Metal Gear (MSX2)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : septembre 1987
Développeur : Konami
Editeur : Konami
Genre : action - infiltration

Support (selon la version) : cartouche ou disquette de 128Ko
Version testée : jeu complet FR (origine Euro)
Voix dans le jeu : -
Textes à l'écran : FR (origine US)

Difficulté :
Multi-joueurs : non
Abréviation : MG
Titre alternatif : Metaru Gia


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Metal Gear








Seule une poignée d'irréductibles fans ou les plus vieux d'entre nous se souviennent encore du MSX2, qui était un hybride micro-ordinateur/console 8-bits (à base de Z80) assez grand public, qui a surtout sévit au Japon et en Europe. Le MSX2 a succédé au premier en apportant quelques modifications dont un Basic passant de 1.0 à 2.0 ainsi qu'une amélioration des possibilités graphiques. Et l'un de ses plus grands jeux, si ce n'est LE plus grand jeux du support, est sans doute le tout premier Metal Gear. Ceux qui suivent l'actualité du site savent que cela fait quelques mois déjà que je me suis attaqué à la saga créé par Hideo Kojima et avant de boucler la série avec le test de Metal Gear Solid 4, je suis d'abord passé par la case départ, le berceau du culte. Bien sûr je vous mentirai si je vous disais que j'ai moi-même un MSX2 à la maison, mes machines les plus anciennes étant des 16-bits. En fait, j'ai testé ce jeu grâce à MGS3 Persistence, le second disque bonus de l'excellent Metal Gear Solid 3 : Subsitence, qui contient les 2 premiers volets de la saga dans leur état brut. Si la conversion est à l'exacte, on se retrouve quand même avec un jeu traduit en Français (à l'origine il n'était qu'en anglais ou en japonais) ainsi qu'avec la possibilité de sauvegarder. Après c'est sûr, il y a d'autres moyens d'y jouer : on le retrouve en bonus sur MGS Twin Snakes, sur NES ou encore sur émulateurs, où vous aurez peut-être la chance de trouver une version traduite. Ceci dit je préfère jouer "légalement" à un jeu, d'autant que les versions traduites par des amateurs, ne sont sans doute pas aussi fidèles à l'esprit originel qu'avec la traduction faite par les équipes même de Kojima. A présent, passons au test de ce jeu d'anthologie.


Développement scénaristique

En 1987 on avait
Les bases de la série sont là, Kojima bossait déjà sur un énorme scénario
quoi comme jeu culte ? Et bien on avait des shoots (R-TYPE en tête de liste), des jeux d'action (comme Bionic Commando) ou encore des titres mythiques comme Castlevania II. Mais concurrencer un tel scénario, je crois bien que ce premier Metal Gear n'avait pour concurrent que le premier Final Fantasy sorti sur NES, les autres faisant comme à l'accoutumé, dans le succinct, le bâclé. Avec cet épisode, Kojima-San a posé les bases d'une des plus grandes saga du jeu vidéo et dès le début, on découvre les racines même de la légende Metal Gear Solid. Tout d'abord on joue le mythique Solid Snake, on combat Big Boss, on délivre Gray Fox et on affronte le premier Metal Gear, qui ici aussi, est assez imposant. Snake arrive sans arme ni objet en passant par la mer (ou la rivière difficile de savoir) et très vite il se retrouve à infiltrer les lieux. Première apparition d'un objet culte : le Codec ! D'accord ici il a gueule à rien, les textes sont assez rares, on ne peut pas demander de l'aide lorsqu'on est bloqué mais le fameux Codec est déjà là ! Comme d'habitude lorsqu'il sonnera, on pourra répondre ou pas, mais il serait dommage de passer à côté de précieux conseils. Dommage par contre que le Codec sonne à chaque fois qu'on entre dans la même zone, pour nous livrer le même texte. Juste pour revenir 2 secondes sur le scénario, il est quand même étonnant d'avoir une trame si fouillée pour l'époque. Au début on travaille pour Big Boss, un "héros légendaire" qui finira par nous trahir et qui essayera de nous tuer. Avec ça on parle déjà d'un robot/tank capable de tirer des ogives nucléaires surpuissantes (le Metal Gear), même si finalement on ne sait pas trop ce qui nous pousse à aller à Outer Heaven puisqu'il n'y a pas d'intro.


