Metal Gear 2 (MSX2)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : juillet 1990
Développeur : Konami
Editeur : Konami
Genre : action - infiltration

Support : cartouche de 4Mb
Version testée : jeu complet FR (origine JAP)
Voix dans le jeu : -
Textes à l'écran : FR (origine JAP)

Difficulté :
Multi-joueurs : non
Abréviation : MG2
Titre alternatif : Metaru Gia Tsū Soriddo Sunēku


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Metal Gear 2

Solid Snake



Deuxième et dernière version MSX2 de Metal Gear, cet épisode fut testé dans les mêmes bonnes conditions que son prédécesseur : grâce au disque MGS3 Persistence, le DVD bonus de Metal Gear Solid 3 : Susistence. Une nouvelle fois j'y est trouvé un jeu traduit (alors qu'à la base il n'est qu'en Japonais) avec l'agréable jouabilité au pad (je rappelle que le MSX2 est un hybride micro/console n'ayant pas forcément l'équipement ludique adéquat). Et pour la 2e fois, je viens de finir à l'instant un jeu sans commune mesure. J'ai eu beau retourner jusqu'aux fondations de la série, pour l'instant pas un seul épisode ne m'aura déçu. Hideo Kojima est bel et bien passé maître dans l'art de nous faire des jeux d'anthologie, même si ce n'était pas gagné d'avance avec le MSX2, humble machine 8-bits aux capacités limitées. Et pourtant, j'ai déjà eu peine à croire ce que j'ai vécu dans le premier épisode, et cette fois, malgré un début laborieux, on peut le dire : c'est encore plus fort ! Le son, l'image, le scénario, le gameplay... tout a été amélioré pour notre plus grand plaisir et cet article signe le dernier test que je ferai sur cette machine. J'avoue être parti sur un mauvais à priori, en me disant qu'il serait difficile pour moi d'apprécier ce jeu à sa juste valeur. Et pourtant, je l'avoue, 18 ans après sa sortie (à l'heure de ce test) je me suis éclaté à finir cet énorme pavé de la saga. Récit d'un monument 2D comme j'en avais encore jamais fini...


Développement scénaristique

Il est étonnant
Cette suite dispose du meilleur scénario qu'un jeu 8-bits puisse proposer
de voir à quel point le scénario se révèle complexe, pour un jeu aussi... disons "vieux" pour faire simple. Une nouvelle fois on aura pas mal de dialogues via le Codec (la radio), un Codec qui nous offre cette fois le visage de notre interlocuteur, comme le fera le futur Metal Gear Solid, quelques 8 ans plus tard. On peut même demander de l'aide (par radio) à Campbell (dont c'est la première apparition) ou à un autre agent pour qu'il nous file un renseignement qui nous mettra sur la piste de l'énigme. Snake n'est plus un "rookie" mais un agent chevronné et au passage, il perd ses yeux bleus pour d'autres plus noirs. C'est sans doute mieux comme ça, ça surprend moins avec le brun de ses cheveux. D'ailleurs Snake est un dragueur depuis toujours, puisqu'il n'en ratera pas une pour faire des compliments aux jolies filles. Enfin le jeu se pare d'une véritable intro. On a droit à un prologue puis une scène qui nous détaille le nouveau Metal Gear. Certes la fin est plus vite expédiée mais la construction scénaristique tient admirablement la route. Et déjà le scénario s'appuie sur l'accent dramatique de certains passages (musiques mélancoliques à l'appui) pour nous faire vivre autre chose qu'un simple jeu de guerre. Les personnages ont leurs caractères, leurs étiques et sans dire que ça arrive à nous bouleverser comme dans les épisodes en 3D, on se sent déjà largement concerné, impliqué dans l'histoire, et ça c'était très rare à l'époque. En somme, Metal Gear 2 propose sans réfléchir le meilleur scénario qu'un modeste support 8-bits puisse proposer. Je suis bluffé !


