Sonic CD (MCD)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : novembre 1993
Développeur : SEGA (Sonic Team)
Editeur : SEGA
Genre : plate-formes

Support : 1 CD
Version testée : Euro
Voix dans le jeu : US
Textes à l'écran : US

Difficulté :
Multi-joueurs : non
Prix au lancement : 350 Frs
Score des ventes : 1.5 Millions


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Sonic CD

The Hedgehog



Pour mon premier
L'intro (comme les fins) est superbe. Le Mega-CD est bien exploité malgré un gros fenêtrage
test Mega-CD, je me devais de commencer par l'unique opus de Sonic sur le premier support amovible de SEGA. Sorti un an après Sonic 2, notre Sonic CD reprend pourtant la base du premier Sonic Mega Drive : l'ambiance graphique y est sensiblement la même (surtout au début du jeu), le sprite du héros bleu aussi, tout comme le contrôle (encore que là, il est normal qu'un Sonic se joue comme un Sonic). L'histoire par contre, est un peu plus complexe que celle des 2 derniers opus : une fois par an, une petite planète s'approche du lac Never Lake. Appelée "Planète des Miracles", le temps s'y contrôle avec liberté et gît sur sa surface des pierres aux étranges pouvoirs, les Time Stones. C'est pourquoi ce bon vieux Dr Robotnik (nommé Dr Eggman aux Etats-Unis) a fixé via une énorme chaine, la petite planète à sa montagne. Evidemment il veut retrouver les Time Stones et suite aux cuisantes défaites qu'il a subi lors des 2 précédents épisodes, il veut aussi se venger de Sonic. Mais ce n'est pas tout : Metal Sonic fait son apparition et il ne manque aucune occasion de mettre notre héros en boule, c'est pourquoi il kidnappe l'une de ses plus grande fan, Amy Rose (qu'on découvre avec ce jeu). Bon le scénario est un peu bidon (après tout on s'en fout, c'est un jeu de plate-formes) mais ce sera l'occasion pour SEGA d'offrir un véritable dessin-animé en guise d'intro. Rythmé et admirablement bien dessiné, ce petit animé ouvre le bal d'une belle manière et nous prouve que le Super-CD² de NEC n'est pas le seul support à nous régaler de ce genre de bonus. Evidemment le framerate est assez bas (de l'ordre de 15 images/sec), le son est mono, l'image est fenêtrée (de l'ordre de 50% de l'écran) mais que voulez-vous, le Mega-CD ne faisait pas miracles non plus. Reste que le support est bien exploité puisque contrairement aux autres jeux, les couleurs ne bavent pas et la pixellisation est assez discrète. La Sonic Team a donc trouvée la bonne solution pour avoir des vidéos de qualité. Question bonus, ils ne sont pas faciles à trouver : en fait en débloquant le sound-test, on peut taper des sortes de codes qui permettent d'obtenir le sacro-saint "mode debug", mais aussi un bonus-stage inédit et 5 planches d'artworks (pour savoir comment faire, rendez-vous sur n'importe quel site de trucs & astuces).



Voici une image du level bonus inédit

Et le fin du fin,
Les petites nouveautés de gameplay sont sympas mais les nouveaux bonus-stages sont franchement nuls et les passages temporels auraient mérité un procédé plus simple
c'est qu'il existe 2 épilogues. Le premier se dévoile si on fonce droit devant, le deuxième apparait si on trouve toutes les Time Stones et qu'on modifie le passé de chaque stage (d'ailleurs, cette "vraie" fin est particulièrement gratifiante, un plaisir). L'aventure se découpe en 7 mondes et dans chacun d'eux, il y a 3 levels. Jusque-là c'est du classique. Mais la grande nouveauté de Sonic CD, ce sont les voyages dans le temps. En fait, pour éviter que Robotnik n'ait la mainmise sur le monde, Sonic doit partir dans le passé détruire la machine qui transforme les animaux en robots. Si pour chaque monde, on arrive à libérer les 2 premiers levels, alors le 3e level passera automatiquement en "bon futur" sans quoi on affrontera le boss dans un "mauvais futur" où la nature n'a plus son mot à dire. Et pour accéder à la meilleure des 2 fins, il faudra impérativement libérer chaque monde et trouver les 7 Time Stones (ce qui revient à choper les émeraudes du chaos). Le résultat est là : si les levels sont déjà immenses, avec en plus beaucoup de chemins parallèles, en plus les 2 premiers levels de chaque monde peuvent être parcourus dans le passé, dans le présent comme dans le futur (le 3e, là où on affronte le boss, se passe toujours dans le futur). Le changement d'ambiance (graphique et sonore) apporte d'ailleurs un plus. Dans le passé la nature est reine et les ennemis sont rares alors que dans le futur, c'est pollué, les machines font la loi et donc il y a plus d'ennemis (le présent étant l'équilibre des 2). On notera aussi que selon l'époque, certaines parcelles du décor changent, certains pièges aussi, comme la position des bonus. En amalgamant on peut donc dire que Sonic CD comporte 49 levels ! C'est énorme, le support CD est encore une fois bien exploité et forcément, ça rend le jeu que plus varié. Malheureusement je trouve que le système de "passage" n'est pas pratique car il faut traverser un panneau "Past" ou "Future" et ensuite il faut courir comme un dératé pendant bien bon 10 secondes pour que le passage s'ouvre. C'est vraiment contraignant et je me demande bien pourquoi la Sonic Team nous impose un tel procédé. Pourquoi n'y-a-t'il pas un passage instantané (comme les bonus-stage de Sonic 2), ça aurait été plus simple car parfois c'est galère de courir si vite, si longtemps. Pire, il arrive qu'on change d'époque sans le vouloir. Bref, là où le concept aurait pu remporter un succès définitif, on pestera plus d'une fois sur un procédé totalement à chier et qui pourrie cette belle originalité. En reprenant le concept de Sonic 1, si on passe le panneau de fin de niveau avec plus de 50 "rings", un anneau géant apparait afin d'accéder aux bonus-stages pour évidemment, tenter de remporter les précieux cailloux. Bon je vous le dis de suite, ne cherchez à récolter ces pierres en vue de jouer un quelconque Super Sonic… dans cet épisode il n'y en a pas.



