Metal Gear (MSX2) -- TEST sur GRAVITORBOX

 


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Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Testé sur :

 


Aussi disponible sur :

   

 

   


Sorties du jeu : juillet 1987 au Japon - septembre 1987 en Europe
Développeur : Konami
Editeur : Konami
Genre : action - infiltration

Support (selon la version) : cartouche ou disquette de 128 Ko
Version testée : jeu d'origine Euro et version Subsistence inclus dans MGS3
Voix dans le jeu : -
Textes à l'écran : anglais d'origine (traduit en français dans la version Subsistence)

Difficulté :
Multi-joueurs : non
Abréviation : MG
Titre alternatif : Metaru Gia (JAP)


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Metal Gear








Seule une poignée d'irréductibles fans ou les plus vieux d'entre nous se souviennent encore du MSX2, qui était un hybride micro-ordinateur/console 8-bits (à base de Zilog Z80) assez grand public, qui a surtout sévit au Japon et en Europe. Le MSX2 a succédé au premier en apportant quelques modifications dont un Basic passant de 1.0 à 2.0, plus de RAM (passant de 8 à 64 Ko... ne riez pas ! ^_^) ainsi qu'une amélioration des possibilités graphiques. Et l'un de ses plus grands jeux, si ce n'est LE plus grand jeux du support, est sans doute le tout premier Metal Gear. Ceux qui suivent l'actualité du site savent que cela fait quelques mois déjà que je me suis attaqué à la saga créée par Hideo Kojima et avant de boucler la série avec le test de Metal Gear Solid 4, je suis d'abord passé par la case départ, le berceau de cette série culte. Pour être tout à fait honnête avec vous, je vous mentirai si je vous disais que j'ai moi-même un MSX2 à la maison, mes machines les plus anciennes étant des consoles 16-bits. Par contre j'ai pu tester le jeu durant quelques heures grâce à l'émulation, avant de recommencer (et cette fois de finir) ce premier Metal Gear grâce à Metal Gear Solid 3 : Subsistence, sorti sur PS2 en octobre 2006. Cette version remasterisée de MGS3 propose un maximum de bonus et justement, sur le disque "Persistence" (le second disque bonus) nous retrouvons les 2 premiers volets de la saga dans leur état brut. Si la conversion est à l'exacte, nous avons également l'honneur d'avoir enfin un jeu traduit en français (à l'origine il n'était qu'en anglais ou en japonais) ainsi que la possibilité de sauvegarder. Après c'est sûr, il y a d'autres moyens d'y jouer : l'émulation (comme nous venons de le voir, avec même des traductions amateur, mais elles sont loin d'être aussi bonnes que celles proposées par le jeu PS2), la version d'origine est sortie sur PC (mais seulement sous DOS) et il existe également un portage plus récent, fonctionnant sous Windows, profitant de la traduction, vendue pas cher sur GoG (environ 5€). Enfin il existe une adaptation NES qui est loin d'être aussi bonne que l'original. Sachez également que cette même version NES est disponible en bonus sur le sublime Metal Gear Solid : Twin Snakes de la GameCube. A présent, passons au test de ce jeu d'anthologie.