Jouabilité & Gameplay

Sans se reposer
Le gameplay s'est grandement enrichi mais il subsiste encore des facettes qui aurait pu être améliorées
sur le gameplay déjà fort efficace du premier opus, l'équipe de Kojima a repensé bon nombre de facettes du jeu. Mais il faut savoir être patient pour apprécier cette séquelle. En effet, les débuts sont vraiment laborieux. On se fait repérer toutes les 20 secondes, on meurt tout le temps, on trouve ça hyper difficile et du coup on se lasse. Ça c'est vrai pour le tout début de l'aventure ! J'ai moi-même failli lâcher prise tellement j'étais crispé, tellement ça me gonflait ! En fait, le tout début est vraiment coriace car on n'a rien sur soi, tout juste on trouve une arme en chemin... bruyante en plus (au moindre coup de feu, c'est l'alerte). Mais dés lors qu'on trouve le silencieux pour notre flingue, ça va tout de suite mieux. Et ce précieux item, on le trouve dans la première demi-heure. L'autre point délicat du titre, c'est que cette fois on a à faire à un véritable labyrinthe. Les allers-retours sont incessants, on cherche très souvent quoi faire dans cet immense dédale et certaines énigmes, au demeurant simples, sont parfois tordues au point qu'on essaie la bonne solution qu'en dernier recours, après avoir passé 2 heures à se creuser les méninges pour rien. Par exemple le "coup de la chouette" est un peu tiré par les cheveux ou encore la fréquence radio de Madnar (qu'on doit trouver soi-même avec un code morse et qui est aléatoire) est un peu rédhibitoire. Autant le dire tout de suite, si le jeu n'est pas difficile en soi, trouver son chemin sera la seule difficulté, faisant de cet épisode le plus ardu de toute la saga. Et puisqu'on est à faire la liste de ces petits trucs qui agacent, on peut citer des ennemis qui ont des réactions très inégales. Tantôt on se fera repérer à peine arrivé dans le tableau (pas le temps de souffler quoi), tantôt on aura à faire à de vrais débiles profonds qui nous passeront à côté sans nous voir. Car fini la vision en croix du précédent opus, cette fois les ennemis voit (à peu près) normalement, à condition qu'ils soient dans l'axe. Mais comme je le disais, c'est au petit bonheur la chance et ça dépendra beaucoup du niveau. En plus, chaque repérage créé une micro-coupure (l'image se fige et se met en "mode alerte", donc on est déjà repéré) ce qui peut être pénible si ça se répète souvent, le temps d'une évasion. Pour clore cette aparté, on passe donc son temps à se faire repérer ce qui rend le jeu assez stressant, surtout au début où l'arsenal est limité. Et encore une fois, avec ses 30 items et ses 6 armes, on passe son temps à jongler entre eux. Le plus chiant étant (encore !) que les portes n'ont aucun signe distinctif ce qui fait qu'on essaiera 20 fois le même passage jusqu'à ce qu'on ait la bonne carte. Un simple numéro sur la porte aurait tellement allégé la recherche mais non... Et comme toujours, une carte de niveau supérieur n'ouvre pas celles de niveaux inférieur (une aberration donc).


