Chuck Rock II (MD/MCD) -- GRAVITORBOX

 


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Notes Mega Drive

Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale

Notes Mega-CD

Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Testé sur :


Sorties du jeu : octobre 1993 (MD) - janvier 1994 (MCD)
Développeur : Core Design
Editeur : Virgin Games
Genre : plate-formes

Versions testées : Mega Drive (Euro PAL) - Mega-CD (US NTSC)
voix dans le jeu : US (MCD uniquement)
Textes à l'écran : US

Support : cartouche de 8Mb (MD) - 1 CD-Rom (MCD)
Difficulté :
Temps de jeu : 1h environ
Multi-joueurs : non
Titres alternatifs : Chuck II (US) - Chuck Rock 2
Prix au lancement : 400Frs


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Chuck Rock II

Son of Chuck



Après le succès
On passera volontiers sur le fait que ce soit le bébé qui doive sauver le père... au lieu de la maman, les scénarios de jeux étant rarement logiques :)
du premier opus, quoi de plus normal pour le prolifique studio anglais de Core Design que de développer une suite, qui verra comme auparavant le jour sur Amiga (en 1992), avant de s'exporter du micro jusqu'aux consoles (en 1993). On remarque de suite que la version Atari ST fut évincée (il faut dire que si les 2 hardwares Amiga / ST sont assez proches, le jeu lui était bien différent d'un support à l'autre), tout comme la version Acorn Archimedes (cet ordinateur n'étant de toute façon pas dédié aux jeux), Commodore 64 (cette antiquité devant bien prendre sa retraite un jour ou l'autre) mais aussi les consoles Nintendo (SNES et Game Boy). La raison est simple, SEGA a obtenu l'exclusivité du titre, voilà pourquoi il sera à nouveau développé sur Mega Drive, Mega-CD, Master System et Game Gear. Bien que très imparfait, le premier Chuck Rock avait pour lui une ambiance assez particulière et un gameplay vraiment original mais quitte à faire une suite, les développeurs ont cherchés à innover en conservant bien entendu l'univers, mais en remplaçant le protagoniste et son gameplay ventru à la portée bien trop réduite et trop peu conventionnelle. L'histoire reprend peu de temps après la fin du premier titre. A grands coups de bide gonflé à la bière et au gigot, mais aussi de pieds humides aux cors et ongles incarnés, Chuck a sauvé sa femme Ophelia des griffes Gary Gritter. En rentrant à la maison, Chuck a fait "Unga Bunga" à sa blonde et voilà que Junior vient au monde. De son côté la vie reprend son cours et Chuck senior travaille dans une usine, où armé de sa massue, il arrive à sculpter des automobiles de pierre (balèze le gars !). Un fabricant rival du nom de Brick Jagger, n'arrive à rien et devient vite jaloux des capacités de Chuck. Voilà pourquoi il l'enlève, laissant à Junior (armé de son gourdin/massue) le soin de sauver son père. Encore une fois, on ne va pas commenter la haute teneur de ce scénario digne des Flintstones, où une mère laisse à son bébé le soin de sauver son mari... Ajoutons que si la version Amiga tient encore une fois sur 2 disquettes (avec un jeu qui fait donc quasiment 3Mo) de son côté la cartouche Mega Drive ne fait (une fois de plus) que 8Mb (donc 1Mo !), ainsi toute l'intro a disparue.



