Professeur Layton et le Masque des Miracles (3DS)

 







Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : octobre 2012 (février 2011 au Japon)
Développeur : Level-5
Editeur : Nintendo
Genre : aventure / réflexion

Support : cartouche
Version testée : Française
Doublage : FR
Textes à l'écran : FR

Difficulté :
Multi-joueurs : non
Abréviation : Professeur Layton 5
Titres alternatifs : Reiton-kyoju to Kiseki no Kamen (JAP) - Professor Layton and the Miracle Mask (US)
Prix au lancement : 50€
Score des ventes : 1.4 Millions






Les sites partenaires :





_________________________________

Pages vues (depuis avril 2016)




Visiteurs uniques (depuis avril 2016)

Professeur Layton

et le Masque des Miracles



Le Professeur
En 5 minutes d'un prologue peu passionnant, l'histoire est déjà en place...
Layton est aux portables de Nintendo ce que la bolognaise est aux spaghettis : on peut faire sans, mais c'est quand même mieux avec (phrase culte signée Aquel ^.^). Il n'empêche que le bougre, ce dévoreur de Skyrim et de Guild Wars 2, n'a (dans son étrange et douçâtre folie) vraiment pas tort ! Encore une fois, si la sortie est décalée (puisque le Japon a encore été servi 1 an et 8 mois avant nous) chaque nouvel épisode est un événement en soi. Si on pouvait trouver étrange que l'Appel du Spectre (son prédécesseur) soit sorti sur Nintendo DS alors que la 3DS était parue dans nos vertes contrées, ça s'explique simplement par le fait qu'à sa sortie japonaise, la 3DS n'existait pas encore. Trêve de chronologie, si le "Layton nouveau" est là, force est de reconnaitre que la série n'évolue pas beaucoup. Certes on a quelques petites nouveautés à chaque nouvel opus mais jamais aucune révolution : la formule est rôdée et il serait sans doute dangereux de la modifier, au risque d'en changer l'alchimie. Pour son arrivée sur 3DS, on espérait quand même avoir un vent de fraicheur. La console, et ses spécificités intrinsèques, pouvant apporter autre chose qu'un scénario certes palpitant, mais couvert d'un gameplay qui n'en finit plus de tourner en rond. Faisant suite directe à Professeur Layton et l'Appel du Spectre (le jeu DS) et Professeur Layton et la Diva Eternelle (le film) cette nouvelle aventure commence lorsque notre archéologue préféré (Indiana Jones mis à part) reçoit une lettre de son amie d'enfance, Marissa Dumont, qui lui demande de venir la voir à Dorémont, la cité des prodiges (une ville bâtie au milieu d'un désert… non ce n'est pas Dubaï ^^). Mais dés les premières minutes, un drame se passe : en plein carnaval, le "Maître du Masque" pétrifie plusieurs personnes ! Malgré une course poursuite qui s'achève sur un échec, le professeur, Luke et Emmy vont enquêter sur ce mystérieux personnage, qui dit réaliser des miracles mais qui au final, ne fait que causer des malheurs. En revoyant son amie, Hershel Layton se remémorera ses souvenirs de jeunesse, quelques 18 ans plus tôt, où un tragique incident le séparera de son meilleur Randall… Comme toujours, l'intrigue de départ s'avère très sympathique, même si (avouons-le) celle-ci commence doucement. En effet, des gens transformés en pierre, on a déjà vu plus captivant. Mais là où cet épisode fait fort, c'est que son histoire a le bon gout de se distiller en longueur plutôt que de poser un départ puis plus rien pendant des heures (c'est tout ce que j'avais détesté dans l'épisode La Boite de Pandore).