Développement scénaristique

En 1987 on avait
Les bases de la série sont déjà là ! Kojima bossait déjà sur un énorme scénario
quoi comme jeu culte ? Et bien on avait des shoot-them-ups (R-TYPE en tête de liste), des jeux d'action (comme Bionic Commando) ou encore des titres mythiques comme Castlevania II. Mais pour concurrencer un tel scénario, je crois bien que ce premier Metal Gear n'avait pour concurrent que le premier Final Fantasy sorti sur NES en décembre 1987, les autres faisant comme à l'accoutumé, dans le succinct, le bâclé. Avec cet épisode, Hideo Kojima (dont c'est le premier véritable titre) a posé les bases d'une des plus grandes saga du jeu vidéo et dès le début, on découvre les racines même de la légende Metal Gear Solid. Tout d'abord on joue le mythique Solid Snake, on combat Big Boss, on délivre Gray Fox et on affronte le premier Metal Gear, qui ici aussi, est assez imposant. Snake arrive sans arme ni objet en passant par la mer (ou la rivière, difficile de savoir) et très vite il se retrouve à infiltrer les lieux. Première apparition d'un objet culte : le Codec ! D'accord ici il est minimaliste, les textes sont assez rares, on ne peut pas demander de l'aide lorsqu'on est bloqué mais le cultissime Codec est déjà là ! Comme d'habitude lorsqu'il sonnera, on pourra répondre ou pas, mais il serait dommage de passer à côté de précieux conseils. Dommage par contre que le Codec sonne à chaque fois qu'on entre dans la même zone, pour nous livrer à chaque fois le même texte. Juste pour revenir 2 secondes sur le scénario, il est quand même étonnant d'avoir une trame si fouillée, surtout sur un titre qui date d'avant les années '90. Au début on travaille pour Big Boss, un "héros légendaire" qui finira par nous trahir et qui essayera de nous tuer. Avec ça on parle déjà d'un robot/tank capable de tirer des ogives nucléaires surpuissantes (le Metal Gear), même si finalement on ne sait pas trop ce qui nous pousse à aller à Outer Heaven puisqu'il n'y a pas d'intro. Si dans la version d'origine sur MSX2 les textes étaient uniquement en anglais (pas facile de comprendre toutes les subtilités de l'histoire), la traduction française offerte par Metal Gear Solid 3 : Subsistence est parfaite et m'a permis d'apprécier cet excellent scénario à sa juste valeur.


Jouabilité & Gameplay

Dépourvu de son
Au clavier ce n'est pas spécialement jouable mais au pad, il n'y a rien à redire
addendum "Solid", la série Metal Gear a forcement commencé en 2D. Mais la vue de dessus plongeante était déjà de mise (on retrouve des passages en vue de profil mais seulement pour prendre un ascenseur). A l'origine, la prise en mains se faisait au clavier (puisque tous les MSX sont dotés d'une croix directionnelle) mais le mieux est encore d'y jouer joystick ou au joypad. Ceci dit le gameplay exigeait déjà 5 boutons d'action et rares étaient les joysticks/joypads en possédant autant. Il fallait donc jouer avec son clavier à proximité (avec le pad DualShock de la PS2, la question ne pose pas). La jouabilité est un peu lourde dû à une animation qui n'est pas très rapide et une machine peu puissante, mais on s'habitue assez vite. Evidemment on ne parle pas encore de Soliton et autre radar, et les mouvements de Snake se limitent au minimum syndical : courir, frapper et tirer. Il faut bien comprendre que le gameplay est à la hauteur du MSX2 et encore, c'est déjà bien plus que dans la plupart des titres de son époque. Comme je l'évoquais précédemment, les grands classiques de la série viennent finalement de cet épisode-là. Le premier d'entre eux est qu'on arrive par les eaux, sans arme. On doit à tout prix éviter de se faire repérer et le cas échéant, il reste les coups de poings. Les autres classiques, hormis le Metal Gear lui-même ou encore notre héros de toujours, c'est qu'on utilisera déjà des rations (pour remonter sa santé) ainsi qu'un masque à gaz, il faudra faire gaffe aux caméras de surveillance ainsi qu'aux patrouilles. Je dois tout de même signaler que c'est le premier épisode où je me sers du fameux carton, qui est ici un élément indispensable pour sa survie. On retrouve déjà les clopes qui nous bouffent la santé mais nous permettent de voir les rayons infra-rouges, et tirer avec une arme sans silencieux alertera les ennemis. Autant le conclure de suite, je ne m'attendais pas à ce que l'intégralité des fondations du gameplay de la série soit basée sur ce premier jet ! A croire que Kojima avait déjà pensé à tout, c'est une belle surprise. 8-bits oblige, on rencontrera quelques pièges idiots et typiques de la génération (comme un énorme tonneau qui bouge tout seul et nous tue en un coup au moindre contact) et plus gênant, il faudra être précis pour abattre un ennemi car si on tire au dessus de la ceinture, la balle lui traverse le torse ou la tête sans le toucher. Dommage que ce "réglage" soit si contraignant, rendant les alertes un peu plus stressantes et moins "réalistes" si j'ose dire.


