ToeJam & Earl (MD)

 







Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : octobre 1991
Développeur : Johnson Voorsanger Productions (ToeJam & Earl Productions)
Editeur : SEGA
Genre : exploration

Support : cartouche de 8Mb
Version testée : Française
Voix dans le jeu : US
Textes à l'écran : US

Difficulté :
Multi-joueurs : 2 joueurs
Prix au lancement : 400Frs






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ToeJam & Earl









Si vous trouvez
De l'humour à gogo avec des textes fendards, des voix délires et des mimiques hilarantes
les jeux actuels, comme ceux de l'époque, un peu trop "formatés" et convenus, penchez-vous un instant sur ToeJam & Earl. En 1991, alors que la Mega Drive peinait un peu à trouver sa place sur le marché, ToeJam & Earl apportait un vent de fraicheur et d'originalité à tous ces jeux d'action et de plate-formes. Earl et ToeJam sont 2 extra-terrestres sympas et au look décontracté, qui traversent la galaxie à bord de leur vaisseau. Mais voilà qu'un astéroïde va littéralement pulvériser leur astronef, au point de les forcer à atterrir... sur Terre (enfin sur Terre, il faut le dire vite tant les niveaux sont peu ressemblants, sans parler des étages). Voilà donc nos 2 héros gaffeurs, partis retrouver les 10 pièces de leur vaisseau, afin de retourner sur Funkotron (leur planète) et quitter ce monde complètement fou ! Earl ressemble à un casimir orange et bien gras, mangeur de pizzas, lunette de soleil sur le nez, l'air cool à la "surfeur winner" mais l'intelligence du propos en moins (il suffit de lire ses répliques). ToeJam quant à lui est un tripode rouge (oui, il a 3 jambes et 3 pieds !), avec 2 yeux globuleux mais un style hiphop chébran, casquette à l'envers et pendentif aux initiales de série. Autant dire que 2 andouilles comme ça, bien losers comme on les aime, on n'en croise pas tous les jours. Ce qu'il y a de bon dans ce jeu, c'est tout d'abord l'humour. Nos 2 aliens ne ratent pas une occasion pour balancer des âneries ou des mimiques super rigolotes. Idem pour des ennemis particulièrement déjantés, à la fois dans le look, l'attitude ou des voix digitales totalement absurdes (les fantômes bougi-bougi ou les savants fou sont à mourir de rire :). L'autre bon point du jeu, c'est que l'intro va nous présenter les personnages mais aussi leur mésaventure au cours de scénettes animées. Comme on parle ici d'un jeu Mega Drive, évidemment il ne fallait s'attendre non plus à un grand scénario, ni à une grande mise en scène, et pourtant, cette sympathique intro (qui vous décrochera déjà quelques sourires) a le mérite d'exister, au lieu de baser tout le développement de la trame sur quelques lignes écrites vite fait dans la notice (ce qui était malheureusement trop souvent le cas à cette époque là).


ToeJam & Earl
Les cadeaux sont originaux et la génération aléatoire des maps est excellente pour la rejouabilité
est un jeu d'exploration en vue inclinée de dessus (comme Zelda III) où on contrôle nos bizarroïdes bestiaux venus de l'espace. Il est possible de jouer seul (soit avec ToeJam, soit avec Earl) ou de jouer à 2 en coop'. Entre les 2 personnages les différences sont minimes mais existent : ToeJam est plus rapide mais possède moins de santé que Earl, qui lui, est plus lent. Si en solo on s'accapare naturellement tout l'écran, en duo les développeurs ont eu l'intelligence de splitter horizontalement l'écran. Ainsi chacun peut partir de son côté, afin d'explorer plus vite les zones. Car dans ce jeu, le but est de retrouver les 10 pièces du vaisseau, mais elles sont éparpillées un peu partout et ce, sur diverses maps. La génération des maps peut-être aléatoire (Diablo n'a rien inventé !), ou plus simple, prédéfinie (ainsi il est plus facile de mémoriser les emplacements clés). A chacun niveau il faudra donc trouver l'ascenseur qui vous mènera jusqu'à l'étage supérieur et le cas échéant, la pièce du vaisseau qui traine dans le coin (il n'y a pas une pièce de vaisseau systématiquement à chaque niveau). Plus fourbe, il arrive parfois qu'il faille sauter dans le vide, afin d'atteindre une zone autrement inaccessible de la map précédente. D'ailleurs, il se peut que des ennemis nous poussent dans le vide, auquel cas on remontera seul jusqu'à retrouver son coéquipier (en solo, la question ne se pose pas). Car c'est une loi du titre : chaque étage ne peut être monté qu'en présence des 2 aliens. Malheureusement, ToeJam & Earl accuse aussi quelques écueils. Par exemple il n'y a pas de mini-map, il faut presser la touche C pour l'afficher en plein écran, et ainsi bloquer même le second joueur (je regrette que l'affichage de la map ne se fasse pas sur notre propre moitié, histoire de ne pas gêner la progression de l'autre joueur). Autre détail, Earl et ToeJam sont particulièrement lents à se mouvoir, surtout dans notre version 50hz. Ainsi l'aventure peut aussi bien durer une poignée d'heures (en moyenne 3 heures si tout va bien) ou devenir un enfer dont on ne voit plus le bout. C'est aussi ça le revers d'une génération aléatoire des maps (même si c'est toujours bon pour la rejouabilité). Mais nous ne blâmerons pas le jeu pour si peu.


