Virtua Racing Deluxe (32X)

 



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Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : janvier 1995
Développeur : SEGA (AM2)
Adaptation : SEGA (AM2)
Editeur : SEGA
Genre : courses

Support : cartouche de 24Mb
Version testée : Euro
Voix dans le jeu : US
Textes à l'écran : US

Difficulté :
Multi-joueurs : 2 joueurs simultanément
Abréviations : VR - VRD
Prix au lancement : 450Frs


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Virtua Racing

Deluxe



Virtua Racing
Le contenu est pauvre mais par rapport à l'original ou même la version Mega Drive, il apporte 2 nouveaux circuits ainsi que 2 nouveaux véhicules
est le tout premier jeu de course entièrement en 3D polygonale. Sorti en 1992 alors qu'il devait rester à l'état de prototype, de démo technique, SEGA a prouvé au monde entier qu'en terme technique, ils avaient une grosse longueur d'avance... en tout cas sur Arcade. Mais sur consoles de salon, SEGA n'a jamais été que second et ce, sur tous les plans. Et même dans la guerre de la 3D, qui a débuté à la fin de l'ère 16-bits, SEGA s'est vu raflé la première place par son principal concurrent. Nintendo en collaboration avec Argonaut Software, a développé le fameux SuperFX qui a permit à Miyamoto et son équipe de créer l'indémodable Starwing. SEGA, jaloux de s'être fait voler la vedette, décide alors de contre-attaquer avec son jeu maison : Virtua Racing (à son tour, la réponse de Nintendo donnera Stunt Race FX). En collaboration, SEGA et Samsung ont développés le SVP (SEGA Virtua Processor), un accélérateur graphique, afin de prouver aux fans de la marque que leur 16-bits pouvait aussi le faire. Sur Mega Drive, Virtua Racing est donc une incontestable réussite technologique puisque le SVP est intégré à la cartouche, comme chez le concurrent, alors que la console n'est pas du tout prévue pour (elle n'a pas d'extensions comme sur Super Nintendo). Cependant, le premier problème fut le prix de revient du jeu car entre les 16Mb de ROM et le processeur SVP, à sa sortie la cartouche coutait 700Frs (plus de 100€) !! Et puis on ne va pas se mentir, malgré cet admirable tour de force, le jeu ne paye pas de mine : certes c'est rapide mais la jouabilité est à revoir, les graphismes sont légérément flous, ça manque de couleurs et le framerate est à la ramasse...




La borne d'Arcade Virtua Racing, ici en modèle 1 joueur


Moins d'un an plus tard,
On profite d'une jouabilité revue et corrigée...
la Mega Drive acceuillait son 2e add-on, le (ou la) 32X, qui était nettement plus puissant que le SVP. Plus proche des performances de la Saturn (en partageant les mêmes composants), la 32X fait également en sorte de corriger les défauts de la 16-bits de SEGA, notamment en terme de couleurs afficheables. Sur le papier, la 32X est donc un add-on de qualité puisqu'il ne nécessite pas de grosses cartouches (les plus volumineuses font 32Mb, ce qui n'est pas excessif vu l'époque), permet de faire de la 3D en temps réel, d'afficher 32.768 couleurs et d'offrir un son de meilleure qualité. Bref sur le papier, le 32X va révolutionner la Mega Drive ! Etant donné le succès remporté par Virtua Racing à travers le monde, SEGA a décidé qu'il accompagnerait le line-up du "champignon 32-bits" sur les territoires occidentaux (USA et Europe), les 2 autres jeux qui ont complétés ce lancement n'étaient autres que DOOM et Star Wars Arcade... Autant vous dire de suite que les meilleurs jeux étaient déjà là ! Sur 32X le but avoué était de réadapter le hit de l'Arcade, dans une version plus fidèle et surtout plus complète que celle sur Mega Drive. Même si Virtua Racing était déjà dépassé par des jeux nettement plus aboutis, tant au niveau du gameplay que de la réalisation (on citera Ridge Racer d'un côté et surtout Daytona USA de l'autre) comme vous le savez, à l'époque les jeux console avaient toujours un train de retard afin de justifier la sortie des jeux d'Arcade (un phénomène dont le déclin sera amorcé avec l'arrivée des PlayStation et Saturn). Ceci dit, j'ai toujours été fasciné par Virtua Racing : son Flat Shading (3D non texturée) parfaitement maitrisé, un jeu nerveux au pilotage Arcade... même si ce n'est pas mon titre préféré, j'ai toujours apprécié ce premier succès du Model1. Et s'il y a une machine que j'ai toujours respecté, c'est bien la 32X. J'ai toujours cru qu'avec son Hardware à base de processeurs SH-2 (32-bits), cette petite merveille de technologie aurait pu être le prolongement vivace de ma chère Mega Drive. Ceci dit avec le temps, et au fil des tests que j'ai réalisé, c'est la désillusion, mais à sa sortie, j'y croyais dur comme fer ! Virtua Racing version 32X est un peu la version "plus plus" de ce jeu qu'on connait bien avec en premier lieu, une réalisation tout à fait correcte. Bien entendu on n'atteint pas encore l'aspect propre et parfaitement maitrisé de la version Arcade, mais on s'en rapproche indéniablement.