Tous les pocesseurs de Mega-CD connaissent bien ce logo
puisque c'est celui qui s'affiche à l'allumage de la console

A la croisé
Les musiques sont farfelues, bizarres et finalement assez loin des superbes thèmes dont on a l'habitude
entre Mario Kart et F-Zero, on voit Sonic de dos, courir dans des niveaux tout en mode7 où on "essaie" de détruire des ovnis dans un temps imparti. Bon, déjà les ovnis, on ne sait pas trop ce qu'ils foutent là, ensuite c'est totalement injouable, pas vraiment bien fait, hyper difficile et pas vraiment fun. Il est donc clair que ces bonus-stages sont parmi les pires qu'on ait vu dans les épisodes de Sonic sur Mega Drive, puisque même ceux de Sonic 2 (pourtant très durs) sont plus agréables à jouer. C'est dire le niveau et donc à moins de chercher les Time Stones à tout prix, vous finirez par éviter ces levels. De toute façon, il y a peu de chance que vous y arriviez car Sonic CD est l'un des épisodes les plus difficiles de la saga. Certes progressive, la difficulté devient vraiment abusive lorsqu'on course Metal Sonic et dans les levels qui s'en suivent. On pourrait aussi regretter que beaucoup de petites choses soient reprises des Sonic 1 et 2 comme les tubes de transport, les roues accélératrices, voire même une impression de déjà-vu dans le décor. La Green Hill Zone, la Marble Zone, Spring Yard, Labyrinth, Star Light, Scrap Brain… beaucoup d'éléments ont été repris de ces mythiques niveaux (quoique, j'aurai apprécié pouvoir pousser quelques objets… mais ce n'est pas le cas). Pourtant, Sonic CD n'est pas en mal d'idées neuves que je le laisse paraitre. Par exemple lorsqu'on passe derrière le décor, lorsque Sonic devient tout petit (pour mieux franchir des passages exigus) ou encore le fait de s'accrocher aux barres transversales pour mieux passer un piège, sont autant de nouveaux concepts qui seront à leur tour repris dans les épisodes suivants. On retrouve également le fameux prélancé (le spin-dash, en faisant bas + saut) découvert dans Sonic 2 (étant donné que le jeu est basé sur Sonic 1, ce mouvement bien pratique est donc nouveau). On saluera aussi l'originalité des boss et l'ingéniosité du gameplan, même si parfois ce dernier s'avère vicieux au possible (comme un bumper qui nous jette droit sur des pics). Bref, l'un dans l'autre SEGA s'en sort avec les honneurs, et même s'ils ont réinjectés pas mal de petites choses, le jeu reste suffisamment original pour séduire. Avant d'entamer le chapitre de la réalisation, il faut savoir que le jeu utilise pour la première fois dans un Sonic, un système de sauvegarde. Mais celui-ci n'est pas du tout malléable puisqu'il nous permet reprendre uniquement au premier niveau du dernier monde découvert, sans possibilité de reprendre un niveau antérieur. De plus, le système de gestion des sauvegardes n'est vraiment pas clair. Bref, tout ça manque de souplesse. Graphiquement, le jeu s'approche du premier Sonic mais offre tout de même pas mal de variété. Peut-être un tout petit peu moins beau que Sonic 2, le jeu affiche comme toujours de très belles couleurs, vives et nettes, une multitude d'effets graphiques (distorsions, rotations, zooms, cette fois gérés par le co-processeur à effets du Mega-CD) et de parallaxes. SEGA s'en ait donné à cœur joie et exploite parfaitement bien son support.