De plus,
... mais les vraies surprises arrivent après ! Et finalement l'histoire s'avère passionnante :)
cette nouvelle incursion dans le passé du prof (puisque l'Appel du Spectre nous a déjà fait le coup l'année dernière) est vraiment intéressante. En alternant présent et passé, le jeu tourne autour de ces 2 intrigues liées et on découvrira non seulement la jeunesse de notre héros résolveur d'énigmes, mais aussi une facette de lui-même qu'on ne connaissait pas. Etudiant, on découvrira son école, son prof de l'époque, ses amis d'antan, mais aussi sa maison et mêmes ses parents ! Petite parenthèse quand même, sur le coup je pensais que c'était ses grands parents ! En effet, ses parents font vraiment vieux. Dans le précédent opus, on apprenait qu'Hershel avait 34 ans, donc dans les phases du passé on peut légitimement penser qu'il a entre 16 et 20 ans, et pourtant, ses parents paraissent avoir au moins 70 ans. C'est un détail certes, mais ça m'a choqué puisqu'ils auraient dû avoir en tout logique entre 40 à 50 ans. Autre détail, si vous avez vu le très bon film d'animation du Prof Layton, un véritable spin-off à la série, vous reconnaitrez forcément quelqu'un et j'ai apprécié ce petit clin d'œil. Le seul détail qui m'agace avec cette série, c'est qu'on ne découvrira jamais les tenants et aboutissants du scénario avant de l'avoir fini. En un sens c'est bien, mais comme tout le monde, je réfléchis à qui pourrait être le méchant, pourquoi il fait ça… seulement avec Level-5 et la licence Layton, les révélations se font toujours en fin de parcours et sont composées de pirouettes scénaristiques, souvent sans "queue ni tête". C'est un peu frustrant, mais c'est aussi ça, la "magie" des jeux Professeur Layton. Pour nous dévoiler l'intrigue, nous avons comme d'habitude de somptueux animés qui ponctuent les moments clés de l'aventure, puis beaucoup de dialogues écrits, parfois avec des voix-off. En somme la formule reste inchangée, mais est-ce un mal ou un bien, à vous d'en juger (les détracteurs contre les fans, round 1… fight !). Par contre, s'il y a un aspect qui s'est amélioré, c'est bien les graphismes. Souvenez-vous, les 4 précédents opus étaient entièrement en 2D, et bien cette fois, accrochez-vous bien, c'est tout en 3D ! Bon ok, tu parles d'une super news en mousse puisqu'en fait ça ne change pas grand-chose… comme on pouvait s'en douter. La réalisation tout en 3D (et je parle bien de graphismes fait de polygones) ça a permit au développeur d'apporter quelques retouches comme par exemple des phases de dialogues plus dynamiques, des décors plus animés et bien sûr de voir tout ce beau monde prendre "des formes". C'est mignon mais vu les performances de la 3DS (qui sont quand même d'un bon niveau, il suffit de voir Resident Evil Revelations pour s'en convaincre) je trouve dommage que les personnages soient si cubiques !


Alors certes
On va en savoir plus sur le passé d'Hershel : ses anciens amis, son école, sa vie et ses aventures passées
le petit cel-shading donne un aspect dessin-animé (encore que, il est plus prononcé que dans les vidéos) mais voir nos héros, toujours au premier plan, avec des modélisations taillées à la hache, ça me fait un peu de la peine et je me dis que Level-5 n'a pas fait beaucoup d'efforts là-dessus. Après c'est vrai, à l'image des autres épisodes, le jeu est splendide. Les décors sont vraiment recherchés, très fouillés avec beaucoup de détails, et les PNJs sont comme d'habitude très nombreux (avec encore et toujours un gros paquet de gueules abominables :). Question 3D stéréoscopique, et bien dites-vous qu'elle apporte un sympathique effet de relief… qui se révèle tout aussi dispensable que dans la plupart des jeux (n'est pas Super Mario 3D Land qui veut, d'autant que vous le savez bien, sur la longueur c'est fatiguant pour les yeux). Mais reconnaissons qu'au réglage minimal, ça reste assez sympa. Bon, on vient de le voir, cette fois le jeu est en 3D polygonale (décor comme personnages) mais au final, y a-t-il d'autres nouveautés ? Et bien la première, c'est que désormais on ne scrutera plus les paysages de la même manière. En effet, avant on tapotait son écran avec le stylet pour trouver les éternelles pièces SOS et autre énigmes cachées, mais maintenant on cliquera sur l'icône "loupe" pour faire ses recherches. Fini le temps où on cliquait partout, désormais on déplace son stylet sur l'écran tactile et la loupe se déplace sur l'écran du haut. Si la loupe "voit" quelque d'intéressant (un commentaire de nos protagonistes, une énigme, une pièce ou un cadeau caché) elle change de couleur (et devient orange). Il suffit alors de "cliquer" sur l'écran pour découvrir ce qui se cache dans cet élément du décor. Le processus est donc un peu différent, un peu déroutant même au début, puis on s'y fait vite. La 3D permet d'ailleurs à l'affichage de pivoter sur lui-même : on profite ainsi d'un panorama plus large. En devant bleue, la loupe indique également qu'on peut se déplacer provisoirement d'un endroit à un autre, pour y fouiller un recoin non visible de notre position initiale. C'est un petit plus. Bref si la loupe est moins "directe" que la recherche par touches des épisodes précédents, difficile de rechigner sur cette petite nouveauté, d'autant que désormais, tout l'affichage se fait sur l'écran du haut, celui du bas ne servant qu'aux interactions ou à la map. Après on notera que le jeu essaie de se diversifier (et pas seulement au niveau scénaristique) avec des épreuves originales (comme la course à cheval ou le labyrinthe des coccinelles) et surtout, de nouvelles énigmes.


