Wonder Boy III (MS)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : 1989
Développeur : Westone Bit Entertainment
Editeur : SEGA
Genre : plate-formes / aventure

Support : cartouche de 2Mb
Version testée : Française
Voix dans le jeu : -
Textes à l'écran : US

Difficulté :
Multi-joueurs : non
Titre alternatif : Monster World II : Dragon no Wana (JAP)
Prix au lancement : 300Frs


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Wonder Boy III

The Dragon's Trap




Après 2 épisodes originellement
Fini le gameplay Arcade, place à un vrai jeu d'aventure
sortis sur Arcade, Westone s'est aperçu que sa licence Wonder Boy était finalement plus rentable sur consoles. Entre les versions Master System, Game Gear et surtout PC-Engine, il s'en sera vendu des cartouches de ce "merveilleux garçon". Si le premier épisode était clairement axé sur l'action (il était d'ailleurs mauvais, c'était un clone du déjà très moyen Adventure Island), dés le second opus le jeu s'est ouvert sur une forme d'aventure avec tout ce que ça implique d'achat (armure, épée), de zones secrètes, de clés à trouver et de boss à défaire. La saga Wonder Boy ayant déjà fait un bout de chemin, voilà que Westone décide de gratifier la 8-bits de SEGA d'un opus original avec une exclusivité temporaire. Ce sera par ailleurs le premier et dernier jeu que Westone développera directement pour la Master System (l'épisode 2 étant avant tout un jeu d'Arcade, adapté ensuite par SEGA lui-même). 2 ans plus tard Wonder Bou III sera adapté sur PC-Engine dans une version magnifique qui encense royalement un jeu déjà fantastique (même s'il se fera au passage renommer Dragon's Curse pour des raisons obscures) et encore un an plus tard, Wonder Boy III sortira sur Game Gear dans une version proche de celle sur Master System. Reprenant le dernier niveau du déjà très sympathique Wonder Boy II (cet épisode étant son exacte suite), l'atroce labyrinthe et son horrible boss en moins, on se retrouve une fois encore à affronter le machiavélique dragon de métal (le MEKA dragon), à la différence que cette fois en mourant, il nous jette un sort. Nous transformant en dragon (en réalité c'est en lézard, d'où l'appelation "Lizard-Man" même si entre nous, ça ressemble plus à un dragon qu'à autre chose), afin de mieux goûter aux plaisirs d'être persécuter par tout le monde, notre brave Wonder Boy (qui a changé de couleur de cheveux au passage) repart pour une toute nouvelle aventure, afin de retrouver la Croix de Salamandre (the Salamander Cross), seul artéfact qui pourra lui rendre son teint juvénile et faire que le monde soit une bonne fois pour toute en paix. Mais pour la trouver, il faudra d'abord trouver et exterminer le Dragon-Vampire... Et c'est là que Wonder Boy III tire une partie de sa force : les transformations. D'abord dragon/lézard avec la capacité de cracher du feu (ah vous voyez que c'est bien un dragon !), puis pygmée (ou homme-souris selon la version) avec la possibilité de s'accrocher dans tous les sens aux blocs spéciaux, homme-lion avec la capacité de donner des coups d'épée en arc de cercle (pratique pour détruire certains blocs) ou encore homme-piranha histoire de nager sous l'eau, l'aventure se terminera avec l'homme-faucon qui a la faculté de voler.