Mais loin
Cet épisode est plus long et surtout plus difficile que le premier
de moi l'idée de descendre en flammes ce Metal Gear 2, je ne fais que souligner les lourdeurs, les petits tracas causés par un gameplan tortueux car il est, et restera un grand titre. La suite de ma plaidoirie s'évertuera à vous faire voir la plupart de ses bonnes facettes. Les tirs ont toujours une portée trop limitée pour être réalistes ce qui contraste avec le fait plus cohérent, que les objets ne réapparaissent plus d'une pièce à l'autre (il faut sortir du niveau et y revenir). La zone de contact est cette fois complète : qu'on touche la tête, le ventre ou les pieds, l'ennemi reçoit la balle. Une bonne chose. L'inventaire se réorganise au fur et à mesure qu'on accumule les items. Les rations se groupent ensemble, idem pour les clés. D'ailleurs, Kojima a eu l'excellente idée de créer des cartes spéciales, qui en regroupent 3 : la rouge fait office de carte 1 à 3, la bleue fonctionne comme les cartes 4 à 6 et la marron, groupe les cartes 7 à 9. Ainsi sur la fin du jeu, on a 3 cartes au lieu de 9. Snake, comme dans le premier opus, verra ses capacités évoluer au fil de l'aventure (à chaque boss vaincu en fait). Il pourra porter plus de rations, plus de munitions et sa barre de vie augmentera du simple au triple. Véritable nouveauté, le niveau d'alerte est sur 3 niveaux (comme dans tous les Metal Gear suivants) car vos ennemis ne sont plus sourds (en plus de n'être plus qu'à demi-aveugles) et entendent vos pas selon le revêtement. Une belle nouveauté. Et puisqu'on parle de nouveauté, les interactions sont désormais plus nombreuses même si la mise en scène est un peu bâclée. Ainsi Snake mettra une grosse droite pour appeler un ascenseur et demander un étage. Même si ça manque de finesse, ça reste plus poussé que dans le premier Metal Gear. Le radar, prémices du futur Soliton, fait ici son apparition. Il permet d'afficher sur une succincte carte, les 8 autres écrans qui nous entourent (la mini-map faisant 3x3 écrans), votre position ainsi que celle de tout objet/personne en mouvement. On prendra d'ailleurs très vite l'habitude de s'en servir pour éviter de se faire repérer. Et si on se fait repérer, on n'est pas obligé de fuir, on pourra aussi se servir du camouflage mimétique. Original à souhait, on pose une sorte de couverture au sol qui calquera le revêtement. On se cache dessous et ainsi les ennemis ne nous voient plus. C'est génial comme idée et c'est sans doute ce gadget-là qui a donné l'idée à Kojima de créer la fameuse combinaison de Snake dans Metal Gear Solid 4. Enfin, la dernière trouvaille en matière de gameplay, c'est que Snake sait enfin ramper. Ainsi on peut se cacher sous les tables, sous les escaliers, ramper dans les interstices des murs afin de trouver son chemin et parfois même des items cachés. Tout ça pour dire que l'équipe de développement a poussé le concept à son rendement maximum et il aurait été difficile de faire un jeu plus riche et attrayant...


L'image

Je ne l'ai
La richesse et la compléxité des décors font de Metal Gear 2 l'un des plus beaux jeux 8-bits
pas mentionné lors du test du premier opus, mais si le jeu est en 2D, le scrolling lui, est séquentiel. En gros ça veut dire que l'image défile écran par écran. Ça a son importance pour ce jeu car tant qu'on est dans un écran, les ennemis dans un autre écran ne peuvent pas nous voir. D'accord ce n'est pas très réaliste mais faut bien faire un jeu non ? Dans tous les cas, sur MSX2 il est difficile de trouver plus beau que Metal Gear 2 ! Etant donné la puissance du support, on se retrouve pourtant avec un jeu mieux fignolé. Les ennemis (et surtout Snake) sont mieux animés (les mercenaires nous cherchent en pivotant la tête) et les couleurs sont mieux employées. On retrouve en plus quelques effets assez sympathiques, une carte bien plus grande, un jeu plus détaillé et plus long (au moins 8 à 9 heures pour le finir une première fois). Evidemment toute cette surenchère a eu un prix, celle d'utiliser les très rares cartouches de 512Ko (rare sur 8-bits). Le clou du spectacle restant le Metal Gear lui-même, qui impose une taille énorme même s'il est animé à la truelle. Le sprite prend la moitié de l'écran et est en mouvement, le précédent étant fixe. Une nouvelle prouesse graphique dont Kojima et son équipe a su si bien nous accoutumer, même à l'époque. Metal Gear 2 est sans doute l'un des plus beaux et des plus riches jeux 8-bits auquel j'ai joué.