Commençons par
La puissance du 32X a donné vie à une superbe version ! Rapide, fluide et coloré, le jeu est techniquement une réussite !
le contenu, où on retrouve naturellement celui de la version d'origine et où (version ++ oblige) on a quelques nouveautés, à commencer par 2 nouveaux véhicules : la Formule 1 est toujours disponible, et nous avons désormais le Stock Car (moins performant, moins rapide donc un peu plus facile à conduire) et le Prototype (avec une accélération moins forte mais une meilleure vitesse de pointe). Evidemment les 3 véhicules ont un maniement bien différent les uns des autres, le "proto" étant sans doute le pire des 3, la Formule 1 étant la plus équilibrée. La jouabilité a toujours été Arcade dans ce jeu, elle n'a jamais été réaliste. Et 2e bon point pour ce portage, la prise en mains a été revue et corrigée. Certes le jeu n'a toujours pas vocation à être réaliste (un virage se prendra de la même manière à 150 comme à 300km/h) mais en attendant, la jouabilité est bonne, très bonne même ! Bien sûr on reste sur du tout numérique à savoir que la croix du pad Mega Drive ne remplace pas la finesse d'un stick analogique (et encore moins d'un volant) et les touches n'ont pas ce côté progressif que peuvent avoir des gâchettes (ou un pédalier). Ceci dit la prise en mains est très bonne et avec très peu d'entrainement, on enchaine les sans-fautes, rendant ainsi le jeu naturellement plus abordable en terme de difficulté. On dispose de 4 vues sélectionnables en plein jeu (3 vues extérieures et 1 intérieure), le choix entre boite auto et manu, ainsi que 3 modes de jeu : Championnat, Time Attack et VS (pour jouer à 2). L'autre bonne nouvelle, c'est qu'il y a désormais 5 circuits : les 3 d'origine plus 2 nouveaux (Highland et Sand Park). Ces derniers sont tout de même moins travaillés que les 3 circuits originaux mais ils apportent tout de même une belle plus-value. Il y a même de nouvelles bifurcations sur les circuits (comme sur Bay Bridge), où un tronçon a été ouvert par rapport à la version Arcade. Si on perd le "Single Race" (nommé Free Run) de la version Mega Drive (ce qui est bien dommage), par contre on retrouve le mode 2 joueurs en écran splitté, un multi de bien meilleure qualité car il profite d'une meilleure visibilité. En parlant de visibilité, les 4 vues sont bien plus agréables qu'autrefois et permettent désormais de jouer dans une vue intérieure nettement plus lisible.


