background rock. On nous parle de concerts, de riffs, de bassiste guérisseur, de Titans du rock, de gardien du métal… il est clair que si vous êtes allergique à la guitare électrique, fuyez ! Si par contre revenir à ce son qui n'est jamais passé de mode et vous force à secouer la tête comme si vous aviez les cheveux longs et sales lors d'un concert de Woodstock… alors ce jeu va vous donner des frissons de plaisir ! Sa force est donc là, sa bande-son et son univers contribuent grandement au plaisir de jouer.



Brütal Legend Note
est un très sympathique beat-them-all en monde ouvert avec des phases de stratégie rudimentaire, un jeu original et assez varié, bien que bugué et un peu court en ligne droite (en s'affairant aux missions secondaires, la durée de vie est naturellement plus longue). Alors s'il est clair qu'il n'excelle sur aucun plan (hormis la musique, bien entendu), en restant par conséquent bien loin des standards de son époque comme Ninja Gaiden II ou Bayonetta, il n'empêche qu'il est facile de s'y éclater et on se laisse porter par son univers attrayant et "metalleux", qui nous font oublier ses menus défauts. Au final il ne reste que l'humour, le rock et le plaisir.



Les -

  • Phases stratégiques gonflantes
    sur la fin
  • Scénario un peu bidon
  • Véhicules injouables !
  • Réalisation sans plus
  • Caméra capricieuse
  • Les +

  • Background rock superbement exploité
  • Bande son heavy metal de folie !!
  • Les missions secondaires dopent
    la durée de vie
  • Les améliorations
  • L'humour


  • Test réalisé par iiYama

    juillet 2012