Le son

Autre point
Les nouvelles musiques sont géniales !
fort du jeu : la bande-son fut composée par différents membres de la « Konami Kukeiha Club », notamment par Masahiro Ikariko (alias Ika-Chan). 37 pistes, pas toujours mélodieuses mais toujours dans le ton. Lorsqu'on passe dans les conduits d'aérations on a un joli fondu, la musique d'intro est vraiment superbe et nous livre le premier thème d'une bande-son recherchée. La plupart des pistes, tantôt angoissantes, tamisant à merveille l'ambiance infiltration du jeu, nous proposent aussi quelques mélodies bien carrées comme je les aime. La variété est en plus de mise (ce n'est pas un luxe) et même si on retrouve souvent les mêmes musiques à cause des va-et-vient qu'impose l'aventure, elles si sont si bien composées et varient tellement souvent, qu'on ne se lassera jamais. C'est sans doute l'une des grandes différences avec son prédécesseur. Après c'est sûr, difficile d'en demander plus aux bruitages ou d'exiger des voix digits sur une machine si archaïque. Ceci dit, la partie son m'aura vraiment étonné et ce, dans le bon sens du terme.


Note générale

La persévérance sera payante dans ce Metal Gear 2. En effet il ne faut pas se laisser abattre par un début d'aventure lourd-dingue où on passe son temps à se faire courser par des mercenaires un peu trop prompt à nous repérer. Après cette délicate et ô combien stressante phase, le jeu prendra alors sa vitesse de croisière, dans une aventure qu'on dégustera de bout en bout. Il est vrai que certaines énigmes sont capilotractées, que le gameplan est un peu tordu et qu'il nous oblige à faire d'incessants allers-retours ou encore qu'on trouvera encore fois bien pénible de devoir jongler sans cesse avec les items de l'inventaire (notamment à cause de portes toutes semblables). Mais il est aussi difficile de bouder son bonheur. Certes dés qu'on est repéré c'est la panique mais il y aura toujours une solution efficace au problème (comme la fuite !). Si ce classique joue déjà la redite (comme le combat contre le Hind D), on trouvera aussi quelques phases originales comme la filature d'un béret vert. Une facette de la saga qu'on croyait découvrir avec Metal Gear Solid 4 et qui finalement provient d'un épisode plus vieux de 18 ans. Il est d'ailleurs étonnant de voir que la plupart des phases de jeu ou même des grandes trouvailles des opus suivants, ont finalement été inspiré de cet épisode-là. Comme quoi je n'ai pas perdu mon temps à jouer à ces 2 perles du jeu vidéo que sont les deux premiers Metal Gear : ils ont posés les bases d'une histoire au final très complexe (trop selon certains) et les fondations d'un gameplay toujours plus riche. Avec sa réalisation du tonnerre, qui propose des graphismes léchés, et sa bande-son hyper mélodieuse et toujours dans le ton d'une action parfaitement menée, Konami et Hideo Kojima nous prouvent qu'à l'heure des consoles 16-bits (la Mega Drive avait déjà un an !), un vieux système peut encore étonner. Ayant parcouru avec un très grand plaisir tous les épisodes principaux de la saga Metal Gear, je vais enfin pouvoir fermer le grand conte de Solid Snake en rédigeant le test de Metal Gear Solid 4. Mais avant d'en arriver là, je vous conseille de goûter à ce joyau de l'infiltration/action 2D, pas seulement pour son nom évocateur mais aussi pour vivre pleinement ce fantastique préface aux Metal Gear Solid. Malgré quelques errances de conception et quelques lourdeurs de gameplay, Metal Gear 2 : Solid Snake reste un très grand jeu, sans réfléchir le plus grand de sa génération et de la MSX2.



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Test réalisé par iiYama

septembre 2008