Cet épisode
Les mini-jeux ne sont pas exceptionnels... par contre on a accès à 365 nouvelles énigmes gratuites !
en totalise 150 et s'il y en a encore quelques-unes de réchauffées, la plupart sont originales. On appréciera par ailleurs que les énoncés n'essaient pas de nous embrouiller en précisant clairement ce que le jeu attend de nous (même si ça ne facilite pas les énigmes pour autant :) et on note aussi quelques améliorations comme cet énoncé qu'on peut déplacer de l'écran du haut, une remise à zéro de nos mouvements ou juste un CTRL+Z (certains comprendront ^^), ou encore une meilleure détection de nos réponses chiffrées (vous savez, ces cases où on écris "à la main" le chiffre de la réponse). Comme vous le voyez, c'est plus de l'ordre de la mise à jour, de l'amélioration discrète, que de la véritable refonte du gameplay. Car après, un Layton reste un Layton et on y retrouve tout ce qui en fait son sel : les pièces SOS qui nous aident sur les énigmes les plus retorses, des dizaines de personnages à qui parler, toujours ce syndrome "Resident Evilien" qui nous force à faire un paquet d'allers-retours (et après on trouve que la durée de vie est drôlement longue… tu m'étonnes !), une progression lente et une recherche minutieuse, ainsi que des énigmes tantôt super faciles et tantôt super ardues (quoi c'est que du 50 picarats ça ? ah non madame, c'est tellement dur que c'est au moins du 120 !). Niveau contenu et durée de vie (qui est déjà assez conséquente car vous vous doutez bien que résoudre les 150 puzzles n'est pas si facile) Level-5 nous propose en plus 365 nouvelles énigmes à raison d'une par jour, à partir de la sortie du jeu (en gros, de quoi se creuser les méninges jusqu'au 26 octobre 2013 !!). Ces énigmes sont évidemment à télécharger sur le Store et vu le nombre, il est logique que toutes ne soient pas du même niveau, mais difficile de rechigner sur ce joli cadeau qui vous incitera à allumer la console, même lorsque l'aventure sera finie. Autres bonus, on retrouve (comme d'habitude) les mini-jeux. Cette fois il faut entrainer un lapin de cirque à faire des galipettes pour divertir l'audience, manager un magasin ou encore diriger un robot. 3 mini-jeux assez rigolos mais dont l'intérêt est forcément limité (surtout le lapin, qui est assez nul en fait) mais peuvent divertir à l'occasion (d'ailleurs, réaliser toutes les épreuves de chacun débloque un bonus). Je ne reviens pas sur la réalisation graphique, je finirai donc par la partie sonore du soft.


