Mortal Kombat II (32X)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : mai 1995
Développeur : Midway Games
Adaptation : Probe Software
Editeur : Acclaim
Genre : aventure

Support : cartouche de 32Mb
Version testée : Euro
Voix dans le jeu : US
Textes à l'écran : US

Difficulté :
Multi-joueurs : 2 joueurs
Abréviation : MKII
Prix au lancement : 450Frs


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Mortal Kombat II









Dans l'univers
12 personnages jouables c'est pas mal mais on ne comprend que difficilement l'aspect incomplet de l'ancien casting
vidéo-ludique de l'âge d'or (j'aime bien cette expression), il est clair que Street Fighter II a régné en maitre. Il faut dire que la formule Capcom est si parfaite (soyons honnête) que personne ne peut oser la remettre en question. Pourtant ça n'a pas empêché les autres développeurs de sortir des alternatives, plus ou moins réussies, étant donné qu'il y avait là un énorme marché à prendre. SNK, ADK, Bandaï et bien entendu Midway, se sont lancé à fond dans une concurrence acharnée, ce qui a permis aux joueurs de l'époque, de profiter de jeux de bastons originaux et dont la plupart des noms résonnent encore dans la tête des vieux gamers. Dans le cas de Mortal Kombat II, formule "plus plus" oblige, Midway a cherché à gommer les imperfections d'un premier opus sympa mais parfois approximatif, et a bien entendu cherché à faire évoluer sa licence, développer ses idées premières, perfectionner, peaufiner son bébé de sang pour en faire un incontestable hit. Car si le premier opus a joui d'une certaine clémence, dû à l'originalité de sa réalisation et de son gameplay, récidiver sans chercher à améliorer les défauts serait à coup sûr se tirer une balle dans le pied. Mortal Kombat II est donc sorti plus ou moins un an après le premier opus (1993 sur Arcade alors que le premier opus sortait sur consoles… cette alternance de sorties en quiconque Arcade/Consoles est calqué sur les autres éditeurs) et vient poser un sérieux concurrent aux jeux de mandales dans la gueule qui font recette. Pour la petite histoire, après sa défaite Shang Tsung est allé supplier son maître Shao Kahn d'épargner sa vie. Il lui redonne santé et jeunesse, et un nouveau tournoi commence. Viennent en plus se mêler les forces du Royaume du Mal, ce qui finalement peut se révéler dangereux pour la Terre. Bref, pour nous expliquer ça, nous aurons une petite intro (abrégée sur Super Nintendo, carrément absente sur Mega Drive !), pour déboucher sur le panel des combattants. Proposant cette fois la bagatelle de 12 fighters (c'est 5 de mieux que précédemment), certains sont absents (Kano, Sonya) ce qui laisse plus de place aux petits nouveaux : Mileena, Kung-Lao, Kitana, Jax et Baraka. Petit plus, cette fois on pourra jouer avec Reptile (le perso caché de MK 1) et même avec Shang Tsung, qui a rajeunit et qui peut toujours se changer en n'importe qui d'autre. Malheureusement, si Goro a été remplacé par Kintaro (qui a la même forme mais qui est aussi moche et aussi agressif) et que le boss final est cette fois Shao Kahn (celui là même qui vous observe selon le niveau, ça nous rappelle quelqu'un d'autre), et bien il sera impossible de jouer avec. Pourtant, les boss jouables sont à la mode mais chez Midway visiblement, un boss reste un boss.


D'ailleurs, il existe
Le jeu est nettement plus jouable même si on n'atteint pas encore la perfection. Par contre en solo la difficulté est injuste
cette fois 2 personnages cachés, Smoke et Noob Saibot, qu'on ne contrôlera pas non plus. Toujours est-il qu'avec le nombre enthousiasmant de personnages, il est toujours aussi idiot d'affronter son double. Si autrefois ça cherchait à combler au maximum une durée de vie bien courte, désormais c'est inutile. Au niveau de la jouabilité y'a pas à dire, un gros effort a été consenti. En effet, Mortal Kombat II est bien plus jouable que le premier. Les coups sortent plus facilement et même si ça n'a toujours pas la "légèreté" et l'aspect carré d'un Street Fighter, y'a pas à dire la différence se ressent vite. C'est pas un mal. Côté coups spéciaux, la liste par personnage est un peu courte (généralement 3 chacun) mais les manipulations ont le mérite d'être originales. Après on retrouve la même base pour chacun, comme lors du premier épisode. Au moins comme ça, on peut prendre n'importe qui, on est sûr de savoir faire un minimum. A noter aussi que les fatalités font leur grand retour et ont même été doublées (il y en a 2 par perso). Histoire de pousser le concept plus loin, on retrouve même des babalities (transformation en bébé) et des friendships (coup amical). Ce côté délirant va jusqu'à même faire apparaitre des têtes de programmeurs sur un bord d'écran, accompagné de cris loufoques. Je suis pas fan de ce côté "super gros délire" car je trouve qu'il gâche un peu le sérieux de la licence, mais ce n'est pas non plus une grave faute de gout. Par contre, le jeu est bien plus difficile qu'avant. Si vous trouviez le premier Mortal Kombat dur, dites vous que celui-ci va vous faire souffrir ! En mode "very easy" on perd déjà des combats au premier match. La difficulté est donc encore plus déséquilibrée qu'autrefois et même si on ne subit plus de vacherie du genre "match d'endurance", chaque succès se remporte la sueur au front. Et cette difficulté vient en partie du fait que le jeu fait des entorses à ses propres règles. Par exemple notre opposant se protège en position haute mais ne tombe pas suite à un coup de pied bas, il contre nos attaques les plus puissantes pour laisser passer les siennes… en clair il triche. Du coup c'est très dur de finir le jeu (d'autant que les adversaires sont de vrais chiens enragés) car il arrive qu'on ne puisse pas en placer une. C'est dire s'il faut maitriser son personnage pour avancer car notre adversaire passe systématiquement prioritaire. Evidemment, ce contre-coup, cet aspect bien pénible ne vaut que pour le solo et comme chacun sait, le vrai cœur de ce type de jeux c'est évidemment les duels à 2 joueurs et du coup, ces considérations n'ont plus lieu d'être.