Autre ineptie notoire,
Comme pour le scénario, cet épisode pose déjà les bases de la série, comme ici le fait de fumer pour voir les lasers
les portes n'ont aucun aspect distinctif et comme il y a 8 passes électroniques dans le jeu, il arrivera qu'on cherche bêtement celui qui fonctionne (alors qu'une simple différence de couleur aurait suffit). Il est d'ailleurs toujours aussi idiot, à l'image du premier Metal Gear Solid sur PlayStation, de devoir s'équiper d'une carte pour qu'elle fonctionne. Pire, une carte de niveau 2 n'ouvrira que les portes de niveau 2, pas celles de niveau inférieur. Ainsi dans tout le jeu, on passera son temps à jongler entre les différentes cartes, dans un menu en plus très bordélique et non réorganisable. Pour finir d'évoquer les petites boulettes (car il n'y a rien ici qui nuit vraiment à l'expérience, ce ne sont que des détails) nos armes sont de très courte portée (au mieux la moitié de l'écran) ce qui nous oblige à nous rapprocher dangereusement. En plus de ça, Snake ne pourra pas tirer en diagonales (ni marcher en diagonale, ce qui est plus dommageable pour le coup), alors que les ennemis ne s'en privent pas ! Mais j'avoue que même pour un premier essai, ce n'est pas si catastrophique que ça, honnêtement je m'attendais à pire. Il faut savoir que les mercenaires qui font les rondes ont une vision en croix : ils voient en haut, en bas, à gauche et à droite, d'un bout à l'autre de l'écran. Mais si vous êtes au sud-est de l'un d'eux par exemple, il ne vous verra jamais, le gredin pivotant sur lui-même à 90°. Il est donc facile de les éviter en restant dans leurs angle-morts, de la jouer plus sur l'infiltration que sur l'action, même si déjà à l'époque, le jeu nous laissait le champ libre. En arrivant à Outer Heaven, Solid Snake n'a que la moitié de sa barre de vie et ne peut porter qu'un nombre très limité d'items et de munitions. Si vous suivez les ordres de missions, en libérant les otages, peu à peu Snake prendra du galon (un peu comme si son niveau d'XP augmentait) et il verra son énergie augmenter, il pourra porter plus d'objets, plus de munitions et recevra des prisonniers des conseils et autres renseignements. Ce n'est donc pas une facette du jeu à négliger. Metal Gear compte pas moins de 7 armes (et oui déjà) et un impressionnant sac à dos remplit de 25 items (rations, qui s'utilisent déjà automatiquement si elles sont activées, lunettes infra-rouges, carton de dissimulation, radar anti-mines, jumelles pour voir les écrans attenant au votre, cartes d'accès, etc). Pas vraiment difficile, en étant suffisamment attentif et en ayant un minimum de stratégie, l'aventure dure entre 5 et 7 heures pour être finie une première fois.


L'image

Entièrement
Difficile d'en demander plus à une machine 8-bits antédiluvienne
en 2D (comment aurait-il pu en être autrement pour un jeu de 1987) il faut reconnaître que Metal Gear n'est pas aussi laid que je le pensais. Je dirais même que j'ai été surpris par un rendu très propre et détaillé, à hauteur d'une machine 8-bits bien sûr. Si vous vous demandez pourquoi il n'est pas sorti sur le premier MSX, la raison est en fait très simple : la RAM. Bien que soit un standard, le premier MSX n'avait vraiment pas beaucoup de RAM (8 Ko de base) ce qui limitait grandement les possibilités. Dès sa seconde version, elle est passée à 64 Ko (soit 8 fois plus !) et a permis de créer un jeu plus vaste et plus ambitieux. OK, l'Hardware n'a pas beaucoup changé (le processeur central reste le même) mais à l'époque, le volume de RAM était primordial (surtout avec des volumes pareils !). Bref, ce premier Metal Gear tourne donc sur MSX2 et sachez qu'il fonctionnera encore mieux sur MSX2+ ou Turbo R (pour en savoir plus je vous invite à lire notre fiche Hardware à cette page, sous le spoiler dans la colonne de droite). Mine de rien, pour un jeu de 1987 et sur une machine ultra modeste qui n'affiche que 16 couleurs, Metal Gear reste un beau jeu et pourtant, le pari n'était pas gagné d'avance. Cependant le résultat est là, avec une réalisation qui fait honneur au MSX2. Les couleurs sont bien choisies, elles ne bavent pas et les sprites ne se confondent jamais avec le décor (fait rare à l'époque pour être souligné). Bien sûr il subsiste quelques facilités de programmation comme le fait que Snake semble porter une mitrailleuse en permanence (même lorsqu'il n'a pas d'arme) ou encore lorsqu'il revêt un uniforme et que sa tenue ne change pas. Des limitations induites par la palette de couleurs mais aussi par la taille du jeu, qui ne fait que 128 Ko (soit 1 Mb).