Earl et ToeJam
La réalisation graphique n'est pas brillante, même pour de la Mega Drive... par contre la bande-son est géniale !!
récupèreront de la santé en mangeant tout ce qu'ils trouvent (ou en perdront avec des aliments avariés) et surtout ils emmagasineront des cadeaux. Si la plupart du temps on ne sait pas ce qu'ils cachent, le résultat est souvent surprenant. D'un leurre pour attirer les ennemis à des ressorts qui nous permettent de sauter un précipice, de botte-fusées qui nous font tracer comme des dingues à des ailes qui nous permettent de voler (!), d'une porte qui nous téléporte à un autre endroit de la map au cadeau qui nous ramène à notre pote... autant dire que les surprises portent bien leur nom. Tout aussi original, les ennemis sont peu variés mais assument un design original et une certaine folie. Déjà évoqué, les savants sont maboules, les nuées d'abeilles nous poursuivent et nous poussent dans le vide, les cupidons inversent les commandes, les vahinés nous font danser et nous figent quelques instants, dans leur boule les hamsters nous écrasent (d'ailleurs il faut marcher en silence pour ne pas réveiller ceux qui dorment)... bref, l'humour est bien là. Techniquement, c'est là que le bas-blesse. Tout d'abord la jouabilité est lourde, nos personnages sont lents, et c'est souvent tout l'inverse des ennemis. Mais le pire restent des graphismes très en deçà des capacités de la console. Les couleurs sont assez fades, les maps se ressemblent toutes, les décors ne sont pas tellement détaillés et surtout, les animations sont super hachées. Si on ne renie pas l'aspect humoristique des mimiques, difficile pourtant de trouver les animations fluides. C'est un peu dommage même si le jeu n'en est pas moins bon. Par contre, là où ToeJam & Earl assure à fond, c'est sur la bande-son. Avec des musiques très funky, très hip-hop ou jazzy-rap, la Mega Drive nous surprend avec des compositions très originales et surtout, de bonne qualité (ce qui était rare sur cette console, malheureusement). Mieux encore, si les bruitages sont assez banals, les voix digits elles, sont fantastiques ! Encore une fois la qualité impressionne et l'humour bat son plein avec des expressions drôles à souhait.



Même 20 ans Note
après sa sortie, ToeJam & Earl reste l'un des titres les plus originaux et les plus marrants à jouer. C'est vrai, il est loin d'être parfait car il est lent, pas beau, mal animé, répétitif, il n'y a pas de sauvegarde ni de passwords, il n'y a pas non plus de traduction des textes, ce qui aurait pu donner encore plus d'impact aux blagues hilarantes qu'ici les anglophobes ne comprendront pas. Et pourtant, j'ai moi même été surpris. A l'origine c'est une idée d'Aquel de le tester et j'avoue que de prime abord, je n'étais pas très emballé. Cependant après quelques minutes à peine, et quelques éclats de rire plus loin, je reconnais qu'il avait raison. D'ailleurs je vous conseille d'y jouer à 2, car même si on y perd en lisibilité, le jeu n'en est que plus marrant. Bref, un excellent titre de JV Productions (Johnson Voorsanger Productions, qui deviendra très vite ToeJam & Earl Productions), une sympathique découverte qui, malgré le nombre d'années qui séparent sa sortie (1991) de notre test, aura été une très belle surprise.



Les -

  • La carte est pratique mais vraiment mal gérée
  • Une jouabilité lourde, accentuée en 50hz
  • Un rendu graphique vraiment bof-bof
  • Les +

  • Un grin de folie particulièrement bienvenu
  • Une bande-son originale et de qualité !
  • La génération aléatoire des maps
  • Un humour potache mais génial
  • Un bon mode coop'


  • Test réalisé par Aquel & iiYama

    septembre 2012