Jouabilité & Gameplay

Dépourvu de son
Au clavier ce n'est pas spécialement jouable mais au pad, rien il n'y a rien à redire
addendum "Solid", la série Metal Gear a forcement commencée en 2D. Mais la vue de dessus plongeante était déjà de mise (on retrouve des passages en vue de profil mais seulement pour prendre un ascenseur). A l'origine, la prise en mains se faisait au clavier ou mieux, au joystick. Mais le gameplay exigeait déjà 5 boutons d'action et rares étaient les joysticks en possédant autant. Il fallait donc jouer avec son clavier à proximité (avec le pad DualShock de la PS2, la question ne pose pas). La jouabilité est un peu lourde dû à une animation qui n'est pas très rapide et une machine peu puissante mais on s'en sort assez bien. Evidemment on ne parle pas encore de Soliton et autre radar, et les mouvements de Snake se limitent au minimum syndical : courir, frapper et tirer. Il faut bien comprendre que le gameplay est à la hauteur de la MSX2 et encore, c'est déjà bien plus que dans la plupart des titres de l'époque. Comme je l'évoquais précédemment, les grands classiques de la série viennent finalement de cet épisode-là. Le premier d'entre eux est qu'on arrive par les eaux, sans arme. On doit à tout prix éviter de se faire repérer et le cas échéant, il reste les coups de poings. Les autres classiques, hormis le Metal Gear lui-même ou encore notre héros de toujours, c'est qu'on utilisera déjà des rations, un masque à gaz, qu'il faudra faire gaffe aux caméras de surveillance ainsi qu'aux patrouilles. Je dois tout de même signaler que c'est le premier épisode où je me sers du fameux carton, qui est ici un élément indispensable pour sa survie. On retrouve déjà les clopes qui nous bouffent la santé mais nous permettent de voir les rayons infra-rouges, et poser une bombe ou tirer avec une arme sans silencieux, alertera les ennemis. Autant le conclure de suite, je ne m'attendais pas à ce que l'intégralité des fondations du gameplay de la série soit basée sur ce premier jet ! A croire que Kojima avait déjà pensé à tout, une belle surprise. 8-bits oblige, on rencontrera quelques pièges idiots et typiques de la génération (comme un énorme tonneau qui bouge tout seul et nous tue en un coup au moindre contact) et plus gênant, il faudra être précis pour abattre un ennemi car si on tire au dessus de la ceinture, la balle lui traverse le torse ou la tête sans le toucher. Dommage que ce "réglage" soit si contraignant, rendant les alertes un peu plus stressantes et moins "réalistes" si j'ose dire.


Autre ineptie notoire,
Comme pour le scénario, cet épisode pose déjà les bases de la série comme ici le fait de fumer pour voir les lasers
les portes n'ont aucun aspect distinctif et comme il y a 8 passes électroniques dans le jeu, il arrivera qu'on cherche bêtement celle qui fonctionne (alors qu'une simple différence de couleur aurait suffit). Il d'ailleurs toujours aussi idiot, à l'image du premier Metal Gear Solid sur PlayStation, de devoir s'équiper d'une carte pour qu'elle fonctionne. Pire, une carte de niveau 2 n'ouvrira que les portes de niveau 2, pas celles de niveau inférieur. Ainsi dans tout le jeu, on passera son temps à jongler entre les différentes cartes, dans un menu en plus très bordélique et non réorganisable. Pour finir d'évoquer les petites boulettes (car il n'y a rien ici qui nuit vraiment au jeu), nos armes sont de très courte portée (au mieux la moitié de l'écran) ce qui nous oblige à nous rapprocher dangereusement et en plus, Snake ne pourra pas tirer en diagonales (ni marcher en diagonale, ce qui est plus dommageable pour le coup), alors que les ennemis ne s'en privent pas. Mais avouez que même pour un premier essai, ce n'est pas si catastrophique que ça. Il faut savoir que les mercenaires qui font les rondes ont une vision en croix. Il voit en haut, en bas, à gauche et à droite, d'un bout à l'autre de l'écran. Mais si vous êtes au sud-est de l'un d'eux par exemple, il ne vous verra jamais, le gredin pivotant sur lui-même à 90°. Il est donc facile de les éviter en restant dans leurs angle-morts, de la jouer plus sur l'infiltration que sur l'action, même si déjà à l'époque, le jeu laissait le champ libre. En arrivant à Outer Heaven, Solid Snake n'a que la moitié de sa barre de vie et ne peut porter qu'un nombre très limité d'items et de munitions. Si vous suivez les ordres de missions, en libérant les otages, peu à peu Snake prendra du galon (un peu comme si son niveau d'XP augmentait) et il verra son énergie augmenter, il pourra porter plus d'objets, plus de munitions et recevra des prisonniers, conseils et autres renseignements. Ce n'est donc pas une facette du jeu à négliger. Metal Gear compte pas moins de 7 armes (et oui déjà) et un impressionnant sac à dos remplit de 25 items (rations, qui s'utilisent déjà automatiquement si elles sont activées, lunettes infra-rouges, carton de dissimulation, radar anti-mines, jumelles pour voir les écrans attenant au votre, cartes d'accès, etc). Pas vraiment difficile, en étant suffisamment attentif et en ayant un minimum de stratégie, l'aventure dure entre 5 et 7 heures pour être fini une première fois.