 
Un même endroit dans le présent et dans le passé

Car ce
Les graphismes sont vraiment magnifiques, faisant de cet opus l'un des plus beaux jeux du support
n'est pas un secret, le Mega-CD apporte pas mal de petits plus à la Mega Drive. Certes il ne corrige pas ses problèmes de couleurs affichables mais il reste plus puissant que la console seule, avec notamment plus de RAM, un co-processeur graphique et bien entendu un support de stockage que les jeux de l'époque n'ont jamais saturés. Et le résultat est là, Sonic CD est sans doute le plus beau jeu d'un Mega-CD mal-aimé, véritable maitre-étalon d'un support que le public a mal jugé. Les décors sont hyper détaillés (c'en est même trop par moment) et question vitesse, cet épisode est l'un des plus rapide (même si on subit quelques petites saccades, surtout en 50hz). A noter aussi que les voyages temporels modifient les couleurs : dans le passé les graphismes sont dans des tons sépia avec beaucoup de nature et de vie alors que dans le futur, l'image est sombre, les décors sont jonchés de cadavres de machines, et l'ambiance globale est plus hi-tech, plus morne. Enfin les animations sont bien plus travaillées. Rien que Sonic possède un lot supplémentaire de mimiques et d'animations, pareil pour des ennemis nettement plus détaillés. Il faut dire qu'avec le CD-Rom, ce n'était pas la place qui manquait et il est plaisant de voir que ça a servi à quelque chose. Enfin, au niveau du son, Sonic CD est un peu étrange. Les compositions, bien dans la trempe des sons Electro du début des années '90, n'accrochent pas tant que ça, car elles paraissent un peu... farfelues. Selon l'époque, la musique change donnant dans le baroque pour le passé, le classique dans le présent et l'electro bien moche pour le futur. Sans être vilaines, la qualité est là mais les mélodies sont évasives voire inexistantes. Même si beaucoup adulent cette bande-son, personnellement je trouve que c'est un choix artistique pour le moins discutable car certes c'est très original mais je n'y adhère pas du tout. D'ailleurs l'intro (comme la fin) offrira une véritable chanson en anglais. Sur le coup ça surprend et même si ça reste sympa, on est quand même assez loin des mélodies carrées et des exceptionnelles compositions de Sonic 2 (oui j'aurai préféré que ce soit plus "classique", plus dans la trempe de la série). Notez également que notre version européenne possède la même plage musicale que les japonais (composée par le duo Naofumi Hayata et Masafumi Ogata) mais pour les américains il en est tout autre avec des chansons différentes et des musiques modifiées (composées cette fois par Spencer N. Nilsen, le compositeur des exceptionnelles musiques des versions CD d'Ecco the Dolphin). Décidemment ils ne font rien comme les autres ceux-là, mais je reconnais que leur bande-son est un peu meilleure, car elle est moins extravagante. Après on retrouve la panoplie classique avec les bruitages habituels mais aussi des voix digitales, une grande première pour un Sonic sur 16-bits.



Après le Note
test du décevant Chaotix, qui sortira sur Mega Drive 32X quelques 6 mois plus tard, Sonic CD ravive ma flamme "Sonicienne". On pourra lui reprocher beaucoup de choses mais l'un dans l'autre, cet épisode s'en sort fort bien. Bien sûr on aurait aimé un jeu moins dur, une sauvegarde plus souple, un système de voyage temporel moins débile, un peu moins de recyclage ou des musiques plus dans les inspirations d'origine de la série, mais comment ne pas craquer sur cet opus exceptionnel. Avec de très beaux graphismes, agrémentés d'énormément de détails et d'effets graphiques, l'action est nerveuse, l'ambiance est sans commune mesure avec les autres épisodes de la série et les voyages temporels sont la grosse nouveauté de cet opus tout à fait unique. Et je ne serai pas le seul à vous dire que Sonic CD est un épisode qui ne ressemble à aucun autre. Malgré ces écueils, il apporte sa propre dose d'originalité et nous dévoile ce que le Mega-CD a dans le ventre, tant en terme de vidéo, que de pistes audio ou de contenu (il est clair qu'un tel jeu n'aurait jamais pu tenir sur cartouche). Bref, Sonic CD rate de peu la première marche du podium (et ce pour les raisons déjà évoquées maintes fois) mais reste avant tout l'un des meilleurs jeux du support disque de la 16-bits de SEGA.




Les vidéos et les bonus (spoil) : cliquez pour ouvrir



Test réalisé par iiYama

aout 2006 (mise à jour : juin 2011)