Streets of Rage 3 (MD)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son

Note (version US/EU)
Note (version JAP)


Sortie du jeu : juin 1994
Développeur : SEGA
Editeur : SEGA
Genre : beat-them-all

Support : cartouche de 24Mb
Version testée : Européenne (PAL) et Japonaise (NTSC)
Voix dans le jeu : ?
Textes à l'écran : US (pour la version EURO)

Difficulté (version US/EURO) :
Difficulté (version JAP) :
Multi-joueurs : 2 joueurs simultanément

Abréviations : SOR III / SOR 3
Titre alternatif : Bare Knuckle 3 (JAP)
Prix au lancement : 400Frs


Aussi disponible sur :








Les sites partenaires :





_________________________________

Pages vues (depuis avril 2016)




Visiteurs uniques (depuis avril 2016)

Streets of Rage 3









2 ans après
Les versions EURO/US et JAP sont très différentes. Par exemple cette image est totalement absente de la version occidentale
le magnifique Streets of Rage 2, SEGA est en manque d'argent et d'idées par la même occasion, il nous pond alors un 3e épisode de sa célèbre licence de beat-them-all. Si Golden Axe est marrant à jouer, il faut tout de même reconnaitre que techniquement les 3 épisodes sont à la ramasse. Et justement, avec Streets of Rage, SEGA a toujours su tirer le meilleur de sa console 16-bits, en alliant un bon gameplay à une réalisation qui faisait vraiment honneur au support. Ce qu'il faut savoir en premier lieu, c'est que ce 3e opus n'aura pas mis longtemps à arriver en Europe et aux Etats-Unis (car comme d'habitude, tout l'occident profite d'une même version) puisqu'il n'aura mis que 3 mois à sortir. Mais nous allons le voir tout au long de ce test, beaucoup de choses ont été modifiées et encore une fois, la version japonaise s'avère de bien meilleure qualité (d'où la double notation). On commencera par l'intro qui, chez nous, se résume à 3 fois rien. Mr X est de retour et fait colporter de drôles de rumeurs sur le compte d'Axel. De plus des bombes ont été placées un peu partout en ville, elles peuvent sauter à tout moment et certains pontes de la ville sont remplacés par des cyborgs. Bref, c'est une drôle de soupe que nous livre SEGA mais les développeurs ont cherchés à véritablement scénariser leur jeu. Ainsi entre chaque chapitre nous avons quelques images avec des dialogues. Du côté de la version japonaise, nous avons une intro plus longue et surtout quelques changements. Tout d'abord les phases de dialogues entre personnages profitent de quelques bruitages ambiants (au lieu du vide de la version US/EURO), on ne parle plus de bombes mais d'un gaz mortel et le général Petrov a été remplacé par le chef de la police. Un détail certes mais déjà ici, on se demande pourquoi avoir opérer de telles modifications. Dans tous les cas, Streets of Rage 3 propose 4 fins différentes. En "facile" le jeu s'arrête au niveau 5 et vous obtiendrez une mauvaise fin. Il faut donc jouer en "normal" ou en "hard", pour débloquer les niveaux 6 et 7, et selon vos choix et vos compétences (arriver à sauver le chef de la police et/ou tuer le boss final en temps imparti) vous pourrez accéder aux épilogues 2 à 4, le meilleur étant celui où on sauve tout le monde, bien entendu.