D'ailleurs
Les transformations sont le nerf d'un gameplay très agréable
le dernier niveau nous forcera à jongler entre les formes. Délaissant définitivement ses origines Arcade, le score et le temps limité ont totalement disparu au profit d'une complète ouverture de l'aspect aventure. Ainsi on peut le dire, Wonder Boy III est le premier véritable épisode "aventure" de la série. Si on commence le jeu tranquille avec le plein de cœurs et un équipement de folie, dés qu'on sera transformé en dragon/lézard on déchantera vite (et oui, faut bien faire un jeu) puisqu'on commencera en bas de l'échelle, donc autant dire avec rien. Il faudra alors parcourir ce monde d'heroïc-fantasy pour trouver des cœurs (afin d'augmenter sa barre de vie), tuer des monstres histoire de récolter le plus possible d'argent (intitulé "gold" dans le jeu) et ainsi faire évoluer son équipement, trouver des passages secrets généralement riches en bonnes surprises (argent, élixir, items) et défaire un à un les boss du jeu, afin d'être chaque fois transformé. Chaque transformation apportant avec elle une nouvelle fonction, l'aventure ne sera jamais linéaire. Fini les parcours où on va droit devant, désormais (aventure oblige) il faudra véritablement investir le jeu. Plutôt long pour son support, on nous offre cette fois des passwords histoire de ne pas être obligé de le finir d'une traite, ainsi qu'une difficulté un peu moins élevée. Notez le superlatif "un peu" puisque sur la fin, ce sera quand même un peu corsé, le jeu n'étant réellement facile que sur les 2 premiers niveaux. Après ça chauffe de plus de plus. Pour arriver à nos fins, on aura bien sûr un équipement évolutif. Belle nouveauté, la moindre épée ou armure servira à tous les personnages. Il n'y a donc plus d'achat inutile, qui en plus avait la mauvaise idée d'effacer l'ancien. Ici on gérera un véritable inventaire avec toutes ses épées, ses armures et ses boucliers (il n'y a plus de bottes, dommage). En faisant pause, on pourra donc faire sa petite sélection, le jeu nous proposant à la façon d'un jeu de rôle, d'avoir une réelle idée de l'efficacité de son équipement selon 3 critères : force, défense et charme. Ainsi il ne sera pas rare qu'une armure fasse baisser votre force au profit d'une grosse augmentation de votre défense. Dernier aspect du titre et non des moindres, certains ennemis (ou certains coffres) nous donneront à la place des "golds", des items ou des magies : flammes, tornades, flèches, boomerangs et foudre. Vous l'aurez compris, ces pouvoirs spéciaux sont là pour nous faciliter la tâche avec plus ou moins d'efficacité selon l'ennemi.



A la différence
Techniquement, la Master System fait des prouesses. Chapeau-bas aussi pour la bande-son
de Wonder Boy II, ici on choisit son item ou sa magie, qu'on utilisera facilement (en pressant bas + bouton 2) et qu'on ne perdra pas au passage d'un niveau à l'autre, ces objets s'accumulant dans l'inventaire. On peut donc le dire, la dimension aventure est pleinement satisfaisante mais qu'en est-il de la réalisation ? Et bien je peux le dire : j'ai été surpris, très surpris même ! Rares sont les beaux jeux sur Master System mais ici, on n'aura pas de quoi se plaindre. Tout d'abord le jeu s'ouvre sur un bout d'intro, le labyrinthe et le combat contre le dragon au tout début servant de prologue, ce qui évitera qu'on soit lâché comme ça, sans explication dans une aventure dont on ne connaît rien si par malheur on n'a plus la notice. Ensuite il faut reconnaître que graphiquement, ça envoie ! Avec une maigre cartouche de 2Mb et une console aux capacités limitées, Westone nous livre une réalisation grandiose. Certains passages comme la pyramide ou les cavernes sont superbement détaillés, les couleurs sont chaudes, c'est bien animé (les mimiques sont excellentes) et les boss sont très gros pour de la Master System. En clair à part quelques clignotements (la maladie des consoles 8-bits) on ne pourra que rester admiratif devant l'énorme travail des développeurs. Avec la même taille de cartouche et seulement un an qui séparent les 2 jeux, le bon technologique entre Wonder Boy II et III est tout à fait notable. Enfin le son n'est pas en reste bien au contraire. Tout d'abord nous avons de sympathiques bruitages qui accompagnent notre aventure, dont certains sont devenus des classiques de la série (comme lorsqu'on franchit une porte). Ensuite le jeu nous distille des musiques absolument fabuleuses ! Variées (une par niveau, ça nous change d'avoir toujours la même), elles sont bien composées, rythmées et magnifiquement mélodieuses. Du grand art pour de la bonne grosse musique d'époque comme on les aime.



Wonder Boy III Note
est à la Master System ce que Zelda est à la NES : son plus gros jeu d'aventure ! Ainsi Dragon's Trap (qu'on traduit par "le piège du dragon"), qu'il ne faut pas confondre avec Wonder Boy III : Monster's Lair (l'autre titre d'Arcade mi-action mi plate-formes mi shoot-them-up et qui fut adapté sur Mega Drive) nous offre un jeu très bien développé et qui sied parfaitement à la console. Aventure riche et longue avec passwords pour ceux qui n'ont pas 8 heures à passer devant leur console sans interruption, parfaitement jouable, graphiquement très beau, disposant d'une magnifique bande-son... que demander de plus ? Seul regret, lorsque notre personnage se fait toucher, il "rebondit" et on perd tout contrôle mais à part ça, Wonder Boy III est sans conteste l'un des meilleurs jeux Master System, voire même l'un des meilleurs jeux 8-bits que j'ai eu l'honneur de finir.



Test réalisé par iiYama

janvier 2009