Silpheed (MCD)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : juillet 1993
Développeur : Game Arts
Adaptation : Game Arts
Editeur : SEGA
Genre : shoot-them-up

Support : 1 CD
Version testée : Américaine
Voix dans le jeu : US
Textes à l'écran : US

Difficulté :
Multi-joueurs : non
Prix au lancement : 350 Frs


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Silpheed









Silpheed est né en 1986 et tournait à l'époque sur PC 8801. Malgré son Hardware un peu miséreux, ce shoot-them-up était en 3D gérée en temps réel. En 1988 il fut adapté sur FM-7, puis ensuite vint divers portages, notamment PC (sous DOS à l'époque). Ce n'est que 5 ans après sa sortie origienelle qu'il est converti au format Mega-CD. Cette réédition du jeu de Game Arts améliore les graphismes et propose divers changements. C'est d'ailleurs sur Mega-CD qu'il connaitra son plus grand succès, entre autre parce qu'il sera le support avec lequel il s'exportera hors du Japon, résultat, comme Road Avenger, Silpheed est l'un de ses noms qu'on associe systématiquement à l'add-on de SEGA, alors qu'il n'en ait pas le support d'origine. Ça ne l'empêche pas d'être un titre phare qui aura marqué les esprits, comme l'un des rares jeux a avoir su réellement exploiter les capacités de son support. Seulement le Mega-CD étant incapable de gérer de la 3D en temps réel, à l'image du Starblade de Namco, c'est une vidéo qui tourne en fond. Mais attention les yeux, si Silpheed est parfois comparé au très grand Starwing, étant donné qu'il gère 80% de ses graphismes offline (contrairement au jeu de Nintendo) il en profite pour aller bien plus loin en terme de qualité visuelle et de passages fort en sensations. Mais ce qui aurait pu être le plus grand titre du Mega-CD échoue sur son plaisir de jeu. La faute à une difficulté de titan et à une bande-son vraiment pas terrible. Dommage, on tenait là un hit sans commune mesure.



Développement scénaristique

Une race belliqueuse
L'intro est magnifique !
venue du fin-fond de la galaxie, décime tous les peuples qu'elle croise sur sa route. Prochaine cible : la Terre ! Heu... oui c'est tout car on parle ici d'un bon vieux shmup, donc le scénario est complètement bidon (comme vous le voyez, il se résume en une seule ligne). A côté de ça, la mise en scène est grandiose ! Dés l'intro on en prend plein les yeux avec une caméra qui vogue entre les vaisseaux, présentant le design général de l'alliance et de ses vaisseaux. Pendant le jeu, on a 3 vidéos supplémentaires : une avant le stage 2, une au milieu de l'aventure et une avant le boss final. Ces vidéos, qui ont une mise en scène éblouissante pour l'époque, agrémentent le scénario. A noter qu'elles sont d'une qualité impressionnante, en quasi plein écran et que la fin (si vous y arrivez) est très sympa (voir ci-dessous).