Techniquement,
La 32X est clairement sous-exploitée. C'était l'occasion d'avoir la conversion la plus fidèle de l'Arcade mais on se retrouve avec une version Mega Drive à peine améliorée
on retrouve le même type de graphismes et d'animations qu'autrefois. Toujours motion-capturé, les personnages sont superbement animés et limitent au maximum les mouvements irrationnels ou contre-nature. On notera également que les décors sont bien dans le carcan de la licence, avec en plus des personnages un poil plus grands et un poil mieux animés. On sent que l'équipe de développement maitrise bien son sujet, à tel point qu'on retrouve même des parallaxes en rotation, l'une des nouveautés technique de Street Fighter II en son temps. Maintenant, pour ce qui est de cette adaptation en particulier, il est clair que la Mega Drive accuse son faible taux de couleurs affichables. Les décors sont granuleux et plutôt fades. Mais là où c'est un peu la honte pour les équipes de Probe Software c'est que la version 32X n'apporte presque rien : on récupère l'intro et quelques babioles mais c'est tout. En fait, si on pouvait pardonner à l'adaptation du premier opus sur Mega-CD les mêmes faiblesses que la version cartouche (puisque le Mega-CD ne corrige pas les défauts hardware de cette dernière), avec la 32X il en est tout autre. En effet, l'add-on corrige le problème de couleurs et de qualité de son, or on se retrouve avec quasiment le même jeu. Cette version est donc une grosse déception et ne justifie absolument pas l'investissement supplémentaire qu'était la 32X. A noter aussi que quelque soit la version choisie (MD, 32X ou SNES), le sang et les effets gores sont tous activés… et ce sans cheat-codes. Ça fait plaisir de retrouver le jeu d'Arcade, non-amputé de ce qui fait (en parti) son attrait. Enfin au niveau du son, on retrouve ses compositions un peu étranges, pas mélodieuse pour 2 sous mais qui collent extraordinairement bien à l'ambiance et aux décors. Il y a plus de commentaires (en plus des petits coucous délirants des créateurs), et globalement plus de voix digits (c'est surtout vrai pour Lu Kang, les autres partagent à peu près le même panel de digitalisations). Enfin les bruitages semblent un peu moins dynamiques, juste un cran moins violents. Rien de rédhibitoire.



Mortal Kombat II Note
est meilleur que le premier, ce qui en un sens, n'était pas insurmontable. Mais alors pourquoi obtient-il (presque) la même note ? La raison est simple et s'appelle la concurrence. Aussi sympathique qu'il est, la comparaison n'est pas toujours flatteuse pour le titre de Midway. La même année sont sortis d'énormes monstres comme Super Street Fighter II, Samuraï Shodown et Fatal Fury Special, pour ne citer que les 3 meilleurs. Contre le hit de Capcom il est clair que le nombre de personnages jouables (précisons car en réalité il y a 4 de plus) est encore à la traine et face aux hits d'SNK, la réalisation a dû mal à suivre… que ce soit sur Arcade comme sur consoles. Enfin le solo est littéralement pourri par une difficulté titanesque et injuste. Il est donc préférable de jouer à 2 pour s'éclater, au lieu de se faire éclater. Heureusement pour lui, Mortal Kombat II profite d'une aura particulière, la même qui a su séduire lors du premier opus. La réalisation, même si elle n'égale pas les grandes pontes du genre, a encore de quoi surprendre et le gore est un plus indéniable à la série. Un gore qui est ici exacerbé et qui, ma foi, fait encore recette. Quant à cette tardive version 32X (arrivée 2 ans après la sortie sur Arcade, un an après la version Mega Drive), même si techniquement elle déçoit (puisqu'elle est bien trop proche de celle sur Mega Drive alors que la 32X est infiniment plus performante et qu'elle corrige les problèmes de couleurs liés à son Hardware), elle est sans réfléchir le meilleur jeu de combats du support... même si en soi ça n'était pas très difficile.




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Test réalisé par iiYama

mai 2007 (mise à jour : juin 2011)