Ophelia + Unga Bunga = Junior


Par contre un effort
Cette fois la version Mega-CD se veut identique à celle sur cartouche... dommage, un peu de contenu supplémentaire ne fait jamais de mal
a été fait pour l'épilogue, avec plusieurs images (fixes) accompagnées de textes, suivi du défilé de tous les ennemis du jeu. Pas mal, ça fait plaisir. Côté Mega-CD, on retrouve l'intro de la version Amiga CD32, une sorte de dessin-animé au look déjanté et à la voix-off, cette fois, nettement plus impliquée. Ainsi on comprend mieux les tenants et aboutissants de cette aventure qui se termine dans une usine de voiture, puisque sur cartouche, le manque d'intro est assez peu pardonnable pour un jeu sorti en 1993 (et puis comme je le dis toujours, quelques images fixes avec du texte, ça ne coute rien, d'autant que le boulot était déjà fait : il suffisait de reprendre celle de l'Amiga !). Si l'intro est sympa est offre une belle plus-value à la version Mega-CD, on ne peut pas en dire autant de l'épilogue. Certes si cette fois il est original (il faut dire que cette version Mega-CD a été développé par Core Design lui-même) c'est à nouveau une déception ! Expédiée comme c'est à peine imaginable, elle se veut moins longue et moins gratifiante que celle de la version Mega Drive ! C'est le monde à l'envers ! Quitte à avoir ça, je crois que j'aurai préféré qu'à l'image du premier opus, la fin soit identique à la version cartouche... Avant de se lancer dans l'aventure, un rapide tour dans les options nous permet de configurer son pad, de faire joujou avec le "sound-test" et de choisir sa difficulté (notez que les 2 supports ont le même menu, pas de favoritisme). Déjà ici on sent que les développeurs ont écouté les critiques ceci dit, sur la version Mega-CD on remarque vite l'absence des fameux passwords et pour cause : le jeu est 100% identique à la version cartouche. Une frustration dans le sens où le Mega-CD est le support idéal pour en offrir plus, exactement comme l'a fait le premier opus. Donc la durée de vie est exactement la même (aux alentours de l'heure), ce sont les mêmes niveaux, les mêmes boss... Core Design s'étant sans doute dit que le Mega-CD n'ayant pas eu le succès auquel il était promis, il n'y avait sous doute pas besoin de s'emmerder outre mesure. Ou alors ils avaient simplement la flemme, le développeur anglais n'ayant sans doute pas le même sérieux et le souci du travail bien fait du Sony Imagesoft d'autrefois, responsable de l'excellente version CD du premier opus. Alors soit, puisque les versions cartouche et CD sont exactement les mêmes, je ne reviendrai parler de leurs différences que lorsqu'il y en aura.



   

 

Sur Mega-CD la cinématique d'intro est longue et vraiment sympa



Unga Bunga II, le retour


Une fois de plus,
Le jeu n'est pas facile et son gameplay doit être maitrisé pour en tirer parti. Malgré ça, les niveaux se renouvelent bien et il est très agréable à finir
on remarque très vite que l'humour est omniprésent avec une nouvelle fois des trognes bien fendardes ! Quel plaisir de jouer à un jeu qui ne se prend pas au sérieux et n'hésite à afficher des mimiques à gogo, qui feront à minima sourire. Chuck Junior, comme vous l'aurez compris, est un bébé qui porte encore des couches, qui pleure lorsqu'on le frappe et qui sait à peine marcher (il doit avoir entre 1 et 2 ans). D'ailleurs, vous avez remarqué comme à une époque les bébés (ou plus globalement les jeunes) étaient à la mode ? Côté bébé nous avons donc notre Junior, mais aussi bébé Mario dans Yoshi's Island et bien sûr la trilogie des PC Kid sur PC-Engine. En élargissant un peu, les Tiny Toons sont aussi des gosses, on joue Simba dans Le Roi Lion, Mowgli dans Le Livre de la Jungle, Ristar est un bébé étoile, Kid Chameleon est un ado, Gunstar Heroes met en scènes des gamins, idem pour Global Gladiators et Aladdin. Bref, entre le début et le milieu des années '90, la jeunesse avait le vent en poupe et elle était très plébiscitée ! Le père n'étant plus là, et Junior étant un joli bébé à la bouille bien ronde mais à la force d'un moucheron, vous vous doutez bien que le gameplay a été adapté en conséquence. Armé de son gourdin / massue, notre bébé des cavernes frappe ses ennemis, mais aussi déplace des rochers (qui sont beaucoup moins mis en avant cette fois) afin de libérer le passage ou contrer un nouveau piège. En utilisant un gourdin, Junior aura forcément une meilleure portée que son bedonnant paternel mais très vite on s'aperçoit que le mouvement intimé par l'enfant est lent et donc, il faut souvent anticiper son attaque pour frapper un ennemi sans être toucher soi même. Couplé à une jouabilité qui, une fois encore, manque de précision et de réactivité, au final ce manque de spontanéité rend le jeu moins abordable qu'on pourrait le croire. Si la hitbox semble mieux gérée qu'autrefois et que nous avons le choix de notre difficulté, il ne faut pas croire que le jeu sera facile pour autant. Certes il n'est pas très long et la courbe de difficulté est étonnamment linéaire, ceci dit elle ne cesse d'augmenter au fil des niveaux et sur la fin, elle prend carrément le pas sur toute innovation et même agrément technique.