Le jeu commence
SEGA a cherché à plus scénariser cette suite. L'idée est louable, même si le jeu ne va pas au bout des choses
et on aura comme dans Streets of Rage 2, 4 personnages à disposition. Le scénario nous fait une cabriole pour évincer Max (le balèze de l'épisode 2) afin de nous imposer Zan, un cyborg qui a trahi Mr X afin de nous aider. Entre nous, j'aurai vraiment préféré rejouer Max ou encore mieux Adam (la black du premier épisode) car Zan est un personnage merdique. A côté de ça on retrouve Axel, la jolie Blaze et le jeune Skate. Il y aura également 2 persos cachés et jouables via une manip' : le kangourou Roo (nommé Victy au Japon) et le très puissant Shiva (le garde du corps de Mr X). Oui un kangourou, je sais, le ridicule ne tue pas et la crédibilité du jeu en prend un coup. Niveau gameplay, les développeurs ont repris toute la base de Streets of Rage 2 et l'ont agrémenté de quelques nouveautés. Par exemple on pourra faire une esquive en profondeur, il y a de nouveaux coups (comme Axel qui est désormais capable de sauter et de frapper avec ses genoux) mais aussi et surtout de nouveaux pouvoirs. C'est pas grand chose mais chaque perso aura une arme de prédilection (par exemple Blaze c'est le couteau) et il lui sera alors possible de réaliser une attaque spéciale et particulièrement puissante. A côté de ça, les armes sont désormais friables, voire fragiles. En effet le couteau ne peut servir que 2 fois, et à peine plus pour le sabre ou la batte. Oui, c'est une idée saugrenue qui rend les armes bien moins utiles qu'auparavant. D'ailleurs en frappant normalement on jette cette même arme alors qu'avant il fallait réaliser une combinaison de touches pour s'en débarrasser. Encore une mauvaise idée à mettre au compte de cette suite. A noter aussi qu'en version japonaise, les armes ont leur propre jauge de vie, alors que chez nous cette indication a purement et simplement disparue. Autre nouveauté (sympathique cette fois), si l'utilisation des pouvoirs consume toujours notre barre de vie, une petite jauge annexe, qui se "recharge" avec le temps, nous permet d'utiliser un pouvoir de temps en temps, sans que ça ampute notre santé. Un bon concept car il faut l'avouer, dorénavant les pouvoirs consomment beaucoup de santé, trop peut-être, d'autant que leur efficacité est parfois à revoir. Sans quoi ça reste du Streets of Rage 2+, comprenez par là qu'on joue à cette séquelle exactement comme dans le second opus.



Niveau difficulté,
Le gameplay est repris de Streets of Rage 2, agrémenté de quelques nouveautés. Par contre on aurait préféré jouer Max ou Adam à lieu de Zan...
alors savoir pourquoi mais SEGA s'est mis en tête que Bare Knuckle III (la version japonaise donc) était soit disant trop facile. Résultat notre version occidentale a été durcie... un peu trop même ! Les ennemis sont très résistants, ils sont agressifs, leurs coups font vraiment mal... en clair chez nous le jeu est très difficile ! Pour avoir joué aux 2 versions (EURO et JAP) je peux vous dire que la version japonaise était en fait bien équilibrée (un peu dure en solo, plus abordable en duo) alors que la version européenne est simplement abusive ! De plus, on nous impose parfois des épreuves inéquitables, avec par exemple des lasers qui nous massacrent (et pas les ennemis, comme par hasard !) ou pire encore, ce passage où on est poursuivi par un bulldozer et où on doit détruire des murs atrocement résistants. Bref, dans la version occidentale les vies fondent comme neige au soleil, au point que ça en devient vite lassant. D'ailleurs, on ne profitera pas d'un autre nouveau concept du jeu à savoir qu'à force d'utiliser un pouvoir, ce dernier s'upgrade. Super vous dites vous, malheureusement les upgrades disparaissent à chaque vie perdue. Autant dire que vous n'en profiterez quasiment jamais. Au rang des graphismes, encore une fois, on se demande pourquoi SEGA a opéré de tels changements. Si le boss "so gay" du premier level a disparu (ça on peut le comprendre vu le ridicule du personnage et son attitude quelque peu offensante pour la communauté homosexuelle), pourquoi la version occidentale est-elle salie par de telles couleurs ? En effet, chez nous Axel est habillés en jaune poussin et pantalon noir (c'est moche), Blaze porte une robe grise et déprimante (une sortie d'enterrement peut-être...) et la plupart des ennemis possède des couleurs criardes, limite fluo. C'est idiot car au Japon, Axel et Blaze sont habillés comme dans l'épisode 2 (classe en somme) et les couleurs semblent plus rationnelles. De même, la nudité et la jolie petite culotte de Blaze ont été minimisées au maximum chez nous. A croire qu'on n'était pas assez mûrs pour "en voir autant". C'est vraiment n'importe quoi. Bref, pour en revenir aux graphismes, c'est sûr qu'il aurait été vraiment difficile de faire mieux que Streets of Rage 2, tant le niveau est élevé, presque inégalable. Mais ce 3e chapitre fait presque honte au support. Comprenez bien que les sprites principaux sont presque intégralement repris de l'épisode 2, et que pire encore, la plupart des ennemis sont repris à l'exact ! Mais ça encore ça passe, non le problème c'est qu'il faut voir la gueule des décors pour vraiment se rendre compte que SEGA a cruellement manqué d'inspiration pour ce jeu.