La fin (spoil) : cliquez pour ouvrir



Jouabilité & Gameplay

Le gameplay du
A l'image, le dernier boss du jeu : imbattable, même en trichant :(
jeu se résume à 2 boutons et la croix. Parfaitement maniable malgré son angle de vue un peu incliné façon Raystorm, je vous conseille de jouer avec un stick Arcade (comme l'officiel de la Mega Drive) pour un confort maximum. Et puis c'est plus pratique pour éviter les flots de tirs ennemis. En parlant de tir, votre appareil ne possède qu'un seul tir par niveau. Aucune upgrade n'a été introduite, ni nouvelle arme. En fait, à l'instar du somptueux Axelay, dont les phases en pseudo-3D ressemblent un peu à celles-ci, on fait le choix de ses armes à chaque début de level, une fois le premier passé. On choisit l'arme pour le côté gauche, puis celle pour le côté droit et enfin un type d'arme secondaire. Les armes secondaires sont efficaces pour les 2 premières (les 2 suivantes sont minables) et utilisables seulement si vous possédez des "options" (sorte d'items qu'on récupère en plein jeu). Premier soucis : l'armement est un peu faiblard face à l'armada qu'on affronte et entre nous, seules 2 sur 4 sont valables. Absolument pas originales, elles nous forcent à toujours jouer avec les mêmes, ce qui peut être un peu juste par moment. Seulement voilà, le plus gros problème du jeu n'est pas là, il vient de la difficulté. Le niveau est si élevé que même finir le premier level tient déjà de l'exploit. Le jeu compte 11 niveaux, avec 11 boss plus un level final avec, on s'en doute, un boss de fin. A chaque fois qu'on essuie un tir, on ne meurt pas car notre vaisseau est équipé d'un bouclier. Chaque fois qu'on ramasse, c'est lui qui encaisse jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien et que ce soit l'explosion. Pas si dur alors, vous me direz ? En fait non, car il n'y a pas de vies et lorsqu'on meurt, on crame un continue et on recommence tout au début du niveau. Frustrant ? Attendez, ce n'est pas fini. Dès le level 3, le jeu fera tout pour que vous perdiez : tirs impossibles à éviter, ennemis qui vous foncent dessus, décors qui contient divers pièges... C'est la galère d'autant que parfois, on se fait toucher sans savoir d'où ça vient (?). Mais la cerise sur le gâteau, c'est le boss final (encore faut-il arriver jusque là !). Un boss totalement infaisable, même pour un mutant du shmup. Il accumule à lui seul tous les pièges du jeu, vous fait des crasses comme c'est à peine permis et si le combat dure trop longtemps, il vous finit avec un énorme tir de railgun qu'il est impossible d'éviter (il est aussi impossible d'y survivre). Et si on perd à ce boss, on recommence directement au début du level 11. C'est pas dégueulasse ça ? Entre nous, c'est pas des crevards chez Game Arts ? Difficile comme ça, j'avais encore jamais vu. C'est à tel point que même Gradius V et Viewpoint passent pour une promenade. Et je refuse de croire que quelqu'un ait déjà fini ce jeu sans tricher... c'est tout bonnement impossible !



L'image

Si le début
Avec sa grosse 3D, Silpheed m'a vraiment impressionné !
du jeu parait un peu fade, très vite les développeurs ont mis le paquet pour qu'on en prenne plein la vue (déjà à l'intro). Le décor de fond est entièrement en 3D Flat Shading, lu directement sur le disque un peu à la façon d'un Microcosm. Mais c'est pas pour autant qu'il n'y a aucune interaction avec le décor. Il faut éviter les pièges ou les astéroïdes, sinon c'est la collision et c'est bien là, la grande différence avec les autres jeux où le décor ne fait que défiler. A propos des vidéos, hors jeu elles sont fluides (notamment dans ma version qui est 60hz), en plein jeu le framerate est plus bas. Pas que ça saccade, c'est juste qu'avec 15 à 20 images par seconde, on trouve ça un peu moins régulier. Mais c'est pas ça qui empêchera Silpheed de vous en mettre plein les mirettes. Bien sûr ça reste de la Mega Drive, comprenez qu'il n'y a que 64 couleurs affichables et que la 3D à facettes non texturées restent simples, très aliasée (sauf pour le dernier niveau, la Terre, qui s'essaie à de la 3D texturée dont le résultat est baveux et saccadé... mais c'est le seul niveau). Avec des destroyers qui explosent sous vos yeux, des rase-mottes près des vaisseau-mères, des champ d'astéroïdes à traverser ou encore lorsqu'on évolue en pleine guerre intergalactique et épique, c'est beau et surtout c'est très très impressionnant. Pour moi qui ai toujours aimé ce type de 3D, je me suis éclaté ! Et il est normal que Silpheed aille plus loin qu'un Starwing, puisqu'il ne gère pas tout l'affichage en temps réel. Pour les sprites, le jeu mêle habilement 2D et 3D (en temps réel cette fois). Les sprites (comme les boss qui sont bien souvent petits) sont généralement en 3D (le Mega-CD apporte un regain de puissance à la Mega Drive, ce qui fait qu'elle est tout à fait capable de gérer ça sans artifice) et les tirs sont en 2D. Autre petite prouesse, le jeu s'affiche quasiment en plein écran alors qu'on aurait très bien admis qu'il fenêtre son affichage. L'angle de vue est légèrement incliné mais il n'est pas rare que cet angle change au gré du jeu, notamment lors de quelques passages à sensations. Seul petit défaut, plutôt que rester sur une vision assez plane du combat, la caméra a un peu trop tendance à virevolter et à faire des loopings. Il arrive donc qu'on distingue mal les tirs ennemis et qu'on ait mal aux yeux (nauséeux s'abstenir). Mais c'est un moindre mal face à ce qui vous attend. Remettez vous bien dans le contexte, dans l'époque (les PlayStation et la Saturn ne sont pas encore prêtes de sortir), imaginez-vous qu'on est sur console 16-bits, donc un support qui n'est pas prévu pour faire ça, et vous serez comme moi : très impressionné !