Mais le clou du spectacle
Il est vraiment regrettable de ne (toujours) pas avoir de bruitages réalistes et que les jingles "d'extend time" ne furent pas remplacer par de vraies musiques...
reste sans conteste la réalisation graphique, qui a fait un considérable bond en avant depuis la Mega Drive ! En comparant les 2 jeux côte à côte (ou en jouant comme moi, aux 2 versions à la suite) on voit très bien que le 32X est une bête de course face au SVP ! Et ça commence par le fait que les décors sont bien plus détaillés... normal, le 32X gère confortablement quelques milliers polygones par seconde, ce qui a permis à l'AM2 (encore une fois à la tâche sur ce portage) de se sentir moins à l'étroit et d'offrir une adaptation plus proche que jamais de l'Arcade. L'add-on permet aussi un sérieux gain en matière de couleurs. Certes Virtua Racing n'est pas le jeu le plus coloré qui soit, mais la version Mega Drive était si terne et granuleuse, que la différence avec celle-ci saute aux yeux. Enfin sur l'épineuse question du framerate (qui autrefois n'atteignait que rarement les 15 fps) sachez qu'ici le jeu est nettement plus fluide. Avoisinant facilement les 30 fps, c'est fluide en (quasi) toute circonstance. Un détail quand même : en jouant aux 2 opus à la suite, il me semble que la version Mega Drive soit un petit peu plus rapide. Cependant, je félicite SEGA et son AM2 d'avoir sacrifier un peu de sensations de vitesse afin de récupérer une maniabilité plus "propre" et surtout d'offrir un framerate plus constant et plus élevé, rendant ainsi l'affichage bien plus agréable à regarder. Techniquement c'est donc une grande réussite : fluide, rapide, coloré, avec un meilleur clipping aussi (la distance d'affichage est plus lointaine)... au final il n'y a (une fois encore) que le son qui pêche. En effet, les moteurs font des bruits de tondeuses à cheveux (bien court sur les côtés merci :), et c'est tout sauf réaliste : pour la F1 passe encore, mais vous comme moi savons que les Stock Car font de gros bruits bien "velus" !! En clair, on ne ressent à aucun moment la puissance qui (théoriquement) se dégage de ses vrombissants moteurs en V. Enfin les jingles n'interviennent qu'au passage d'un "extend time". C'est un peu dommage car au fond, les compositions ne sont pas mauvaises mais elles s'arrêtent inexorablement, pour reprendre moins d'une minute après. Au final, il aurait mieux valu avoir une "vraie" musique de fond, après tout on n'est plus sur Arcade mais bien sur une console de salon.



   

Comparatif entre les versions Arcade (à gauche), Mega Drive (au milieu) et 32X (à droite)



Si Virtua Racing Note
est un titre mythique sur Arcade, et qu'il fut une grosse déception (malgré la prouesse technique) sur Mega Drive, il semblerait que nous tenions enfin la première bonne conversion de ce hit ! Alors je tiens à préciser que le jeu n'est pas non plus une œuvre d'art, il ne l'a jamais été. On est loin de Ridge Racer ou de Daytona USA, mais Virtua Racing est le premier jeu de courses en véritable 3D et il a pour lui un indescriptible charme. Accompagnant les lancements américain et européen du 32X, ce Virtua Racing Deluxe est un excellent portage. Tout d'abord il prouve que l'add-on 32-bits de SEGA en a dans les circuits avec une 3D "propre", colorée et surtout un framerate assez fluide et constant pour rendre les courses nettement plus agréables que sur Mega Drive. Ensuite cette version "luxe" apporte 2 nouveaux véhicules et 2 nouveaux circuits, avec en sus une prise en mains revue et corrigée, qui rend les courses bien plus souples et conviviales. Et n'oublions pas le mode 2 joueurs (qui est "praticable" cette fois). Bref, Virtua Racing sur 32X est une réussite. Maintenant je vais pondérer un peu en avouant que malgré ses 5 circuits et ses différents modes de jeu, le contenu reste assez pauvre. On ne va pas se leurrer, ça reste un jeu d'Arcade où à l'origine, on était censé jeter des pièces dans une borne, histoire de se friter avec les potes. En gros, vous ne passerez sûrement pas des heures devant l'écran (en restant sur 32X, BlackThorne est mieux placé pour ça :). En attendant, si vous voulez la première "vraie" bonne adaptation du hit de SEGA, elle est ici et nulle part ailleurs ! Les graphismes sont beaux (ça reste du Virtua Racing, ne vous attendez pas non plus à des miracles), c'est suffisamment fluide et jouable pour s'éclater pendant un temps. En somme, SEGA vient de réaliser l'impensable et dote sa 32X d'un line-up occidental vraiment intéressant.



Test réalisé par iiYama

aout 2007 (mise à jour : aout 2020)