Première chose
Si le gameplay n'a que très peu évolué, l'ajout de graphismes en 3D est sympa et de toute façon, la formule reste toujours aussi attractive
à savoir, ce sont les mêmes doubleurs qui officient encore et ce, depuis que Layton nous a fait le plaisir d'être doublé en français. On retrouve donc les voix de Martial Leminoux (Hershel), Caroline Klaus (Emmy) ou encore Marie Zidi (Luke) dans les rôles qu'on leur connait bien (oui c'est une femme qui fait la voix de Luke… elle faisait aussi la voix de Flora dans d'autres épisodes, et prête son timbre à quelques autres titres comme Triss dans The Witcher, Rochelle dans Left 4 Dead 2, Cortana dans Halo 4 ou encore Camille dans Runaway 2). En clair un doublage d'excellente qualité, et si je disais "comme d'habitude" presque nonchalamment, sachez que ça ne minimise pas l'intérêt du travail qui a été réalisé, surtout pour un jeu exclusif et sur portable. Enfin les musiques composées par Tomohito Nishiura (qui a réalisé les bande-sons de tous les épisodes, à l'exception du thème final, composé par Yumi Matsutoya) sont toujours aussi exceptionnelles ! Mieux encore, pour ce premier épisode 3DS, le compositeur nous enchante de nouvelles mélopées, douces et vaporeuses. Même la musique des énigmes (souvent critiquées parce qu'elle finit par taper sur les nerfs… forcément) est géniale. En somme, il n'y a pas beaucoup de jeux qui sont si bien accompagnés, puisqu'ici, la musique souligne admirablement le design (qui est toujours aussi bon) et l'atmosphère particulière qui se dégage du jeu. Chronologiquement, Professeur Layton et le Masque des Miracles est le 3e épisode de la série puisque L'Appel du Spectre était l'épisode zéro, et que le film (La Diva Eternelle) est l'épisode 2. Ensuite, toujours chronologiquement dans les aventures du prof, il y aura le 6e jeu, qui sortira l'année prochaine et qui portera l'étrange nom de l'Héritage de la Supercivilisation A... D'ailleurs, si connaitre les 3 épisodes suivants (L'Etrange Village, La Boite de Pandore et Le Destin Perdu) n'a que peu d'incidence, il faut savoir que L'Appel du Spectre et le présent Masque des Miracles forment les prémices du futur Héritage de la Supercivilisation A. Et oui, le présent épisode nous parle déjà des descendants Aslantes (non pas des "atlantes", relisez bien), qui seront au centre de l'intrigue du dernier opus. Avez-vous tout suivi ? En gros L'Appel du Spectre/Le Masque des Miracles/L'Héritage de la Supercivilisation A forment une première trilogie scénaristiquement liée, quand L'Etrange Village/La Boite de Pandore/Le Destin Perdu forment une deuxième trilogie, mais sans liens directs.



Ce premier Layton Note
exclusif à la nouvelle portable de Nintendo est une franche réussite et ce, à presque tous les niveaux. Si bien sûr on pourrait chipoter sur le fait que les personnages sont taillés à la tronçonneuse, qu'en 5 minutes l'histoire est posée et qu'elle ne se dénouera vraiment qu'à la fin via une cabriole scénaristique abracadabrante ou encore que le gameplay n'apporte rien de bien neuf, comme d'habitude on appréciera surtout une réalisation de premier ordre, des animés somptueux, une histoire passionnante, des énigmes géniales, une bande-son sublime et surtout, surtout, une ambiance unique. Et si les mini-jeux bonus sont tout à fait dispensables, les 365 nouvelles énigmes sont déjà nettement plus attractives. Ce 5e épisode des aventures du professeur Layton sont fantastiques, comme d'habitude. Maintenant soyons franc sur un sujet, je suis heureux de savoir qu'il n'y aura que 6 épisodes à cette saga (et je ne parle pas des spin-offs comme le futur Professeur Layton vs Ace Attorney) car elle commence un peu à s'encrouter. Si la formule reste toujours aussi efficace et attrayante, je pense qu'il arriverait un moment où on s'en lasserait, la faute à justement une formule qui n'avance qu'à pas de fourmi. Ainsi le rendez-vous est pris, à Noël 2013, où le célèbre archéologue prendra une méritée retraire, suite à un opus-épilogue aussi magistral qu'on l'espère ! Sachez que personnellement je n'en doute pas car malgré mes (mesurées) critiques, la 3DS aura quand même redonné un petit coup de fouet (bénéfique) à la série, pour ce qui est, à l'heure actuelle, l'un des meilleurs épisodes de la saga et même, l'un des meilleurs jeux de la console.



Les -

  • Une construction scénaristique égale à elle-même
  • Un gameplay quasiment inchangé
  • Des modélisations trop cubiques
  • Un pitch de départ pas terrible
  • Les +

  • On en découvrira plus sur le passif de Layton
  • 365 énigmes à télécharger gratuitement !
  • Le scénario est finalement passionnant !
  • C'est super beau, comme d'habitude
  • Quelques phases de jeux originales
  • Des animés de toute beauté

  • Test réalisé par iiYama

    décembre 2012