Amiga, l'amigo dé SEGA


Maintenant je
Chuck Rock II est un très beau jeu et l'humour est toujours aussi présent
vous rassure, même si je le trouve assez difficile sur la fin (au moins autant que le premier épisode), il n'est pas infaisable pour autant. Disons juste que vous ne le finirez sans doute pas au premier rush, et sont en cause donc cette jouabilité perfectible mais aussi des pièges vicieux et difficile à éviter, ou des ennemis qu'il faut attaquer avec un peu d'anticipation, avec le bon timing, pour éviter d'être touché. A ce propos, la version Mega-CD semble un peu mieux lotie sur le sujet avec des améliorations rares, subtiles mais qui ont leur importance, comme cet ennemi en costume de dinosaure qu'on peut cogner 2 fois sans se faire toucher (ce qui est impossible sur cartouche). Et puis comment ne pas apprécier cette aventure pleine d'humour et aux trouvailles de gameplay qui aurait parfois mérité d'être plus exploité ? De même, il est sympa d'observer que Junior ne fait pas un incontrôlable bond en arrière en se faisant toucher, ce qui évite qu'on perde (même un instant) le contrôle de son personnage. Alors que le père collectionnait les bouts de viande, de son côté bébé ramassera des bonbons (comme Zool !), en vue de gonfler le score (mais vu l'utilité de la chose -nulle donc- difficile d'avoir la "collectionnite aigue"). Autre point du gameplay, cette fois la 3e touche du pad aura son utilité puisqu'elle nous permettra de chevaucher un animal en vue de passer un piège, ou simplement de se mettre en équilibre sur le gourdin, afin de lasser passer un ennemi (ou un rocher roulant) sans être touché. L'idée n'est pas mauvaise, bien qu'un peu sous-exploitée. Enfin, après certains boss, nous avons une sorte de bonus-stage où en cas de réussite, on gagne des points mais aussi et surtout des continues. A ne pas négliger donc. Techniquement, nous sommes une nouvelle fois en présence d'une version qui est très poussée... mais pas forcément plus que celle d'origine. Sur Amiga et CD32, les graphismes sont souvent plus colorés, mais sur consoles SEGA ils sont généralement plus détaillés. Dans tous les cas le jeu est joliment coloré, contrasté, très détaillé et c'est aussi une véritable vitrine technologique du support. Chuck Rock II se veut très impressionnant quand à la maitrise parfaite du support (il faut dire que Mega-CD, Amiga et Mega Drive partagent toutes le même processeur central : un Motorola 68000). A grand coup de parallaxes, de rotations, de zooms, de distorsions, de transparences et de sprites géants (souvent des boss) qui n'en reste pas moins superbement animés, on peut le dire, cette suite en met plein les yeux !!



   

   

Comparatif entre les versions Amiga/Amiga CD32 (en haut) et Mega Drive/Mega-CD (en bas)



Durant l'âge de pierre, ce sont les bébés qui sauvent les parents (et non l'inverse)


En plus le design
Techniquement le jeu est vraiment très impressionnant par moment !
est resté fort, singulier, avec beaucoup de dégradés et un style graphique très réussi. Quasiment tous les niveaux sont beaux, mais les niveaux aquatiques et de lave restent mes préférés car ils sont clairement au dessus du lot : superbe et avec des coloris vraiment magnifiques ! L'un de mes passages préférés c'est quand on doit grimper à un arbre qui s'enfonce inexorablement dans la lave, tout en se dandinant de gauche à droite. Un passage techniquement somptueux ! Si par contre les ennemis (avec pour la première fois des humains) sont un peu moins bien animés qu'autrefois (je ne parle pas des boss mais bien de la piétaille), on a quand même le plaisir de voir qu'ils sont variés et en grand nombre (ça évite la lassitude). Le jeu ne souffre que de très rares ralentissements, mais visiblement, les développeurs aussi ont été victimes de ralentissements sur la fin du jeu : ils ont été visiblement en panne d'idées ! Les égouts puis l'usine sont d'une banalité sans nom, et en plus d'être sobrement moches, ces niveaux n'apportent aucun effet visuel et un même level design platonique au possible. On sent bien qu'on arrive sur la fin de l'aventure et que les développeurs n'avaient plus d'idées. Heureusement, avant d'en arriver là, Core Design fera montre d'une telle maitrise, qu'on lui pardonnera volontiers cette fin d'aventure en demi-teinte. Terminons comme d'accoutumé par la partie sonore qui, une fois encore, est radicalement différente entre la Mega Drive et le Mega-CD. Sur cartouche les compositions de Martin Iveson sont rigolotes, pleine de bonne humeur, et accompagnent parfaitement l'ambiance joviale et bucolique du titre. Seule la musique des boss est nullissime. Quand aux bruitages il n'y a pas de miracles : sur Mega Drive si tu n'es pas un génie de la programmation, ça ne pardonne pas ! Résultat les bruitages sont toujours aussi affreux, grésillants et de basse qualité, tout comme les quelques voix digitales qui sont bien dégueux elles aussi. Sur Mega-CD il en est tout autre : les voix ont un bien meilleur sampling, elles sont d'ailleurs bien plus nombreuses, afin de mieux "meubler" l'ambiance sonore. Les bruitages ont également été remasterisés avec succès. Enfin les musiques (cette fois composées par Nathan McCree) sont directement sur le CD, et si (comme sur cartouche) elles ne sont pas vraiment mélodieuses, elles ont le mérite de parfaitement accompagner l'aventure, avec des sonorités relativement posées et adéquates (sans parler que support CD oblige, la qualité est de mise).



