La Legende de Thor (MD)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : mars 1995
Développeur : Ancient Corp.
Editeur : SEGA
Genre : aventure

Support : cartouche de 24Mb
Version testée : Française
Voix dans le jeu : -
Textes à l'écran : FR

Difficulté :
Multi-joueurs : non
Titres alternatifs : Beyond Oasis (US) / The Story of Thor : Hikari wo Tsugu Mono (JAP) / The Story of Thor : A Successor of The Light (ALT)
Prix au lancement : 400Frs


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La Légende de Thor









La Légende de Thor
L'intro est vraiment superbe. Dommage qu'on ne retrouve pas ce genre de scène tout au long de l'aventure
est un jeu d'aventure, secteur assez rarement exploité sur Mega Drive. Car finalement, après Landstalker, Soleil et Wonder Boy V, il ne reste pas grand-chose. Certains prétendent que le gameplay du titre s'apparente à un RPG mais perso, je ne trouve pas, sinon la plupart des jeux sont des RPGs à ce rythme-là ! Non, visant à copier celui qui, selon moi, reste le plus grand jeu d'aventure sur 16-bits (Zelda III puisqu'il faut le citer), La Légende de Thor se pare avant tout d'une magnifique intro. Très typée manga Japonais, on jurerait voir une séquence issue de la PC-Engine, la petite console de NEC nous ayant habitué à ça depuis longtemps. L'intro est bien expliquée et pose une histoire assez intéressante : il y a bien longtemps, Reharl était un mage porteur d'un bracelet d'or, luttant contre Agito, le porteur d'un bracelet d'argent (entre nous vu la taille du truc, je dirais plutôt que c'est gantelet mais bon…). Le bracelet d'or sert à faire le bien, quand celui d'argent sert à faire le mal (une vieille guerre qui dure depuis la nuit des temps). Mais dans la bataille, tout 2 furent vaincus par l'autre et les 2 bracelets se perdirent dans l'oubli. Mais voilà qu'un matin, le bracelet d'argent refait surface et heureusement pour les habitants d'Oasis (une île au milieu de nulle part), le bracelet d'or sera retrouvé par le Prince Ali (rien à voir avec Aladdin :). Sympa comme début non ? La scène qui nous explique tout ça est en plus très bien faite (sur Mega-CD on aurait pu avoir une intro vraiment grandiose), avec des animations propres et exploit, du texte en français (sur Mega Drive c'est hyper rare d'avoir un jeu traduit). Seul petit regret, si l'histoire se déroule au fil de l'aventure, comme dans tout jeu du même type, je regrette que d'autres scènes du même genre ne parcourent pas tous les grands moments. Mais la cartouche fait déjà 24Mb (c'était quand même assez gros pour l'époque) donc on ne va pas se plaindre et je suis sûr qu'une sortie Mega-CD, agrémentée de vidéos, aurait fait un carton (ne cherchez pas sur Internet, elle n'est jamais sortie). En tant que jeu d'aventure, on retrouve les fondements du genre. Ali possède un inventaire où il peut emmagasiner de la nourriture (qui remonte ses points de vie et de mana), des armes (épées, arbalètes, bombes…), accéder à une carte de l'île (pas vraiment détaillée mais suffisante) mais aussi sauvegarder. Si on ne peut pas faire de "save" dans les donjons (ce serait trop facile), une fois dehors on peut sauvegarder où on veut pour reprendre sa partie exactement là où on l'a laissée. Sympa, d'autant que la cartouche sauvegarde 4 profils. Notre héros du jour porte en permanence une dague à la résistance infinie. Par contre, les glaives et les épées ont une durée de vie prédéfinie, ce qui fait qu'on les utilisera avec intelligence, parce qu'elles sont logiquement plus puissantes. Pour les bombes et les arbalètes, ça va de soi, c'est le stock qui impose leur limite.


La première grande
Le jeu est super mou et la prise en mains n'a pas été optimisée. Heureusement le gameplay assure
quête de notre héros, c'est de retrouver les 4 esprits qui fusionnent avec son bracelet : Dytto l'esprit de l'eau, Efreet l'esprit du feu, Shade l'esprit de l'ombre et Bow l'esprit des plantes. Une fois ces 4 esprits en notre possession, on pourra réaliser l'une des 6 quêtes annexes, bien plus difficiles que l'aventure principale, où on pourra récupérer les 6 armes à usage infini.Pour ce qui est des esprits (je n'allais pas vous laisser partir sans vous expliquer ça), c'est en pressant A qu'on fait jaillir une boule d'énergie. Si cette boule touche de l'eau, c'est Dytto qui apparait, si elle touche du feu c'est Efreet qui apparait, etc. Et ces esprits, non seulement ils nous aident à battre les ennemis (Efreet est un sacré cogneur !) mais en plus ils nous aident à ouvrir des portes et franchir certains obstacles (il est logique que Dytto éteignent les feux par exemple). De plus, si on peut se laisser croire que le jeu est très court (6h sans les quêtes annexes) en fait certains passages ne s'ouvrent qu'avec le bon esprit. Nintendo nous fait le coup depuis longtemps avec Zelda et Metroïd et ça marche tout aussi bien ici. Question affrontements, hormis des boss assez volumineux et des énigmes pas bien compliquées si vous saisissez comment vous y prendre, le beau Ali n'est pas du genre à se laisser faire. D'une façon générale le jeu est facile (faut dire que les items revitalisants aident bien) mais on pestera quelques fois contre une prise en mains mal adaptée au pad Mega Drive. En effet, tout est question de manipulations. En pressant C on saute, en le maintenant on s'accroupit… et tout est question de combinaisons de ce genre. Le problème, c'est qu'on s'emmêle les pinceaux et certains ennemis bas (par exemple un zombie qu'on a coupé en 2) demandent qu'on se baisse avant de frapper (mais généralement on ramasse avant). Pas que c'est injouable, c'est juste que c'est peu pratique et l'utilisation du pad à 6 boutons aurait été un vrai plus pour la prise en mains (or ça ne sert à rien). Après, on reste dans le classique du jeu d'aventure avec des zones secrètes où on déniche des items de meilleure qualité, des tas de monstres à dessouder (bien qu'on peut généralement les éviter), une carte extérieure et des donjons avec des boss, des items spéciaux qui permettent d'augmenter la jauge de vie (cœur) et le rang du personnage (une sorte d'XP) ou la puissance des Esprits (sous forme d'émeraudes de couleur, une couleur par Esprit). Petite précision quand même, lorsqu'on affronte un ennemi, Ali assène divers coups qu'il enchaine tel un beat-them-all. Sur le coup ça surprend et puis on trouve ça sympa, comme si les développeurs avaient réussis à marier les gameplay de Soleil et de Streets of Rage (nous verrons plus loin pourquoi j'y fais allusion).