Le son

Avec seulement
Les thèmes sont bons mais trop peu nombreux (à peine 9) et trop variés, ils finissent donc par taper sur le système...
3 voies, il est une fois de plus difficile de faire des miracles sur cette machine-là. Et encore une fois, malgré les limitations techniques, le résultat est impressionnant. Les bruitages sont minimalisés au maximum mais restent dans le ton de son époque (avec de vieux "zioup" en guise de tirs létaux) et on retrouve déjà les 2 types d'ambiances sonores propre à la série. Version tranquille pour l'infiltration, version "je te mets la pression" lorsqu'on se fait piquer. D'ailleurs la musique accompagnera toujours notre aventure, comme ce sera encore le cas jusqu'à Metal Gear Solid (à partir de Metal Gear Solid 2, la musique commencera à se faire discrète). Seul regret : on ne dénombre que 9 pistes dont 6 principales (game over et fin comprise) ce qui fait qu'on aura (plus ou moins tout au long du jeu) le même thème. Même s'il est sympa, au bout d'un moment on baisse le son parce qu'il nous gonfle...


Conclusion

On pourrait croire qu'il est difficile de noter à sa juste valeur un jeu qui est presque aussi vieux que moi. En fait pas tant que ça, Metal Gear étant un joyau de gameplay et de réalisation, sans doute l'un des meilleurs titres du très méconnu MSX2. Graphiquement propre, musicalement redondant mais de qualité, c'est surtout l'attribut du scénario et plus encore de l'énorme gameplay de ce premier jeu signé Hideo Kojima, qui donnent toute sa valeur à ce titre d'anthologie. Je m'attendais à un vieux truc tout pourri et je me suis lancé dans ce test uniquement pour connaitre "le sujet MGS" par coeur, pour connaître les racines de cette saga culte. Mais au final j'ai été surpris de voir que la base qui érige tous les épisodes de la série (même le tout récent Metal Gear Solid 4 : Guns of the Patriots) est présente dans celui-ci. Ainsi les fondations de la célèbre saga de Kojima sont plus (metal gear) solides que je ne le pensais et même si je n'y croyais pas, je me suis éclaté à découvrir ce tout premier volet. En bref, malgré les limitations techniques du MSX2, Metal Gear est un grand jeu !



Les -

  • Sur MSX2 la jouabilité est peu adaptée au clavier, à peine plus confortable à la manette
  • A peine 9 thèmes musicaux qui tournent vite en rond
  • A l'origine, le jeu n'était traduit qu'en anglais
  • Pas d'intro... dommage


  • Les +

  • Les bases de la série sont presque toutes là ! Le carton, la clope, le Metal Gear, l'infiltration, le Codec, Gray Fox, la famille Snake...
  • La version Subsistence de Metal Gear 3 (sur PlayStation 2) nous a offert les traductions françaises (merci !)
  • Une jouabilité bien plus agréable grâce au DualShock 2 (version PlayStation 2)
  • Malgré les limitations techniques, le jeu est techniquement très agréable
  • Un Lore fantastique et un scénario époustouflant pour l'époque !



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    Test réalisé par iiYama

    septembre 2008 (mise à jour : octobre 2021)