L'image

Entièrement
Difficile d'en demander plus à une machine 8-bits antédiluvienne
en 2D (comment aurait-il pu en être autrement pour un jeu de 1987) il faut reconnaître que Metal Gear n'est pas aussi laid que je pensais. Je dirais même que j'ai été surpris par un rendu très propre et détaillé, à hauteur d'une machine 8-bits bien sûr. Il faut dire qu'avec ses 64Ko de RAM et ses 16 couleurs affichables, le pari n'était pas gagné d'avance. Et pourtant le résultat est déjà là, avec une réalisation qui fait honneur au MSX2. Les couleurs sont bien choisies, elles ne bavent pas et les sprites ne se confondent jamais avec le décor (fait rare à l'époque pour être souligné). Bien sûr il subsiste quelques facilités de programmation comme le fait que Snake semble porter une mitrailleuse en permanence (même lorsqu'il n'a pas d'arme) ou encore lorsqu'il revêt un uniforme, sa tenue ne change pas. A croire que le plus scrupuleux producteur de la planète, n'avait pas encore ses manies de perfection. Mais pour un jeu aussi vieux (21 ans à l'heure de ce test), est-ce vraiment préjudiciable ?


Le son

Avec seulement
Les thèmes sont bons mais trop peu variés, ils finissent par taper sur le système
3 voies, il est une fois de plus difficile de faire des miracles sur cette machine-là. Et encore une fois, le résultat est à la hauteur malgré les limitations techniques. Les bruitages sont minimalisés au maximum mais restent dans le ton de son époque (avec de vieux "zioup" en guise de tirs létaux) et on retrouve déjà les 2 types d'ambiances sonores propre à la série. Version tranquille pour l'infiltration, version "je te mets la pression" lorsqu'on se fait piquer. D'ailleurs la musique accompagnera toujours notre aventure, comme ce sera encore le cas jusqu'à Metal Gear Solid (à partir de Metal Gear Solid 2, la musique commencera à se faire discrète). Seul regret : on ne dénombre que 9 pistes dont 6 principales (game over et fin comprise) ce qui fait qu'on se tapera tout le long du jeu, le même thème. Même s'il est sympa, au bout d'un moment on baisse le son parce qu'il nous gonfle...


Note générale

On pourrait croire qu'il est difficile de noter à sa juste valeur un jeu qui est presque aussi vieux que moi. En fait pas tant que ça, Metal Gear étant un joyau de gameplay et de réalisation, sans doute l'un des meilleurs jeux du très méconnu MSX2. Graphiquement propre, musicalement redondant mais de qualité, c'est surtout l'attribut du scénario et plus encore de l'énorme gameplay du titre, qui donnent toute sa valeur à ce jeu d'anthologie. Je m'attendais à un vieux truc tout pourri et je me suis lancé dans ce test uniquement pour connaitre "mon sujet" par coeur, pour connaître les racines de cette saga culte. Mais au final j'ai été surpris de voir que la base qui érige tous les épisodes de la série (même le tout récent Metal Gear Solid 4 : Guns of the Patriots) est présente dans celui-ci. Ainsi les fondations de la célèbre saga d'Hideo Kojima sont plus solides que je ne le pensais et même si je n'y croyais pas, je me suis éclaté à découvrir ce tout premier volet. Bref, un grand jeu !



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Test réalisé par iiYama

septembre 2008