Techniquement maintenant,
Les graphismes sont sympas mais c'est très mal animé. Quant au son, la qualité est malheureusement mauvaise, on en attendait plus du grand Yuzo Koshiro
si l'intro laisse présager du meilleur, une fois le jeu réellement commencé, c'est un peu moins reluisant. La vue est de dessus à 3/4 (façon Zelda) et la plupart des décors sont beaux. Bien sûr il y a toujours des environnements méchamment vides (comme les plaines où c'est un peu désertique), mais ils sont compensés par d'autres vraiment réussis. J'en remets une couche sur le fait que certains boss sont imposants (comme l'araignée, le premier boss, la tête de mort ou le dragon) et que le framerate n'en souffre pas (on a par contre des effacements mais rien de grave). Mais là où le jeu est plus décevant, c'est qu'il est super mou : Ali est long à bouger et au bout d'un moment c'est énervant. On trouve vite que la manipulation pour courir (2x dans une direction) mais elle n'est pas assez pratique (une simple touche aurait été préférable afin qu'il bouge un peu son popotin). Bien sûr ça rend service à la durée de vie mais cette lenteur est vite irritante, surtout contre des boss assez vifs. Mais le pire, c'est que c'est hyper mal animé. Dans la plupart des jeux, si les ennemis sont animés à l'arrache, le héros est toujours mieux loti. Ici tout le monde est logé à la même enseigne et comme le jeu est lent, on a tout notre temps de voir qu'Ali ne possède pas la moitié des animations qu'il aurait dû avoir. Ça aurait été un jeu du début des années '90 passe encore, mais en 1994, alors que la Mega Drive va bientôt laisser sa place à la Saturn, ça passe beaucoup moins. Et pour l'audio, c'est pareil. Les développeurs se la pètent comme quoi Yuzo Koshiro a signé la bande-son (c'est un peu normal puisque Ancient Corp est son studio de développement) mais les compositions sont en tout petit nombre, elles tournent vite en boucle et sont moches. Résultat, le son nous prend vite la tête. Alors c'est vrai que le bonhomme a réalisé un travail admirable sur quelques titres de qualité (Sonic Master System, Streets of Rage, Streets of Rage II, ActRaiser, Shinobi…), mais ce compositeur que j'adulais n'a pas fait que du bon travail. D'accord les musiques sentent bon l'aventure mais la programmation du DSP de la console est miteuse et les mélodies (quand il y en a) ne sont pas géniales. On en attendait plus du génie du son electro. Et pour les bruitages, ce n'est guère mieux. Certains sont directement issus de Streets of Rage (comme lorsqu'un monstre meurt, ils ont repris la voix de Blaze qui perd une vie… c'est trop laid) et le tout est cracheux, dégueulasse au point qu'on a vite envi de baisser le son. Quand on sait de quoi est capable la Mega Drive en matière de son (Alien 3, Thunder Force IV, Sonic 2…), on ne peut qu'être déçu. On jurerait un vieux titre, puisque la qualité semble revenir du passé, de ce temps où la console nous faisait de la chiasse pour nous engourdir les oreilles (et dire qu'il y a des joueurs/testeurs qui affirment que sons et graphismes sont parfaits… c'est cela oui…).



La Légende de Thor Note
est un bon jeu. Si les graphismes ne sont pas toujours d'un même niveau, entre autre à cause d'une animation bâclée, les graphismes restent séduisants notamment grâce à certains décors (qui sont vraiment jolis) et des boss de bonne taille. Malheureusement, la partie son ne suivra pas cette bonne impression (malgré les compositions, un poil ratées avouons-le, de Yuzo Koshiro) et on montrera également du doigt une jouabilité lourde, un perso lent (ce qui est vite agaçant) et une prise en mains (à base de combinaisons de touches) loin d'être idéale. Maintenant n'allez pas croire que La Légende de Thor / Beyond Oasis / The Legend of Thor (selon le pays) est un mauvais jeu, car on en est loin ! S'il est vrai que pour un titre sorti en 1995, en fin de carrière de la console, on pouvait naturellement s'attendre à mieux, à contrario l'aventure et son ambiance sont de très bonne facture. Le gameplay est agréable, le level-design est bien pensée, la sauvegarde est pratique (car la durée de vie est plus que correcte), la difficulté est équilibrée, le jeu est intégralement traduit en français... bref c'est un bon titre. Maintenant, malgré sa tardive sortie, il n'est pas le meilleur jeu du genre sur Mega Drive (cette pole position je le réserve à Wonder Boy V) mais il n'empêche qu'il est marrant à jouer, divertissant et c'est bien ça le but premier d'un jeu vidéo non ?




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Test réalisé par iiYama

juillet 2010