Les décors
La réalisation a beaucoup régressé depuis l'épisode 2 mais le pire reste sans conteste les musiques, qui sont absolument abominables !!
sont vides, granuleux, le design est sans génie, les niveaux sont plus longs que d'habitude mais aussi bien moins variés, il n'y a aucun effet pour flatter la rétine... en somme, à part le fait que la console gère bien un écran souvent submergé d'ennemis, il est clair que Streets of Rage 3 est une déception technique. Côté son, les développeurs ont eu la bonne idée de reprendre la panoplie de bruitages déjà créés. En effet, issus du second opus, les bruitages claquent et dynamisent énormément l'action. C'est un vrai plaisir de faire valser les dentiers des ennemis ! Cependant, le bonheur sera de courte durée car la qualité des digitalisations s'est grandement amoindrie d'un épisode à l'autre. Les samples sont cracheux, parfois dégueulasses, comme s'ils sortaient d'un autre temps. Pire, la version européenne a reçu un tout nouveau panel de voix digitales, souvent à l'inverse de ce qu'on connait. En effet, il faut jouer à la version japonaise pour retrouver les mêmes expressions que dans Streets of Rage 2, à croire que SEGA a tout fait pour saborder le jeu chez nous. Mais le fin du fin, le summum de la critique, la cerise sur le gâteau, reste sans équivoque les musiques. Toujours composées par Yuzo Koshiro, nous avons entendu à cause de lui, sans doute la pire bande-son de la console ! Se vantant d'avoir imaginé un algorithme qui permet de créer aléatoirement des morceaux de techno, le bougre n'a pas réfléchi que d'abord il ne se donnait pas la peine de composer lui même ses musiques et surtout, que le résultat final est vraiment archi-mega-pourrave !! Nous avons donc de la techno de bas-étage, composée à la presse hydraulique et souvent très très très répétitive (le morceau se répétant toutes les 5 à 10 secondes). Quelle déception ! Quand on pense que c'est cet homme qui a composé les merveilleuses bandes son du Sonic de la Master System, Revenge of Shinobi ou les 2 premiers Streets of Rage, on se demande comment le compositeur phare des années 90 a pu tomber si bas !! Comment SEGA a-t'il pu accepter d'incorporer de telles musiques à son jeu ? Et le pire, c'est que le gars n'a même pas honte d'avoir son nom sur l'écran titre, le désignant comme le compositeur du jeu. Mais avec un tel rendu, il y a de quoi être mort de honte !! C'est vraiment de la merde, DE LA MERDE...




Vous l'aurez Note (version US/EU)


Note (version JAP)
sans doute compris, ce Streets of Rage 3 est loin d'égaler le 2. Et dire que ce dernier a touché la cîme de l'art ludique, qu'il est vite devenu l'une des grandes réfèrences du genre, cette suite est lourdement retombée au sol au lieu de pérenniser un savoir-faire et une ambiance unique. De plus j'en parle tout au long du test, mais la version japonaise est de bien meilleure qualité. Si on ne comprend plus les textes écris (mais est-ce si important ?) au moins on profite d'une intro plus longue, d'une scénarisation plus aboutie, d'une difficulté plus équilibrée, d'un jeu de couleurs moins criards, des meilleures digitalisations... bref d'un titre mieux fini. Pourquoi SEGA s'est-il mis en tête d'apporter tous ces changements, totalement absurdes et dispensables, qui font clairement baisser la qualité globale du jeu ? Je vous conseille donc vivement de prendre la version nippone. Maintenant, quelque soit l'origine du jeu, on ne pardonnera que difficilement une bande-son à chier (on regrette de ne pas pouvoir couper les musiques !), une réalisation bien en deçà des capacités d'une machine en fin de vie, ainsi qu'un flagrant manque d'inspiration avec des personnages trop proches de l'épisode précédent et surtout des ennemis repris à l'exact, preuve que SEGA ne s'est vraiment pas foulé. C'est vraiment à se demander à quoi à bien pu servir cette "grosse cartouche" de 24Mb... En marge de tous ses défauts (et Dieu sait qu'il y en a !), Streets of Rage 3 reste un beat-them-all sympathique, je dirai même un cran au dessus de la plupart des titres en concurrence. C'est sans doute là sa plus grande force car après un Streets of Rage 2 tellement puissant et bien réalisé, on s'attendait tous à un épisode 3 au moins aussi bon. Quelle ne fut pas notre déception...



Test réalisé par Aquel & iiYama

aout 2006 (mise à jour : avril 2013)