Le son

Après la difficulté,
Les musiques sont pour la plupart minables. Un gros regret:(
la 2e grosse déception vient du son. Avec les shoot-them-up, on s'attend toujours à de bonnes grosses musiques, bien rythmées et mélodieuses comme on aime, plus encore sur support CD. Et bien tout faux ! A part les musiques des niveaux 1 et 3, les autres sont pourraves à souhait (surtout celle du big boss). C'est quand même dommage, quitte à adapter un jeu, Game Arts aurait pu composer une nouvelle plage sonore (quitte à la proposer en parallèle de celle d'origine), car vraiment là, c'est minable. En cours de jeu, vos collèges vous taperont la causette (en anglais bien sûr), ce qui apportera une ambiance très Space Opera. Enfin, les bruitages sont du même acabit que les musiques : ils sont vraiment pas terribles. Les explosions sont timides, les tirs sont étouffés... décidemment si l'image est le gros point fort du jeu, on ne peut pas en dire autant d'un son mal travaillé.



Note générale

Silpheed est une véritable vitrine technologique des capacités du Mega-CD. Musique en qualité CD, FMV qui sert de décor, mélange de 3D en temps réel, de 3D précalculée et de 2D, le jeu explose tous les standards. Bien plus performant qu'un vilain Microcosm, ici les graphismes sont vraiment chiadés. Et ce n'est pas parce que le décor est lu sur le disque qu'on n'a pas d'interactions avec lui (comme c'est souvent le cas) : il faudra faire gaffe à tout dans ce jeu. Seulement voilà, aussi beau soit-il, Silpheed ne sera jamais un grand jeu comme l'a été Thunder Force IV. La faute à une difficulté sadique et malhonnête, et à une bande-son très pauvre. En d'autres termes, n'espérez pas retrouver les belles musiques qui habillent un puissant Lords of Thunder, ici on a des pistes bien pourries, de la bouillie de synthétiseur qui ne rattrape même pas l'inefficacité des bruitages. Mais là n'est pas la pire critique du jeu. Oubliez le sens même du terme "finir le jeu", car à moins d'être un robot surentraîné, c'est tout bonnement impossible. Et se dire qu'on achète un jeu dont on ne verra jamais la fin (déjà arriver à la moitié tient de la prouesse), c'est vraiment frustrant. Alors bien sûr il reste le challenge pour les hardcore-gamers en manque de difficulté, il y a cette énorme gifle technique que vont vous asséner les graphismes, mais à côté de ça, à mon humble avis, vous lâcherez très vite le pad. Et c'est bien dommage car Silpheed avait de bons côtés et qui sans ça, aurait mérité au moins 16/20. La suite, on la retrouve dans Silpheed : The Lost Planet sur PS2 et dans Project Sylpheed sur Xbox 360, mais c'est une autre histoire.


Test réalisé par iiYama

mars 2009