Chuck Rock II est Note
un excellent jeu de plate-formes. Certains lui préfèrent le premier opus pour des raisons parfois justifiées (plus authentique), et parfois non (plus beau, plus coloré... c'est discutable). A mes yeux, cette suite est excellente parce qu'elle corrige une partie des problèmes du premier épisode comme cette portée des coups ridicules. Maintenant sachez-le, le Chuck Rock parfait n'existe pas ! Ici aussi nous avons quelques problèmes de jouabilité (ça manque de réactivité) ce qui nous oblige à anticiper nos attaques et rend le jeu moins nerveux, moins spontané. Sur la fin de l'aventure, les niveaux deviennent aussi banals que moches et sur cartouche, il n'y a pas d'intro. A contrario nous avons une superbe intro sur Mega-CD, mais une fin minable et indigne de son support, alors que sur cartouche elle est sympa comme tout. Et puis la version Mega-CD n'apporte finalement que cette cinématique et une nouvelle bande-son, puisqu'elle quasi à 100% identique à celle sur cartouche et ne prend même pas la peine d'apporter une poignée de levels supplémentaires, comme ce fut le cas auparavant. Dans tous les cas, à mes yeux la série s'arrête là car BC Racers est une grosse mer** et se veut tellement différent de ses prédécesseurs, que selon moi, il n'existe pas (c'est un peu comme si on disait que Mario Kart faisait partie intégrante de la série de plate-formes, au même titre que Super Mario World : c'est absurde !). En attendant, si cette séquelle obtient cette jolie note, ce n'est pas pour rien ! Car il est avant tout une très belle démonstration des performances de son support, avec un panel énorme d'effets graphiques parfaitement gérés et ce, sans que la machine ne dispose de puce à effets type mode7 (comme sur Super Nintendo), preuve que la Mega Drive est tout aussi capable des prouesses de sa rivale de toujours. A côté de ça, Chuck Rock II offre une aventure pleine d'humour et de bonne humeur, avec des décors très sympas, parfois même magnifiques ! Le gameplay se veut toujours aussi ingénieux et on aurait vraiment aimé un jeu plus long, histoire de profiter un peu plus des trouvailles qui y sont exposées. Chuck Rock II n'est donc pas le meilleur jeu de plate-forme de la Mega Drive et du Mega-CD mais il reste un joli tour de force technique, au service d'une aventure loufoque et fort sympathique. En somme c'est du bon Core Design, eux qui nous déjà montrés un réel savoir-faire en matière de développement.



Les -

  • Les derniers niveaux manquent de tout : level design, attrait, inspiration... on sent qu'il était temps d'en finir
  • Pas de nouveaux levels sur Mega-CD : malgré le CD-Rom, le contenu est 100% identique
  • Toujours autant de pièges vicieux et difficile à éviter
  • La jouabilité accuse encore une fois des imperfections
  • Voix et bruitages sur cartouche : affreux !
  • Sur Mega-CD la fin est vraiment minable !
  • Les +

  • Les plus-values de la version Mega-CD : jolie intro, plus de bruitages et de voix (de meilleure qualité en plus) et une nouvelle bande-son
  • Une véritable vitrine technologique du support avec ses rotations, ses zooms, ses parallaxes à gogo et ses sprites géants
  • Quelques bonnes idées de gameplay qui auraient mérité d'être plus exploitées
  • Quelques (rares) correctifs ont été effectués sur Mega-CD
  • Une fin sympathique sur cartouche
  • L'humour a gardé une bonne place



  • La séquence de fin (spoil) : cliquez pour ouvrir



    Test réalisé par iiYama

    avril 2005 (mise à jour : juin 2020)